Dialogue qui sourd


 Dialogue qui sourd

Des rideaux crochetés détachent sur la rue, certaines pensées de leurs ongles. La croisée dégage de sa gueule de loup  d’un tour de crémone. Tape les volets à la poitrine de la façade, qu’un lierre Reverdy dans un matin trop pâle. L’annuaire qui fait alliance ne peut en dire autant, tenu au silence qu’il est. Pendant qu’à la boîte l’enveloppe close entre anonyme. Passé le seuil. Escalader les étages pour pallier à l’absence avant que les plantes vertes donnent des signes de dépérissement. Lune d’aile devrait fleurir. Le bois qui grince c’est bon signe, il mord la charpente pour tenir l’abri hors-gel. Une baie sauvage sur la côte aux naturistes, ce sont tes seins qui courent dans l’écume des jours. En voilà un qui m’est jeunesse, sacré Boris. J’avais une copine, qui faisait pharmacie qui le lisait avec un godemiché pour rester éveillée dans le monde des substances interdites. Son crachat sain, n’avait pas de parenté avec le bacille de Kock. Celui qui a inspiré le camélia. Fleur de poitrinaire. On passe à côté de trop de choses en s’en tenant aux normes Véritas. Elles ne sont construites que pour la protection des compagnies d’assurances. Le canif lui, vous libère de la corde. J’ai connu des gens de foi plus indignes que des galériens mis au ban public. Alors entre poser son cul à la feuillée et faire la moue sur la tinette, dégazer dans sa nature c’est donner la parole à sa tripe. Echanger, dire, pour faire, comme je peins du feu de Bleu, quel bon heur de vivre au grand air !

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2017

 

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Le tub – Edgard Degas

NOS VOYAGES INTERIEURS 3


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NOS VOYAGES INTERIEURS 3

A nos emboîtures devisées, je m’enjupe sous tes marques safranées, eaux-fortes que je burine du bâton de randonnées. Serais-tu  le  derrière des rideaux qui bouge avant le premier souffle, regard que la main retient à regret et qui brûle d’insérer la clef. Enigmes des jours vrais que ne peuvent connaître les moins engagés. Nos mots crus ont levés ,le doute sur nos intentions. Seins serrent. Le noir de la salle du cinéma s’éclaire de la projection de l’attente qui tord les projections privées. Document taire.

L’agate au cœur de convolvulacée
l’agate de cristal au cœur de corbeau
au cœur de coudrier,
au cœur de crépon,
au cœur de crédo,
au cœur de colchique,
l’agate est brisée,
L’agate est brisée, l’agate est brisée,
un camion-citerne l’a tuée,
l’a réduite en postillons,
l’a réduite à sa brûlure,
et toute ma vie est là
sur ce pavé de plumes de moineaux,
toute ma vie dans cette escarcelle où une larme
est plus lourde que l’aurore.
L’agate est brisée, l’agate est brisée.

*

Une femme qui marche
Les seins nus vers l’essaim
Du soleil
Sa croupe jaune
La croûte du pain qui croque

….

Une femme qui marche cuisses nues
Ce sont de belles cuisses bien longues
Et bien belles comme
Ces cônes de sucre d’autrefois
Du beau sucre qui crisse

*

Je cueillerai un bouquet de nausées dans la fraîcheur velue de l’aube avant d’être cendre au ventre du taureau.
Ah le goût de la nausée emplissant mes paumes comme une avoine de plomb.

*

Les ancolies d’ébène guettent la mourante
dévorée par la pluie
Les rues la serrent
l’enlacent
Elle marche dans la jungle de béton
Elle tend son corps comme une phrase délavée.
Elle titube celle qui aurait pu être ma mère
Elle titube la mère qui n’a pas de ventre,
En sa place mes yeux agrandis,
Deux yeux immenses deux glands desséchés
Greffe de la mort
Pauvre mère stérile berce dans ta chair
Mes yeux d’enfant perdu
Mes yeux comme une herbe qui mâche l’épouvante
Mes yeux d’extra lucide
Pauvre loque de sel !
Mes yeux de boue et de lumière
Et toi tu marches, tu marches dévorée de pluie,
et me cherches,
Moi qui suis là, incrustée en toi.

Gilberte H. Dallas

Un brun de fumée bronze le blanc de ta façade, hyménée, ce que je ne t’ai pas tenu n’a cure d’un serrement à la barre. En étant ma bible mon Coeur, je ne sais comment il me viendrait à l’idée de lever la main sur Toi, je préfère, bien que mécréant, te feuilleter de verset en verset.Le sacré, je te l’ai dit déjà, n’a pas à être religieux. En Toi je peux entrer missionnaire sans évangéliser. M’arrêtant devant une vitrine maritime où des palmes suivaient une carte marine des yeux, j’ai sorti mon tuba. Tu as levé la jambe en me faisant des signes de majorette sur le bord de mère. J’ai senti l’inconnu passer au vestiaire.

Niala-Loisobleu – 7 Février 2017