MOTS EMOI


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MOTS EMOI

Si tu m’aimes

Ne dis rien à personne, on s’pensera au bout du monde

Ne dis rien qu’en l’oreille, on s’croira seuls au monde

La Seine peut se passer des noyés

Sous le pont Mirabel, quais du verger

Coule le fruitier ébéniste de la chaise apporteuse d’assise musicale

 

Vois ces deux gros pigeons roucoulant sur l’appui de ton corsage. Leurs bourgeons  éclosent et rient lit là bien avant la venue des fraises. Ils pointent à travers seins de tes buttes chaud mont.Fragrances beaux pores,  belle balade, plaine dedans. En rose  cône,ton sel à la langue m’ouvre cap au large. Le marais cage a porte ouverte, la portée du ciel  déploie les oiseaux marins en ligne. L’estran a mis les hautes-herbes de ton pré salé sur mes épaules. Un piano à bretelles ouvre son souffle aux ô y a.

Niala-Loisobleu – 17 Mars 2017

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DE DEUX CHOSES LUNE


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DE DEUX CHOSES LUNE

Ne reste plus suspendu aux crochets d’étal des lieux,  que le poids accablant de l’odeur des eaux mortes que l’oeuvre  de démolition n’a pas réussi à tarir. Quelque chose qui ramène avec force à l’initiale grosse-incertitude. Avoir voulu remettre l’étoile sans user de clous, de l’horizontal enlisement à la verticale de la chanson de geste, ne dure que l’instant d’une simulation trompeuse de la part de cette petite lumière éteinte.  Appareille, nulle ressemblance avec avant ne restera en place après…ai-je moultes fois répété. Mains tenant détaché, ce ne sont plus des silences de cons plaisances qui auront pouvoir de tenir à l’encre aux  bassins de mouillage.On ne retient pas l’air de la musique qui veut s’écrire en paroles. Le bateau était debout bien avant que le sable ne mouille, il marchait sans regrets, bien décidé, ce n’est pas moi qui ai planté sa quille dans la vase. Un accordéon replié n’a qu’un souffle prêt à danser. Quand pris de scorbut par manque de vie ta mine, le marin se penche aux pores de sa Belle, il veut croquer à pulpe dans le charnu de sa pensée.  Dans tes cheveux-nid un village  m’avait fait accueil par la mue de ton visage, je joue désormais seul à l’entrée de chenal.

« Costesoulane attendait les perdreaux et c’est la mort qui vint. Et la mort qui était pour les perdreaux servit pour lui. Et les perdreaux qui devaient être froids et l’œil voilé à l’heure où le soleil se couche, ce soir étaient encore chauds et vifs, et leur sang qui devait rougir le gravier bleu de la forêt était encore tapi dans la ténèbre de leurs veines et courait sous la peau à chaque coup pressé de ces cœurs serrés comme des poings de colère. Mais les pierres eurent leur part de sang rouge, celui de Costesoulane, parce qu’il était dit et écrit qu’en ce jour le sacrifice du sang devait s’accomplir dans ce lieu désert de notre terre, sous un ciel mourant, et dans le souffle d’un vent qui a vu bien d’autres drames. Costesoulane vida sur les pierres toute la chaleur de ses veines, son sang venu de l’obscurité de son cœur et comme surpris de tant de lumière et de tant d’espace, coulait doucement sur la roche et serpentait comme un voyageur de hasard — il s’accrochait aux fils de l’herbe, aux brindilles du thym, il descendait dans les creux entre les pierres et il fumait doucement et l’air en était tremblant. Costesoulane attendait les perdreaux et il ne savait pas pourquoi il était là, couché sur le ventre, avec cette tendresse qui lui faisait regarder de si près et avec tant de patience les herbes, les pierres et un trou de fourmis. »

Max Rouquette, extrait de La mòrt de Còstesolana (Vert Paradis I)[/i]

Le tilleul déployé sur la Chaume ignorera ta visite. Il nage sur place à remonter le courant ans, endormi dans une incontinence maritime. Chaume sans éteules hérissée de bois mort au regain perdu. Les eaux sales emportent en exode les files de jardins blessés aux tombes des déchetteries. J’ai tuilé ma chaumière, la fumée donne le nom de l’absente. Après les trois coups, le rideau bloqué par extinction de voie – impasse l’autre perd – oeuvrez pour le retour de migration du champ marin des oiseaux blancs au bleu du matin retrouvé. Je m’enfourche en s’Elle – d’un ultime sursaut d’espoir – la vague retournée entre terre et ciel avalera la matière du sablier. De deux choses lune. Je cours ou bien coule

Niala-Loisobleu –  8 Mars 2017

 

Art niversaire


Art niversaire

 

ART ABSTRUS

Désagréablement surpris de vivre à peine satisfait de ne pas être mort jamais il n’adresse la parole à la vie

Il y a une nuance entre dire et demander merci

Et la tête entre les mains et les pinceaux tout prêts mais la couleur si loin

debout devant son chevalet de torture picturale il se regarde et s’observe dans le miroir de la toile où la mygale de la mégalomanie tisse et retisse à l’infini la

décalcomanie logogriphique de ses spéculations esthétiques

Abstraire une vache pour en tirer du lait et tirer de ce lait le portrait d’un brin d’herbe que la vache a brouté

Pourtant

des tournesols de fer voltigent en

Provence dans les

jardins de

Calder pourtant sous la pluie contre un poteau télégraphique un vélo de

Braque dit

merci à l’éclaircie pourtant

Claude et

Paloma

Picasso ne prennent pas la

peine de pousser le cadre pour sortir tout vivants

du tableau

pourtant la bohémienne endormie rêve encore au douanier

Rousseau

pourtant des éclats de soleil blessent encore l’oiseau tardif des paysages de

Miro

pourtant à

Florence

cette haleine de fleurs peintes entre les lèvres de la bouche d’un visage de

Botticelli

a toujours le même parfum que le printemps de

Vivaldi

pourtant aujourd’hui

en pleine lumière d’Antibes

dans une galerie d’art à

Parie

l’enfant du sang des songes

frémissant et meurtri

devant une toile de

Nicolas de

Staël

chante sa fraternelle ritournelle

La mort est dans la vie la vie aidant la mort

la vie est dans la mort la mort aidant la vie.

Jacques Prévert

 

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Car né de bord d’aujourd’hui n’est déjà pas n’importe qui dès le départ, serait-ce-t-il de ceux dont on fait les deux vins.

Avec une pointe de blanc de plain-pied dans le rouge la rosée mouille le cul sec de Provence fauché comme les blés.Ventoux et garde rien que la nue-propriété de l’abondance.

On ira où tu voudras en corps à Vesoul m’aime si tu l’aurais pas vu comme il fallait quand il était le bon moment de naviguer sans bagages.

La polaire est bonne conseillère

Quand j’ai vu les moutons à perte de vue

j’ai sorti mon crayon et mon tableau de bord

l’abstrait m’est devenu connu

rien n’était plus clair que les vagues

faisant place au grand A de l’Amour

Le bleu n’avait eu jusqu’alors cet éclat noir sans désir

pointillé qu’il était des poings rouges, jaunes, verts, mauves

de qui Seurat Seurat

L’amour qui se trempait la moitié du soleil

dans la tombée du jour

fit un bond d’ô fin

à faire flipper

les grands classiques du ras d’eau

comme qui dirait médusés

Ce visage nouveau de mon âme

en abstrait

n’avait jamais eu de plus figurative représentation

au point que je dus reconnaître m’avoir reconnu

pour ce que m’étais jamais dit

Se parler effacé de soi

à un bon éclairage que sur Toi mon Autre

Je te reste dans  tes odeurs de garrigue de bonbon anniversaire

 

Niala-Loisobleu 27/03/16

Point de Départ


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Point de Départ

Rose matinal la mer a lissé ses algues d’un bleu que les aciers des coques fendront à l’envie. Aussi loin que l’oeil peut courir, rien de rauque ne laisse entrevoir le plus petit signe d’alerte.

Pas de toux, pas de toux, chantait du tronc, un oiseau couleur de rêves pêchés toute la nuit.

La douceur est à l’étale, attendant quelque chose pour la remonter. Il doit bien rester un cabestan à louer quelque part.. La brume entre ciel et terre, ne laissera  sur le chemin grimpant entre les vignes que la vue de quelques vieux ceps tenantnt droits sur les épis d’une tignasse d’arbres. Là est le bois, ici le vélo. Entre les deux l’attente penche du côté où de l’autre. La mer laisse venir le sel. Si le vent porte, le bagage contiendra le nécessaire à changer le peu crevé.

Les marins savent que la mer est plus inquiétante lorsque pas un seul mouvement d’ailes bouge. Avant l’orage sur l’eau l’ondulation des vagues se défrise brusquement, les goélands semblent scotchés sous les nuages, et un tampon ouateux bouffe le moindre bruit dans un silence verrouillé.

Pendant ce temps là, le littoral continuera à se la jouer qui veut gagner des millions, plus préoccupé par la côte des actions en bourse que par le geste qui donne gratuitement un sens humaniste à notre présence. Un jour en somme comme parmi n’importe quel autre.

Accroché aux filets lumineux des bleus, sans doute irai-je d’un rocher à l’autre, sans faire remarquer ma présence. L’atelier a des odeurs du monde. Elles se sont trouvées l’endroit où se poser. Pour la partie animée, des voix chaudes se baladent dans les pas que je puis faire en soliloquant. A la hauteur  suffisante du soleil, les petits lapins du voisinage sortiront de leurs terriers le musc de la journée. L’ambiance se tournera  à la rencontre de ce qui se découvre, sans bruit, sans foule, à la fenêtre de son désir personnel d’échappée. Le tableau un peu fatigué d’avoir beaucoup dansé, pourra s’asseoir et laisser ses larmes prendre les étiers de ses joues. La cabane les versera dans un fond de saumure afin d’en retenir le meilleur.

Niala-Loisobleu

22 Mars 2016

 

 

 

 

 

 

 

Ma destination


Ma destination

Nul autre bruit

ne montre

la moindre idée d’un trouble

Mon coeur

pourquoi irait-il regarder au dehors

il sait que le feu quand il brûle

n’éteint que les forêts sans voies

des trains taris d’ô

Au bois flotté

blanchi par le sel

il s’en remet

aucun hasard

allongé clair

sur fond noir

de la ligne

d’horizon bleu

tracé à son cap

Niala-Loisobleu

8 Février 2016

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Mascaret, laisse les immortelles fleurir aux poutres du plafond


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Mascaret, laisse les immortelles fleurir aux poutres du plafond

Entre Bois-Plage et La Pallice
Que de vérités me suis-je infligées depuis
Celle d’aimer est de toutes l’épreuve suprême
Bien sûr, seuls ceux qui ne confondent pas prendre et donner pourront comprendre cet impératif
Mais ils seront si peu nombreux que ce sera un repas intime
Tout simple
Sans les grands services et l’orfèvrerie
Mais du bon vin
Du pain plein de mie trouée et de croûte dorée et croustillante
Un fumet de potager
Avec du lard fumé mijotant aux côtés de

Montbéliard et Morteau

t’as voulu voir Vesoul

Mijots préalables

Bouillon de confit d’oie suspendu à la crémaillère de l’âtre
Contre la table de ferme le vélo appuyé à la paille des chaises
Des fleurs plein les rayons et l’accordéon sur le porte-bagage
Le vent par les fenêtres ouvertes gonfle assez les rideaux pour appareiller
Il faut détacher l’encre des mauvais épisodes
Mascaret, laisse les immortelles fleurir aux poutres du plafond
La tromperie est un viol qui salit plus l’âme que le corps
Vite lui refaire ses couleurs et ses transparences
Et chasser l’orgueil qui ne peut qu’inoculer le mal
Le crime ne paie pas il rattrape toujours l’auteur
On a le tant du temps
Ce qui presse c’est de vivre tel
Pur
Innocent
Naïf
Humain
Pour ne pas mourir de contamination
La plage entre Ré et la côte m’a pris par le large
Les bois me portent marées hautes trousse-chemise
Laisse les yeux de tes mains venir me dire le chemin des dunes
Les épaves pétrifiées dorment auprès des gorgones

Tes secrétions à Toi

Mon Aimé petit poisson-volant émergent des zoos

chapeautées de Printemps

Niala-Loisobleu
2 Mars 2016

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REFLETS D’ESTRANS 13


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COEUR AU-DESSUS DE TOUT

Longtemps, ensemble chacun de son côté, la désespérance tend sa joue d’accoutumance, finissant par laisser pousser les fleurs artificielles sur ses terres sauvages. On ne peut se mentir à soi-même aussi naturellement qu’au paysage dans lequel on trempe. La société rend plus normal d’être lâche aux autres en décollant toute révolte affichée. Conflit t’es hors ? Non. Pas pour nous mon Coeur, qui ne sommes polis qu’en civilités, pas en âme-pierre brute de notre édifice.Nous sommes guerriers de notre valeur humaine, refusant le paraître qui tue toute vertu en s’y référant. Les va-t-en guerre du verbe ne mènent jamais au passage à l’acte. Le silence n’émousse pas, il aiguise.Comment peut-on aimer en étant détestable avec soi ? En t’aimant, j’ai appris à déchausser mes pieds de la fange, me forçant à aller au courage de nager à contre-courant. Boire la tasse dénoie grâce au sel qui porte. Ah oui mais c’est épuisant, tu passes ta vie à côté du plaisir, quel plaisir sinistre gnome, quel plaisir, celui de participer à établir ce que tu critiques. De te faire l’artisan d’une vaste entreprise de duplicité abusive, travestie des pieds à la tête, de te précipiter aux commémorations racoleuses comme si tu allais donner quitus aux imposteurs qui te manipulent pour tirer les marrons du feu. Je vomis les anciens combattants des victoires mises sous scellés des défaites.J’irai jusqu’au bout mon Coeur jusqu’au denier battement de notre probité. Vois comme tu es apparent dans ce noeud de maléfices qui voudraient te masquer.Tu émerges, rouge ardent, de l’ombre du pouvoir, sans aucune altération. Mon Amour, nous nous éviterons l’un dans l’autre la noyade méprisante de l’irresponsabilité choisie.

Niala-Loisobleu

10 Janvier 2016

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REFLETS D’ESTRANS 13
2015
NIALA
Acrylique et collage s/toile 46×38

Adresse de mon site officiel : http://www.niala-galeries.com/