SEANCE PRIVEE


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SEANCE PRIVEE

 

Quelques brins de bleu tirent à tresser

mon cheval suce le vent à pleines dents.

crinière et queue panachent la crête des vagues, l’écume porte cette odeur du vitrier qui rémoule un jour nouveau. L’antique air vide.

Le buste de mots lierre posé sur le secrétaire se baigne dans l’encrier. Quelques mots de parfumeurs écrits à la min se laissent hâler. Ton coin garde-robe tire un peu la gueule, bah, la peau c’est ce qui t’habille le mieux . Un ton de garrigue en plus. Mais le lointain a rapproché le bateau en papier on peut voir sa misaine entrer dans l’anse, où le pas nié décline ses préférences. Quel enfant pourrais-je ôter de moi si je devais grandir, j’avoue que je m’y refuse, je désire finir ma vie comme je me suis efforcé de la commencer. Le caniveau a résister à la canicule

Niala-Loisobleu – 07/09/18

ENTRE TIEN EMOI 7


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ENTRE TIEN EMOI 7

 

Palissade vêtue de quelques séquences en déchirures soulevées, tant soit peu par l’évent, le terrain vague écluse en désordre des morceaux amputés, bouts de vert, de ficelle, file de fer, et chants d’elle, bouchons hétéroclites, qui n’ont pas sombré totalement hors du temps. Miss Remington, règne de beauté de nos années folles, cliquète comme un déjeuner d’insectes au resto du coeur. Entre ses dents serrées, des filets à la traine, récupèrent sans trier, des vieux clous rouillés pour revisser les roues dentelées de la bicyclette à Chronos. A contretemps, mais tout n’est qu’apparence, elle sonne midi à quatorze heures.Déréglage oxygène de l’air tété. A vue de nez il est passé dix heurts sous les selles des usagers du métropolitain. Le matin c’est eau de toilette-saucisson à l’ail, le soir c’est péremption-crevette-vents-d’anges-tardives. Entre un sommier défoncé, et un frigo terrassé de canicule, combien de mots couverts ont maquillé la réalité.

Quand le soleil est fauché, les plumes glanent dans les éteules le regain.

Pour un art poétique

Prenez un mot prenez en deux

faites les cuir’ comme des oeufs

prenez un petit bout de sens

puis un grand morceau d’innocence

faites chauffer à petit feu

au petit feu de la technique

versez la sauce énigmatique

saupoudrez de quelques étoiles

poivrez et mettez les voiles

Où voulez vous donc en venir ?

A écrire

Vraiment ? A écrire ?

Raymond Queneau

T’as d’beaux yeux disait Gabin à l’Arletty sur le canal St-Martin.

Pendant que sous eux, une maladie d’amour flottait en corps entre vivre ou mourir. Hésitant entre deux eaux.La vie c’est le bon côté pile et la garce en face.C’est pour ça que furent inventés les poètes. Avec leur boîte de peinture, leurs crayons de couleurs, ils jettent l’ancre au large des écueils. Navigateurs des hauts sommets, escaladeurs des abysses, ils nient que noir c’est noir. Césaire de la négritude traversent le pis, déchirent l’esclavage. Sans désarmer, opiniâtres chercheurs d’espoir. Lucidement naïfs. Sans passage obligé sous les drapeaux et les bannières, des marchands du temple, des si-vous-m’Elysées-j’vous-f’ré-la-cuisine-au-beurre demain on rase gratis, et alors c’est mieux qu’attendre l’Arlésienne tous les jours de la s’maine. Demain c’est l’àvenir.

Tiens ça m’fait penser que je vais aller derrière la palissade, sur mes fortifs, jouer à taper dans une vieille gamelle, une chute de rin-de-rin, un accroc disiaque, une panne de secteur, un nez boulis de show-d’pisse, une vérole de Roméo, une Juliette de rues tabaga t’soin t’soin, un coche marre qui trottine cahin-caha, une pro messe électorale aux seins sièges de Dame Pipi, les os usés, l’échine oiseuses, les allumeuses des ternités.

A l’eau mon Coeur, j’ai placé la Remington chez ma Tante, ouvre-moi t’apporte, que je me baigne d’encre terre et ciel, plume au chat peau. J’ai de l’amour plein mon verger, donne ton panier, nous sommes à flancs de montagne, du feu dans nos cheminées occitanes à se retendre le ventre de peau souple,

Niala-Loisobleu – 27 Juillet 2018

ENTRE TIEN EMOI 6


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ENTRE TIEN EMOI 6

-Où sommes-nous lui dit-il le revolver sur les bourses ?

-Au coin du bandit

-Ah le grand chemin ?

La carte sur la table a grand peine à se déplier, déjà pour sortir du tiroir ça pas été sans problèmes, avec cette chaleur de début de fin du monde tout est écrasé menu, absent comme un citoyen aux urnes, incapable de pas se laisser tondre. On est dans la merde à croire qu’en canicule on s’attrape pas la gastro-nomique platée du rade qui respecte rien de la réglementation en vigueur. Les restes recongelés, un truc de garde du corps qui défaille de la grosse bêtise comme y disent dans le chiotte présidentiel. A-ton idée aussi d’y loger la République, ce château de loir hiverne l’intérêt public.

Paradoxe total

Mais TOI dis-moi des choses qui me courront la côte de la hanche droite à la fesse gauche, sans oublier le centre à l’arête engagée, ce qui en surprendra plus d’un, pensez qu’à son âge il se dresse encore comme un jeunot à vouloir refaire le monde, un libertaire répond-il, je suis, c’est mieux qu’un libertin qui ne pense qu’à prendre du plaisir dans le stupre et factions extrêmistes.

La veille de cette journée soit avant le lent demain je m’étirais un coup hors du sable.

Le risque qu’on peut prendre en s’engageant ça pourrait expliquer la prudence de la plus grande majorité. Mais voilà ça m’a pris au début, de vouloir exister. J’tiens ça de Marthe, une grand-mère comme on en retrouvera nulle part. La chaleur fait fondre le peu de résistance qui demeurait. Je vais dans la chambre du fond, derrière la porte de l’indifférence, serre-moi de toute ta bouche, ton oxygène me tient pur. Je crierais fort quand tout va partir, faut que je pleure pour me défaire.

Niala-Loisobleu – 27 Juillet 2018

Aède, aède, aède…!


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Aède, aède, aède…!

Il est une de ses heures qui sont toujours disponibles pour une discussion sans intérêt. Qu’importe le jour, ça peut aussi bien être aujourd’hui qu’hier. La seule certitude est que ce sera jamais demain. Campons-en la scène avant que le clap crie: on tourne. Elle arrive, c’est un jardin public, il est assis c’est un banc à rien déjà condamné dans le passé. Avant même qu’ils se soient vus ils avaient décidés qu’ils se feraient passer pour et par. Excellent moyen pour laisser entendre une connaissance de toute pièce. L’intime dont on parle braguette ouverte et jupe troussée sur ficelle-string mérite qu’on en vérifie l’orthographe car il enferme sans nul doute une sacrée faute d’orthographe des mots « Je t’aime » . Les patinettes roulaient de vieux gosses à l’électricité, là où des chevaux-de-bois s’étaient mis en rond. D’une famille sans recul, modeste, pas fortunée, elle avait été mise au monde par une mère qui n’avait pu retenir le visage du père dans l’absence de lumière. Ainsi livrée, l’être humain devient chose. Quant au monsieur les fortifs de la zone lui avaient appris comment on désosse une voiture plus vite qu’un chacal déshabille un gnou qui a eu le malheur de s’y frôler. Il serait assez vite arrivé qu’on ait envie de partir avant que l’autre se réveille. Pour le moment l’un et l’autre avait un compte à régler avec ses glandes. Passé les préliminaires en quatrième vitesse, ils s’étaient arrachés le vestimentaire et satisfaits debout. Ce que l’alcool pris avant donnerait de marge pour un coup supplémentaire n’était qu’une question d’accueil du plumard parce qu’il faudrait passer à dormir. Lui ronflait déjà qu’elle avait un retard de plafond, Sans doute les deux gosses qu’elle avait mis la veille chez leur grand-mère, qui sans ménagement lui dansaient dans la pensée, avec leurs questions de savoir t’était avec qui ? Et les cartons des affaires de leur père qu’elle avait pas vidé. Un sale goût qui arrive plein la gorge. Elle renonce à dormir et file. L’autre doit rêver qu’il est supermâle. La radio en boucle d’un voisin, conte. Un mariage royal, ça donne un espoir à finir la semaine, après…faut pas avoir des idées pareilles. Apollon guérissait dans son temple, c’est beau comme là-bas, à BASSAE chez les grecs.

Aède, aède, aède…!

 

Niala-Loisobleu – 15 Mai 2018

 

La Brûlure de la Douleur


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La Brûlure de la Douleur

 

Pris dans le filet d’un brouillard  épais, l’intelligible douleur se débat entre le derrière du rideau et l’avant-scène. De quoi es-tu fait du fond ou tout pour la surface ?

De plus en plus loin, les moulins dont Qiuijote cherchaient la réponse, meulent le grain pour en tirer profit plus que pour essaimer l’Autre.

 

LA BRÛLURE DE LA DOULEUR

La douleur poursuit lancinante
L’ombre de la pensée
Qui enrage dans
Son réduit

Et la grisaille démultiplie
L’idée fixe
Dans un esprit
Lourd qui voudrait
Broyer
Le sens avancé et
Ouvert à la grâce
De l’inconnue

O Frères humains
Que faire de la douleur ?

Pourtant la lumière guette
A l’horizon qui attend
D’être franchi
Et … Revisité – il calfeutrerait
L’humble souffrance
Dans la force
De l’instant…

Belle liberté sans complaisance à soi
On t’accomplit dans la brûlure
D’un poème échappé
Des lourds et petits
Pas ferrés
Par la peur

Tu es clarté et clairvoyance
A la pointe des
Souliers de
Plomb
Qui se transforment en ailes
De Pégase envolées
Contre l’obscure
Trahison de
Tout amour
Par un Narcisse monstrueux

Sans un cri – sans une larme
Juste en déployant
L’énergie de la terre
Pour changer
Le monde
Voici le défi écrit
Sur les cendres incandescentes
Sous le pied

Et le temps macère en poussant
A l’explosion des gonds
Sur les portes
D’acier qui
Abritaient l’orgueil
D’une douleur
Élevée dans
L’ombre de
L’Humain

L’enfer ouvert au regard
Des sans-soucis
Pourrait dire
Leur « sainte émotion » !
Devant la barbarie
De la souffrance
Quand elle se dresse
Face aux monstres
De tout Pouvoir
Il leur faut un miroir
A ces âmes sensibles !

Et les mordants veulent croquer
Les plus beaux fruits de
La misère
Ils se mettent en meutes
Et chassent le reclus
Dans la douleur

« Sentir »  comme ressent
Ce pauvre terrassé de souffrance
Pour le connaître et s’en servir comme
Marche-pied
De sa puissance
Impuissante : cela traverse
Tout « Thénardier »
Qui se vend et
Vend la souffrance
De l’innocent
Aux monstres de richesse !

« Sentir » de l’extérieur de l’art
Ce que ressent le poète
Sans avoir à comprendre comment
Il a pu accoucher dans la douleur
Quelques vers « délicieux » :
Sans viser la renommée
Ni le divertissement
Mondain
C’est comme vouloir faire sortir
De la boue de la vulgate
Le plus beau message
D’Humanité

Ainsi pérorent les petits rois
De la rhétorique qui
S’extasie devant
Le « sensible » génie
Après l’avoir conspué de
Son vivant !

Et la mode de la douleur
N’en finit pas avec
L’apostasie
Du bonheur lequel est quand-même aussi
L’apanage de ceux
Qui s’emploient
A moduler le
Cri de la
Beauté

Ainsi le tourisme de l’art
Juge et encense des valeurs
Déjà ossifiées par
La richesse
Au sacré nom d’un bonheur sensible
Tant de chaînes qui empêchent
De passer outre
La loi du commun : celle qui
Asservit la pensée et
Nie la douleur
Réelle pour
Encenser les prostitués
De tout art

De l’intérieur du poème
S’arrachent ces
Chaînes
Et s’ouvrent les musiques
Et les visions
D’un monde
Toujours à
Refaire …

« La littérature à l’estomac »
Lâchant son souffle
Au rebours de
Toute digestion culturelle
Ouvre au plus profond
De la respiration
Qui bat – bat
Contre la mort
Et surmonte ainsi
La souffrance
Que pas un mot de censeur
Et d’évaluateur ne peut
Sentir comme
Source de
La beauté

 

Alain Minod

LA BOÎTE A L’ÊTRE 27


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 27

MON JARDIN D’ECRITURE 2

Il n’était je ne sais plus d’heure

Minuit, mi raisin, pleine figue

Debout retournée tu coulais

Chair sablier

Et sans regarder ailleurs je voyais là, ton intérieur

Dépouillé d’artifices

Calcaires en médiane d’une colline d’herbe haute

Glissades du pinceau trempé aux larmes d’une ondée

Humecté de la pâte d’un mamelon de pré-montagne

Frisson de la teinte fluide

Couleur broyée au pilon dans ton ventre mortier

Quel champ de tournesols

Quelle plaine pour nos greniers

Les doigts mélangés aux pigments tissent nos méandres

Sans s’attarder aux barrages du bois mort

Rejoindre la mer

Et voguer coquillage

Comme on va au bout de son rêve

Lèvres gonflées de la grand-voile d’un

« Je t’aime »

L’encre a gratté la palette

De sa plume en profilant la carène

Le tube s’est ouvert à remplir l’assiette du flot remontant

Appétit bleu sur canapé irisé

Les chênes-lièges nous ont jeté leurs bouées

Au moulin l’olive a graissé l’étrave

Je t’ai dit jetons nos peaux mortes, tu m’as donné le sein

Le tableau s’est offert à la marée

Plein de secrets descellés, de malles ouvertes au déroulement du rite

L’Art

Maître des Cérémonies

A conduit le thème aux mouvements des formes, par l’équilibre

de la

Lumière

Accueillant le concept

Immatérielle entreprise

Portée à quatre mains de l’autel du Nord

Au sud par la voix de sortie des brumes

Sous le règne de l’arbre, immémorial gardien

Autour duquel nous accomplissons le cérémonial

Pour nous entrer au coeur du mystère de la Beauté

Cette île d’Amour

Île est perdue

Eperdu

Et je ne saurais toujours pas plus d’heure qu’il est

Le tant de vivre à écrire les mots peints

Peut tromper son adresse au mauvais numéro d’un jour sans facteur

Qui a perdu le sommeil dans une bouteille à l’amer

Poste script t’Homme

D’une nuit où le charme s’est rompu d’un bout à l’autre d’une toile restée blanche

D’avoir subi

Une intrusion violant la bulle

Dans leurs flots

mes Noëls

traînent sur eux un froid

de

Styx

Niala-Loisobleu

29 Janvier 2014

Et si le brouillard est moins épais, c’est pas par la reconnaissance de leurs fautes que les autres y sont pour quelque chose. Qu’ils s’en mordent la langue et s’empoisonnent. Je tire l’échelle. Une nouvelle fois. Ce qui rampe ne s’envole que le temps de retomber en piqué. Hier la stupidité s’est promenée dans les rues sous la conduite responsable de parents grisés par une fierté déplacée.  Déguiser des innocents pour se faire reluire, c’est dégrader sa famille.. Le monde est devenu laid par une volonté provocatrice étrangère à la Nature. Abrités à l’intérieur des Récollets, les Gardiens de la Transe Mission, se sont montrés vigilants. D’une rencontre importante, une exposition prochaine va naître dans les mois à venir. C’est le Bon Jour pour aller faire dormir la cabane

Niala-Loisobleu – 1er Novembre 2017

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Aperception Internet où le perce-bouton de la personnalité inventée du zombie


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Aperception Internet où le perce-bouton de la personnalité inventée du zombie

Il chante, et bien plus, mon rossignol. Sans grincer de la serrure à tout ce qui me fait lanlaire à coups d’histoires à dormir debout à bord de croisières de  bateaux en papier.

Je lis le menti en clair, pourquoi vouloir m’endormir sous le champ opératoire d’une berceuse ? Anesthésiquement votre..

Bien sûr la vérité à ne plus savoir la dire spontanément, ça rend le retour en arrière sur le  mensonge ignoré d’usage. Elle a cette fausseté la vitrine des grands magasins à vouloir faire croire au Père Noël toute l’année. Déjà que d’y adhérer le 25 Décembre entre dans la complicité abusive. Alors disparaître pour reprendre une nouvelle fausse identité ce n’est que poursuivre dans le non-retour d’être.

Niala-Loisobleu – 10 Octobre 2017

 

 

Unite Originairement Synthétique de L’Aperception

 
 NON, je ne suis pas venu pour cela, si c’est ce qui te tourmente. Laisse donc. A quoi bon !

— pas de gestes — nous nous entendons mieux que tu ne penses. C’était pendant que tu dormais à poings fermés que cette idée m’était venue. L’expression est
curieuse — avoue-le

— mais j’ai prise au besoin ailleurs que dans les défauts du langage, et je ne saurais lire à livre ouvert dans de si curieux épanchements nocturnes. Il n’y a rien là
qui puisse te blesser.

Je me suis trouvé, puis perdu dans les couloirs de ce théâtre, comme une aiguille dans une botte de foin.

J’avais rencontré en rêve une femme fort belle. Tu ris déjà, tu crois ne pouvoir supporter une allégorie aussi bouffonne. Pourtant, je suis plus vieux que tu ne
penses.

Une figure de style t’accompagnait quand tu croyais te porter seule à d’aussi coupables extrémités.

J’ai ce pouvoir. Mais une minute encore, et ce sera trop tard. La chance d’une porte entrebâillée sur une lumière, qui claque au moment où on passe devant, très tard,
dans ces couloirs d’hôtel d’une ville inconnue où tout désoriente. Naturellement, on n’entre jamais.

J’ai eu le plaisir de saluer ce matin le poète Francis Jammes, au volant de son cylindre à vapeur.

Tu n’as pas de secrets pour moi. Les serrures que tu poses çà et là sur les portes douteuses par où tu t’évades ? Je suis revenu aussi des coups de tête et des
portes qui claquent sur un circuit monotone, comme des salles de musée où tout ramène à l’issue du fatigant manège de chevaux de bois. Non, je voulais parler seulement
de cette intonation singulière, un peu trop aiguë — tendue si tu veux — que tu prenais à ce week-end de juin dernier pour me raconter ton voyage dans un wagon
excessivement comble. Longtemps, cette note un peu flûtée fit pour moi baisser d’un degré l’intensité du jour, si parfois je la retrouvais dans ces méandres d’une
conversation à bâtons rompus où je l’avoue tu excelles. Des bêtises.

J’ai connu une maison où on servait les petits fours dans des feuilles de roses — mais tout de même, trop, c’est trop.

Ce sont de bien grands mots. Pourtant, en quittant Lucien à la sortie du théâtre, j’ai trouvé ta conduite singulière. La conversation, c’est vrai, s’était mal
engagée ! Lucien est un charmant garçon. A tous points de vue. Mais tu es nerveuse.

J’ai deux grands bœufs dans mon étable. Cela peut surprendre — mais après tout n’a que la valeur d’une simple constatation.

J’ai pensé à Hélène, en lisant le dernier roman de Mauriac. Tu ne trouves pas ? Tous ces chagrins ont beaucoup abrégé la vie de sa mère.

Nous faisons un brin de causette dans les couloirs du métro, quand je descends vider mon seau de toilette.

Non, rien. C’était une idée. Tu vas rire. Mais, comme les adolescents vont dans les musées bien tenus rêver de préférence sur la solution d’un humble problème
technique, — moi je me suis souvent surpris à contempler une statue de Jeanne d’Arc, ou la photographie d’une pêcheuse de crevettes, — captivé toujours au-delà
de toute mesure par l’image absorbante d’une femme prolongée par un étendard.

Julien Gracq

 

Les ongles en deuil


 Les ongles en deuil

 

Ses cernes noirs accrochés au-dessus des lunules ne percent pas l’aube de sa porte soudée par sa rouille originelle.

L’accessoire ne peut inventer une innocence de toute pièce. Marche à ton ombre bipolaire, ton long cortège d’illusions n’a rien à gratter.

Il y a des fleurs qui  ne couronnent qu’un mortuaire

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2017

 

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Lettre à l’Enlise


Lettre à l’Enlise

Torchée d’une poignée d’oyats, la mer pique pas son phare, elle est d’une seule présence. Qui s’est avérée ignorée au fil du temps : la délicatesse. Si les marées des soirs des copains d’abord, propres au sel, gardent les guitares à flot, c’est par la grâce d’un être exceptionnel. Il y en a. Mais  à bien y réfléchir, il sont là que pour servir d’éponge. On sait que la navigation terrestre n’a de chance de se faire qu’en survol du tas de merde. Ce qui aux yeux d’un non-croyant justifie qu’ils soient au ciel, il faut bien quelqu’un pour en démasquer l’imposture. Les marchands de rêves sont les guichetiers des cimetières. Ont-ils jamais su ce que c’était un rêve ? Je certifie que jamais ils n’en ont eu la première idée. C’est de l’illusion qu’ils vendent. Et qui peut aller très loin dans le sens du crime quand du snif ça vire aiguille. Mais qui aurait l’idée de changer un truc qui gagne ? Quitte à trépasser autant savoir pourquoi on s’arrête au croisement d’un brin d’herbe, d’un lapereau qui embaume la piste, d’une fleur sauvage qui n’a pas de lien avec le saint du jour, , d’un vent qui cherche à voir la culotte d’une parole de chanson en quête de note. Que de merveilles, surtout dans l’immense tout petit, règnent en ce monde d’aveugles qui font du macro avec l’insignifiance. Au point que peu dans la masse qui va me lire, pour pas dire personne, comprendra que si je n’étais pas optimiste je dénoncerais pas le gâchis qui en est fait. Je pleure comme le con intégral que je suis. J’ai mal au sensible, j’peux pas tricher avec l’amour. J’ai mal d’aimer et ça me tue la joie de vivre. Alors imagine le danger que je cours en permanence. Je suis sans l’avoir voulu et encore moins demandé, le centre d’hébergement des paumés. les migrants de l’errance, plus dangereux que les plus venimeux des rampants qui foulent l’ombre d’eux-mêmes. A la gauche et à la droite des politiques du chacun pour-soi, mon vélo ne s’appuie pas. Il a juste à voir  avec le mouvement des manivelles qui en soulevant la jupe jusqu’au ciel, cherche à trouver ce puits de vérité parmi les marigots qui y sont planqués, genre terrai-miné.

Niala-Loisobleu – 26Septembre 2017

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Du goût de la bouche


Du goût de la bouche

Avant la sortie du journal, le goût de la bouche dit le ton du jour au réveil. La langue est une mémoire sans failles. Rien qu’à la façon dont elle pèse, on sait qu’il ne faudra pas compter sur un traitement de faveur. Tant qu’elle parle pas à l’encan, elle reste entière. A poil d’une vérité toute mouillée, qui ne joue pas à la pucelle outragée. Ô que c’est bon la langue de vos…

Icelle qui se prend pas pour une autre, qui roule pour soie. Qui n’entre pas toujours en représentation, pire cabot, jouant de la pédale ouah-ouah. Ainsi le dédoublement pour cause d’excès de vitesse est pas dépassé. Faut dire que la manie de vouloir se prendre pour un autre, est le moyen le plus usité par ceux qui n’arrivent pas à devenir eux-mêmes. Pas en corps débarbouillé, que la plume d’un chapeau de paille vient offrir son prête-nom. Le couard se lance à l’escalade des sommets à l’aide de son fantasme d’homme-araignée. Biloute ouvre un sex-shop. Et que je t’en tartine à l’ombre portée…Bon jour Frankeinstein ! Liches-moi !

Niala-Loisobleu – 19 Août 2017

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