QUELQUE CHOSE EN NOUS DE TIENNE ICI


 

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QUELQUE CHOSE EN NOUS

DE TIENNE ICI

Il manque toujours une présence aux heures, qu’un hoquet d’être à soustrait. La voix chaude qui étaie tient sans se montrer un espace de réconfort. On comble en marchant dans les catacombes de la vie . Ici il fait soleil, glacial. Là-bas, il pleut pas plus chaud. Sur les serpents de fer les trains laissent pas tomber les vaches, y a toujours quelque chose qui meuh en Nous de tienne ici. La rivière tire son eau pour la conduire à la mer.

-Es-ce tu air ?

-Plus que ça m’aime ma Muse.

Ce coin de bruyère où tu fais poser l’embrun court en sentier le long de la falaise. Ton corps rocher socle ta pensée, les vagues y gerbent l’écume des jours à côté d’enfants que la poésie retient de mal grandir. Le sol de l’arène soulève la poussière de ton sabot qui ne cède rien à l’absurde comédie d’une proposition déguisée. Calomnie tu l’encornes, l’ignoble est mis à mort. Les mises en garde n’ayant qu’en vie d’occire sont pitoyables. La laideur fait boomerang, elle revient au galop comme la marée autour du Mont, dans la gueule du dragon mal venu.

J’entends d’ici ton sein battre à mon poignet…

Niala-Loisobleu – 2 Octobre 2018

COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE


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COMME LE BLEU SE FAIT INTENSE

 

Le pavé froid tend sa joue

à travers les barreaux de sa cage le quotidien va choisir de s’évader.

Dans les pages du jardin secret, l’insecte balade son encre sans relâche, est-il si petit qu’on arrive parfois à ne plus le voir ?

C’est vrai que sa vocation peu exhibitionniste l’oblige à cacher, pourtant croyez-moi, plus nu tu mourrais.

Je pense que l’âme est vaste au point d’avoir choisir d’habiter le corps afin de pouvoir rester dans l’étriqué visible. Modestie oblige.

Septembre est  bien dans sa peau, je veux dire la peau de l’âme car elle en a une et bien plus charnue qu’on l’imagine. Ce mois est humble, voilà pourquoi il lui sied. On voit les pampres sur le bord d’éclater, la treille déleste ses feuilles pour tenir le grain le plus longtemps possible afin que dans les jours à venir les pieds puissent le fouler. Jaillira le sang de la vigne, l’ivresse joyeuse venant à bout du vain.

Comme le bleu se fait intense

Ô ma Muse, je te trempe aux feuilles de mes toiles pour que tu peignes, seins offerts à ma soif de la troisième dimension du non-dit, ce mot qui crie retenu, lisible comme les gravures de pierre d’une obélisque jaillie du Nil, axe solaire s’il en est dans les bras du Sphinx, gardien imperturbable du fil des cataractes, grand maître de l’estuaire, pierre fendue de la Lumière…

Niala-Loisobleu – 07/09/18

De Terre Bleue


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De Terre Bleue

Est-elle plus aux poils d’un de mes pinceaux, qu’à la pointe d’un roller qui lui écrit des mots-peints ? Elle est partout de pore en pore.

  • Allons au bord de ce qui ne fut pas tracé faute de voie praticable, lui-dis-je dans l’ouverture de son chemisier.
  • Elle me répond d’un bruit de remous, la rivière est au bas de moi, naviguons.

Alors les accessoiristes convoqués chez un faiseur de fausses prédictions nous libérèrent des phrases stériles.

  • Fais-moi enfant-fou comme toi dit son crayon qui jouait à saute-mouton. Prenant les couleurs à son bord la mer appareillera tous voiles au-dehors. Nous n’écrirons plus que peint et ne peindrons désormais  qu’écrit, bâtons de craie, feutres imbibés, arc-en-ciel sur contrefort, arc-boutant en flèches, des mots cathédrales tirés des pierres d’une m’aime carrière. Un espoir semblable tiré de nos blessures mises à l’air

René Char chaque jour lui envoya sa lettre quotidienne durant des décennies, même encre, même papier..

http://jean-leveque.fr/specific/formats/page.jsp?id=604

Niala-Loisobleu – 24/03/18

Le corps d’un amour dérive à la côte


 

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Le corps

d’un amour

dérive à la côte

J’appelle la mer à ventre retourné. Comme dans cette pêche au fond, où l’asiatique fait plonger le cormoran. Revêtue des stries profondes de la navigation , mon âme connaît du large, le côté cynique que la carte postale dissimule honteusement à quai.

Une femme lâche sa fumée à la criée des chandelles. Un homme crache sur sa dignité dans un carnaval grotesque.

Répandue dans la fonte du cierge. La crevette grise.

A pas croire que pareilles ignominies viennent toutes seules aux enfants, les petites-filles se font des rêves qui pourrissent. Quant aux garçons ils se cherchent le statut du genre à choisir. Mon caillou est protégé par ma poche, c’est heureux. Trop  de sentiments sont mutés en produits à faire marcher.

Le corps d’un amour dérive à la côte. En plein coeur des dunes les palisses ploient sous la pression de l’intérêt matériel. Jusqu’où la poésie tiendra-t-elle dans sa gratuité digne ?

Niala-Loisobleu – 26/01/18

LA BANDE JAUNE


LA BANDE JAUNE

 

L’écho de l’herbe endormi dans une craquelure – plaie ouverte d’une insuffisance aqueuse des sols – se conserve en toute absence de glace. Relevant de la stricte réaction émotionnelle, un choc thermique n’est pas de nature à anéantir les cellules du sentiment. Il se fait juste anesthésier pour un temps indéfini dont la variance peut être grande. Il y a tout de la Belle au bois dormant dans l’amour. Du feu comme de l’eau, qui maintiennent l’essence. Nous ne  sommes plus en période de mise à l’écart des pollutions microbiennes de l’extérieur. L’influence déroule son tapi d’ombre. Il faudra aimer en se tenant au plus près de la zone de sinistre, sans ajouter au voyeurisme complice attroupé, appareil faux-tôt en position de tir. Rester à portée en déployant les ondes positives de son amour. La route en se chargeant n’a pu qu’apporter le trouble inhérent à l’embouteillage. Des dépassements imprudents et dangereux sont devenus inévitables. Il faut regarder bien au-delà du rétroviseur, des clous pullulent sur la chaussée.

Selon l’accent qu’ont certaines minutes

les heures n’ont plus les mêmes kilomètres

tout est question du sens des talons

Et de la rue du tant qui passe

une odeur de pissaladière a rejoint le pré salé sur la plancha

du violacé aubergine

roulant d’un cri de guitare sèche

un vert concombre

se dresse sur la pointe du pied

la jupe haut relevée

Des cris de mouettes remontent du môle

tirant le chalut où la raie bat largement des ailes

d’un battement d’ouïes tu m’as glissé ton assentiment

La marchande de crevettes a sorti les odeurs de la criée

pendant que les enfants jouent à colorier leurs rêves

les bulles vont plein gaz sur la savonnette

les nez rouges suivent en cortège de parade

leurs grands pieds dans le cerf-volant

mon Amour mille et une nuits nous bassinent les draps

Ce soir il fera froid

je mettrais mes doigts dans ton manchon de fourrure

après avoir paraphé ton blanc sein à sa double-page, je pair sistre…

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2017

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A LA GROTTE CHAUVET


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A LA GROTTE CHAUVET

La nuit à cheval sur le jour
pose sur la lune
ses sabots de clair-obscur

L’eau tisse un voile de rosée
que le front du voyage
ramasse en paysage aride

Les hippocampes mettent plus de silence
dans leurs fantasias
que les élans guerriers des fusils des bouchers

A l’orée des claires
les huîtres plongent hors des assiettes
pour célébrer la perle des côtes vides
que l’estran à la hâte
bâche pour se protéger des engins à moteur
Je suis de cette côte plus sauvage encore que la faune et la flore
que la horde colonise avec les ponts d’opération militaire
d’un mauvais génie sorti de la boîte à pans d’or
d’un égo dévastateur
que les seins-bernard tonnent laid

Les arbres tremblent en premier
la réception souterraine portant au plus intime de la racine
par la fissure des canyons
qu’au fond de la terre
bien à l’abri de la mauvaise lumière
gaz carboniques
et mauvaises alènes
je m’enfouis parmi les chevaux et les bisons
d’une fresque laissée par l’Homme
à 36.000 années de là
pour sentir la VIE me pénétrer

Terre aux ocres rouges
charbonne-moi de sanguine
et pose-moi en Amazone
sur le trait d’une sarbacane
chantant des couleurs de plumes libres…

Niala-Loisobleu – 21/03/17

RELEVE DU COURRIER

Au matin sur le devant de ma porte nettoyé des mots factices, l’ange-gardien avait mis dans ma boîte le récépissé d’accusé de réception signé de ton nom « ALWAYS ». Ce qui existe et demeure a la forme lumineuse du farfadet qui éclaire, la torche du cyprès, éternel gardien de la promesse qui survit dans toutes les apparences contraires.

Niala-Loisobleu – 22 Mars 2017

France Chauvet Cave Replica

BLEU DU CHIEN QUE JE SUIS


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BLEU DU CHIEN QUE JE SUIS

Le m’aime chant pousse son coquelicot matinal

mêlant le bleuet qui fait couple  au coeur d’épis

Voir cette vague rouler

blondeur autour du cou de ma campagne

hisse et ô

moi son accordeur

Un pinceau sec gémit à port

toile affalée

au pied

en chien de fusil

L’origine de sa nature travestie , trahit le mensonge des jambes qui restent hors du tapis de la marelle. Butées dans un orgueil  s’empêchant d’hâler éclore. Le mal se confond plus souvent au bien dans un indicible profil. Je demande à mon tain de montrer l’intérieur de mon image. Ne plus donner au tant perdu la majeure partie de sa traversée. Couleur je suis. Mes yeux ne peuvent nourrir le peint rassis. C’est dur à dépasser l’aube, l’hiver en brouillard sur la corde linge s’égoutte en gel. L’instant mort-né n’est que Jeûne qui sent vieux.

Sous les pieds d’ici

ma tête à l’envers de là

ne peut laisser mon coeur

regretter l’en droit

de tout le bleu

du chien que je suis

Niala-Loisobleu – 9 Mars 2017

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LA BOÎTE A L’ÊTRE 12


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 12

L’AUTRE VERSANT

Des deux, puisque côté versant il y en a toujours deux, que tu sois seul ou pas, l’un se reluit au soleil pendant que l’autre, pas forcément fainéant, a beau faire, ou il se gèle ou il pâlit de n’avoir pas de couleurs à poser dans son écriture.

Mais qu’à cela ne tienne le plus joyeux des adrets au moment où tu sautes à pieds joints dans la grosse vague qui va enchanter ton bain de mer, t’éclate en pleine poitrine et te roule au fond de l’ubac…c’est la tasse…du sable plein la gorge et les yeux, que quand tu redresses le torse, tu reconnais plus ta tête tant elle elle est cernée sous les poches et dans l’affaissement des moustaches.

C’est la vie, dans le chemin des herbes, celles que tu as choisies folles, sauvages, ignorées du soin esthétique du rasoir ou de la tondeuse, le vrai poêle toujours chaud, qui te laisse comme le sauvage, touffu du partout, généreux sans restriction ni des selles ni du mail ô

J’ai pleuré si souvent avec Grand Jacques, d’avoir, bien qu’avertis, lucides, été trahis et condamnés à perdre une confiance que porte l’innocence naturelle.

Assommés on se retrouve ko debout au milieu de sa joie d’aimer vivre.en aimant aimer.

On n’a plus qu’à ramasser quelques penailles d’un quotidien indifférent, pour les fourrer dans une cheminée vers son ailleurs, en allumant son feu d’aller mourir ce monde-là…

Niala-Loisobleu -20 Septembre 2014

Ce matin en ouvrant son poste, il a trouvé dans sa boîte un faire-part de quarante haine disant les maux qui tuent. N’oublies jamais que je t’aime avait aile dit en sautant librement sur sa branche, toi tu n’es pas un oiseleur, tu m’enlèves toute peur.

N-L – 08/02/17

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