MISE A L’Ô


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MISE A L’Ô

« Si tu veux construire un bateau,

ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres,

pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose…

Si tu veux construire un bateau,

fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes

le désir de la mer. »

.Antoine de Saint-Exupéry

 

La première ligne est à l’écume sans que rien ne barre face à elle. De l’hostile juste une trace d’enclume laissée en post-scriptum sur une ligne de nuit du livre de bord

 Le tranchant de l’étrave s’est écarté des filets de pêche. Sur l’horizon les écluses se remplissent  du retour du désir. La vigie à l’écoute ne quitte pas l’ancre des yeux prête à venir au premier signe d’éveil

Marée forte

Odeur de flux

Les odeurs du pore ont les ailes déployées sur les marques du lit laissées en sillage. L’horloge rancunière bat la tempe d’un reste de doute laissé en aval pour garantir l’acceptation cochée en petites lignes. Amarre submergée que le scaphandrier lui-même ne trouve au noir des profondeurs de l’abysse. La murène embusquée dans son repaire est un potentiel danger soutenu par la clarté publicitaire d’une fausse annonce de fond clair.

Grains de vent risant la surface  au-dessus des carcasses des péris en mer. Hissant l’alizée j’arbore pavillon bleu pour bien identifier mon désir d’aimer sans affûts chargés cachés derrière les écoutilles….

Niala-Loisobleu – 29/09/18

LE CHEVAL EN PARLE


 

 

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LE CHEVAL EN PARLE

Fuyant les curies, anneaux d’amarrage et poteaux de stationnement obligatoire, en passant la porte cochère mon cheval pris sa pensée en selle et l’emmena découvrir ce qui se cache derrière ce que l’ortie garde précieusement. Coin de menthe sauvage, préféré de l’arbre à soie, caressé par la brise marine, mélangée d’Iroise et de Pertuis d’Antioche. Là où la coquille s’ouvre sans claquer des dents. Aux claires les bassins de radoub grattent les goudrons que le tartre calcaire. Il reste après des millions d’années de marées, un trou de sable où trempe la prochaine. Celle de l’étoile de mer. Astérie contée.

Les décors de films de guère dressent en squelettes les berges pas accostées. Un bloc de mur penche la tête de côté, l’écume y a rougi de son casque percé. L’espoir parti aurait pu croire ne jamais pouvoir arriver. Quand la côte mitraille la plantation des croix blanches avance sur le territoire. L’oeuf porte ou fausse-couche. Doit-on néantiser le symbole de la poule ? Comme on élinguerait les chants de tournesol pour plus qu’ils tournent. La caverne est l’antre de l’étoile, c’est le berceau de la toute première qui ne s’est jamais éteinte malgré l’ingéniosité du mal.

L’Amour ça saigne.

Revenant vers la cabane éventrée, j’emmène mon petit cavalier pour lui montrer les histoires des grands-mères, les rubans qui n’ont pas jaunis, malgré qu’on aura voulu leur couper les doigts. Une enfant tourne dans le noir, sa balançoire invente des besoins de trapèzes-volants qu’un rouleau de moquette compresseur pousse au précipice d’un sol indifférent. Les fausses-routes se mettent en embuscades.

L’illusion d’un faire-paraître glisse ses rôles.

Là-haut l’étoile guette, elle cligne du caillou semé, elle odorifère de la garrigue, elle dresse un escalier manuel qu’il faut monter à la force du poignet, elle sémaphore des bras du fleuve, ouvre grand l’estuaire. La berge d’en face signe son accord. Les iris d’un déploiement des lèvres chantent des couleurs de Vincent, le piano soulève son couvercle pour poser l’aveu au clavier, il faut toujours et encore y croire…

Niala-Loisobleu – 21/09/18

 

ENTRE TIEN EMOI 30


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ENTRE TIEN EMOI 30

 

CREPITEMENTS

 

 

Les arcencielesques dissonances de la
Tour dans sa

télégraphie sans fil
Midi
Minuit
On se dit merde de tous les coins de l’univers

Étincelles

Jaune de chrome

On est en contact

De tous les côtés les transatlantiques s’approchent

S’éloignent

Toutes les montres sont mises à l’heure

Et les cloches sonnent

Paris-Midi annonce qu’un professeur allemand a été

mangé par les cannibales au
Congo
C’est bien fait

L’Intransigeant ce soir publie des vers pour cartes postales
C’est idiot quand tous les astrologues cambriolent les

étoiles
On n’y voit plus
J’interroge le ciel
L’Institut
Météorologique annonce du mauvais temps

Il n’y a pas de futurisme

Il n’y a pas de simultanéité

Bodin a brûlé toutes les sorcières

Il n’y a rien

Il n’y a plus d’horoscopes et il faut travailler

Je suis inquiet

L’Esprit

Je vais partir en voyage

Et j’envoie ce poème dépouillé à mon ami
R…

Blaise Cendrars (Septembre 1913)

 

De mes amis rien n’erre. Les feux éteints ne brûlant plus que de leurs cendres, pour ce qui est de crépiter inutile d’en parler. L’amour si je ne l’avais pas reconnu comme seul élément vital, que le premier qui voudrait me jeter la pierre le fasse en se demandant d’abord comment je serais là à près de 85 ans de galères ? Si la vie est une merde c’est pour que le transit apure.

 

Niala-Loisobleu – 27/08/18

Dentelle il est une Foi


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Dentelle

il est une Foi

 

Martèlement des gouttes, les arbres ploient, eau lourde…souviens-toi de Pierre et Marie

on ne meurt d’amour ici qu’en vie d’ailleurs

une plage ça se lave les pieds sans attendre Pâques

ne pas salir le sens symbolique du rapport à la lune

et pluie

y a l’Emile

et une nuits

ma folie je crois qu’elle attendait que je vienne au monde pour se faire soleil

celui qui fait parapet à l’élastique

de la petite-culotte que t’a jamais mise…histoire d’ô pas tarir les rivières de la jeunesse des marre-teint-pêcheurs

la parole tient à la mesure du silence

j’aime quand à la tombée de tes seins, le poumon du vent porte les battements de ton coeur.

 

Niala-Loisobleu – 20 Janvier 2018

 

 

 

 

RESISTES


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RESISTES

Des mascarets qui t’assaillent avec le sourire en fuite des grimaces mesquines, rentre vite à l’abri les nudités de la pudeur derrière la dune qui adoucit l’âcre des échouages. Le vent s’y arrête. Dressant une muraille verticale, ergots d’oyats en première ligne défensive. Vient la surveillance des peints rejoignant les palisses . Elles vont retenir la moiteur du passage de vos corps qui ont creusé  de quoi recevoir la ponte des oiseaux marins au cours de leur transit par le marais. Après qu’ils aient fait revenir le ciel dans l’eau après avoir écarté  le couvercle des lentilles. Quand passant en rampant le reptile traque la souris, tape dans tes mains. Immédiatement le bruit qui viendra de l’entrechoc de ses seins, fera fuir le nuisible. Une poitrine qui bat c’est pas que la respiration qui passe c’est l’annonce du prochain coït entre l’Homme et ce que la Nature en espère. La bonne marche du poumon est liée à la franchise de la respiration. Si les arbres changent de feuilles, c’est pour tenir le soufflet  en état. Fente des bourgeons prête aux semailles. On a vu revenir d’hiver, plus d’un printemps ayant d’autres idées que celleS de paraître. Le petit oiseau qui tire le fil, est le remorqueur d’un convoi de chalands en personne, Péniche au gros ventre de maman, qui fait frémir les ponts à chaque passage. L’espoir fou dans la cale. La peine s’est montrée une nouvelle fois. La pureté dominant sur son image, en a chassé les notes. « Résistes » ne cesse de dirent les paroles de l’amour.

Niala-Loisobleu – 7 Janvier 2018

 

Prie-d’Yeux


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Prie-d’Yeux

Raide au porte-manteau

son vêtement oublié

pend les yeux ouverts

Passe son odeur plein les oreilles

chair humide

en vagues successives

pas à pas

 le papier-peint silhouette sur les murs

Elle ne sonne pas au heurtoir

du cadre

la porte restée ouverte

tient les fleurs fraîches en éveil

Niala-Loisobleu – 17 Novembre 2017