« JE PEINS LA LUMIERE QUI EMANE DE TOUS LES CORPS »


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« JE PEINS LA LUMIERE QUI EMANE DE TOUS LES CORPS »

1er septembre 1911

Tout ce qui est sorti de ma main ces deux ou trois dernières années, qu’il s’agisse de peinture, de dessin ou d’écriture, est censé « engager l’avenir ». Jusqu’à présent, je n’ai rien fait d’autre que de donner, et m’en trouve si enrichi que je suis obligé de continuer à faire don de moi-même. Si l’artiste aime son art par-dessus tout, il doit être capable de laisser choir son meilleur ami lui-même. Pourquoi suis-je resté loin de vous ? Certains, je le sais, donnent une réponse injuste à cette question, et vous devez croire que je fais la mauvaise tête. En réalité, je tâche de résister à toutes les agressions de la vie. J’aspire à tout connaître par expérience ; pour y parvenir, il faut que je sois seul, je n’ai pas le droit de me laisser amollir, mais je dois être dur, en me laissant guider par la seule pensée. — D’ores et déjà, je suis arrivé à différentes choses ; entre autres, certaines de mes peintures se trouvent à Hagen, en Westphalie, au musée Folkwang, ou chez Cassirer [un propriétaire de galerie] à Berlin, etc., ce qui me laisse froid, du reste. — Je sais que j’ai fait d’énormes progrès sur le plan artistique, je me suis enrichi de mille expériences, ai lutté sans trêve contre l’art « commercial ». […] Le peu que j’ai appris de psychologie au contact des « réalités » me permet d’affirmer ceci : les petits sont vaniteux, et trop petits pour pouvoir connaître la fierté, et les grands sont trop grands pour pouvoir être vaniteux. […] La chose la plus précieuse à mes yeux, c’est ma propre grandeur. — Suivent quelques aphorismes de mon cru :

Aussi longtemps qu’existent les éléments, la mort absolue sera impossible.

Qui n’est pas affamé d’art est proche de la décrépitude.

Seuls les esprits bornés rient de l’effet produit par une œuvre d’art.

Portez votre regard à l’intérieur de l’œuvre d’art, si vous en êtes capable.

Une œuvre d’art n’a pas de prix ; pourtant, elle peut être acquise.

Il est certain qu’au fond, les Grands étaient des hommes bons.

J’ai plaisir à le constater, ils sont rares, ceux-là qui ont le sens de l’art. — Signe constat de la présence du divin dans l’art.

Les artistes vivront éternellement.

Je sais qu’il n’existe pas d’art moderne, mais seulement un art, — qui est éternel.

Si quelqu’un demande qu’on lui explique une œuvre d’art, ce n’est pas la peine de répondre à son vœu : il est trop borné pour comprendre.

Je peins la lumière qui émane de tous les corps.

L’œuvre d’art érotique, elle aussi, a un caractère sacré !

J’irai si loin qu’on sera saisi d’effroi devant chacune de mes œuvres d’art « vivant ».

Le véritable amateur d’art doit avoir l’ambition de pouvoir détenir en sa possession aussi bien l’œuvre d’art la plus ancienne, que la plus moderne.

Une unique œuvre d’art « vivant » suffit à assurer l’immortalité à un artiste.

Les artistes sont si riches, qu’ils doivent se donner sans trêve ni relâche.

L’art ne saurait être utilitaire.

Mes tableaux devront être placés dans des édifices semblables à des temples.

 

 Egon Schiele

 

Aussi longtemps que l’ignorance de l’amour me crucifiera dans son arène, tête basse et cape d’épais coeur, j’irai nu, tel, authentique, lance en érection à la Femme, portant tête hôte, mes couleurs sans non d’emprunt – pantomimes allumeuses – que le lapin se doigte l’amor dans l’âme à l’ombre chinoise d’un théâtre scatophage…

Sans abdiquer

juvénile maturité, élan spontané, flair sauvage planté dans le boisé odoriférant de la yourte que l’homme moitié cheval que je suis chevauche à cru…

Egon se le dise…

 

Niala-Loisobleu – 1er Février 2018

 

Egon-Schiele-Sitzende-Frau-in-violetten-Strümpfen-1917-©Courtesy-Richard-Nagy-Ltd.-London

 

De la mine au charre bon


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De la mine au charre bon

Le plomb penche à côté du fil, tandis que l’hameçon accroché au bord du panty tire  la chevillette. Dis-Maman j’aurais aussi des vapeurs quant je saurais grande ? T’inquiètes mon enfant ça marche même en prenant le voile. Les gardiennes de mouton qui finissent pucelles c’est de l’histoire ancienne. Fesses de bouc émancipe avant le débarquement des premières menstrues. Et mon pt’it-frère il ira quand aux putes tout seul comme papa ? Tout ça dépendra de son évaluation en maternelle. Ainsi va le développement des sujets de discussion abordés en famille. Les veillées sont éteintes mais le feu de cheminée va de plus belle. Ma voisine a fait refaire sa fille par un esthéticien qui faisait de la pub dans un magasin de layette. La gosse balade maintenant sa poitrine dans un déambulatoire. On voit du botox sur les quat’coins de la tronche. J’ai entendu un explorateur revenant d’accès à la Grotte des Demoiselles  parler de bouche du diable en disant que la pieuvre de Jules Verne dans 2.000 lieus sous les mères c’est une farce et attrape pour bisu. La mentalité évolue telle. J’sais pas. Plus j’entends causer de projet de rétablissement de la morale à l’école, plus je vois de pédophiles à l’évêché. Moi j’suis incroyant et n’ai rien contre les religions. Juste que je trouve que prier dans la rue ça a un côté pute. On importe quoi, ça fait désordre. Jusqu’à plus se servir de la richesse de notre langue que pour de la mal-bouffe. L’hamburger a pas fini de modifier les bouches, vu la taille des tartines plus la merde qui mettent dedans. Paraît que la féminité serait en passe de changer de sexe. La réforme du masque culin ? Ah ouais j’suis pour !!!

Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2017

LA BRICOLE


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LA BRICOLE
Ce matin le tri porteur tousse comme s’il allait foutre le camp de la caisse. Pourvu qu’il ait pas pris une pointe de drapeau dans les rayons; le regard un pneu sorti du sectaire l’empêcherait de fébriler au bon sens du coeur. Mauvais ange in de poitrine ? Attention brouillard en retour des tas d’urgence – ça mue hélas plus souvent mauvais sens – René, que la fréquentation des tranchées et autres poteaux d’exécution et une bonne lecture de Fallet, avaient formatés, me prit par ma petite main d’enfant. Son regard de grand-père dépassant le premier abord.
-Aies pas peur, viens on va s’atteler la bricole, me dit-il de cette voix amortie par les poils de la moustache.
Il ouvrit alors la remise, celle-là où, un jour il m’avait dit qu’avec elle, on ne faisait jamais de marchandage, de tricherie promotionnelle. Du net. Publicité éteinte.
Une voiture à bras se montra. Deux ridelles un hayon, et une paire de brancards prêts à partir me tendant leur longue bricole de cuir à se ceindre la poitrine mieux qu’une écharpe toute neuve d’une quelconque confrérie, fusse-t-elle de toute tolérance prétendue, d’appartenance à la Veuve, la Fraternité genre enseigne au néon club-privé…trois points c’est tout.Celle-là on voyait que le cuir avait une connaissance totale de la sueur.
– T’avais quel âge Loiso ?
– Celui qu’on garde toute sa vie quand ça va mal et qu’au lieu de foutre les harangues dans l’huile sur le feu, on se branche à l’harnois de la bricole pour tirer en fermant sa gueule avant que ça enlise définitif.
Tout en désertant le retour aux négriers et leurs guerres coloniales.
Niala-Loisobleu
15 Novembre 2015
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