LA OSCURIDAD I


zdzsislaw beksinski.jpg16

LA OSCURIDAD I

No viene la oscuridad de los colores

Sino del miedo

De la blancura.

Por lo demás, los colores oscuros

Son más densos en olores

Al atardecer de un otoño tardío,

Cuando el sol con el agua del lago

Sacia su sed de orgías,

celestes, anaranjadas, amarillas,

color turquesa ,

rojo púrpura o todo ya en negro,

En tanto los patos pardos,

De a dos,

Desaparecen de vista

Por la penumbra.

Por eso los olores,

Por la índole de la noche,

Siguen, pues, condensándose.

El lago, casi quedo,

Ya se está cambiando

Para irse a dormir.

En silencio se abrocha el pijama

Con botones de luna

Cosidos a la orilla afarolada.

Para que alguien,

Acaso yo,

Vele por su paz.

Silvia Monrós Stojaković

L’OBSCURITE 1

 

L’obscurité ne vient pas des couleurs

Mais de la peur

De la blancheur.

Pour le reste, les couleurs obscures

Son plus denses en odeurs

Au soir d’un automne tardif,

Lorsque le soleil et l’eau du lac

Assouvissent leur soif d’orgie.

célestes, orangées, jaunes,

couleur turquoise,

rouge pourpre ou tout entièrement noir déjà,

Pendant ce temps les canards bruns,

De à deux,

Disparaissent de la vue

Dans la pénombre.

Pour cela les odeurs,

Continuent, se condensant,

Dans le caractère de la nuit.

Le lac, est presque resté,

Il est déjà en train de se changer

Pour aller dormir.

En silence, il ferme son pyjama

Avec des boutons de lune

Cousus à la lisière réverbérée.

Pour que quelqu’un,

Peut-être moi,

Veille sur sa paix.

Silvia Monrós Stojaković

ETAT DES LIEUX 10


Amandine Van Ray Tutt'Art@ (2)

 

ETAT DES LIEUX 10

Le feu des cheminées peut tomber du ciel plus vite que l’étincelle du silex frotté par nos semelles en ballade détendue.Allant au port le sac sur l’épaule des aiguilles pour entendre les élingues sonner, j’aperçus la hune d’un journal accrochée au mât du s’aima fort. Sans lire le gros titre, j’en compris le sens au bruit désespéré du morse claquant des dents quelque part au centre de la banquise humaine. Le jour à marée basse offre une vue imprenable sur les épaves que des beachs de Normandie me remontent aux instants périlleux.A la suite des aïeux, qui le tenaient déjà des leurres, j’ai appris que les guerres déclarées au nom de la paix tournaient immanquablement aux bouillons de moules. Et un coup de bar Mars, et ça repart.Nous voici au bord.

  • Pourquoi me fait la voix off d’un innocent ?
  • A cause que j’lui répond, de la récolte venue de ce qu’on n’a cessé de semer durant des décennies .
  • Mais pourquoi le Président n’en dit rien, poursuit le naïf ?

J’aurais été plus bref si, au lieu de lui répondre, j’avais botté en touche, seulement j’suis pas Ben Z’aima, j’crache pas dans la soupe.

Au clocher des mâts métalliques

Les sonnettes des élingues dansaient jour et nuit

Sous les roulis déhanchés des falots éparses

Qu’un accordéon larguait en râles de son ventre

A l’amarre du quai aux vains

Les mouettes étaient au lit des voiles

Ailes au repos d’une escale

Gorges étraves coupant le vide

Le vent qui s’est engouffré par la porte du cabaret

Tourne à la goualante d’une boule à paillettes

Eclaboussant le décolleté de la rade

Que l’amour lardait d’étoiles

D’une lune éclipsée

 

Vois-tu mon P’tit-Gars, pendant des changements de gouvernements entiers, déguisés en fausse-gauche et une vraie droite, chant de roses et air paix erre, nous ont sciemment dirigés vers l’avènement  de l’extrême. S’en mettant plein les poches avec les z’émirs du tiers-monde. Echange de construction de mosquées contre implantation bananières.La vente d’armes c’est sous couvert de la paix, ce qui rapporte le plus. Le foot c’est bien aussi, sous barils de pétrole, on monte le pari (St-Germain) à grimper la côte des bourses. Le riche grossit plus vite que le boeuf dune défonce aux emphets, pendant que l’andouille éclate de pauvreté. Pas grave, les électeurs comme les montagnards sont là pour gober. On pourra toujours faire jouer la corde sensible de la terre d’accueil.

  • Alors c’est pour ça que t’as pas acheté de drapeau pour ta fenêtre ?
  • Si tu veux, mais c’est surtout que j’voudrai revenir à la case départ, qu’on arrête de dire et de faire le contraire, que ce n’est pas en serrant la main de celui qu’on bombarde que ça va s’arrêter…Y en marre ! J’suis pas de ces stars prêtes à prendre le deuil pour s’faire voir !

 

Niala-Loisobleu

26 Novembre 2015

15 - 1