Transe Fusion


Transe Fusion

Le portillon de la cabane bat, un moulinet de pédale à l’arrêt. En se penchant au travers de l’herbe et l’oreille indienne collée au rail, pas même un train ne traverse le passage à niveau. Pour remonter l’étiage il va falloir plusieurs seaux d’ô. Sécheresse d’une langue que la rentrée n’est plus en passe de mettre au programme. L’orthographe ça n’est plus du tout portable. Pourtant j’entends les iris de Vincent violacer d’une forme aigüe contre l’indifférence. Celle que les fous percent dans les barreaux de leur asile, quand le jet ne peut plus éteindre leurs cris. Un jour, quelque soit l’heure, tu rentres et dans l’entrée le miroir te renvoie l’image qu’on ne découvre que dans ses torts. Ceux de n’avoir rien retenu de confiance, acrobate sans filet. Et plus tu vieillis plus le miroir devient grossissant. Four d’un lâché prise. Semailles dans une veine en stase. Le grain a poudré du talon. Au cirque on joue Achille. Alors tu vas et viens dans les tiroirs de tes itinéraires. Bien sûr tu vois défiler le même endroit à piège de merde. Une marque que les pigeons ne nettoient pas malgré St-Marc.

Retournant le taire avec les doigts, tu tires la syllabe, puis la consonne avec les voyelles. Et alors ? Rien.

Rien que la marque sur mon coeur

qui saigne.

Tu n’es pas crabe, marche de vent.

Niala-Loisobleu – 6 Septembre 2017

 

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NOS VOYAGES INTERIEURS 3


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NOS VOYAGES INTERIEURS 3

A nos emboîtures devisées, je m’enjupe sous tes marques safranées, eaux-fortes que je burine du bâton de randonnées. Serais-tu  le  derrière des rideaux qui bouge avant le premier souffle, regard que la main retient à regret et qui brûle d’insérer la clef. Enigmes des jours vrais que ne peuvent connaître les moins engagés. Nos mots crus ont levés ,le doute sur nos intentions. Seins serrent. Le noir de la salle du cinéma s’éclaire de la projection de l’attente qui tord les projections privées. Document taire.

L’agate au cœur de convolvulacée
l’agate de cristal au cœur de corbeau
au cœur de coudrier,
au cœur de crépon,
au cœur de crédo,
au cœur de colchique,
l’agate est brisée,
L’agate est brisée, l’agate est brisée,
un camion-citerne l’a tuée,
l’a réduite en postillons,
l’a réduite à sa brûlure,
et toute ma vie est là
sur ce pavé de plumes de moineaux,
toute ma vie dans cette escarcelle où une larme
est plus lourde que l’aurore.
L’agate est brisée, l’agate est brisée.

*

Une femme qui marche
Les seins nus vers l’essaim
Du soleil
Sa croupe jaune
La croûte du pain qui croque

….

Une femme qui marche cuisses nues
Ce sont de belles cuisses bien longues
Et bien belles comme
Ces cônes de sucre d’autrefois
Du beau sucre qui crisse

*

Je cueillerai un bouquet de nausées dans la fraîcheur velue de l’aube avant d’être cendre au ventre du taureau.
Ah le goût de la nausée emplissant mes paumes comme une avoine de plomb.

*

Les ancolies d’ébène guettent la mourante
dévorée par la pluie
Les rues la serrent
l’enlacent
Elle marche dans la jungle de béton
Elle tend son corps comme une phrase délavée.
Elle titube celle qui aurait pu être ma mère
Elle titube la mère qui n’a pas de ventre,
En sa place mes yeux agrandis,
Deux yeux immenses deux glands desséchés
Greffe de la mort
Pauvre mère stérile berce dans ta chair
Mes yeux d’enfant perdu
Mes yeux comme une herbe qui mâche l’épouvante
Mes yeux d’extra lucide
Pauvre loque de sel !
Mes yeux de boue et de lumière
Et toi tu marches, tu marches dévorée de pluie,
et me cherches,
Moi qui suis là, incrustée en toi.

Gilberte H. Dallas

Un brun de fumée bronze le blanc de ta façade, hyménée, ce que je ne t’ai pas tenu n’a cure d’un serrement à la barre. En étant ma bible mon Coeur, je ne sais comment il me viendrait à l’idée de lever la main sur Toi, je préfère, bien que mécréant, te feuilleter de verset en verset.Le sacré, je te l’ai dit déjà, n’a pas à être religieux. En Toi je peux entrer missionnaire sans évangéliser. M’arrêtant devant une vitrine maritime où des palmes suivaient une carte marine des yeux, j’ai sorti mon tuba. Tu as levé la jambe en me faisant des signes de majorette sur le bord de mère. J’ai senti l’inconnu passer au vestiaire.

Niala-Loisobleu – 7 Février 2017

La Fenêtre


La Fenêtre

De tellement de vents contraires, un jour de belle au bois dormant, quand tout se déglingue à vous lâcher, la fenêtre se mit en rideau.

Ceci n’est pas un conte d’auteur

En navigation c’est le pot noir qu’on appelle ça.

Makache, plus de zef, t’es mis dans la quarantaine des improductifs possibles de contaminer les z’autres. A parler gringue comme d’une MST,  tu fous les boules et pas les bonnes, celles qui font tilt

Tu te prends furieusement à rêver des 40 rugissants à force d’être au bout de ton index à fantasmer  sur les sites Port-Nous, les laissés pour compte. Que tu t’en remets pas la gueule d’être passé pour un non-reconnaissable. M’aime la psychée (qui tu vas) quand tu passes devant elle te tire la langue.

Pis paf, la mer morte se réveille et d’un coup de clair on y va, l’amer meurt.

Pas question de faire quérir Charles, on va pas chialer c’te Mamma là. Merde une mauvaise mère que c’était à vouloir imposer ses diktats. Non, s’abaissant la culotte, la cravate, la chemise et le chapeau d’épines, on descend de la croix au rouge pendant qu’on a encore les ah tributs proches-parents.

On sort du lit vaseux

Pour un autre marécage que la nature lui a mis au lotus. C’est une vraie femme, là, qui fait du rideau une baie libre.

Tout s’enchante, l’haleine se tire des mous tons, c’est chaud d’aimer, c’est bon d’aimer, c’est vivre que de faire l’amour

Aile Emoi, nous voici étendue, vaste large, sortant de l’estuaire, l’horizon debout à la verticale, les corps-morts laissés aux épaves du cimetière marin. « Vive l’Amour ! »qu’ont ses cris reconnaissants.

Niala-Loisobleu – 29 Janvier 2017

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Encre de Niala- « La Fenêtre » -Canson Vidalon 300g 24×32 – 29/01/2017

POINT BARRE


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POINT BARRE

Un chemin ouvert entre deux yeux hâle, au lé des joues un ruban chaland. Fil charbonneux qui monte de la haute cheminée du remorqueur. j’ai l’intimité qui flotte au bout de la ficelle.Clochers, tuiles , cette perspective partie des arènes assises dans la cuvette.Bouille ronde des dômes, doigts crayeux, une pierre de gypse tirée des carrières  marelle en continu, en fléchant la piste de coeurs enluminés d’initiales.Tout en haut au dernier balcon, les pigeons roucoulent, quelques miettes de regards enamourés rapportés du square pour souper. Cette lueur qui mansarde allume le rêve à venir.

Que ce soit à l’affiche du programme ou entre elle et le mur, la lumière sort du panier de l’entracte une froideur esquimaude qui se réchauffe au brasero des marrons. Les derniers chevaux ramassent le linge sale des quartiers riches avant de le porter au confessionnal des abattoirs. Une poupée de son est tombée sans bruit du 6°. Les tiroirs de la scène sont pleins de confidences écrites qui gardent au palais les jeux de langues.Devant la charrette de la marchande de fleurs, l’avant-goût de ta poitrine s’ouvre quand tu libères l’accent circonflexe de tes aisselles.

Mais comme l’histoire répugnante fait le riche, nourrissant le pauvre au passage avec les images du gâchis , je suis passé au  7°étage pour descendre l’échelle accédant au Toi.Rien au premier abord n’indiquait une contre-indication avec les étages inférieurs.Pas grave, j’ose me dis-je en langue de mots lierres, il faut toujours s’attacher quand on grimpe.Et me voilà encordé à l’encre, avec ma plume. Arrivé sur la toiture, coup d’oeil côté cour et côté jardin, entre les choux-fleurs et les fleurs à éplucher, que de mots prennent la température du courrier. La boîte à l’être remplit son office d’un ton assuré, en faisant face aux aléas d’internet.
Je touche, j’entends, je sens, je vois ce qui n’est pas forcément dit en toutes lettres pour en avoir plein les doigts. La certitude vient de la confiance

Aujourd’hui mon oeil et mon dos n’en font qu’à leur tête, aidé en cela par un foutu caprice de la machine ; j’hurle de l’intérieur à me l’arracher extérieur. Emmener son costard en culottes courtes, tablier à carreaux et galoches de bois, est quasiment impossible sans se faire snober la simplicité en totale  ignorance informatique. Rester humain au temps de la machine et du robot, ça pose problème au bien-fondé de mon propos.N’empêche qu’en plein brouillard je vois clairement que je l’aime et point barre.

Niala-Loisobleu
16 Janvier 2017

J’ai d’Encre 2


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J’ai d’Encre 2

Ma chambre pleine de lune

je sors du rêve

en corps bercé

par le chant du robinet qui coule

Côté jardin le gendarme en frappant les trois coups fait s’ouvrir le rideau sur la scène- acte flux positif. Le projecteur de poursuite distingue l’émotion, trie le bon grain de l’ivraie, choisit un flux positif. Isolant l’ombre des non-dits, libérant l’aveu sur parole.

Deux fois deux mains d’une m’aime foi sont sur la poignée du bout du corridor

au bout de la chaine l’ancre retourne dormir dans l’écubier

j’ai d’encre de la proue, réécrit son sillage.

Niala-Loisobleu – 11 Janvier 2017

 

Rêver de robinet symbolise le contrôle sur la sphère affective de votre vie. Rêver d’ouvrir et fermer le robinet à sa guise suggère que vous maîtrisez vos émotions à perfection. Vous en êtes conscient.

Les Lèvres et la Soif (Suite)


Yves Namur, Les Lèvres et la Soif

Les Lèvres et la Soif (Suite)

Yves Namur est un poète et éditeur belge de langue française. Son œuvre riche d’une quarantaine de titres a été couronnée par plusieurs prix prestigieux, dont, pour n’en citer qu’un, le prix Mallarmé.

Ce recueil, Les Lèvres et la Soif, paru aux Éditions Lettres Vives, porte en sous-titre « Élégies ». Voilà qui pose la voix d’Yves Namur, de manière quelque peu nouvelle. Le poète du questionnement intérieur rajoute ici une corde à sa lyre et chante l’amour heureux sur fond de monde qui ne l’est pas. Car il s’agit bien ici de chant et de musique, les distiques et tercets élégiaques en sont une des marques.

Plus encore, la structure musicale du recueil s’ordonne en deux parties bien marquées. Il y a le geste tendre du poète pour la femme aimée dans la première, auquel correspond celui de la femme dans la seconde : ce baiser donné et reçu et qui ne sera jamais nommé. Autour d’un simple mouvement, plus deviné qu’entrevu, une composition en miroir et variations, éminemment dynamique. La forme musicale enlace une guirlande de répétitions, réitérations posées puis reprises avec des variantes. Ainsi, le motif central de l’oiseau apparu dès le premier vers du recueil, « un oiseau s’est posé aujourd’hui sur tes lèvres », se voit repris plus loin, transformé, associé ici aux motifs de la soif et du poème :

« un oiseau s’est penché sur tes lèvres,

sur la fontaine de soif, sur un désir de pommes

et de poèmes »

Ce sont ces reprises qui enchantent. Telle encore l’apparition de la femme aimée qui ponctue le recueil, « et toi belle espérée de la maison » devenant « et toi, douce espérée du temps ».

Quant au questionnement sur la création du poème en train de s’écrire, il traverse tout le recueil. Work in progress. Qu’est-ce qu’écrire un poème ? Et singulièrement un poème d’amour ? Est-ce, comme l’écrit Yves Namur, retrouver « le commencement des choses » ? Nous entendons la pensée vive prendre corps, en contrepoint de l’expérience amoureuse. Très souvent, l’italique la souligne, tel un arrêt spéculaire du poème sur lui-même :

« un poème

peut-il sortir du souffle de l’amour »

Yves Namur a su composer une imagerie personnelle qui se déploie en un fin réseau : l’oiseau, l’abeille sur le fruit, la montagne blanche, le nuage et les hauteurs, la fenêtre, la fontaine sans eau — qui dessine en pointillé le motif de la soif, autre visage du désir. Le poète ne se départit pas de la simplicité qui lui est familière :

« mène-moi dans le geste de l’air

dans le nuage bleu de poussières et d’oiseaux »

Et, lorsque le poème en éveil s’aventure au dehors, il célèbre la nature, à sa façon, toute en économie de mots et humilité poétique :

« avec la rosée du temps

avec la rose dansante dans l’herbe »

Ce recueil renvoie aux poètes de prédilection d’Yves Namur. Philippe Jaccottet, Roberto Juarroz, Paul Celan sont là. L’exergue de la seconde partie nous renvoie à la lumière héraclitéenne qui en infuse chaque page. Comme à la conception de l’amour mystique de Rumi. Le poète persan qui voit en l’amour un principe de l’univers y est cité. La femme aimée, pour Yves Namur, est celle qui est « venue dans le cœur fatigué qui était le mien », jamais nommée, même dans la dédicace. Je et Tu, nous n’en saurons pas plus. Le parti-pris de la retenue n’exclut pas certaines images plus brillantes, celle de la femme comparée à une merveille, trouvée chez ce poète du XIIIe siècle.

Pour dire ce geste amoureux du baiser, il suffit au poète de quelques mots, « bouche, lèvres, souffle », juste évoqués par métonymie. On est frappé par cette écriture oblique. À la matérialité physique d’un corps présent, quoiqu’à peine effleuré, touché, une image est substituée qui dépayse, déréalise, déporte le motif et sublime l’érotisme. C’est ainsi que l’oiseau-baiser devient « l’haleine d’un songe ou un charbon de neige ». La réalité vacille et bascule en un jeu de métamorphoses. Pointe le motif du charbon, de la brûlure d’amour qui sera repris plus loin, par glissement de sens, en cette image empruntée à Philippe Jaccottet, « comme si c’était du charbon ardent sur la bouche ».

Le poète persiste à le dire, il chante la voix de la femme :

« une voix remplie de poèmes,

de pierres noires et de roses volantes dans les airs »

Les « roses volantes » côtoyant des « pierres noires », voilà qui renouvelle le topos affadi de la rose. Le langage poétique existe à neuf. Sans emphase, à la mesure de l’émotion qui la fait naître. C’est que le bonheur amoureux ouvre la pente de la rêverie — les mots « rêve » et « songe » font retour dans plusieurs distiques. De nombreuses associations, telle celle du baiser, de l’oiseau et du ciel nous ouvrent un vaste monde analogique. Un imaginaire surréel dont « le ciel constellé de roses » nous emmène dans quelque tableau de Chagall. Ou de Magritte, avec « L’Oiseau du ciel », silhouette d’oiseau emplie de nuages qui traverse un ciel.

« qui de l’oiseau ou du poème fut le premier dans les nuages,

le premier à percer la muraille d’air et la muraille

du vide »

N’est jamais oubliée la part de la nuit, celle des douleurs quotidiennes entrevues par le poète, « larmes, solitudes, décombres » ; celle aussi de l’empathie absolue avec « l’homme fuyant le pays des cendres/et du triste ». Celan, nommé et cité dans un vers de La Rose de personne, Celan, toujours présent au cœur d’Yves Namur. Comment ne pas penser à La Tristesse du figuier ? Voilà qui relie le poète captif de son geste d’amant heureux à l’aventure tragique de l’humanité qu’il ne cesse de discerner autour de lui.

Il est vrai que ce baiser à la femme aimée ouvre un horizon au-delà de lui-même. L’ombre tutélaire de Rilke y incite. Le poète de Prague est d’abord présent dans le sous-titre du recueil qui pointe en filigrane ses Élégies de Duino. De sa familiarité avec Rilke, Yves Namur retient le chant du monde, celui qui se donne à portée de main, dans « l’Ouvert », flux primitif de vie avec lequel l’homme, parfois, arrive à fusionner. Yves Namur nous invite à cette saisie authentique qui réponde à la « soif infinie d’être » qui le tient de recueil en recueil. Nous voici, à sa suite dans une de ses plus belles pages, « au bord de l’immense question ».

Dans cet amour pour la femme, c’est ainsi autre chose qui est accordé : la capacité à sortir de soi, à aller vers « le cœur de ces hommes/qui ont marché avec les amours perdues/les prières et les pierres pesantes ». L’amour se fait le passeur qui met le poète de plain-pied avec les expériences humaines d’humbles compagnons. Lumineuse leçon qui clôt tout le recueil sur ce point d’orgue :

« aimer encore

et encore »

Il faut entendre cette musique de la réitération, autour du verbe aimer, sans doute le plus banal, rehaussé par cette respiration de l’adverbe. On relève la tête du recueil. Quelque chose d’ample, d’universel, quoique ténu et humble, affleure.

C’est la poésie qui chante, la poésie qui confère sa hauteur à la voix magnifique du poète.

Marie-Hélène Prouteau
D.R. Marie-Hélène Prouteau
(SourceTerres de femmes)

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Je me tiens à la goutte que ta langue garde

de ce qui crie quand le temps est au plomb
Chaude humidité
de la pensée qu’un parfum exhale
Rotondité mise à plat dans la couleur
que tu ondules-mains aux hanches-ventre à ventre
Comme t’aimer
signifie…
Niala-Loisobleu – 17 Décembre 2016

 

LETTRES DE PANDORA


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Pandora s’adresse à Athéna. Elle lui écrit d’heure en heure, depuis vingt-quatre lieux choisis autour de la planète puisant dans sa jarre les mots les plus sensibles, les plus précis, pour dire sa volonté d’être, à fleur de peau, au plus près de la vibration du monde.

« Chaque mot comme chaque nom est avant tout un Autre, et il est bien rare que nous prenions la peine de considérer cette altérité parce qu’il nous faudrait en mesurer l’écart et observer en lui la distance et le silence à travers quoi la relation se développe et se fortifie à moins qu’elle ne s’y abîme faute de les comprendre. […]
La présence d’Athéna formera un foyer d’énergie autour duquel tournera Pandora. Et pourquoi pas au centre d’une terre d’amour dont Pandora occupera successivement tous les points significatifs de la périphérie pour envoyer, depuis chacun, les messages vivement brefs de la passion et de la nécessité…
Ainsi, de tous les points de l’horizon convergeront les élans d’un désir proportionné à l’attraction qui le suscite, tout comme la figure qui l’incarne est réciproquement proportionnelle à l’appétit de sa présence. » Bernard Noël (Extraits de la préface)

 

Extrait

Chère Athéna,

Dans un café, j’ai devant moi la photo d’une petite fille, tenant dans sa main droite une boule de neige. La photo est jaunie par le temps, mais la neige n’a pas fondu.
Je suis troublée par la réalité présente, mais qui n’est pas, hors de l’image.

Comme la peau révèle au corps sa mémoire, le stigmate est le pli de l’âge où la douleur, dans son contour, peut ne jamais fondre…

Si.
Peut-être, auprès de vous, chère Athéna.

Vôtre, Pandora

 

Dans l’atelier le soleil perce le tympan du vent. Ce qu’il en reste dans l’inertie du sol jonché de feuilles, ce qu’il désirait faire sentir est intact. Le vif subsiste. Juste un peu d’encre sur la souplesse de la plume et voilà que les mots guériront  la douleur des coups de pieds d’âne, en laissant doucement la couleur reprendre le dessus sur les courbatures de poitrine qu’un corset inadéquat s’est cru bon de torsader.

La peau tachetée de millions de cellules éclate en bulles sur la bande dessinée entre tes seins que ma langue trace derrière ailes.

Niala-Loisobleu – 8 Novembre 2016