CELUI QUI GLISSE UN DIEU AURA UN GAGE


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CELUI QUI GLISSE UN DIEU

AURA UN GAGE

Au début des cours d’eau le fil a reçu la direction choisie par la nature. Le choix s’est inscrit dans un consensus de parfaite harmonie, les cochons allèrent à la soue sans que ça pose de réclamations. Tout comme ce qui ne respectait pas la chaîne alimentaire ne put obtenir de droit de séjour.

Puis vînt l’homme avec un si long décalage que le créateur de base avait disparu, des millions d’années du jamais vu, on n’y résiste pas. Celui qui glisse un dieu aura un gage.

Quel dommage, celui qui s’est chargé de la création humaine, devait déjà avoir des gènes macroniens. Parfaitement incompétent, aveugle et sourd, aucune culture de la nature, une prétention insolente et gerbante en plus, un petit trou-du-cul incapable de transiter par lui-même, juste bon à faire chier le reste de la population terrestre.

Après des siècles de volonté du désastre voici qu’on arrive à terme. Le sens du fil est en voie de retournement.

La secousse que mon hypersensibilité en reçoit me traumatise un max

J’ai des idées de décrochage, des tentations de départ, qui en viennent à m’insupporter l’odeur que je respirais comme un gaz énergétique. Mettre la lumière dans l’obscurantisme obstiné ça appelle à relativiser le fondamental.

Non, je ne peux supporter de voir des mots déplacés dans des coms hors sujet, , des phrases détournées de leur sens profond pour un bavardage de trottoirs, , un tapage pour le disque posthume mené par l’aide Laetitia, enfin que de l’à-côté de la plaque tel le changement du nom de l’essence qui ne fait que dépenser du fric pour rien, mais qui en conclusion écarte tout acte pour qu’on réagisse….

Cet état est un aveu de volonté de nuire.

Niala-Loisobleu – 18/10/18

L’herméneutique du sujet. Cours au Collège de France (1981-1982) de Michel Foucault


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L’herméneutique du sujet. Cours au Collège de France (1981-1982) de Michel Foucault

 Toute une psychologie défend l’idée qu’il faut être soi-même, qu’il faut être authentique, et qu’il faut donc apprendre à se connaître. Attitude si répandue qu’elle paraît aller de soi. Or, comme le rappelait Michel Foucault dans ce cours au Collège de France, cette idée n’est en rien une idée naturelle et universelle. Le « qui suis-je ? » serait en effet une question chrétienne, en tout cas une question élaborée dans les premiers monastères, quand il s’est agi de codifier des pratiques de confession et d’aveu. C’était donc une question inconnue de l’Antiquité, où l’individu qui tentait d’agir sur lui-même ne le faisait pas en cherchant à se connaître ou en cherchant à être soi-même, mais en construisant son existence, en prenant sa propre vie comme matériau d’une oeuvre ; ce que Foucault nommait l’esthétique de l’existence.

Cette manière qu’avait un individu de se rapporter à lui-même pour se construire et s’édifier ne fut toutefois pas identique tout au long de l’Antiquité. Comme on le voit, à travers ce long et minutieux commentaire des auteurs antiques qu’effectue Foucault, ce « souci de soi » évolue entre le ve siècle, où il apparaît dans la culture philosophique, et les deux premiers siècles de notre ère qui en constitueraient l’âge d’or. Puis il évolue encore lors du passage de l’ascèse philosophique païenne à l’ascétisme chrétien où, « l’opposition n’est pas entre la tolérance [grecque] et l’austérité [chrétienne], mais entre une forme d’austérité qui est liée à une esthétique de l’existence et d’autres formes d’austérité qui sont liées à la nécessité de renoncer à soi en déchiffrant sa propre vérité ».

Outre le fait que ces recherches historiques montrent qu’il n’y a pas nécessairement à assumer ou à rechercher une identité subjective, elles esquissent aussi toute une histoire fascinante des rapports entre les notions de « vérité » et de « sujet ». Et en particulier, Foucault montre comment, au cours de l’histoire, on serait passé de l’idée que le sujet peut atteindre la vérité en opérant des transformations sur lui-même à l’idée que c’est uniquement la connaissance qui donne accès au vrai. Du coup, Foucault peut avancer que l’âge moderne commencerait « le jour où nous postulons que, tel qu’il est, le sujet est capable de vérité mais que, telle qu’elle est, la vérité n’est pas capable de sauver le sujet ».

REMANENCE


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REMANENCE

C’est Dimanche, je regarde et vois qu’à part la chaleur et moi tout est chômé. Dans ma glace je vois la fenêtre avec des carreaux de tablier. Je suis à l’école. Plongé dans ma réflexion à propos de la vie. La mienne en particulier. Je vis depuis longtemps et toujours j’ai été en classe, à part à l’époque que c’était l’obligation d’y aller que j’aimais pas, je cherche à comprendre.

L’importance tisonne le feu de ce creuset là. Les moments ternes s’effaçant d’eux-mêmes.

L’expérience étale ses cartes se fait une réussite pour trouver réponse au Rémanent qui subsiste. La question générale envoie des alinéas, ce sont les choses écrites en tout petit sur son contrat qui font tout. Qui suis-je où vais-je, comme en allons-nous, mon cher Paul, dis-moi tout.

On vit ou pas, que tu meures ne change qu’avec la façon dont tu as traversé. Moi j’ai commencé tout de suite à vouloir vivre, je n’y ai pas toujours réussi mais j’ai jamais voulu mourir tout en sachant qu’il n’y pas moyen d’y échapper sauf pas naître. Tu vois le merdier ? Tellement bien que c’est pour ça que je sors pas de la vraie école.

Les chats ont plusieurs vies dit-on, j’aime pas trop les chats, sont trop égoïstes, mais je dois être un cheval-félin parce que j’affirme en avoir plusieurs. Avec l’espoir c’est incontournable, sinon bonjour la casse.

Je m’étonne pas de me trouver devant des situations que je croyais connaître en m’apercevant que l’espoir a le don de les configurer tout autrement. La première fois que j’ai eu le sentiment d’être déjà venu là où j’étais pour la première fois m’est apparu tout petit. Mon père sourit chaque fois qu’il me fait signe de là-bas.

Initiation.

Alors je parle haut et tout seul pour savoir pourquoi cette chose vécue paraît toute neuve et pas du tout pareille, comme si on l’avait connue à côté de son importance fondamentale.

Illustration: Délivrance (Série In Temporalibus ) – Niala/1983 – Huile s/toile 90×73

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2018

L’ITINERAIRE


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L’ITINERAIRE

 

au coeur

je pense te savoir au plus près

les fils qui tiennent

calent d’erre

en excellent mobile

L’immonde se nourrit de sa malveillance, terrible addiction qui le conduit à désirer poser son fiel en tous sites tout en ne pouvant pas savoir à quoi le beau ressemble, c’est un langage dont il ignore jusqu’au début du sens.

Tout à l’heure quand t’as vu la chaîne couper la cabane éventrée du monde, ça t’a piqué comme le poignard qui se plante entres les omoplates. Tellement c’est fourbe qu’il faut passer chemin, la gangrène on ne la soigne qu’en amputant.

L’ITINERAIRE

De la torpeur qui te sangle, du purin que tu fends, chimère du rocher, le sifflement, le maléfice me poursuivent. Un accroc dans la trame, une lacune de la partition me rendent aux
ombres mal tuées dont les yeux tournent dans l’écume.

La géante. La gangrène des marteaux s’écarte de son flanc. Elle est l’àme du bronze englouti, le glas marin.

La bouffonne. Tumultueuse aux confins. Volubile dans le feuillage. Insondable sur le bûcher.

La servante. Flaireuse de tisons sous les décombres du laboratoire. Mangeuse de gravais. Une fleur l’épouvante, un baiser la disloque.

L’ingénue. Se chérit par procuration. Roucoule au commandement. Voyage encore, sans s’appauvrir, dans le volume de mon pied.

Un rayon dans l’eau m’offrait le ciel changé en serpent. Le cœur en eut raison. Le cœur, depuis le soir que tu m’es apparue. Depuis le soir que la chimère à jeun
s’ouvrit les veines dans la grâce.

Jacques Dupin

En sentant la chair de tes pores me tendre l’anneau j’accostais au matin d’une traversée qui connut des vagues scélérates. pour vivre l’abri sûr.

Ce qu’il y a d’amour dans l’autrement ridiculise les gestes automatiques d’une pulsion. On arrive à se sentir l’un dans l’Autre à tous propos. Comme un tee-shirt liberty fleurit ta poitrine je n’arrache aucun brin au tapis…

Niala-Loisobleu – 06/10/18

LES YEUX EN DORMIR


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LES YEUX EN DORMIR

 

Là contre la planche à écrire des symboles vont et viennent sans contrainte particulière, le principal étant le brumeux d’une fatigue pas entièrement sortie du lit.

Le peu dormeux que je suis est bien moins vif au levé d’une trop longue nuit de sommeil.

Les lignes de construction du travail que me demande la création de ma boutique sont nouées trop serré pour que j’y comprenne ce qu’il faut faire. Faut ralentir.

N-L – 1er Octobre 2018

FERME TA BOÎTE A WEB


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FERME TA BOÎTE A WEB

 

Vie triée, vie triée…

Me voici à coeur du livre, le marque-page à la corne, Aline et ah comme une chanson tirée par la plage. Nous traversons la glace, couche trop mince qu’un teint jugé pâle n’aura su retenir bien conforme au reflet. Du coup notre image s’en ramasse plein la gueule comme si de connivence ce qui marche pas chez toi doit rejoindre le travers d’ailleurs pour fermer le cercle. Ces jours là sont les plus propices à l’autodafé, sous le coup de la peine injuste on a l’allumette de son propre bûcher sortie de la boîte, bonne à gratter comme si un méjugé pouvait se gagner en appel. Ah la couleur grisée non je la refuse et préfère la brûler que lui ouvrir l’épidémie. Connerie, malversation, c’est assez dur à vivre soi-même sans devoir ramasser pour l’embrouille des autres. Quand on a la merde chez soi faudrait vraiment être maso pour prier celle des autres de venir passer à table. On gagne à se taire plutôt qu’à paraître…

Niala-Loisobleu – 23/09/18

 

ENCART

 

René Char

Les routes qui ne promettent pas le pays de leur destination sont les routes aimées.

La générosité est une proie facile.
Rien n’est plus attaqué, confondu, diffamé qu’elle.
Générosité qui crée nos bourreaux futurs, nos resserrements, des rêves écrits à la craie, mais aussi la chaleur qui une fois reçoit et, deux fois,
donne.

Il n’y a plus de peuple-trésor, mais, de proche en proche, le savoir vivre infini de l’éclair pour les survivants de ce peuple.

La pluie, école de croissance, rapetisse la vitre par où nous l’observons.

Nous demandons à l’imprévisible de décevoir l’attendu.
Deux étrangers acharnés à se contredire — et à se fondre ensemble si leur rencontre aboutissait!

En amour, en poésie, la neige n’est pas la louve de janvier mais la perdrix du renouveau.

René Char

 

DIALOGUE ININTERROMPU 1


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DIALOGUE ININTERROMPU 1

 

B-A : Dis, crois-tu que la nuit venue l’idée de la fleur s’échappe sur la pointe des pieds pour aller dormir dans la fleur ?

 

N -L: Il se pourrait bien eu égard à ce qui en volute sur le front du rêve.

 

B-A :  Elle aurait alors la connaissance secrète des heures et s’ouvrirait au  champ des possibles qui seul enfante la vraie couleur?

 

N-L :  Cet accès dénoue les aiguilles. Sur la patinoire des cadrans lisses le temps disparaît en laissant les lames des patins fendre la glace. Dans un salto la première des trois primaires sale la chaussée.

 

B-A : C’est donc ainsi que l’on entre dans le rêve: pieds nus …

 

N -L:Le rêve se veut spartiate pour libérer la plante de toute amarre…

 

 B-A :Et c’est ainsi, parce qu’ils plantèrent, qu’ils dessinent le profil grec de la beauté? Parle-moi de la beauté…

 

N-L :Elle me dit:

-Parle de la beauté…

J’entre sans bruit dans la malle enfouie sous les pinceaux aux poils usés et les palettes trop lourdes à porter. Un oiseau niche un peu partout sur les taches qui recouvrent le sol, la corde du tapis en est raidie. Un casque de pompier d’une ancienne école aujourd’hui éteinte brille de tous ses feux. Quelques bâtons de craie enfuis du tableau noir parlent de campagnes de pêche, de châteaux de sable, de jardin secret. Sœur Anne est descendue du rempart. La douve tire ses lentilles du puits, permettant à la vérité de laisser ses seins dire à haute voix ce que l’on cache hypocritement. Ramené, un chevalier, s’accorde à l’amble d’un trot. L’éboulis d’une carrière garde les mains calleuses d’un tracé architectural en liant tiré d’un bas-relief, les psaumes reculent au premier cri de l’innocent avant que les chiens ragent. Il faisait noir au point que la diagonale du vitrail s’alluma. La beauté c’est les mains du silence en prière laïque, l’athée cohère, passent des Mermoz, Saint-Exupéry, la Postale sait l’Atlantide. Si les ailes se reflètent comme un poisson volant touchant terre il faut arrêter de chercher une réponse et trouver dans l’entrée de sa naissance le mystère à garder inviolé…

 

B-A : Alors ce serait donc ce grain tombé de l’épi du temps que l’on fait pousser dans la terre meuble de l’imaginaire prompte à doubler la récolte à la racine de l’âme jumelle. Une eau qui se boit elle-même dans des jardins de feux. Un autodafé intime en somme…Un combat corps à corps avec l’âme qui doit pousser droit sous des yeux grand- ouverts?

 

 N-L : La flamme intérieure demeure inconnue de beaucoup. L’errance guide la pensée d’une canne blanche qui dissimule le vilain canard noir aux yeux de l’opinion publique.

 

Barbara Auzou / Niala-Loisobleu