Je suis de Monts-Usés


Je suis de Monts-Usés

Ils sont de ma famille ces gens de rien-qui-se-fait-mousser, qui, depuis des millénaires, se sont accrochés aux à-pics de quotidiens sans pitié. Solidement encordés pour laisser à leur amour de la vie toute Liberté d’être. Dans la plus grande force nécessaire au moment le plus critique. Ce moment où le cerveau ne s’irriguant plus, envoie à tout le corps des messages d’arrêt. Plus du tout contré par le coeur, qui divague dans les lises boulimiques. Je suis de monts-usés, que la bêtise humaine a laminé de toute sa puissance lapidaire.. Lorrains par ma mère, auvergnats par mon père. Mon sang coule dans la seule ligne Maginot qui ait su repousser l’envahisseur sous quelque forme qu’il ait choisi. Ballons des Vosges sur la ligne de crêtes d’un Chemin Bleu, feux intérieurs de volcans usés seulement en surface. A quelle époque de l’Humanité a-t-on connu la félicité ? L’Homme ne fait allusion à l’esprit humain que dans ses discours, jamais dans ses actes. Son nombril l’en empêche d’une manière ou d’une autre, aidé en cela par le plus bel organe de mauvaise foi qui soit: sa fourberie. L’unité perverse se fait autour de lui. L’homme a toujours coupé des têtes dites ennemies en criant à la barbarie dans la rue, dans les tribunes, dans les écrits et pire du haut de prêchoirs placés au choeur de ce qu’il a eu la suprême hypocrisie d’appeler « lieu sacré ».

Et pourtant l’Espoir existe.

Bien sûr puisque c’est de la seule volonté de chacun qu’il devient réel et que ça n’a absolument rien à voir avec un foutu paradis mercantile offert dans un loto tenu par une mafia du temple., éleveuse de serpents.

Je suis donc c’est vrai de Monts-Usés qui contiennent le diamant, la Veine de la Pureté.

La tête dans le seau de la méchanceté je recrache le venin à la gueule du Monstre. Si je t’aime mon Coeur, c’est parce tu es la Beauté que la souffrance est seule à pouvoir créer. j’abandonne à la masse toute prétention de refaire le monde. Elle l’entraînera seule à sa perte. Sans qu’un instant mon cheval est cessé de tirer le sillon pour s’aimer.

Niala-Loisobleu – 1er Août 2017

 

tamara-de-lempicka-reve

Rêve – Tamara de Tempicka

HIER ENCORE


HIER ENCORE

 

Des deux mains j’aurai refait le monde

loin du cadran comptant

sillonnant les quatre coins de l’Homme

pour trouver le bon jardin où planter de l’amour

pour fleurir les yeux des enfants avenir

Hier encore

j’ai regardé mes demains

ma vie

tu étais ouverte à la fenêtre

 

Niala-Loisobleu – 28 Juin 2017

 

 

PROMESSE 6


P1050322

PROMESSE 6

Tirée des carrières du plateau d’Avron, la première craie champignonnière, traça la passerelle rue de la Garenne

au 13 bis

un père et passe, les jeux sont faits.

Ta pierre a mon épaule cogne à extraire, ne m’embrasse pas , juste ta bouche, tu poseras mes demains dans ta palette, la clef dans la serrure de ton enseignement

la montée pour plus tard à les Ecoles.

Je tiens de ta volonté, Papa, d’avoir été là où tu savais. On paye ça hors de prix, pleurant jusqu’au sans, dans le dénuement d’enfants.

La couleur ne saurait être la couleur en l’absence de douleur. L’éclat de sa nature tient debout au terme des mises à taire d’une société hourdie d’indifférence. Être artiste c’est devoir passer au ban de la société en refusant d’être lapidé par son rejet. L’oeil au-devant tu marches toujours en avant dans son recul.

M’aime en avance.

Les murs de la distance dépassent la hauteur des atteintes. Seul tu seras, promets-toi d’en nourrir ton amour à donner.

Je suis où tu m’as voulu Papa.

Plus seul que jamais dans ce qui s’entête à reculer

mais si contre à toucher l’Homme Authentique qui n’a qu’à faire et rien attendre sans jamais désespérer.

Aimer c’est folie de vivre au coeur de la haine. Mon cheval a tiré le jeune peintre de ses certitudes. La Foi Bleue a fait pousser du sillon l’Artiste ignorant, voulant entendre par refus de succomber à la destinée de  l’outre-noir.

Niala-Loisobleu- 16 Juin 2017

 

P1050319

Promesse 6 – 2017 – Niala – Acrylique s/contrecollé, encadré s/verre 40×50

(Dernière oeuvre de la série Promesse)

LA BANDE JAUNE


LA BANDE JAUNE

 

L’écho de l’herbe endormi dans une craquelure – plaie ouverte d’une insuffisance aqueuse des sols – se conserve en toute absence de glace. Relevant de la stricte réaction émotionnelle, un choc thermique n’est pas de nature à anéantir les cellules du sentiment. Il se fait juste anesthésier pour un temps indéfini dont la variance peut être grande. Il y a tout de la Belle au bois dormant dans l’amour. Du feu comme de l’eau, qui maintiennent l’essence. Nous ne  sommes plus en période de mise à l’écart des pollutions microbiennes de l’extérieur. L’influence déroule son tapi d’ombre. Il faudra aimer en se tenant au plus près de la zone de sinistre, sans ajouter au voyeurisme complice attroupé, appareil faux-tôt en position de tir. Rester à portée en déployant les ondes positives de son amour. La route en se chargeant n’a pu qu’apporter le trouble inhérent à l’embouteillage. Des dépassements imprudents et dangereux sont devenus inévitables. Il faut regarder bien au-delà du rétroviseur, des clous pullulent sur la chaussée.

Selon l’accent qu’ont certaines minutes

les heures n’ont plus les mêmes kilomètres

tout est question du sens des talons

Et de la rue du tant qui passe

une odeur de pissaladière a rejoint le pré salé sur la plancha

du violacé aubergine

roulant d’un cri de guitare sèche

un vert concombre

se dresse sur la pointe du pied

la jupe haut relevée

Des cris de mouettes remontent du môle

tirant le chalut où la raie bat largement des ailes

d’un battement d’ouïes tu m’as glissé ton assentiment

La marchande de crevettes a sorti les odeurs de la criée

pendant que les enfants jouent à colorier leurs rêves

les bulles vont plein gaz sur la savonnette

les nez rouges suivent en cortège de parade

leurs grands pieds dans le cerf-volant

mon Amour mille et une nuits nous bassinent les draps

Ce soir il fera froid

je mettrais mes doigts dans ton manchon de fourrure

après avoir paraphé ton blanc sein à sa double-page, je pair sistre…

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2017

60ade33d3331990c49bc2dd06adf1768

FEMME, JE N’AI QUE DE TOI


image (2)

FEMME, JE N’AI QUE DE TOI

Que reste-t-il du matelas associé aux vertèbres lorsqu’il retenait en corps la douceur des pieds, qui avaient mis la veille dans un réveil où les routes ne se suivent qu’en allant du m’aime pas.

La carte d’yeux, dépliée sur les genoux, me montrait d’instinct le chemin à se faire par la fenêtre de demain. Le gris du ciel allait mieux au quotidien, qu’à notre univers, où neige, vent, verglas restaient étrangers aux rayons traçant la voie, telles des aiguilles de miel soufflées par la ruche.

Ecoutes tes pieds te dire comme je les sens, noués autour de moi, pareil à ce que tes cuisses voulaient cette nuit à leur façon de me tenir à toi. Chaudes, surtout là, où le moelleux du coussin est gonflé d’un accueil enveloppant. Je les sentais bien tes bras, pousser ton bas-ventre en cache-nez, tu avais comme une peur, que j’attrape froid, que tes seins s’en sont mêlés. En commençant par dilater, pour que leurs bouts s’allongent. Ton front en me donnant de ton nez jusqu’aux glissades de ta langue qui me courait d’un bord à l’autre. Quoi d’autre, aurais-tu pu vouloir être puisque de ton aveu tu m’as dit: « Je suis Femme ».

L’élastique de ton en vie démentant la peur du vide, nous n’étions plus que cette cavité où le torrent chante. Toi Femme et moi l’homme et l’enfant, les deux piles et le tablier du pont sur l’infini. Une autre pudeur ? Certes car peu ont compris que nos audaces corporelles n’étaient que la pureté d’un fort sentiment. La fonte des genres en un seul. Ajoutée aux autres, mais différente. Mais si ressemblante à ta manière de te cacher à mes yeux tout en me tirant au fond de ton secret pour que je te vois toute ouverte.Fendue entre les poils épais où émerge la fleur roulée sur son bourgeon. Gluante de suc.

Femme, ne me repousse plus jamais de ce lieu sacré, entends-tu ? Me surpris-je à prononcer par le premier tour de clef donné à l’heur du tant. Rien hormis ce qui se fait naturellement ne porte la vie plus loin. Le monde va a sa perte en poussant ses manifestations du paraître sans qu’elles portent l’accent intime de la conviction personnelle. Il n’y a pa besoin de chapelle pour avoir la dévotion d’aimer.Le compas de tes jambes, sur ma planche a tracé les arcs des pas rapprochant, dont la première empreinte se posa il y a des années. Je te vois païen au choeur d’une autre église, aurorée de cette lumière montée cherchée à la pente abrupte. Ton visage chéri est si beau, si épanoui que mes doigts ne cessent d’en peigner la lumière.

Je t’aime Femme, creuset du seul air respirable à la pérennité de la race humaine. Redonne force à l’homme.

Niala-Loisobleu – 6 Juin 2017

 

Homme c’est à toi de décider


370f9212531daa24af265b1848fd9c4f

Homme c’est à toi de décider

A regarder autour de moi, je voyais bien cette fébrilité qui, telle une vague scélérate se déployait alentours. Couchant la clarté des idées dans un imbroglio de sentiments à priori semblables, conduisant à un désespoir collectif. L’anticipation de l’irrémédiable s’étalant comme la panique qui dirige la foule. L’impression générale se conforte. Les contrariétés ordinaires sont remisées en arrière, la peur avec sa majuscule anonyme fait la une.

J’ai vu de la vie trop de rivages pour manquer de souvenirs. Ma naissance m’avait donné ceux de ma famille. il ne peut y avoir l’ombre d’un doute, je crois pouvoir affirmer que le monde à la même peur de vivre depuis son origine. En évoluant, il change juste la manière de la vêtir pour la transporter. La citrouille de Cendrillon s’est faite capsule intersidérale, voilà tout. En revanche à part la technique, rien ne bouge dans le bon sens au niveau du comportement humain. A part l’appauvrissement au propre comme au figuré..

Voilà qui me pousse à une neutralité de pensée, moi l’engagé.

Je crois avec une nouvelle fermeté dans un monde pérenne, J’y crois à cause de l’impossibilité de laisser la dégradation se poursuivre. Où on change tout parce qu’on a plus le choix. Ou on laisse ses yeux voir à côté de ses pompes et préparez le convoi.

Tous les atermoiements individuels ou collectifs n’étant que cataplasmes pour gens de bois. Homme c’est à toi de décider de ton à venir.

Niala-Loisobleu – 5 Juin 2017

ET PUIS, UN JOUR JE


ET PUIS, UN JOUR JE

Ce Dimanche je suis passé par Hesse, Char et Celan. Il faisait un sombre qui ne me sied pas dans mon dominical. Au point que j’en fus rendu à me remercier d’avoir invité au restaurant. J’avais jamais acheté des rideaux d’île. Et bien c’est fait. Quand le coton est vraiment blanc il y a rien de plus anti-inflammatoire pour le mal de do.. La mer autour d’Oléron a sans doute bougé depuis que tout petit je l’ai marié. La guerre, c’est là que j’en ai fait la douloureuse connaissance. Cet après-midi, je l’ai prise à part. On a causé.

La guerre n’est plus la guerre.

Après les rois qui y jouaient par plaisir, elle a viré. Tournée mondiale par deux fois, elle s’est faite destruction massive pour favoriser le progrès. Du coup le courage individuel s’en est pris un coup de vieux. Le patriote n’a plus de frontière. Le monde est laminé. Ouah se disent les rois du pétrole, à nous le pactole. Moi je crois qu’il faudrait juste remettre ses pendules à l’heure. Avoir peur oui, mais pas de se lever. Avoir peur de plus se réveiller. L’espoir n’est pas un remède, c’est un acte personnel contre les marchands du temple.

Niala-Loisobleu – 4 Juin 2014

unnamed (1)