Vois les feux


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Vois les feux

Les saules mettent la main aux tresses des vanneries pendant que tu noues la laine au métier. J’aperçois des chevaux revenus de croisades. Je me demande s’ils vont vouloir bénir l’abreuvoir avant de laisser les conteurs dire l’odyssée. La palme bat le vent à tour de bras, si une branche point à l’Orient ce sera le signe du désir d’allumer les étoiles. Dans les mots du ciel, les pensées courtoises sont restées vierges dans le harnais. Elles vont pouvoir décadenasser. Ce soir laisse ta fenêtre ouverte, le cracheur de feu que tu tiens en sommeil entre tes cuisses sera rejoint par le faiseur de ripailles. Au milieu de la clairière, la terre est initiée au rite solaire. Le gardien de la forêt ouvrira la danse. Le polythéisme restant au profond des campagnes pourra taper du pied jusqu’à l’aube.

Niala-Loisobleu – 22 Novembre 2017

 

A TROIS PAS


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A TROIS PAS

 

Je n’étend pas la main, trop peur de perdre le murmure de l’eau qui sort d’un non-sommeil de repos. Les arbres s’étirent, la chemise de nuit que tu n’as pas mise offre ton corps libre. Tu sens l’amour. L’amour qui ignore l’essoufflement. Quand les premiers oiseaux vont t’apercevoir, ils tireront l’herbe de dessous le contoir où nos reins ont fait la veillée. Je te sais âtre. Il peut faire frais dehors. Tu es toujours étincelante.

La rosée foulant les collines couvre la retraite de la nuit qui s’enfonce dans les sources pour vivre du sang des pierres.

Le jour qui n’est pas dans les arbres,

qui n’est plus dans le ciel,

qui ne sera jamais sur la terre

fixe une femme encerclée par sa nudité.

Voulant parler au soleil qui se tient là-bas comme à une rampe, la moisson cherche des mots qu’elle ne sait dire qu’au vent.

Les murs, pleins d’espoir, se retournent au passage du matin,

mais il avance indifférent sans les délivrer de leur prison.

Un dormeur, qui n’a plus de nom, le front ouvert d’un éclat de soleil.
Il n’est plus qu’un visage avec un c< reposant à l’autre bout du monde.

L’ombre ne protège plus l’objet qui sort de sa cachette, toujours aussi gauche dans le balancement de la clarté.

Qui arrêtera la marche des rues hors de la ville fermée comme une hors du village couché dans les blés de tout son cadavre de calcaire ?

Le soleil et l’eau ne font plus qu’un mais aucune de mes mains ne réussit à prendre au ciel une seule branche de lumière.

Lucien Becker
Je garde présent ce moment où me disant « Douce nuit » nous sommes entrés dans ce rêve concomitant. Un seuil à nous deux. Corps bi-porteur vers le jour avenir. C’est l’instant magique où tes seins veillent pendant que nous embarquons dans le sommeil. Ils font la ronde autour de ce que nous avons mis en attente.
L’été nous sera.
J’aperçois….mais chut. Laissons mûrir les vagues des cheveux pendant qu’elles lèchent l’oreiller. Ne  réveillons pas les hommes, j’ai caché la clef de leur cage.
Niala-Loisobleu – 25 Juin 2017

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RAYURES AU PARQUET


RAYURES AU PARQUET

Tête en l’erre

tétant bas

desseins plats

la Dame de Coeur chavire, chavire.

Sombre le bateau-tango

quand le bandonéon lui avale le roulis des hanches

avec les pas de l’accroche-coeur.

Tangue le décolleté de la robe fendue où baille au fond de l’estuaire

l’épave de la boule du plafond.

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2017

 

Amor Dense


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 Amor Dense

La plume marque un temps

et respire à l’encre les mots non-dits

Ecrire à quel endroit ses dernières volontés

en ne desserrant pas ses doigts des traces fraîches

qu’un coup de vent a battu en désordre en bas de page

Les spirales du tango gardent les cendres chaudes en piste
Niala-Loisobleu

2 Février 2017

 

Mélody Tempo Harmony


Mélody Tempo Harmony

Sacré Coeur

blanc accroché dans le rouge

de nos poitrines

tes pavés luisent

quand féline

ta langue réverbère se joint

aux mouvements de tes seins

dans les reins de la chambre sous les toits

Asile de nos deux émotions vives

Amour bras le corps

Tempo

Harmony du m’aime désir

Niala- Loisobleu – 23 Janvier 2017

 

 

 

 

BOHEMIENS EN VOYAGE


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BOHEMIENS EN VOYAGE

Dédicace à Idéelle

Au bois taillé des crayons de couleur tu fais ce qu’il te plaît au nom d’une liberté que tu as construite en tribu au coeur du racisme. Bohémien, tu ne te maquille pas d’aimer. Un trait noir épile côté face tes mouvements ascensionnels d’une haine  ancestrale qui te poursuit en deux parties inégales. Parti du désert du Thar dans le Rajasthan, il y a des millénaires, tu seras toujours un errant.

Pour dételer ton cheval tu dois franchir le gendarme

En rase campagne les pierres ont besoin de la barbe de l’herbe sous les caresses du soleil se levant à rosée. Prise au seuil de ta roulotte, la grosse pierre barre toujours le cadre de l’huis par où mettre le couvert. Les enfants avalent la poussière en gardant les dents blanches des chiens qui mordent la vie. Cette lumière qui monte au-dessus des plus fortes rampes, ces matins sans dates, soulève les longues jupes des femmes par les cordes des guitares.

Dormir la lune dans un oeil et le soleil dans l’autre

Un amour dans la bouche un bel oiseau dans les cheveux

Parée comme les champs les bois les routes et la mer

Belle et parée comme le tour du monde

Puis à travers le paysage

Parmi les branches de fumée et tous les fruits du vent

Jambes de pierre aux bas de sable

Prise à la taille à tous les muscles de rivière

Et le dernier souci sur un visage transformé.

Paul Eluard

Dressés un à un aux fondations du ciel, tu repousses  les murs  à se toucher des quatre éléments, réunis au sein des quatre saisons dans un roulement de vouloirs plus coriaces que la loi du plus fort.

Attelé à quatre chevaux ailés, tu as ignoré Pégase, les cordes de l’arc-en-ciel tendues d’humidité accouchant du sel. Aux vagues des Saintes rompant les amarres emprisonnant la voie. Cap du fond de ses cales, le désir d’être érige sa volonté dans l’envol d’un oiseau peignant bleu comme on embrasse de vie. Les feux de ta liberté, Bohémien, brûlent l’indécision des tons rabattus de ces malheureux nantis d’une humanité qui se plaint toujours de toi et de tout.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2017

 

Muet parmi les mots


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Muet parmi les mots

Assis au banc de chaume, je rends d’un oeil ouvert, ses tisanes au tilleul. Nous voici dans une semaine humide, enfin pas en corps comme j’aime, non, au bord d’une pleine lune de lessive du soleil. Grand barbotage, les quais sont en travaux pour des mois, on aura du mal à se voir les canards et moi.En pleine devanture d’une crise ça doit être incontournable de faire des frais somptuaires.

Manche à air, ya go ?

Non, le traître peut rentrer dans sa loge, la diva se repoudrer l’accorte vocale et le librettiste ranger ses portes-plumes dans l’étui à violon. Comme l’ultime poésie.je vais ouvrir la Grand’ Place au marché aux puces. on dit que l’écarte électronique se met à la gratte. Rock attitude du laver à la St-Marc pour les pigeons. C’est le vivant par réel effaceur de fausse existence. La réalité vivante  l’a défini la 13° Verticale:

Muet parmi les mots,

presque aveugle parmi les regards,

au-delà du coude de la vie,

sous l’emprise d’un dieu qui est absence pure,

je déplace l’erreur d’être un homme

et corrige avec patience cette erreur.

Ainsi je ferme à demi les fenêtres du jour,

j’ouvre les portes de la nuit,

je creuse les visages jusqu’à l’os,

je sors le silence de sa caverne,

j’inverse chaque chose

et je m’assieds de dos à l’ensemble.

Je ne cherche désormais ni ne trouve,

je ne suis ici ni ailleurs,

je me refais au-delà du souci,

je me consacre aux marges de l’homme

et cultive en un fond qui n’existe pas

l’infime tendresse de ne pas être.

Roberto Juarroz

De ce qui balance au-dessus des herbes sauvages, seuls les seins m’intéressent, sans qu’il soit besoin d’amarrer un pompon au proéminent des aréoles. L’nichon fête foraine, paumes de pis, étrenne de barbe à papa, poupée ruse, train fantôme et grand-huit où tu m’fais tunnel pour une cravate. Pourquoi j’irais écouter les prédictions d’une Irma Douce heure, quand tout l’à venir tient dans ces deux globes tournant au plafond du bal du ça m’dit seoir, ouvert le dimanche et chaque jour de la s’maine 24h s/24. La matinée sera bientôt écoulé, le mal d’amour comme vient de me dire mon dentiste ça se détartre pas tout seul. Faut monter au crée n’ô…le bon vouloir de l’Autre faut pas le laisser roupiller, Faut astiquer la guitare, olé, olé, por el ultimo momento  !
Niala-Loisobleu – 10 Janvier 2017