Tu as dans le buste l’âme du violon


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 Tu as dans le buste l’âme du violon

 

De ces pas trop courts, restera à l’étendue les traces d’une suite griffonnée de nappes en nappes des tables de passage. Si ce qu’ils n’osent dire est vrai nous n’avons rien à craindre. Notre moulin à eau est à l’étiage. Les gros nuages écrasés sous la meule en pierre ne feront pas de tort à la récolte. Ce n’est pas la marche solitaire qui peut nuire à la vision globale.

Tu as dans le buste l’âme du violon que l »archet déplace en fonction du refus.

Le tempo de ta poitrine en tapant du bout du sein, scande la promesse de ne jamais céder à la facilité. Laissant le sur-place des fuites aux images pieuses. Du calcaire la craie extraira les marelles pour  apprendre aux enfants à monter au tableau. Il n’y a pas de contre-poison en dehors de la poésie.

Niala-Loisobleu – 25 Novembre 2017

 

Au Coeur de l’Âtre


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Au Coeur de l’Âtre

Dans la chambre des enfants tout est simple, et poignant. La fenêtre est ouverte. Elle bat, elle respire. L’eau de la pluie ruisselle sur les marches. Il faudrait d’autres paroles pour éponger une eau-mère si amère. D’autres musiques pour danser. Devant la fenêtre ouverte, transportée.
Jacques Dupin (Ecart)
Nous avons fatigué l’orée des bois au point de tarir le brin de sève,
les cheminées refoulent de ragots et la suie nitre le devant-soi d’efflorescences sépia
Le fruit percé sanguine entre les dents du râteau
pourtant il reste dans les reins des vertèbres qui s’opposent à l’abandon.
L’amour n’apparaît que dans de multiples contrefaçons, coeur étouffé au sein de la prothèse mammaire.
J’ai cru et bien que ne croissant plus à mon âge, je rêve toujours du m’aime bleu apparent. Stupide au milieu des petits-hommes, vaillant chevalier au chemin de la croisade enfantine. Le sac de billes au moyeu du vélo, la craie au bâton de marche, des moulins à la sortie du remous des castors. La vague humaine phosphoriphore en gilets obligatoires sur ses routes pour s’inventer un reste de présence. Pauvreté en tous domaines, le drame du bulbe pour lequel le bio n’a plus de recours.
l’imbécillité avance à grand pas vers un néo-no-bel.
Hourra les réseaux sociaux essaiment la solitude en grand-format.
Mes amours pochés  saignent sous les arcades. Le frisson se cherche au long des rues vides d’un centre-ville désaffecté. Vitrines à vendre, parcomètres volubiles et silence coupe-gorge.Refusant de mourir con, je tiens à le rester de tout mon vivant. Ainsi la bile qui ronge l’estomac ne viendra pas pisser dans mon encre. Le monde est décadent. Pas une raison pour sauter du train dans le précipice
Que la flamme vive !
Niala-Loisobleu – 6 Octobre 2017

FOIRE AU VAIN


FOIRE AU VAIN

Dégringolant de la colline, les côtes en sauts ternes baladent le bonimenteur dans les rues de nos boîtes aux lettres. Grand cirque dit le beau parleur, en nous saturant les oreilles au volant. Des silos à vinasse ce qui sort c’est du pinard qui monte en degrés, avec le rond (espèces sonnantes et trébuchantes) en bouche. Un point c’est tout. J’aimerai savoir combien y a de grammes de chimie pour un grain de raisin dans ces noms qui furent grands avant le développement de la frime des arts de la table. Les noeuneulogues vantent à grand bruit de casseroles un truc en or parmi l’abus du tout est à vendre à condition d’y mettre que le prix. Les gueules noires qui ont monté les terrils doivent gratter du squelette d’envie de trinquer du grisou. Pensant à la misère qui fut la leur, l’avènement prochain des bouilleurs de cru-ôté doit leur faire mal au cul. Le changement climatique prouve que ça peut rapporter plus en le renforçant plutôt que de raser ce qui l’alimente. Le profit c’est un réchauffement pour le coeur du fromage…

Niala-Loisobleu – 3 Octobre 2017

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VIE PRIVEE 35


VIE PRIVEE 35

S’éloigner de l’idée qui ne serait que dans le vent qui vente. Bien qu’en ces dérèglements météorologiques aussi bien qu’ordinaires, le vent est sans nul doute la solution respirable. Ceci suggérant ce qui touche à l’étouffement, je rejoins cette idée dans sa forme métaphorique. Mon petit Séraphin venant m’apporter son concours. Je sors du garrot et de son sens tragique. Ô poésie j’en appelle à ton recours. Désenglue-moi du discours qui en est arrivé à déborder de la page pour nous gaver de fromages. L’oiseleur et sa glu lançant son filet. Respirer qu’on ait la poitrine plate ou bombée c’est un système qui a été induit au départ de la nature puis de l’humanité, avant qu’il ait fallu inventer les Shadocks par désespoir. Que l’élève dans sa majorité, devienne allergique à l’enseignement ne fait que suivre cette tendance à parler pour endormir. Le surréalisme m’a éduqué dans son système à fermeture éclair, conte-indiquant tout lacet qui pourrait étrangler. Le mot doit être ailé, la phrase à hélices et le rythme du chapitre à vapeurs. Sinon bonjour la noyade. On peut quand même pas se faire crever les yeux, châtrer les oreilles et amputer des membres au prétexte qu’il vaut mieux s’abstenir d’entendre comme de dire. Quand je me tais c’est là que je fais l’amour le plus. Je veux pas qu’on me dérange avec un baveux qui prétend changer la justice en étant coupable de ce qu’il accuse.

Niala-Loisobleu – 14 Juin 2017

 

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DE DEUX CHOSES LUNE


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DE DEUX CHOSES LUNE

Ne reste plus suspendu aux crochets d’étal des lieux,  que le poids accablant de l’odeur des eaux mortes que l’oeuvre  de démolition n’a pas réussi à tarir. Quelque chose qui ramène avec force à l’initiale grosse-incertitude. Avoir voulu remettre l’étoile sans user de clous, de l’horizontal enlisement à la verticale de la chanson de geste, ne dure que l’instant d’une simulation trompeuse de la part de cette petite lumière éteinte.  Appareille, nulle ressemblance avec avant ne restera en place après…ai-je moultes fois répété. Mains tenant détaché, ce ne sont plus des silences de cons plaisances qui auront pouvoir de tenir à l’encre aux  bassins de mouillage.On ne retient pas l’air de la musique qui veut s’écrire en paroles. Le bateau était debout bien avant que le sable ne mouille, il marchait sans regrets, bien décidé, ce n’est pas moi qui ai planté sa quille dans la vase. Un accordéon replié n’a qu’un souffle prêt à danser. Quand pris de scorbut par manque de vie ta mine, le marin se penche aux pores de sa Belle, il veut croquer à pulpe dans le charnu de sa pensée.  Dans tes cheveux-nid un village  m’avait fait accueil par la mue de ton visage, je joue désormais seul à l’entrée de chenal.

« Costesoulane attendait les perdreaux et c’est la mort qui vint. Et la mort qui était pour les perdreaux servit pour lui. Et les perdreaux qui devaient être froids et l’œil voilé à l’heure où le soleil se couche, ce soir étaient encore chauds et vifs, et leur sang qui devait rougir le gravier bleu de la forêt était encore tapi dans la ténèbre de leurs veines et courait sous la peau à chaque coup pressé de ces cœurs serrés comme des poings de colère. Mais les pierres eurent leur part de sang rouge, celui de Costesoulane, parce qu’il était dit et écrit qu’en ce jour le sacrifice du sang devait s’accomplir dans ce lieu désert de notre terre, sous un ciel mourant, et dans le souffle d’un vent qui a vu bien d’autres drames. Costesoulane vida sur les pierres toute la chaleur de ses veines, son sang venu de l’obscurité de son cœur et comme surpris de tant de lumière et de tant d’espace, coulait doucement sur la roche et serpentait comme un voyageur de hasard — il s’accrochait aux fils de l’herbe, aux brindilles du thym, il descendait dans les creux entre les pierres et il fumait doucement et l’air en était tremblant. Costesoulane attendait les perdreaux et il ne savait pas pourquoi il était là, couché sur le ventre, avec cette tendresse qui lui faisait regarder de si près et avec tant de patience les herbes, les pierres et un trou de fourmis. »

Max Rouquette, extrait de La mòrt de Còstesolana (Vert Paradis I)[/i]

Le tilleul déployé sur la Chaume ignorera ta visite. Il nage sur place à remonter le courant ans, endormi dans une incontinence maritime. Chaume sans éteules hérissée de bois mort au regain perdu. Les eaux sales emportent en exode les files de jardins blessés aux tombes des déchetteries. J’ai tuilé ma chaumière, la fumée donne le nom de l’absente. Après les trois coups, le rideau bloqué par extinction de voie – impasse l’autre perd – oeuvrez pour le retour de migration du champ marin des oiseaux blancs au bleu du matin retrouvé. Je m’enfourche en s’Elle – d’un ultime sursaut d’espoir – la vague retournée entre terre et ciel avalera la matière du sablier. De deux choses lune. Je cours ou bien coule

Niala-Loisobleu –  8 Mars 2017

 

PROMESSE A LA VIE


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PROMESSE A LA VIE

Me voici plus tel, le médoc à rebooster la descente des chaussettes. Voici venu le désir de me tenir une promesse qui s’impose d’elle même. Les bois se sont faits les branches à grand force  d’attentes, combien d’hivers par où crois-tu me canaliser le printemps pour arriver ventre contre ventre ou tête-bêche à se sentir heureux de n’avoir plus de mots dans la bouche pour tenir un discours à l’absence ? Qu’importe, je n’ai rien à cirer d’une réponse d’aucuns qui ne ferait qu’allonger la question sans y répondre. Il s’agit là d’une question hautement intime ne pouvant se déshabiller devant tout le monde. Elle a l’odeur de longs sentiers menant pas toujours quelque part, mais ne s’étant jamais égarés du point de départ. Ainsi il peut faire le temps du lieu différent de l’autre, l’heure aura le m’aime rendez-vous permanent si le fond du paysage n’est fondé sur du sable. Pouvant séparés être mieux, que des tas de gens s’emmerdant ensemble . Le touché tiens, sais-tu qu’il peut être d’une empreinte phénoménale sans que la partie concernée te soit au bout des doigts ? On entre là dans la métaphysique de l’Absolu. Tu grattes des ongles les espaces qui se mettraient normalement de travers si tu restais coincé dans un quotidien bienséant, une manière de mourir en vivant. La générale, avant levé du rideau en quelque sorte. C’est vrai qu’il faut être fou pour vivre son rêve sans devoir s’attacher à ce que personne ne vous voit. Mais si je suis pas exhibitionniste j’en demeure pas moins nudiste sans devoir me parquer dans un lieu fait pour t’isoler. La nudité de l’âme, quelle entité ! Les manières et autres simagrées, genre feuille de vigne, laissées sur le palier faut voir comme ça vous grimpe aux étages de la transcendance.. Tu te mets pas à poil en te rasant le derme autour des parties vitales, non mon P’tit-Gars, tu laisses tout pendre de soi. L’élégance du mouvement c’est le rythme de l’expression corporelle qui s’exprime. J’en reviens inévitablement au concept esthétique, la Beauté fait canon sans se la jouer Navarone, modèle gros-calibre dans une baie de faux-anges. Et l’esthétique c’est une entité. On ne peut pas la couper comme un sale ami, ton individu est racé où vulgaire point barre. Ton langage ira avec la forme de ton esprit, lui-même ne souffrant pas de voir une partie de Toi s’aliéner par un tatouage, corporel ou mental, te rangeant dans une perte d’indépendance pour te formater au troupeau.

Mais je m’arrête, tes seins passant un poil louche dans le tombé qui donne un aspect mécanique au déroulé de tes hanches, ça m’alerte. Ce que ton âme me cause après l’apnée du Grand Bleu, tend soudain à virer à la tasse. J’suis pas causeux, tu le sais, je ne braille qu’en manuel. Cependant l’erreur fatale serait d’abonder à la bêtise de croire que je peux être manié comme un bigleux, pinceau, incapable de résister aux couleurs du tant. J’en suis ramené à la promesse qui me titille à présent. La vie dehors est déformée à loisir par des tireurs de ficelles embusqués comme des snipers. C’est que magouilles et embrouilles à tous les coins de la vie. On accuse, on maltraite, comme si la dignité humaine était l’ennemi public à abattre, à un point tel que dans l’intime, se priver de cette m’aime façon de se conduire, semblerait inconvenante et déplacée.

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2017

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Retour de Cabane / Défixation sur Moi M’Aime


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Retour de Cabane / Défixation sur

Moi M’Aime

Îles!
nous relirons les pages oubliées que vous fîtes écrire en
lettres d’océan par des sages à barbes
et nous les apprendrons aux jeunes voyageurs
lorsque les mers échues dicteront nos naufrages

Louis Calaferte (ibid p 85)

Le haut de vos cuisses, qui force oblige, me vient d’avoir eu l’erreur d’étage en pressant le bouton pour cet autre ciel, aujourd’hui macule coupable. On se met au faussé entre l’élastique et le poil alors qu’on aurait juré tenir le volant en ne faillant pas au code. Sous le charme des tamaris que le vent plie, tête au pied, tu restes rose sensible au frisson qui t’ondule la moelle en te raidissant le priape comme un ceps à la grosse veine tordue. Pleine vendange, fouloir aux pieds sans penser un millième de seconde que le monde n’aime pas qu’on baise autrement que par haine.

Ah l’Amour, ils l’ont cornu le grand A…je tète Anise…

Soudain trouvant ton lit souillé de pertes salaces, ta porte défoncée, les chaises renversées sur ce que les placards ont vomi, tu te trouves face au casse, miroir qui te renvoie l’image z’obsolète de ta sensibilité. Le bruit des jeux où, on ne fait que se tuer, te brise le regard en rafales tous les robots barbares du nouvel art de vivre en première ligne.

Ce soir je rentre dans ma poésie, mine cassée à toucher le taille-crayon avec l’oeil en bouée, ne voyant que l’absence de ce à quoi j’ai fait vocation sans la moindre abstinence. Vide comme une coquille que la vague cure depuis des millénaires sans que j’ai lu son message dans le texte avant de m’entrer en oeuvre..

Niala-Loisobleu – 20 Février 2017

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