AVANT LE TOMBE DES ETOILES


 

EGYPTE Février 2009 123

 

AVANT LE TOMBE DES ETOILES

 

Le pot renversé vient d’atteindre l’endroit du chien, coin de flamme devant l’âtre, carreaux de sel du marais, part de terre que le feu a cuit de sa langue.

Le chandelier debout sur le manteau de la cheminée tend  sa branche à un désir d’abeille.

Un bruit sec de corde qui se brise tremble dans le ventre de la guitare, là où la lune se baigne dans la fontaine..

Ils sont rentrés perclus du labourage, écume blanche au poitrail. L’abreuvoir garde le bruit de leurs sabots dans son reflet mouvant.

On aurait dit l’immensité du Nil tirant une felouque à s’unir au soleil…

 

Niala-Loisobleu – 05/10/18

CHARENTE


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CHARENTE

Le drap flotte encore à la surface et se tend par la fenêtre en quête de fraîcheur
un soleil tapi dans le foyer de l’alambic s’ apprête
Où va l’eau quand elle a franchi la mer ?
Niala-Loisobleu – 20/06/18

 

 

Arrondie et pointue alternativement la barque
De soleil glissant vers la mer replonge et disparaît
Dans le ciel nuageux de
Saintonge aux replis massés
Contre des volets bleus, entre les toits de tuiles rondes.
Un désordre léger d’oiseaux cligne sur l’étendue
Exacte de labours, de prés, d’arbres qui s’accomplissent
Dans la sourde épaisseur du gris où le temps submergé
N’avance plus parmi les eaux, les herbes dévêtues. À l’horizon très bas la carrière de bleu s’effondre
Avec le sable du rivage ou se rouvre soudain,
Et le jour se déploie au-dessus des premiers villages
D’Aunis équilibrant ce poids de terre et de nuages
Qui les maintient dans la douceur de la nécessité.

Jacques Réda

Où que je vive


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Où que je vive

 

Où que je vive, je te vois
Toi, ton toit de tuiles et ta voix
Je vois des flocons, des Afriques
Le surplace de la République

Le cadran de la gare du Nord
Des mâts de bateaux, plein le port
Beaux comme des jeux de Mikado
Et un poisson rouge dans ton dos

Je vois l’oreiller de tes bras
Où que je vive, je te vois
Il était un jour plein de foi
Où que je vive, je te vois

Où que je vive, je te vois
La maison bleue qui nous tutoie
Et Venise et la tour de Pise
Le sourire de la banlieue grise

J’ vous vois Vancouver et Dakar
La musique des autocars
Sur la route de Casamance
Et des ponts d’Avignon qui dansent

Je vois l’Ardèche et Courbevoie
Où que je vive, je te vois
Il était un jour, une fois
Où que je vive, je te vois

Où que je vive, je te vois
Des pas, des rails, des convois
Des saisons, le Nil et la Seine
Le sang transparent des baleines

Je vois des caresses qui chôment
Dans le ciel fatigué des paumes
Un canal, un champ de tulipes
Et les pommes bleues de Magritte

Je vous vois, le bout de tes doigts
Où que j’habite, je te vois
Il était un jour, tant de fois
Où que je vive, je te vois

Allain Leprest

L’égyptienne


L’égyptienne

 
 Où tu sombres, la profondeur n’est plus.

Il a suffi que j’emporte ton souffle dans un roseau

Four qu’une graine au désert éclatât sous mon talon.

Tout est venu d’un coup dont il ne reste rien.
Rien que la marque sur ma porte
Des mains brûlées de l’embaumeur.

Jacques Dupin

 

A force de faire des alluvions, la récolte s’est engloutie et la pirogue croule  sous le poids d’une attente qui n’accouche pas. Perdu dans les zoos, le sauvage toutou repousse l’instant du susucre tendu.

Il Gyzeh, érigé sur sa base, le caillou

Quoi de 9 ?

A m’en croire, ce sera le dernier à appuyer le vélo contre le flanc de la mer.

Niala-Loisobleu – 7 Septembre 2017

 

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