Lopin Clopant 1


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Lopin Clopant 1

 

Le grand sillage en v de plumes déployées tranche en terres, jaunes et ocres la morosité de l’endroit. Quelle bouche stérile mordrait l’arpent en attente. Voici que le collier bleu-vert des oies fait chanter son plumage. Du plomb fondu d’un ciel sans vitrail, perce une entrée d’air. De la motte qui tressaille un tremblement attire l’attention des pilotis en sommeil. On dirait une épure en couches, prête à ériger ses pierres. Les membres de levage se dégourdissent les doigts sans que le moindre signal de frayeur ne se lise dans le tapis des oiseaux. Que pourrait-il y avoir dans le bruit de poitrine  des roches brunes, si ce n’était le décapage des suies anciennes ? On dit qu’une race humaine est passée par là, il y a bien longtemps. Je crois que l’espoir qu’il faut toujours conserver par devers soi pourrait vouloir matérialiser en cet instant, la reprise du vouloir vivre. En tout cas, ça y ressemble fort. Des signes de feu sortent des stigmates du monde enfoui. Des battements de dextres sur des peaux animales viennent jeter des envolées de chevelures  mises en mouvement continu par des sauts de croupes montées sur jambes. Tandis que le renversement des nuques actionne des tournoiements de seins. Tellement enragés qu’il est loisible de les entendre aboyer. Une manifestation à faire ressurgir le regard de la conscience du fin fond des limbes.

Niala-Loisobleu – 28 Novembre 2017

 

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Prie-d’Yeux


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Prie-d’Yeux

Raide au porte-manteau

son vêtement oublié

pend les yeux ouverts

Passe son odeur plein les oreilles

chair humide

en vagues successives

pas à pas

 le papier-peint silhouette sur les murs

Elle ne sonne pas au heurtoir

du cadre

la porte restée ouverte

tient les fleurs fraîches en éveil

Niala-Loisobleu – 17 Novembre 2017

De l’écurie à l’abattoir marin


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De l’écurie à l’abattoir marin

Monte à cru. Du clavier de mon chemin partent les pas de mon cheval. Hypocampe chevauchée portée, les deux mains sur la tête, dans la fureur des vagues. Les trompettes du Cap de Bonne Espérance lancent le défi du tournoi. En lice le fracas des rames qui déraillent dévisse l’armure. Pied écrasé sur l’accélérateur, l’armada éperonne des deux dans le virage des Hunaudières. Est-on maître de ces dernières 24 h ?

 

Je ne peux remettre l’amour à un autre siècle
je ne peux pas
même si le cri s’étrangle dans ma gorge
même si la haine éclate crépite brûle
sous des montagnes grises
et des montagnes grises

Je ne peux ajourner cette étreinte
qui est une arme au double tranchant
d’amour et de haine

Je ne peux rien ajourner
même si la nuit pèse des siècles sur mes épaules
même si tarde l’aurore indécise
je ne peux remettre ma vie à un autre siècle
ni mon amour
ni mon cri de libération

Non je ne peux ajourner le cœur.

Antonio Ramos Rosa (Poème)

A vivre la dangerosité des hommes, il parait impossible de croire que la crête des Vosges reste toujours bleue. Mais je sais qu’il faut, sans en réclamer la présence, savoir que là où l’amour existe vraiment, c’est là que ça fait le plus mal pour que ça empêche d’être béat. Nos silences connus nous ont plus réunis qu’une présence ignorée. Le jour où tu as ouvert les lèvres pour me l’écrire, tu m’as dit que cet Amour là était insubmersible parce qu’il était vibratoire. Si l’on avait gardé le nombre de jours arrachés à son calendrier on pourrait avoir une immense flottille de bateaux en papier. Pendant les heures où tu restes invisible, je ne me cache pas, je te passe-muraille dans tous tes endroits de présence. Rien n’est plus facile que de me cacher sous ta robe, puisque tu ne portes jamais de cadenas. Dans le couloir de ta gorge ma langue glisse l’air pour ta respiration qui vient se recycler dans mes poumons. Nous ne reviendrons jamais en arrière. Toi et moi sommes le m’aime fleuve allant à la même mer. Les grands poissons marins ne sont pas à l’abri des sirènes, sauf ceux qui vont à l’ambre. La soupe de requin à l’aileron de dauphin va aux pieds chaussés de bébé-phoque. Aussi Nous resterons nus dans notre creux réciproque.

Niala-Loisobleu – 15 Octobre 2017

C’est de quel côté ?


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C’est de quel côté ?

 

Un jour que je m’étais pris par la fenêtre du port, j’embarquais quelques îles lointaines en me servant du vain de palmiers, sans idées dévastatrices préalables. Fou à laisser de côté les bretelles de ma culotte, parce que n’ayant pas l’usage des voix à péage toujours à faire les marchés en guise de pouvoir.

C’est de quel côté ?

Ah, je ne pourrais trouver de question plus exhaustive, tant je me la suis fait poser à propos de tout et n’importe quoi. Mais en fait il n’y pas moins de restriction que dans cette question là. Parce qu’on vous la pose toujours en cherchant l’espoir.

J’éviterais, n’ayant pas l’éludication pour religion première, de me tailler une langue de bois. Que je suce. Ayant l’aperception pour pratique coutumière, afin de sortir de l’appareillage ambigu (manie en exercice chez les marins de con plaisance, qui font de la navigation sans se larguer du port, genre St-Trop)

Les contre-feux du discours sur la manière d’éduquer les enfants tant d’erreurs de français par semaine, allumés par les corporations-parentales resteront en dehors. Il n’y a pas plus de côté que de latin dans ce mélanagogue de purge.

L’espoir pour moi, c’est du côté où tu te tournes. et comme tu seras seul jusqu’au bout à pouvoir pourvoir à ton avenir, cherches pas de droite et de gauche, marche devant mon P’tit-Gars !

 

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2012

 

Moment d’un plant


Moment d’un plant

Un bord de route ourlé d’arbres, un carrefour ouvert sur la mer, un sentier à faire et voilà l’odeur des bruyères qui se fraie le passage d’un pas joyeux. Les marchands de chichis rincent les huiles rances pour les prochaines vacances. Chambre allouée, le papier-peint bleuit dans les bouquets des draps du lit.

Derrière la porte, la pierre d’âtre feuillette les crémaillères. Le ventre bat quand  passe un vol d’oies sauvages

Entre le haut et le bas d’une route en pente, des pans de troncs laissent échapper des cimes d’arbres dans les trouées de la brume en suspension.

On dirait une perspective à tracer dans son destin. Rien est jamais fini

Il faut des berges pour percer la sortie des estuaires

Quelquefois, la touffe où l’iris croît, est posée sur un granit au fort caractère, impétueux, voire têtu, qui sans réfléchir s’oppose à la montée des tiges. Il est préconisé d’adopter le dialogue du silence, sans cesser un seul instant de croire en sa conviction. Les choses mal embarquées se noient d’elles-mêmes.

Niala-Loisobleu –  4 Octobre 2017

 

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Je suis de Monts-Usés


Je suis de Monts-Usés

Ils sont de ma famille ces gens de rien-qui-se-fait-mousser, qui, depuis des millénaires, se sont accrochés aux à-pics de quotidiens sans pitié. Solidement encordés pour laisser à leur amour de la vie toute Liberté d’être. Dans la plus grande force nécessaire au moment le plus critique. Ce moment où le cerveau ne s’irriguant plus, envoie à tout le corps des messages d’arrêt. Plus du tout contré par le coeur, qui divague dans les lises boulimiques. Je suis de monts-usés, que la bêtise humaine a laminé de toute sa puissance lapidaire.. Lorrains par ma mère, auvergnats par mon père. Mon sang coule dans la seule ligne Maginot qui ait su repousser l’envahisseur sous quelque forme qu’il ait choisi. Ballons des Vosges sur la ligne de crêtes d’un Chemin Bleu, feux intérieurs de volcans usés seulement en surface. A quelle époque de l’Humanité a-t-on connu la félicité ? L’Homme ne fait allusion à l’esprit humain que dans ses discours, jamais dans ses actes. Son nombril l’en empêche d’une manière ou d’une autre, aidé en cela par le plus bel organe de mauvaise foi qui soit: sa fourberie. L’unité perverse se fait autour de lui. L’homme a toujours coupé des têtes dites ennemies en criant à la barbarie dans la rue, dans les tribunes, dans les écrits et pire du haut de prêchoirs placés au choeur de ce qu’il a eu la suprême hypocrisie d’appeler « lieu sacré ».

Et pourtant l’Espoir existe.

Bien sûr puisque c’est de la seule volonté de chacun qu’il devient réel et que ça n’a absolument rien à voir avec un foutu paradis mercantile offert dans un loto tenu par une mafia du temple., éleveuse de serpents.

Je suis donc c’est vrai de Monts-Usés qui contiennent le diamant, la Veine de la Pureté.

La tête dans le seau de la méchanceté je recrache le venin à la gueule du Monstre. Si je t’aime mon Coeur, c’est parce tu es la Beauté que la souffrance est seule à pouvoir créer. j’abandonne à la masse toute prétention de refaire le monde. Elle l’entraînera seule à sa perte. Sans qu’un instant mon cheval est cessé de tirer le sillon pour s’aimer.

Niala-Loisobleu – 1er Août 2017

 

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Rêve – Tamara de Tempicka