QUAND JE PEINS JAUNE C’EST BLEU


Georgi Matevosjan [Георгий Матевосян] 1948 - Armenian painter - Tutt'Art@ (5)

QUAND JE PEINS JAUNE C’EST BLEU

Eu égard à ces chapelles que seules la mousse suit assidument au milieu de l’abandon des moutons. Pierre sarcophage d’un autre idéal, contre laquelle pissent les animaux sauvages pour garder un atome du jour créatif. Je n’entends jamais la mer gémir au bas d’un suaire décloué. La douleur, ai-je appris aux étals de pyjamas à rayures, se cache du bruit des pleureuses. Parce qu’elle est à vif de tout l’intérieur, que c’en est un abattoir pire.

D’aucuns s’entretiennent aux maux sans grammaire. Dis-moi, sais-tu qu’au coeur de la brique le rose est absent ? Il ne se trouve qu’à l’extérieur. Demande à Nougaro, lui qui était de la ville rose, comme la brique, avait le feu dedans

Et je peins….

Qu’on dirait du Chagall

sans dire que c’est du vain sang

quelque chose d’un guère des étoiles

qui hurlent

« Laissez-moi mon rêve d’amour, j’en garde la couleur !… »

Nous avons nos pailles, pas dans l’oeil, sur nos chaises.Des chaumes parcourues pieds nus, les égratignures ont fait naître le bleu-orange, qu’on ne trouve qu’aux seuils des maisons jaunes. Elles ont le front dans les toiles, quelque soit le quartier de lune. Comme mon nez lorsqu’il rencontre le décan de ton entrecuisses. J’en hurle du ventre. De Grasse, qu’on me laisse te bouffer, rien que d’y penser, me voilà dans un autre monde qui est fait d’amour.

J’ai peint cette odeur là ces jours-ci

Pâteuse elle est.

Une écume d’équinoxe qui remonte des abysses un accord d’iodes à tracer les courants chauds. Peindre en fermant les volets du bruit des méchancetés, genre t’as rien dans la tête, moche que juste une grosse…plus l’haleine du dogue collée au taf, dis-donc ce que la couleur a de rabattu.

J’ai horreur.

On dirait de la toile de supermarché…

Un vasistas au centre d’une soupente, bien que l’eau soit dans le couloir, ça vous donne en vie non ? J’ai rien à offrir qui trébuche en sonnant, j’suis loin d’une éternité, plutôt chien, aussi en m’offrant c’est loin de faire l’article que je partagerais volontiers.

Niala-Loisobleu

8 Octobre 2015

Georgi Matevosjan [Георгий Матевосян] 1948 - Armenian painter - Tutt'Art@ (4)

MAINS TENANT 2


MAINS TENANT 2

Qu’est-ce à dire d’ici

sI non de rien  ?

Sinon quoi…

Toute

battante et sanguine

Le retour à l’androgyne

s’impose pour recouvrer l’usage des quatre membres noués

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L’âme soeur

est d’une seule tête

à doubler

en un choeur

d’un seul tronc de toutes essences

d’une m’aime racine persistante de feuilles murmurantes

A force de vouloir tes yeux comme regard à plonger

ta langue comme palais à gouter

tes seins aux miens tétonnés désevrés

ton ventre germe unique de mes semences sismiques

Plus d’erre aux marées basses

equinocci

automne-printemps

passant l’équateur

jours égaux aux nuits

pour se tremper les mollets dans l’identique aurore

jusqu’au ventre de la nuit

jardin des toiles

Ton humide à mon sec

mon araire à ta glèbe

cheveux tipi

au coeur de notre feu yourte

Hennissements des steppes sauvages

Niala-Loisobleu

23 Septembre 2015

BLEU NU


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BLEU NU

La rougeur du feuillage ?

Dans le tourment des pendules cette aile qui bat, roulement incessant. La mémoire vive cogne, chaque coin de seconde me l’a dessiné de son musc. Vent d’aisselles qui s’est enfui de la bretelle dans la chute du sein trop lourd. Les feuilles où la pilosité a trainé marquent.

Dans mon souvenir un geai me les chante bleu nuit.

Qu’en sait-elle ?

Entre l’idée de peindre, qu’on peut s’en faire simplement, l’atroce passe nécessairement en force dans la couleur de l’espoir fait amour.

C’est dur, tout est mou.

Des doigts le mental voudrait donner le ton. Tante Jeanne, oh, je fais pas de la cuisine. Surtout pas.

Non.

Refus d’un plus savoir, j’ai peur, ça tremble au mot peint,  Va falloir sortir de la tranchée.

Assaut.

Lacérer l’étoile de lin, le bleu se hissera.

Frissons, oui

vous avez dit frissons ?

Retroussé à nu.

Le trait défile, ondulant, une vapeur, Le glacis chauffe. Transparence, voilà casser l’opaque.

Monte avant que la marche se mette à descendre. Jamais le délire ne fut approché d’aussi près.

Mot juste, vite je l’arrime à la rampe. Le palier lance ses planches dans un geste de salut. Les longues branches des arbres bleus qui étaient privées de bras dressent la tête. Une amarre ? Oui. Avec sceau à l’accorde.

De la chair, peindre sensuel, pour l’orgasme bleu. Un mort me donne « Les couleurs du Temps », je m’abonne à ailes.

Emoi dans la gorge. Nous ne nous essuierons qu’aux chiffons de nos langues. De mes doigts elle est bleu nu d’un sein à l’autre éclaté, avec les yeux grands ouverts, le poison vomi.

Niala-Loisobleu

16 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=4hTpR-TYTZ0

A LA SANTE DU SERPENT


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A LA SANTE DU SERPENT

Je chante la chaleur à visage de nouveau-né, la chaleur désespéré.

II
Au tour du pain de rompre l’homme, d’être la beauté du point du jour.

III
Celui qui se fie au tournesol ne méditera pas dans la maison.
Toutes les pensées de l’amour deviendront ses pensées.

;
IV

Dans la boucle de l’hirondelle un orage s’informe, un jardin se construit.

V
Il y aura toujours une goutte d’eau pour durer plus que le soleil sans que l’ascendant du soleil soit ébranlé.

VI
Produis ce que la connaissance veut garder secret, la connaissance aux cent passages.

VII
Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.

VIII
Combien durera ce manque de l’homme mourant au centre de la création parce que la création l’a congédié ?

IX
Chaque maison était une saison.
La ville ainsi se répétait.
Tous les habitants ensemble ne connaissaient que l’hiver, malgré leur chair réchauffée, malgré le jour qui ne s’en allait pas.

X

Tu es dans ton essence constamment poète, constamment au zénith de ton amour, constamment avide de vérité et de justice.
C’est sans doute un mal nécessaire que tu ne puisses l’être assidûment dans ta conscience.

XI
Tu feras de l’âme qui n’existe pas un homme meilleur qu’elle.

XH

Regarde l’image téméraire où se baigne ton pays, ce plaisir qui t’a longtemps foi.

Xlll
Nombreux sont ceux qui attendent que l’écueil les soulève, que le but les franchisse, pour se définir.

XTV
Remercie celui qui ne prend pas souci de ton remords.
Tu es son égal.

XV
Les larmes méprisent leur confident.

XVI
Il reste une profondeur mesurable là où le sable subjugue la destinée.

XVII
Mon amour, peu importe que je sois né : tu deviens visible à la place où je disparais.

xvIII

Pouvoir marcher, sans tromper l’oiseau, du cœur de l’arbre à l’extase du fruit

XIX
Ce qui t’accueille à travers le plaisir n’est que la gratitude mercenaire du souvenir.
La présence que tu as choisie ne délivre pas d’adieu.

XX

Ne te courbe que pour aimer.
Si tu meurs, tu aimes encore.

XXI

Les ténèbres que tu t’infuseras sont régies par la luxure de ton ascendant solaire.

xxn

Néglige ceux aux yeux de qui l’homme passe pour n’être qu’une étape de la couleur sur le dos tourmenté de la terre.
Qu’ils dévident leur longue remontrance.
L’encre du tisonnier et la rougeur du nuage ne font qu’un.

XXIII

Il n’est pas digne du poète de mystifier l’agneau, d’investir sa laine.

XXIV
Si nous habitons un éclair, il est le cœur de l’étemel.

XXV
Yeux qui, croyant inventer le jour, avez éveillé le vent, que puis-je pour vous ?
Je suis l’oubli.

XXVT

La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s’attarde le moins au reflet de ses ponts.

Poésie, vie future à l’intérieur de l’homme requalifié.

XXVII

Une rose pour qu’il pleuve.
Au terme d’innombrables années, c’est ton souhait.

René Char

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https://www.youtube.com/watch?v=gq_-9XDwyJU

INSTANTANEITE


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INSTANTANEITE

A l’instant m’aime

où mes lèvres se pensaient à la fenêtre
j’entendis frapper l’étroit coup
le mur venait de tomber dans le trou du souffleur

Un bouquet d’iris couleur col vert, ne retenait plus

qu’à pène l’étal ouvert des oreilles des nénuphars.

De la musique baroque, farinait la jaquette du chef,

en tombant des pâtisseries du plafond, tout en jouant les trapézistes

de Spectacle.

Sautillant d’une bougie à l’autre du grand lustre de cristal,

l’allumeur de réverbères se dégourdissait les jambes.

L’amour venait d’être décadenassé du Pont des Arts.

Niala-Loisobleu

18 Août 2015

Language Barrier by Mrs-White on deviantArt

https://www.youtube.com/watch?v=mwX641oXm6c

DEVOIRS DE TRAVAIL


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DEVOIRS DE TRAVAIL

La valve collée aux intestins un poulpe peut-il respirer ? Bah qui poulpe peut beaucoup, dit d’un haussement des pôles le chargé de miction, vacataire ce Dimanche où les enfants sont sortis des châteaux de sable pour être rapatriés vers les succursales de l’Education Nationale, rechappées à neuf à part les qu’on reçu des minos vacanciers en mal d’occupations…

Tôt ce matin, des grains de sable prêts à conter le tant, avaient mis le nez dehors. Pas dupes, voilà deux mois qu’ils avaient choisis de jeûner de soleil pour pas se faire asphyxier  sous les serviettes de bains.

Le fond de l’oeil frais comme le poisson qui n’a pas été privé d’eau, l’océan étalait ses frissons à perte de vue. Même les fumées des bateaux à voiles ne sentaient pas la peau d’échappement. Quand on se trempe naturiste on fait pas pipi dans sa culotte Et les seins de marris de l »amer y z’ont rien à cirer des vierges noires. Pareil pour le gitan de show-bizz et ses flamencos  de fête foraine. La cuisse dans le chignon de l’arlésienne qu’on voit qu’elle. Ouf, comme on contraire des constructeurs du mur de l’Atlantique se collant la jumelle à la meurtrière du débarquement, on peut crier: « Ils partent ! ».

Des nuages épars pendus à quelques yeuses, je vois la paille de l’herbe à canicule se refaire les joues vertes. Les champs d’oiseaux redressent l’éteule. Là où le ru pousse le grillage ne clôture pas l’estuaire.

La tuile descend lentement la pente des toits.

Au bout du coin où un moulin reste solide sur ses ailes, un gros figuier étend les bras. Violet de fruits juteux qui se mangent avec les doigts, dents dedans pour que le suc explose de sa pulpe de chair. On a une idée plus précise sur le vin nouveau, la vendange s’est mise en route.

A midi c’est plancha

Thon abricots nectarines…

Niala-Loisobleu

16 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=3glhy2V12ME

DE CE NOIR QUI ENCRE DE BLEU SANS FRAPPER


DE NOIR QUI ENCRE DE BLEU SANS FRAPPER

Arcades sourcilières en perspective les réverbères font le pont

Halos auréolés

Tonsure de lumière de la blonde sur la brume

Les enfants sortis du sommeil font la ronde autour du rêve sur les numéros de marelle

Quelques cordes ont décamisolé les fous des murs capitonnés

Hauts-bois la clairière hisse l’ascenseur des soupirs

Nous avons entés nos âmes androgynes en un seul corps d’état

Quelque chose de Tennessee dans la ruelle me dit

Sur les tarmaks les rivières décollent la piste enfouie

Remonte le souffle originel

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Les bisons

Les chevaux sauvages

Les mains propres

Sortent de la cendre froide

Au dedans de ta fourrure

Je rupestre

Les parois de ta caverne de mes jets d’encre

Enfourchée

Tu ouvres la vibration cosmique du sillon

Je s’aime

De ce noir qui encre de bleu sans frapper…

Niala-Loisobleu

15 Août 2015

https://www.youtube.com/watch?v=w9g9jvZ4yJ0

L’ECHARPE D’HALEINE


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L’ECHARPE D’HALEINE

Des angles des clavicules au mas central,  tapi derrière la craie du tableau, un léger voile diluait la vision.

Ce frisson permanent que l’olivier pose du bout de ses feuilles d’écriture

a toujours temporisé les velléités naturelles de la frustration.

Sentir rentrer le train alors que le pore transe pire que jamais, donne plus d’hydres à l’avion que de safran à la quille.

La confusion à son comble inverse alors les directions aux carrefours.

Déroute.

Panique.

Au marais marin, des percutions aux tempes chassent le glissement soyeux des violes entre les cuisses.

De son refrain battant l’immensité, la marée calmement repris le dessus.

L’expérience séculaire aidant.

Quand on a vécu le big-bang, on a le sang-froid en alerte.

Ulysse a déjà fait le coup des sirènes, inutile de rejouer la scène à Pénélope.

Au lieu de délires paranoïaques, il y a tant d’équilibre à sortir du balancier de l’imaginaire de la réalité.

Une odyssée n’aurait rien de Pie si elle se faisait dévorer par le tigre.

Du calme.

Les vents pervers enrouent de leurs rumeurs.

Tiens prends ma bise, bien sûr que je t’aime,

enfin tu vas pas me prendre pour une éolienne

qui fout le paysage dans la laideur d’une erreur fondamentale ?

Contre le risque de refroidissement l’écharpe de ton haleine me préserve tout simplement…

Niala-Loisobleu

14 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=03juO5oS2gg

CARNET DE ROUTE


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CARNET DE ROUTE

Traits d’un frisson

les plus hautes herbes penchent la tête

rien naît en corps

art rivé

Là-bas

bien plus loin que l’attente

qui pourrait dire ?

A moins que rien ne soit

Aux ardoises les craies qui ne serviraient à quoi

ça n’existe pas

Quelques calcaires ondulant aux courbes des fûts

n’ont pas déshabillé les strates du goût des crûs

le sarment d’amour racine tous jours

Dehors la rivière volage

Le chais tient l’effusion au frais

prêt a embuer le coeur du vert

à pieds

pour la tracée du nouveau chemin

Un bourgeon hiverne sous sa calotte

dans l’humus sphère australe

A la fourche le nid perle

Un peintre tout vêtu de bleu outremer

s’apprête à faire monter la mer

à tire d’Elle

pinceau à l’encrier d’un autre continent prêt à écrire

en lettres vacantes

pour tirer les pieux émergents du ponton

avec l’archet du violon

Plus qu’un jour

la vie reste éternelle

L’ô séant bande encore

allons glaner les chaises de la paille des étaules

Niala-Loisobleu

9 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=ja6jpltecfA

LE MURMURE DES VENTS


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LE MURMURE DES VENTS

Drôle, l’eau retenait derrière les coulées de sa transparence le secret de ses silences, comme ça, mine de rien, en se foutant des hameçons qui tortillaient leurs vers en s’imaginant qu’elle allait se laisser prendre.

Nous vivons au sec de nos humidités, pensai-je en fermant les yeux pour garder l’eau de ses yeux.

Sans doute souffrais-je de cette chaleur qui brûle les herbes folles au vert tendre.

Le désir de peindre me tire par l’oreille.

Oui, ma Muse

Je t’entends de là-bas où le temps te pèse. out comme il m’esquinte la patience.

Un bruit de crinière qui s’apprête à courir, c’est un balcon sur l’écume à venir.

Je suis en chemin.

Et c’est le bon, le pigment que le vent porte m’en prévient.

Reste assise sur la grosse pierre qui marque le domaine de la bonne ombre.

J’arrive pour me plonger nu dans ton abreuvoir.

Chut …

La lumière est proche.

Te voici qui flore plus fauve qu’un musc lâché…

Niala-Loisobleu

5 Août 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=4ChKIS6PX80