LA MORT MORTE


e9fe65074231a4003dde4dc70be8ebeb

LA MORT MORTE

C’est avec une extrême volupté mentale et dans un état d’excitation affective et physique ininterrompu que je poursuis en moi et hors de moi ce numéro d’acrobatie
infinie

Ces sauts contemplatifs actifs et lubriques

que j’exécute

simultanément allongé et debout

jusque dans ma façon déroutante

ou ignoble ou profondément aphrodisiaque

ou parfaitement inintelligible

de saluer de loin mes semblables

de toucher ou de déplacer

avec une indifférence feinte

un couteau, un fruit

ou la chevelure d’une femme

ces sauts convulsifs que je provoque à l’intérieur de mon être convulsivement intégré â la grandiose convulsion universelle

et dont la dialectique dominante m’était toujours accessible même si je n’en saisissais que les rapports travestis

ont commencé ces derniers temps

à m’opposer leur figure impénétrable

comme si

tout à la tentation de rencontrer

plus que moi-même

sur la surface d’un miroir

j’en grattais impatiemment le tain

pour assister

stupéfait

à ma propre disparition

Il ne s’agit pas ici d’une maladresse

sur le plan de la connaissance

ni de la pieuse manœuvre de l’homme

qui avoue orgueilleusement son ignorance

Je ne me connais aucune curiosité intellectuelle

et supporte sans le moindre scrupule mon peu d’intérêt

pour les quelques questions fondamentales que se posent mes semblables

Je pourrais mourir mille fois

sans qu’un problème fondamental

comme celui de la mort

se pose à moi

dans sa dimension philosophique

cette manière de se laisser inquiéter

par le mystère qui nous entoure

m’a toujours paru relever

d’un idéalisme implicite

que l’approche soit matérialiste ou non

La mort en tant qu’obstacle oppression, tyrannie, limite angoisse universelle

en tant qu’ennemie réelle, quotidienne

insupportable, inadmissible et inintelligible

doit, pour devenir vraiment vulnérable

et, partant, soluble

m’apparaître dans les relations dialectiques

minuscules et gigantesques

que j’entretiens continuellement avec elle

indépendamment de la place qu’elle occupe

sur la ridicule échelle des valeurs

En regard de la mort

un parapluie trouvé dans la rue

me semble aussi inquiétant

que le sombre diagnostic d’un médecin

Dans mes rapports avec la mort

(avec les gants, le feu, le destin

les battements de cœur, les fleurs…)

prononcer fortuitement

le mot moribonde

au lieu de bien-aimée

suffit pour alarmer ma médiumnité

et le danger de mort

qui menace ma bien-aimée

et dont je prends connaissance

par ce lapsus de prémonition subjective

(je désire sa mort)

et objective (elle est en danger de mort)

m’inspire une contre-attaque

d’envoûtement subjectif

(je ne désire pas sa mort

– ambivalence intérieure, culpabilité)

et objectif (elle n’est pas en danger de mort

– ambivalence extérieures, hasard favorable)

Je fabrique un talisman-simulacre

d’après un procédé automatique

de mon invention (l’Œil magnétique)

la fabrication de ce talisman intégrée aux autres surdéterminantes prémonitoires, angoissantes, accidentelles

nécessaires, mécaniques et erotiques

qui délimitent ensemble

un comportement envers la mort

étant la seule expression praticable

d’un contact dialectique avec la mort

la seule à poser réellement

le problème de la mort

en vue de sa solution (de sa dissolution)

L’état de désolation-panique

et de catalepsie morale

auquel m’a réduit la récente incompréhension

de mes propres sauts dialectiques

n’a aucun rapport avec une attitude

intellectuelle

devant le problème de la connaissance

Le fait que ces trente derniers jours aient été plus obscurs que jamais aurait pu me troubler comme un existant inconnu comme un nouveau dérèglement

D’ailleurs, c’est systématiquement

que j’entretiens autour de moi

un climat de brume continuelle

de mystères puérils, simulés, insolubles

intentionnellement et voluptueusement

déroutantes

On sait que l’analyse

comme n’importe quelle autre méthode

d’interprétation rationnelle ou irrationnelle

n’est qu’une possibilité partielle

de dévoiler le mystère

dans la mesure où chaque vérité découverte

ne fait que le voiler davantage

et lui confère une attraction théorique

à la manière de ces femmes irrésistibles

et hystérisantes du début du siècle

que l’amour couvrait de plusieurs enveloppes

de dentelles, de parfum et de vertige

Ce n’est donc pas l’échec de mes interprétations au cours de ces trente derniers jours qui me fait désespérer

Ce qui provoque mon désespoir, ma perplexité

le chaos de ma pensée et une douleur atroce

au creux de ma poitrine

c’est l’échec de ma singulière

apparition au monde au début de cette année

menacée de se dissoudre

d’une manière lamentable

c’est la grande, la monstrueuse déception

que me cause mon propre personnage

drogué à l’idée d’évoluer

avec une agilité jamais atteinte

à la frontière de la veille et du sommeil

entre le oui et le non

le possible et l’impossible

pour se trouver soudain

devant l’envers du décor

dans un monde d’illusions

et d’erreurs fondamentales

qui ne pardonnent pas et qui transforment

mon inégalable et inimaginable existence

en blessure

Dans ce monde latéral où je me sens jeté sans savoir quelle erreur j’ai commise

(même sur le plan précaire de la culpabilité) sans savoir ce qui m’est arrivé, ni pourquoi je ne ressens que les effets catastrophiques de l’erreur, l’avalanche d’agressions
et de cruautés, probablement nécessaire que le monde extérieur déclenche contre moi

Toutes les personnes qui m’entourent me trahissent, sans exception

Tous les objets, toutes les femmes

et tous les amis, le climat, les chats

le paysage, la misère, absolument

tout ce qui me guette avec amour ou haine

profite de mon immense faiblesse

(conséquence d’une erreur théorique

qui m’échappe)

pour me frapper de plein fouet

avec une lâcheté dégoûtante

mais sans doute d’autant plus nécessaire

D’un coup, je me trouve dans une chambre

glacée, affamé, seul, sale

la trahison oedipienne tapie

dans toutes mes ombres malade, oublié, misérable tremblant de froid et de peur dans des draps mouillés de fièvre et de larmes

A la lumière

de ces agressions atroces et subites

(véritables signaux d’alarme)

les étreintes suaves qui les accompagnent

me paraissent tout à coup suspectes

et j’éprouve la nécessité brûlante

de créer autour de moi un vide correspondant

au vide théorique qui paralyse

toute mon activité mentale

écartant par cette projection

pour insupportable qu’elle soit

le mélange douceâtre de bien et de mal

que le monde extérieur m’impose

image du double oedipien

et masque le plus sinistre de l’erreur

Après ce coup inattendu

je ne supporte pas la pensée

de chercher refuge dans les bras de l’aimée

en vertu d’un instinct

de conservation machinal

les bras de l’aimée

participent, eux aussi, à cette violence

et leur complicité invisible jusqu’ici

apparaît nettement si nous y cherchons refuge

si nous commettons l’erreur impardonnable

de réduire la réalité objective de l’amour

aux réalités les plus apparentes

et confusionnelles du monde extérieur

Pour éviter cette fuite

dans une illusion consolante

je préfère démasquer la complicité partielle

de l’aimée que d’idéaliser

ses charmes compensateurs

je préfère pousser mon désespoir

jusqu’à sa dernière conséquence

(qui doit comporter

une issue dialectique favorable)

plutôt que de chercher un abri

où faire panser mes blessures et nettoyer

mes plaies, à moins que par un adorable lapsus

l’aimée ne confonde avec candeur

le flacon de poison avec la teinture d’iode

Il me suffit de bouger dans une pièce obscure à la recherche d’une photo ou d’un mouchoir et de me cogner ou de me piquer à une aiguille pour engager dans le mystère de
cette goutte de sang au bout de mon doigt les causalités erotiques les plus lointaines et les conjonctions astrales, sociales et universelles les plus invraisemblables

Je sais dans quelle mesure

mon désespoir projeté sur la totalité

des personnes qui m’entourent

est susceptible de suggérer

la manie de la persécution

dans sa phase aiguë, mais cet aspect

de mon comportement ne saurait abolir

la signification objective

que j’attribue à la paranoïa

d’autant que pour dénoncer les gens que j’aime

je dispose d’un matériel analytique

convaincant par lui-même

sans qu’il soit besoin

de l’appui maniaque de ma personne

D’ailleurs, peu importe que mes accusations soient légitimes ou non

Ce qui m’intéresse, ce que je ressens comme une nécessité irrésistible c’est de soutenir par mes actes jusque dans leurs conséquences les plus absurdes le vide
théorique qui me remplit indépendamment de la douleur passagère que je m’inflige et de la catégorie masochiste dans laquelle apparemment je tombe

Pour moi, le seul plaisir objectivement désirable, celui qui n’a jamais été éprouvé, ne peut être suscité que par une euphorie mentale concomitante jamais
imaginée, jamais pensée

Les erreurs théoriques que j’ai dû commettre

et qui m’ont rendu ces derniers temps

si vulnérable au sadisme permanent

du monde extérieur

ne peuvent trouver d’issue

que si je me maintiens dans l’équilibre

instable de la négation

et de la négation de la négation

seule façon d’être toujours en accord

avec soi-même

Le vide théorique que je ressens

comme si je vivais jour et nuit

sous une machine pneumatique

m’oblige à envoyer à tous les gens qui m’aiment

des lettres de rupture où je dénonce leur haine

leur amour ayant pour moi tous les caractères

latents de la haine générale

L’éloignement physique de ces personnes est non seulement une mise en pratique de mon vide théorique mais aussi une élémentaire mesure de sécurité

Depuis quelques jours

je ne vois plus personne

et si l’absence de la femme aimée

de la voix et de la chaleur humaine

me cause parfois une peur assez excitante

par contre ma solitude forcée, systématique

cynégétique, aggrave au-delà de toute limite

mon immense, mon incommensurable désespoir

Je ne sais plus quoi faire

Après avoir tout fait

pour être d’accord avec moi-même

(comme est d’accord la balle

avec le sang qu’elle répand)

après avoir évité tous les pièges douillets

que me tendait le monde extérieur

pour compenser, dans sa perfidie œdipienne

le mal immense qu’il me faisait

après avoir réfléchi mon vide théorique comme dans le miroir d’un miroir

ur ma vie déserte, sur mes gestes interrompus r mes insomnies torturantes et prolongées

ur mon agonie perpétuelle

je ne vois pas ce que je pourrais faire

de mon personnage pétrifié par tant de désespoir

sinon le mettre face à face avec la mort

car seule la mort peut exprimer

dans son langage obscurantiste et fatal

la mort réelle qui me consume

me traverse et m’obscurcit

jusqu’à l’anéantissement

En me dirigeant vers la mort

comme vers la conclusion presque logique

de ma négation

je bute contre un obstacle quantitatif

dans lequel je reconnais

comme dans les viscères pourris d’un porc

toute la trivialité du
Créateur

son imagination élémentaire

utilitaire et ignoble

Cette mort grossière, naturelle, traumatique encore plus castrante que la naissance qu’elle réfléchit et complète me paraît insupportable non seulement parce qu’elle
pousse l’idée de castration

jusqu’au monstrueux anéantissement physique mais parce que cette mort unidimensionnelle ne correspond pas aux sauts dialectiques qui nous y mènent

son opposition fixe, mécanique, absolue rend impossible l’expression libre des nécessités, là où les causes et les effets sont empêchés d’échanger leurs
destins

La présence permanente de la mort

dans la nuit funéraire de mon être

ne prendra jamais, en tant que nécessité

les aspects paralysants de la mort

inventée par le
Créateur

cette mort (cette vie) structurellement

religieuse disparaîtra avec la dernière

répression

La mort que je contiens comme une nécessité comme la soupape du désespoir comme une réplique de l’amour et de la haine comme un prolongement de mon être

à l’intérieur de ses propres contradictions

cette mort, je la reconnais

dans certains aspects angoissants

et lubriques du rêve, dans la toxicomanie

dans la catalepsie, dans l’automatisme

ambulatoire

toujours à l’intersection de l’homme et de l’ombre de l’ombre et de la flamme

je la reconnais dans ma nécrophiiie masquée quand j’oblige mon aimée à garder pendant l’amour une passivité de glace

je la reconnais même dans l’acte mécanique du sommeil, dans l’évanouissement ou l’épilepsie

mais je ne reconnaîtrai jamais même dans mes rêveries les plus auto-flagellantes

l’objectivité de ce phénomène sinistre

qui nous monotonise

nous répète et nous extermine

comme si nous étions la victime

mille fois millénaire

d’un monomane sénile et cynique

Le prolongement de cette mort nécessaire

qui ne s’opposerait plus traumatiquement

à la vie et qui la résoudrait

dans le sens d’une négation ininterrompue

où soient perpétuellement possibles

la réciprocité et l’inversion causale

le prolongement de cette mort objective

comme une réplique à ma vie objective

à travers laquelle passe

à une tension toujours extrême

l’objectivité incandescente de mes amours

m’oblige aujourd’hui

dans un état de désolation panique

sans limite, de catalepsie morale

poussée jusqu’au vide théorique

et de désespoir insoluble, macabre

et symptomatiquement révolutionnaire

à aggraver cet état d’irritation aiguë en l’exaspérant jusqu’à sa négation impossible, et jusqu’à la négation exaspérante de l’impossible là
où la mort

pour être dévorée comme une femme quitte ses quantités traumatiques et s’embrase qualitativement thaumaturgiquement et adorablement dans l’humour

En utilisant les signes chiffrés

de notre tatouage intérieur

en faisant de nouveau appel

à l’Irrespirable
Triangle de l’artifice

à la
Femme aux mille
Fourrures

de l’automatisme

au
Cœur
Double du somnambulisme provoqué

et à la
Grande, à l’Inégalable
Baleine

du simulacre

Je fais plusieurs jours de suite des tentatives de suicide qui ne sont pas seulement

une conséquence logique

de mes déceptions, de ma saturation

et de mon désespoir subjectif

mais la première victoire réelle

et virtuelle

sur ce
Paralytique
Général
Absolu

qu’est la mort.

Ghérasim Luca

 

ddc3744635404f1f274e53d02ed4dd58

Collages de Max Ernst

LES APPARITIONS DÉDAIGNÉES


René Char

 

LES APPARITIONS DÉDAIGNÉES

Les civilisations sont des graisses.
L’Histoire échoue,
Dieu faute de
Dieu n’enjambe plus nos murs soupçonneux, l’homme feule à l’oreille de l’homme, le
Temps se fourvoie, la fission est en cours.
Quoi encore ?

La science ne peut fournir à l’homme dévasté qu’un phare aveugle, une arme de détresse, des outils sans légende.
Au plus dément : le sifflet de manœuvres.

Ceux qui ont installé l’éternel compensateur, comme finalité triomphale du temporel, n’étaient que des geôliers de passage.
Ils n’avaient pas surpris la nature tragique, intervallaire, saccageuse, comme en suspens, des humains.

Lumière pourrissante, l’obscurité ne serait pas la pire condition.

Il n’y avait qu’une demi-liberté.
Tel était l’octroi extrême.
Demi-liberté pour l’homme en mouvement.
Demi-liberté pour l’insecte qui dort et attend dans la chrysalide.
Fantôme, tout juste souvenir, la liberté dans l’émeute.
La liberté était au sommet d’une masse d’obéissances dissimulées et de conventions acceptées sous les traits d’un leurre irréprochable.

La liberté se trouve dans le cœur de celui qui n’a cessé de la vouloir, de la rêver, l’a obtenue contre le crime.

René Char

 

Je ne cesse, je ne cesse, c’est mon crée do, ré, mi, la, sol…

N-L 31/01/18

 

N’ouvrez pas la fenêtre si elle n’est pas en trompe-l’oeil.


N’ouvrez pas la fenêtre si elle n’est pas en trompe-l’oeil.

En séparant les choses usuelles des listes de courses à faire on peut faire la grasse matinée. Dans la resserre les paumes flétriront dans leurs cagettes sans que le frigidaire déborde de produits à jeter. Les poubelles n’en peuvent plus. Manuel fera bac +5 avant d’avoir l’épaule en proie aux doux leurres. Mieux vaut un plumeau cul, une époussette modèle et quelques ballets roses dans le savoir-vivre que le projet que ça changera si on s’y colle. Le bon ménage est fait d’un con promis non tenu de venir à terme. Toute maison respire grâce à la bouteille d’oxygène de sa télé. On a mis les mauvaises odeurs sous scellés sans attendre l’heure fatale. Pour la couche d’ozone le poêle à ma zoute a été remplacé par une centrale nue clef air. T’appuie sur le bouton et le petit rossignol se tord le coucou. Vive les p’tites en glaise, dans le fond de la cuvette de l’évéché les vilaines pensées mises en cage dans les z’eaux bleues « absoutent » (celui-là le premier qui me dit que cette conjugaison ça n’existe pas aura une tapette) toute idée ringarde sur l’abstinence. Nôtre Père est dresseur au cirque Amarre-et-tais-toi-ta-gueule.

N’ouvrez pas la fenêtre si elle n’est pas en trompe-l’oeil.

Le risque de voir un Président vous dire que le risque zéro ça n’existe pas serait un comble.

En l’ayant aux manettes on le savait déjà.

Mon coeur tais-toi

Ce matin sur les galets

de Nice

j’ai du sable plein les yeux

J’ai trop mal à l’Amour

quand un enfant

devient le jouet d’un méchant camion blanc

Qu’un adulte soit immature ça s’explique

mais un gosse

ça croit vraiment à la lumière de joie

de vivre libre

des feux d’artifices

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2016

thought_earth_was_flat_version_3_by_oneoftheclan-da9rk91

La mort sur le seuil de l’amor entre sa fausse-clef dans la serrure.


La mort sur le seuil de l’amor entre sa fausse-clef dans la serrure.

« On a à peine vu clair que c’est déjà la fin. Batailler, s’imaginer qu’on va bouleverser le monde pour avoir torché quelques milliers de pages et raconté, et décanté sa petite tranche de vie en long et en large. La belle affaire ! Contente-toi de manger ta soupe en regardant les étoiles. Toujours semblables à elles-mêmes dans le soir azuré. Depuis le vieil Adam. Et avant le vieil Adam. Et avant ce qui était avant qu’il n’y eût rien. Splendides et immuables, nos petites frangines les étoiles. Ont présidé ta naissance. Présideront à ta mort. T’ont vu vagissant dans les langes, laid comme un ouistiti. Te verront chenu, planté sur deux cannes, cadavérique, figé, couleur de suif, empaqueté dans ta caisse, aspergé d’eau bénite. »

Louis Calaferte (Septentrion)

A peine je croyais être au contraire de sécher au chevalet, que dans un coin de mon dos, tapie dans sa sournoiserie  la torture m’attendait en se foutant méchamment de ma gueule. On peut voir ce à quoi on tient le plus avec la bonté aveugle. Bang ça t’explose. Et de rire, l’instrument dont tu n’as été que l’objet te joue l’intégrale de sa férocité dans le mensonge. A mon corps défendant, j’ai allumé le sinistre feu du naufrageur dirigeant droit sur les récifs.

Dans la déchirure, le tableau laisse ses entrailles sortir aux quatre vents. Sous le regard plombé des pinceaux, l’encre des tubes coule en sanglots. La mort sur le seuil de l’amor entre sa fausse-clef dans la serrure.

Niala-Loisobleu – 13 Juillet 2016

 

ByBenGoossensDominated_thumb

REFLETS D’ESTRANS 15 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Coup de Tabac / Etat des Lieux après Houle à Là


 

P1040575

REFLETS D’ESTRANS 15 / Le Grand A d’Amour mis à flot / Coup de Tabac / Etat des Lieux après Houle à Là

 

Lourd et poisseux d’une autre angoisse que celle affichée par des propos dépourvus du simple respect humain, le quotidien fait battage de l’événement journalier, sans distinction de gravité comme d’intérêt au sens propre.Le scoop prime, on se fait faussement triste, compatissant, à grand renfort d’infos sur tous les médias. Chacun y va de sa larme….pendant que se déroulent en boucle les pires exactions, les pires abus, les plus  infâmes agissements sur l’espèce humaine sans que, mis à part des passages furtifs vite oubliés, personne ne lève la moindre manifestation collective.

Une femme, jeune, belle, éprise de liberté vient d’être exécutée pour avoir prônée la liberté d’expression…

Excuse-moi David Bowie, je n’ai pas le coeur à pleurer pour toi et j’t’aimais bien, en revanche je suis pas bien du tout de savoir qu’on te met, toi et des confrères, en avant à la place de Ruqia.

http://www.aufeminin.com/news-societe/ruqia-hassan-la-courageuse-journaliste-syrienne-executee-par-daesh-s1705018.html

Que le monde descende dans la rue, seul, sans ses Présidents

 

Niala-Loisobleu

12 Janvier 2016

 

REFLETS D’ESTRANS 15
2015
NIALA
Acrylique et Collage s/toile 46×38

http://www.niala-galerie.com/

 

ETAT DES LIEUX 8


577d6e36-b84e-47f7-ae4c-94ff1f1a4790

ETAT DES LIEUX 8

Ma vie omniprésente se faufile, tapie, sortie, prête, retirée des humeurs -automne retrait des fleurs de sanies – ici pas de bleu déshydraté, en conserve, surgelé. Un drôle d’azur flânant dans une grisaille pas encore lavée du carminé à la boutonnière, juste au coin du sourire. Parce que si tu crois que le deuil c’est suivre les scoops des chaînes d’info, bardé des snifs-snifs de pleureuses fillette ce que tu te goures. A décharge faut dire que l’action est plutôt menée dans cette direction là. La gourance on marche dedans jusqu’au cou. Mais tiens là, cette cabane en retrait, comme elle a de bon sens dans ces déménagements, où les tours agglutinées à en bouffer l’espace racontent des films d’horreur en te calant l’hamburger spécial mauvaise bouffe dans ta tartiflette. Gamin j’ai vu tant de monuments aux morts ne rien empêcher des massacres guerriers que, plus par nature que par réflexe, je me suis tourné vers la vie. C’est vrai que Pavlov il a vite fait de te récupérer le comportement. Suffit que tu fonctionnes à la disparition des abeilles, crac tu passes du gag à l’angoisse comme on change de froc en gastro. C’est le rusch qui écrabouille la ruche.Pleurer c’est bon pour le sentiment, à condition que ça efface pas l’humilité. Puis que ça prenne pas impudiquement la place de ceux qui ont trinqué. Parce que la vraie douleur il n’y a personne d’autre qu’eux pour la connaître. C’est ce que j’ai appris du deuil quand j’ai fait connaissance avec la mort.

A l’intérieur de mon jardin

Parmi le vert
et la floraison
de toutes les plantes les plus belles
je flâne.
Je délibère ici
Je rêve par là.
L’heure s’arrête
ou plutôt s’étend pleinement,
se déplier et s’amplifier.

Ces tournoiements et ondulations soudaines
de brises d’été,
envoient tous les parfums
dans l’air chaud.
Contempler une feuille
ou le motif sur le mur
créés par des branches les plus près.

Ces têtes-là de fleurs dansantes
exposent délicatement
toute leur gloire.

Quelle simplicité à se perdre.
Et quelle aisance à respirer
doucement.
Et quelle aisance
à avoir des pensées profondes.

Chloe Douglas, 1995

Comme un vieux compagnon j’ai rassemblé les quatre coins de mon mouchoir pour l’accrocher à ma canne, le remplissant de tout ce qui borde la route du Chemin de la Vie. Jamais l’ornière n’en sort. C’est ainsi, le beau a besoin de passer part la marque de la Roue.

Une sorte d’empreinte posée par la foulure. J’avance, redresse la tête, moi le fou, le peintre, le poète, l’inutile, le marchand de couleurs qui divague, pas méchant enfin…sauf quand il se lâche comme un sage et qu’il se perd dans l’espoir de ne jamais connaître autre chose que le désir d’aimer.

Niala-Loisobleu
16 Novembre 2015

f8013c59-2189-4fb4-ac10-4630e756da9a

https://www.youtube.com/watch?v=qOm9D46MHuY

SOUS LES AQUAR’AILES


A2-Niala 38

SOUS LES AQUAR’AILES

Alors que les portes aux bords des trottoirs continuaient à entrer et sortir en un incessant battement, celui-là qui informe de la marche de la pompe de vie, dans cette salle du Prieuré où j’attendais ta visite, le journal m’a appris que tu ne viendrais plus.

La première fois depuis 35 ans. Pas facile. M’aime impossible à s’y faire.

Alberto Muro te voilà parti.

Je peux dire que t’as été mon photographe officiel durant toutes ces années. Quand parti à Royan pour une retraite méritée, on a fait des photos sur le Bd Garnier, marquant le besoin de suite.. Un lien viscéral que celui-là.

Puis avec Mano, ton épouse, vous êtes revenus à Cognac. A croire que la terrible guerre d’Espagne qui comme beaucoup d’autres vous a conduit à l’exil, vous menant à Cognac, avait décidé que ce serait là que t’aimerais la chaleur de la terre.

Alberto, comme j’aurais voulu qu’on partage cette renaissance extraordinaire de mon expo en cours, l’accueil que le public lui réserve est symbolique..

Mais je te connais assez pour savoir que c’est pas possible que tu y sois pas pour beaucoup.

Alors je te mets des morceaux d’aquarelles dans les ailes, la pureté de notre amitié, ta douceur qui va si bien à ton regard sur la couleur me paraissent bien cadrés pour un sourire à poursuivre….et puis parmi tant d’autres, je choisis deux photos du magnifique reportage que tu avais fait dans mon atelier de Jarnouzeau….attention à ta tête ne te la recasse pas sur la ferme de la charpente….

Bon voyage Albertito…

Niala-Loisobleu

25 Octobre 2015

A2-Niala 51_1

.https://www.youtube.com/watch?v=enYGAkX7Mm0