Odeur Marine


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Odeur Marine

 

La rue collée au bout des doigts, il se pourrait que je sorte du lit de la rivière pour rejoindre l’embouchure. Sans que la tentation y soit pour quelque chose, n’en demeure pas moins vrai qu’en allant au bord du quai on a sa valise à la main. Tu te souviens du mouchoir de la gare ? Ce que qu’on a pu voir au travers de ses carreaux humides. Quelque part, tout près d’ici, se tient à toucher  ce qui se sauve devant soi. Ce sont les yeux des lucarnes et leur façon de s’ouvrir qui font avancer les mirages. Un été en automne ça décale l’hivernage des arbres. Laisse courir le flot de tes larmes  sur le tour de l’enceinte du ventre plein de ta femme. C’est ainsi que la vulnérabilité des prédictions se dévoile. Caboteur, ton coeur va d’un pore à l’autre de se qui dresse les poils de ses bras. Ces lieux monumentaux qui se sont arrêtés de vouloir convaincre finissent parfois par éclairer. La parole est un débit de moisson en panne de greniers. Mieux vaut tenir son carré de ciel  à proximité de son cheval pour se mettre à écrire sa prochaine volonté plutôt que l’amertume de ses regrets dans la dernière. Quelque part, je suis de la pierre de la première cathédrale. Celle où le chant n’avait pas encore été incarcéré dans la nef de Noé, à destination du mensonge écologique.

Niala-Loisobleu – 26 Octobre 2017

SECHERESSE


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SECHERESSE

Comme une terre qui fond

entre les serres d’une banlieue aux saints tombant

nous avons la langue plus rêche que les lèvres sevrées d’un estuaire ensablé

J’ai en vie de côte d’Eve à faire

Mère de sel

fends-toi d’une larme pour que l’humide irrigue ton ô céans cramé

des cris de sa live orgasmique

Niala-Loisobleu – 5 Juin 2017

 

 

LA BOÎTE A L’ÊTRE 14


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 14

GRAINS DE VENT

SAGESSE

« Si tu veux construire un bateau,

ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres,

pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose…

Si tu veux construire un bateau,

fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes

le désir de la mer. »

.Antoine de Saint-Exupéry

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Au ber l’ossature navale s’appuie écoutilles fermées

Le tranchant de l’étrave s’est écarté des filets de pêche

Sur l’horizon les écluses attendent le retour du désir

Aucune invite

Aucun s.o.s

Seule une amarre à l’écoute

Ne quitte l’ancre des yeux

Marée de sans

Odeur de flux

Rien ne dort de l’attente

Les mouettes ont les ailes déployées sur le sillage

Grains de vent loin devant

Niala-Loisobleu

17 Février 2012

 

PARTICULARITE PROPRE A LA GENERALITE


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PARTICULARITE PROPRE

A LA GENERALITE

Déjà quand ça prend l’eau de partout, si tu baignes dans un temps magnifique d’un prématuré printemps, tu te sens retenu de crier ta joie, averti quelque part que c’est trop beau pour y croire. Derrière tout ça, le loup a lancé son offensive de séduction de faim de petit-chaperon rouge et de mère-grand.

Il est milieu de l’après-midi, le soleil occupe chaque oiseau à chanter qu’il fait un Dimanche merveilleux. Tu penses cabane depuis quelques jours. Elle t’appelle, te veut, t’es à demi déjà en route pour y retourner.

Dring, dring, dring, fait le téléphone…

Un ami cher t’annonce le viol

Suit un gendarme

La cabane a subi des dommages avec effraction…

Les risettes se pétrifient. Ce beau a plus de merde en lui qu’un intestin naturel. Si on était pas dans un scénario de promesse électoraliste, peut-être que le maquillage printanier aurait resté dans l’armoire de toilette. Où il est devenu ton phare ?

J’ai mal de cette société qui ne respecte qu’un besoin de détruire. Elle a le mal plus fort que son mensonge et sa calomnie. Le seul acte auquel elle passe, c’est de mutiler ce qui est la joie de vivre la plus simple.

Niala-Loisobleu – 20 Février 2017

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Ce qui point d’un long temps de rien…se veut Tout


Ce qui point d’un long temps de rien…se veut Tout

Mes doigts sentent l’empreinte génétique

de l’Absolu

racine du cri originel

terre d’ocre sur la pierre

que les bisons posent en bandes dessinées

La paroi devenue symphonique

renvoie ses couleurs acoustiques

Le timbre du silence

tessiture

Nous y sommes

« Diapason »

pourrait devenir le nom de la série qui déjà lance des coups de pieds

Tu l’entends, n’est-ce pas mon Coeur, cogner à ta poitrine ?

Niala-Loisobleu – 22 Octobre 2016

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Mon enfant tu seras toi, porteur de la suite qui nous est commune


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Mon enfant tu seras toi,

porteur de la suite qui nous est commune

Au bout d’un moment, elle sortit de la cuisine et se tint dans le couloir. A un bout hier ne bougeait visiblement plus, tandis qu’à l’autre, bien que tout sembla clos, on sentait un passage possible.

Par la porte entrouverte de sa chambre aucun râle ne sortait, aucuns mouvements de ressorts ne s’échappaient du matelas, le lit disparaissait entièrement sous les valises.

Tout s’est cassé la gueule, se dit-elle en pensant au soir où après l’avoir croisé, la copine qui se trouvait avec elle fut effacée entièrement au bénéfice de sa gueule d’ange. Le monde n’était plus que bonbon rose, sirop des rables et barbe à papa pour aile seule.

Oui, toute seule à n’avoir rien vu du masque d’agneau cachant le loup.

Où donc s’en est-il envolé ce canal de Venise, où la voix de l’amoroso poussait sa béquille dans nos soupirs ? Lui qui m’a déteint comme un confetti retombé de la musique de carnaval. Seulement à qui la faute ? Cachait-il sa vérité pour que tout le monde à part moi l’ait vu ? L’amour est aveugle. Je crois pas que ce soit d’une panne de vue sur l’autre, je suis sûre que c’est rien que d’avoir obturé tout ce qui n’était pas soi. Vouloir sortir d’un néant. Mais en se défenestrant, c’est la musique d’un soir de bal à la si trouille où qu’on s’est caché les paroles.

Il y a des déserts qui ne mettent pas leurs oasis en vitrine.

Aujourd’hui ne doit pas étouffer par ses erreurs du passé, au contraire il doit juste en tirer la morale. En vivre. Être l’étalon de nos rêves devenu traces vivantes de ce qu’on a voulu faire au départ . Nôtre réalité intermédiaire mise au monde.

Mon enfant tu seras toi, porteur de la suite qui nous est commune.

Niala-Loisobleu – 7 Septembre 2016

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Redonnez-leur…


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Redonnez-leur…

Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur cœur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.

René Char
(Fureur et mystère, Les loyaux adversaires, © La Pléiade, p.242)

La vie mise à l’affiche pour un simple spectacle s’étouffera d’elle-même dans un nombre réduit de représentations. Se laisser étonner par le marchand d’illusions du quartier, ça étourdit sans qu’on voit l’espace vide que ça brasse. Beau parleur, pas finaud finaud, mais vif comme une mouche à se poser sur le fromage qu’il sait vanter, il se pose comme s’il était opportun. Hélas ce n’est que l’artifice qui ne rend pas vraiment la langue moins pâteuse. Le remède est plus éphémère que l’avis.

Quand les murs vous rattrapent, la vérité fait sa bosse en disant « on te l’avaient bien dit que de sa bouche ne sortiraient que des maux.

Un jour que je serais grand, s’accroche alors dans la pensée comme un ex-voto.

Périr pour vivre, c’est naître rien.

Les champs cachent leurs éteules sous les tas de fumier qui précèdent l’épandage. Actuellement, je les vois s’étendre en allant et venant de la cabane à la ruche d’une couleur en gestation. Aux moissons succèdent  les labours pour les semailles du regain permanent. Avec cette différence que dans le geste semeur, la vie refuse de baisser la tête.

Je pense à Toi où que tu sois. Quelque forme que tu prennes. Et à voir l’infini que tu es, je m’émerveille de la fusion qui se marie dans nôtre creuset. Au matin le coq se prend le marteau du forgeron en tirant sur le soufflet de la forge de tout son éveil. La roue d’un Autre Jour emboîte ses rayons.

Niala-Loisobleu – 19/08/16

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AQUA-TINTA


AQUA-TINTA

Dans l’enfilade des colonnes

le passage frissonne

d’une perspective

ouverte au coeur d’un amas d’écarts

Ôtez le sparadrap des taire

des arbres neufs de printemps au bord du mois

végètent

perdus entre deux parois d’une cheminée

Déchirant le fond sans teint  d’un horizon rayé

voici venir

des petites-mains d’enfants

saisir l’écope des nuits

pour coudre le soleil au donjon de leurs châteaux

Nous sommes étrangers au commerce du sentiment

Partir ?
Et non

Rester fidèle aux pensées visionnaires

sans autres cordes que celles des guitares

Gorge bleue

chuintant de nos salives rauques

que la tessiture amarrée au ponton libère crescendo

Amphore pleine

à venir des huiles essence ciel

que tu m’as mises à la voile

tout le temps que tes cils ont peint

au tempo de leurs aqua-tinta

dévoyant l’acide au bénéfice du miel…

Niala-Loisobleu

26 Février 2016

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