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Ô d’heur marine


Ô d’heur marine

Il  ou elle n’a pas eu ou su trouver les moyens de faire parler chaque parcelle du corps dans lequel il habite. Ils se squattent chez eux en bernard-l’ermite. Peut-être que l’intime en se dévêtant face à eux et en dehors des autres, préfère contourner le mur plutôt que le démolir, façon de fuir un endroit de qu’ils refusent de voir. Ainsi m’interpella ma pensée après que je l’ai entendu me dire : aujourd’hui occupe-toi de donner de l’aide aux autres. Qu’elle aide ? A vrai dire, ce n’est rien que de plus naturel que d’aider les autres. Seulement chassez le naturel et il vous revient à l’envers, plein la poire. D’un seul coup on devient l’accusé. Chui-là qui montre ce qu’on dissimule. Dans quelques heures je remonterais la côte par la Coubre. Juste à proximité du Zoo de la Palmyre. On peut aussi, comme un animal, avoir son passé en cage, ça rassure de le voir enfermé. Seulement aller passer la journée chez des amis, je peux pas assimiler cela à une visite chez son derrière soi.

M’en fous. Trop de monde cache la mer. Son identité c’est le large. L’horizon comme on le conçoit dans trop de situations présentes, mis derrière un mur, c’est à jamais sans à venir. Eiffel n’aurait jamais pu imaginer qu’on enferme sa tour. Voilà la paradoxale façon de concevoir la vue du haut par le bas d’un présent qui se fait peur….

La plage se balance aux vagues, sûre d’Elle-m »aime. A se lécher le rocher. Que le vent lui soulève l’écume de sa dentelle dans la compagnie des mouettes, le plus loin possible du front de mer et de son béton.

Niala-Loisobleu – 9 Août 2017

 

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VIDE-POCHES


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VIDE-POCHES

Sur la place vide je n’ai pas eu à tendre le cou pour sentir battre l’artère du chemin de taire. La poste a mis ses boites à lettres sur le parking pour que les voitures qui stationnent s’adressent à elles. Quelques mots en pensée, au dehors d’une carte-postale, ça possède plus de relief qu’un restant d’assiette sur une nappe de brouillard. Les pigeons de là me paraissant domestiqués par l’usage des miettes, je continuai  jusqu’à la lisière du coin inaccessible en voiture. Besoin de me retirer au creux du tissu charnel, là où la touffe d’herbe ne craint rien du desserrage du bouchon de vidange. Et du vent porteur  il y en a. Dessinant le contour d’un trait léger, j’appuyai un peu plus fort au Centre. C’est émouvant de recevoir la réponse instantanément. Ce qui enrobe la surface à perte de vue finit par faire croire. Comme si la vie n’était pas un tiret coupé d’aire. Le bistro qui retenait les joueurs de manille de mon enfance, ne laisse plus passer sous ses brise-bise qu’un disque de der. Ceci ne lui enlève rien de l’atout. Il est à moi, une image à jamais de mon vivant parmi les morts. Comment pourrait-on imaginer que j’accepte de commencer ma journée sans tes lèvres ?

Niala-Loisobleu – 25 Juillet 2017

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Lettre d’Egon Schiele à son Oncle


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Lettre d’Egon Schiele à son Oncle

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances.

L’œuvre de l’artiste autrichien Egon Schiele (1890-1918) constitue une véritable ode au mouvement, à la chair, à l’érotisme et à la nature. Si l’on connaît de lui de nombreuses toiles et dessins, ses poèmes et lettres restent plus confidentiels. Dans cette missive cet « éternel enfant » prend sa plus belle plume et livre sa philosophie de vie.

5 mars 1909

Mon cher oncle !

Permets-moi de te parler de ma philosophie de vie. La passivité ou la patience poussées trop loin conduisent à des bouffonneries comme l’impatience et la patience d’ange qui exige avant tout du clame dans le sang. La mélancolie induit la patience, la patience l’expérience, l’expérience l’espérance et l’espérance empêche la débâcle. L’enthousiasme pour l’équité et une liberté raisonnable font de l’homme noble un despote, et l’impatience passionnelle est responsable de la disparition de son talent et de sa bonne volonté. Supporter pour supporter est une sinistre folie ; la patience est généralement un mélange d’insensibilité, de paresse et de lâcheté ; la patience qui s’oppose intelligemment à la pression et sait attendre son heure lorsque le courage et la force ne conduisent pas tout de suite au succès, est la seule vertu qui sera récompensée par elle-même. L’endurance permet d’aplanir des montagnes, de borner l’océan et de transformer la pierre en murs et en villes — qui se vaine lui-même est plus vaillant que celui sui surmonte les murs les plus solides.

L’indignation ou l’agacement face aux offenses que l’on doit encaisser infligent à un tempérament vif, des nerfs fragiles, une sensibilité exacerbée et à la pensée une souffrance sévère ; elle vous prive de sommeil, fait maigrir, ôte l’appétit et précipite dans la mélancolie. La peur défait les forces du corps et de l’esprit.

La confiance en soi est la base du courage, le danger présente un attrait tout particulier pour la confiance en soi ; des êtres doués d’imaginaire deviennent facilement des aventuriers. Le désir d’éprouver sa force, de vaincre des difficultés rend courageux, à l’instar de l’intrépidité de la jeunesse. Le courage est l’état psychique qu’il faut pour affronter le péril de manière réfléchie. Le courage est la première représentation de la vertu que le fils de la nature comprend.

L’indépendance est un grand bonheur, doublement appréciable pour une personne d’esprit qui aime à être indépendante. Tout le monde n’a pas la qualité requise pour en jour dûment. Mère nature veille sur l’espère humaine comme dans le règne animal.

La vie doit être un combat contre les assauts des ennemis à travers des flots de souffrances. Chaque individu doit lui-même combattre et jouir de ce pour quoi la nature l’a conçu. Un enfant encore ignorant a déjà ce qu’il faut pour traverser un pont très long exposé aux pires tempêtes. Nul garde-corps ne sécurise cette passerelle étroite et étendue. Sur l’autre rive, l’ilot de la vie terrestre est strié de souffrances et de joies. Et il se peut que, des années plus tard, les essaims éprouvés retournent là où ils avaient commencé, emplis et repus de sagesses de la vie.

Rien n’est plus honteux que d’être dépendant, rien n’est plus nuisible et plus dommageable pour un caractère bien trempé.

Ce n’est pas comme ça que je pense, c’est plutôt ainsi que je le ressens, mais ce n’est pas moi qui ait écrit cela, ce n’est pas ma faute. Une pulsion est là, permanente et toujours plus puissante, qui me soutient dans ce que je viens de dire.

Toute la faute incombe à la nature. Ton neveu redevable,

Egon.

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( Egon Schiele, Je peins la lumière qui vient de tous les corps, éd. Agone, coll. Cent mille signes, Paris, 2016. ) – (Source image : Egon Schiele, Self Portrait with Physalis, 1912 © Wikimedia Commons)
La vie est-ce de rouler sa caisse, sans rien voir du paysage humain qui l’entoure ? La souffrance que le regard d’une sensibilité existante, incise dans la chair, ouvre sur la Beauté intrinsèque de la Vie. Sans se perdre dans le petit drame à 3 balles du sentiment de comédie, apitoiement du faux-sentiment se mettant à la une du quotidien, à côté de l’amour véritable des démunis ne demandant rien. L’Amour est souffrance, pas une scarification de malade du bulbe.
Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2017
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ESTRANS


ESTRANS

Combien de mettre carré me reste-t-il au métier

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Tout autour d’une seiche le sable mouillé s’affole – j’ai rêvé d’un néo-Brouage mouillant au fond de ma gorge – la côte sauvage bayadère sous les serviettes à n’en plus finir. J’ai les yeux qui piquent, Petit-Prince qu’ont-ils fait de l’épine des roses, pas un oyat pour me tirer du fossé jusqu’à  la dune. Pieds rincés par l’écume d’un mouvement en ordre de marche. La lune ne dort toujours que d’un oeil, elle fait le guet pour le rêve. Le Bélier viendrait jouer avec les Poissons, que ça serait bon signe pour se rassurer du maintien des marées. La plage où on se baigne nus jusqu’à l’os, est d’une étendue sans limite. On a plus en vie de mourir. Le coquillage le chante mieux qu’un sein en berne hard. Il ne tire le bout de la langue qu’en chanson de gestes.

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Reflets d’Estrans 1 – 2015 – Niala – Acrylique et collage s/toile 73×60

La forêt ne sait plus trop comment rester à l’écart. Voilà qu’en raison de voirie en travaux désordonnés, elle a été carrossée juste à côté de Ma Chambre Bleue. Les oiseaux n’aiment pas être dérangés. La fraîcheur fuyant la canicule se replie sur elle-même au point de rapetisser. Vite de la peinture en corps mouillée pour un bain revivifié !

N-L – 18 Juillet 2017

De Maintenant


De Maintenant

par Edouard Glissant
 

Les murs ont de la peine à se tenir debout
Au long de cette rue
Qui monte et tourne.

On dirait qu’ils sont tous venus, ceux du quartier,
Essuyer leurs mains grasses au rebord des fenêtres
Avant de pénétrer ensemble dans la fête
Où croyait s’accomplir leur destin.

On voit un train peiner au-dessus de la rue,
On voit des lampes qui s’allument,
On voit des chambres sans espace.

Parfois un enfant pleure
Vers l’avenir.

ÉTÉ

La femme enceinte attendait sur le seuil
Dans l’air de la récolte.

Tant de bonté mûrissait

Dans les pommes et tant de force

Dans le bois de la porte et dans l’eau de la mare

Abandonnait la lutte.

La petite fille avait déjà
Ses beaux yeux pour plus tard,
Au pied du lit où furent les morts
Dans des draps blancs.

Cependant, l’épervier
N’interrogeait pas son destin.

Les étoiles d’un feu d’artifice de passage vont rentrer dans l’armoire. Voilà le défilé, les cérémonies, la comédie – tout au moins celle des commémorations,  est terminée pour un temps, va falloir remplir avec autre chose – l’orgueilleux Petit-Chef va finir par devoir se mettre vraiment à l’ouvrage et quitter cette scène de théâtre. On ne peut pas avoir indéfiniment cette veine de circonstances favorables. Les élections bidonnées par l’épouvantail de la Marine, le Panthéon, le Ricain, les partis en débandade, jusqu’au Vel-d’Hiv….vraiment ça fait qui déborde (en Général). La République va finir par regarder du côté des comptes à rendre. Petite-fille ton premier bal, coûte cher. C’est pas un jeu. La trêve des grandes vacances a toujours un amour d’été sur la plage qui perd sa culotte à la rentrée. Place Cigale, un p’tit jet d’ô…comme dit la chanson…
Niala-Loisobleu – 17 Juillet 2017
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Le Seuil


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Le Seuil

Le couloir au pied des marches
marque un temps d’arrêt
De la grande armoire ouverte
des coins de rues balancent la boîte à musique, cartons perforés des grandes orgues, mariage, ah si c’était à refaire, putain de barbarie
Un après
l’autre le vagissement d’un enfant
Du bonheur en fossettes ça vous chavire charivari
ça c’était avant que la mariée soit en noir
Puis un palier ça monte
pour la pêche à pieds
grandes marées
Sur les dunes un monsieur cherche son slip  au fond de sa jeunesse
la palisse retient les oyats
aïe ça pique en corps de voir les nudistes jouer à la balançoire
top laisse
Traîne l’haveneau P’tit-Mousse, t’auras de la rose si tu vas au bouquet
mais faut racler le goémon pour démazouter le pore du lisier
Elle
elle est toute seule, au milieu des autres qu’est voit ou pas
les borgnes et les devins, les coupables et les innocents, les qui la trouve grosse et conne et la différence de l’amour de l’âme avant le corps, les qui lui bouche tous les orifices de la ligne d’horizon et puis il y a l’Emile et une nuit qui se fait toujours attendre
Un soleil gros comme un creux plein
ô la vie putain
c’est tout sauf juste
Les tropiques du camp serrent
va falloir passer où se laisser couler
Le Seuil
c’est mains tenant, oui mais lequel dit la vieille assise sur la chaise devant sa façade où la vie passe sans s’arrêter et jamais rien voir du point qu’elle tricote, ses seins bien à plat sur les cuisses où le petit chat dort sans ronronner. Quoi deux mains ? Ben, que bal, fais pas de pétard, ce sera encore 14 Juillet.
Niala-Loisobleu – 08/04/16 & 13/07/17
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