Tout repose sur l’assise de l’ascèse


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Tout repose sur l’assise de l’ascèse

 

Entrant par la porte échappée je sentis cette corde qui se tisse d’elle-même au gré du quotidien, se dénouer de son talon d’Achille. Corderie Royale du Palais de l’Elysée combien de vaisseaux t’amuses-tu à jouer dans tes batailles pour un pouvoir toujours insatisfait ? Le temporel excite l’ivresse de certains qui finissent par vouloir tenir le rôle de dieu dans la pièce mélodramatique de la Vie.

Fête en sorte que je jongle avec tes rotondités naturelles ô ma Muse, La quadrature des derrières quelle médiocrité du langage, Tout repose sur l’assise de l’ascèse. Poésie tu possèdes l’absolu, la force qui refuse les moyens d’anéantir au moyen de toutes les manières de tuer individuellement ou collectivement.

Niala-Loisobleu – 27/09/18

 

 

ENTRE TIEN EMOI 23


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ENTRE TIEN EMOI 23

Le peau de soleil empêtré dans le voile d’un filet remaillé retient la vague immobile, des poissons se sont envolés peut-être avant que l’eau se fige. Du phare qui se dressait audacieusement pour défier l’aveuglement de la nuit, on ne voit plus qu’une lanterne sourde tourner sur elle-même. A mettre la décision en parenthèses. Rester où partir ? Le dilemme de l’acte de vivre. Perplexité des employés à l’embarcadère.

Quand j’avais l’âge de ne penser qu’à vivre en jouant au soldat, la guerre revenue de permission du tant de mon grand-père était en cours d’extermination collective. J’ai survécu en longeant les trottoirs d’un monde terrifié encore sous le coup de la question existentielle majeure.

Qui comprendrait que ma rage vouée à rencontrer toutes les sortes d’avanies, embuscades et trahisons a tenu un espoir indécent à manches retroussées ? Seule la folie peut justifier pareille attitude.

 

Et devant le long temps écoulé depuis qu’en penses-tu à présent ?

Oh qu’on ne peut pas imaginer la capacité destructrice de la combinaison de la vie avec l’homme mis dedans.

Si même le vent est ôté aux voiles comment peut-on justifier l’obstination apportée dans la construction navale, aussi terrifiant que ce soit, je suis prêt à penser que le soin mis dans l’assèchement des mers et océans n’arrêtera pas la transat. Il y aura des marins qui traverseront à pied.

Le mien de bateau a été mis en chantier par Marthe, je l’ai baptisé de sa conviction qui en méfie plus d’un.

Niala-Loisobleu – 20/08/18

Marthe

René CHAR
Recueil : « Fureur et mystère »

Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s’approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je jamais vous oublier puisque je n’ai pas à me souvenir de vous : vous êtes le présent qui s’accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante.
Je n’entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire. je ne retiendrai pas votre bouche pour l’empêcher de s’ouvrir sur le bleu de l’air et la soif de partir. je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable.

MERCI MARTHE


Avec mes grands-parents en Allemagne

MERCI MARTHE

 

Encore  en partie entre la clef et la serrure, je pêne à ouvrir. De ma mémoire assez longue, autant qu’il m’en souvienne je suis pas du genre à coller au dépassement de l’aurore. Quant j’ai dépassé l’aube pour dormir c’était pour m’être à l’aurore mis au lit. Le jour n’a que peu d’heures, les laisser au sommeil relève d’un manque de vouloir faire indiscutable, ça me fait comme si j’étais fuyard à la responsabilité de vivre, de dormir tard le matin. Pourtant aujourd’hui j’ai confirmé ma règle par l’exception. Et le tout en toute conscience d’un danger imminent. Se battre me disait Marthe c’est la première chose que tu dois apprendre. T’étais là ma bonne, ma gardienne, ce matin quand j’ai vu l’urgence de faire stop. Mourir pour des idées, mon Tonton Georges me l’a assez répété ça vaut pas de se tenir en vie. Tiens déjà il a pu se préserver de finir à la plage, qui sait où on aurait brûlé son esprit libertaire ? Quand je vois l’abus que Mai 68 a fait dans le troublement d’esprit d’innocents qui pour n’en avoir rien vécu s’imaginent… Ce que j’ai peint après ça montre le changement qui s’imposait avec des fleurs, de l’amour et de l’action lunaire.

Niala-Loisobleu – 16 Août 2018

VOIX DE BICYCLETTE


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VOIX DE BICYCLETTE

Des godasses lacées aux quat’coins des touffes d’herbes, me regardent sans fatigue

plus crottées qu’un lustre de faux-semblant

elles ont des marnes qui collent à la betterave

des macadams fumeux comme un bitume de fourneau de pipe

sans omettre les vis de tous ces escaliers de service qu’elles ont tant de fois tournées à l’envers comme à l’endroit

plaines de craies des vignes tordues que le calcaire entartre aux fossiles

petits chemins planqués à l’abri d’une frise de mûres

couvert d’un pré haut dans une cour de communale

où les osselets des évasions dansent point macabres

de temps à autre en plein chant au pupitre

école des filles et colles des garçons

une petite gare plantée au travers d’une vague d’épis

rouge bleuet bleu coquelicot

folle avoine

voies secondaires

roulis d’un boulonnais ouvrant le ventre de la terre d’un coup de soc être

chaussettes en accordéon dans la tête ailleurs

des boutons de culotte dans les batailles

puis moins ludiques ces jeux d’adultes comme y disent

où que les grenades sont séparées des arbres en vergers

et des frères par un côté blanc et un côté rouge

une tranchée au beau milieu d’un assaut de mites railleuses

qui ne laisse que des alignements de croix blanches

souvent anonymes comme une flamme qu’on doit rallumer tous les matins

et en corps qui s’en souvient

de quoi ça à pu servir de donner sa vie

les grandes forêts où mon grand-père puis mon père

vivaient insoumis en francs-tireurs pour pas perdre leur image d’hommes

c’est qu’on y tenait à sa dignité d’exister

quand le ventre refuse

y donne des ruades sans savoir lire verboten

mais dans mes godasses y a plein d’espadrilles qui font les moissons

pendant les grandes vacances où que les dunes dressent leurs oyats

face à la mer et à toute la famille

tout au long des côtes sauvages à bronzer intégral

pieds nus

la p’tite Zézette et le Titoeuf sans culottes

j’aime pas les bottes

elles ont un bruit qui explose dans mon coeur

en écrasant toujours le sang à renfort de wagons dans les plis des chemises noires

qui arrachent les enfants comme de la mauvaise herbe

lessivent au gaz

bouillent l’innocence dans des crématoires

laissant les habits à rayures sécher au bout d’une corde

mais voilà les galoches qui sentent bon le bois

elles faisaient un somme dans les toiles d’araignées du grenier où j’habite

avec ma boîte à couleurs

mes plumes

mon encre

mon bateau en papier

les bassins du Luxembourg et des Tuileries

et sur le pont mon Capitaine

qui se tient sur la grand roue d’un vélo dépassé par les événements

Au revoir cabane, bonjour le Nouveau Jour

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2018

 

VIE PRIVEE 39 –  JE SUIS INCOMPATIBLE


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VIE PRIVEE 39 –  JE SUIS INCOMPATIBLE

Moins d’un an est passé depuis le 38 de ma Vie Privée, c’était le 18 Juin 2017. Jour d’Appel. N’empêche qu’à un jour près du n’importe lequel où tu reviens dans ton existence, en pas une heure tu peux la voir se retourner. Monsieur de La Pallice 1 minute encore avant de mourir il était vivant…

Il y a un an j’errais dans mon échec électoral, le Macron avait gagné, bien que cela ce soit fait sans surprise, de le savoir au pouvoir j’en trouvais plus l’endroit où poser mes pieds. Rien depuis n’est venu me contredire, je m’étais pas trompé. Personne n’y comprendra quelque chose, mais de pas me tromper en fait ça ne m’arrive jamais – dit sans prétention – sauf sur moi-même où régulièrement je me plante. Il y a toujours l’amour qui soulève et qui crac, boum, pu, me pète à la gueule un beau matin, comme on raccroche d’un coup sec au prétexte d’un reproche. J’ai la vue basse sur ce que je dois réellement être. Au vu de ce que je récolte c’est manifeste, disant toujours que ce qui aime donne et ce qui n’aime pas demande. J’ai rien d’mandé…Mais pas de doute aujourd’hui comme avant, ce que j’ai donné c’était pas ce qu’on attendait de moi. Je suis le salaud qui s’ignore. Je vais pas faire de procès. C’est fini, ça m’a coûté 3 fils, je suis pas partant pour aller au devant d’une nouvelle défaite. Il me reste à analyser mon concept de la poésie. Il ne me reste qu’elle. Je dis depuis longtemps, surtout quand je clame l’hypocrisie de langage et de comportement de ce monde que seule elle pourra sauver le monde. Le doute m’assaille. Si on triche avec elle comme avec le quotidien ? Où est l’espoir ? Je suis carré, donc incompatible avec ce monde. Tout le problème se trouve là et pas ailleurs. J’ai eu tort de lasser paraître la série noire qui me colle aux basques. Seulement, rompu à aider les autres à sortir des leurs, je sais trop bien qu’en parler est le seul moyen de l’évacuer. Surtout quand on n’en gémis pas. Alors si le crabe et la cabane dérangent ça n’a pas été volontaire, mais ne regrette rien. Au fond moi je me sens propre.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2018

 

 

AUTREMENT


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 AUTREMENT

 

A l’aube, les yeux dans l’éboulis, le rai force
levier qui voit bien les cercles concentriques de l’épervier
il glisse à passer, en appui sur un minuscule caillou pour point de levage.

Le vent a sorti ses sorcières
un immense charivari claquemure, déracine et envoie les volets au rabat
corps à corps de l’allumage avec le coupe-circuit

Autrement ce qui oui fait non
l’ouverture tourne au double-tour
Autrement le soleil tombe à seaux
Autrement le baiser mord
Autrement l’arbre dressé s’abat de tout son long sur la voix
au tressauté de sanglots le sol déchire la clef de l’apporté

Et au bout d’une tuile romane l’arrondi se raidit à briser l’arêtier
un déversoir perforé de balles noie le chien dans le bond de son jeu
la marche-en-avant dévisse, désencordée de l’ascension
l’à-pic arrête le truc à plumes en haut du grand escalier

Autrement dit
Autrement fait
Le même geste a changé de sémaphore
Le même mot prend l’accent du tant qui fait

Autrement
assis sur le tapis
la main sur la manivelle
bleue
fait chanter la montée du chevalet
ô rangé
il était une foi les couleurs complémentaires…

 

En réponse: https://lireditelle.wordpress.com/

 

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 37 – BON JOUR ALORS


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 37

BON JOUR ALORS

Des chemins d’eau sortent aussi bien des crues que des tarissements

le caillou ne trempe pas toujours au sel

et l’humide peut se cacher derrière la ligne de flottaison

non embusqué

juste le temps qu’il lui faut de sourdre à nouveau

A l’étiage mes pinceaux et moi

on a planté notre atelier-jardin

des iris au liseré du palier

quelques canards plus amoureux que jamais

et des ondes en ronds excentriques

Au vent

quand le temps est au souffle

la toile de lin bande des quatre coins

quelque nouvelle histoire d’amour

d’un jour de vie ajouté à la suite des autres

Ne sommes-nous pas la suite de nous ?

Bien sûr que si

et m’aime sans savoir écrire

Certains ont avec la craie leur langage

d’autres trouvent à tremper leurs mots aux éclairs des orages

plus enclins à faire tonner le ton

beaucoup se taisent à l’abri d’un pied de mur

monté en pierres de suspension

C’est ainsi qu’aux almanachs des sentiers on voit des oiseaux de toutes les couleurs

ils font le jour la semaine et les mois

chacun tout seul ou tous ensemble comme un kaléidoscope.

qui tourne en toupie

au son d’un orgue de barbarie

que des enfants percent pour y accrocher leurs rondes

Je suis enfant père

je suis le buisson la forêt et le désert

je suis la femme mère de mes landes et chemins douaniers

senteurs bruyères de mauves parfums où vient le sébum des racines

je suis rien qui sert je suis tout ce qui serre

Mes doigts braillent l’alphabet de ton émotionnel partage

lisant pore après pore le chemin de tes attentes

sans idées tordues

sans dessein indécent

que de la folie d’aimer

naïvement

infiniment

parce mon air à moi c’est de te respirer uniquement

Bon Jour alors !

Niala-Loisobleu

24 Octobre 2014

 

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