BRIBES (XIII)


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BRIBES (XIII)

Ne pas sphère détourner

comme un avion pris en otage

Oiseaux passagers de l’Univers nous sommes pour terre des promesses qui n’engagent même plus ceux qui les formulent

Prétendre nourrir au synthétique bio

c’est gésir un plan de destruction massive

Et en roue de secours nous prendre pour une banane

c’est féconder  s’terril en posant  sur l’étiquette « Vignes du Saigneur »

Quand je t’ai choisi c’est assuré que t’étais sang pour sang nature et pas implant gouvernemental qui rapporte qu’aux copains qu’on paye grassement pour que rien ne change

Ainsi soit-île …

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2018

FORET SECONDE


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FORET SECONDE

 

S’il restait un fleuve à franchir, si la solitude du passeur n’était pas tout à fait la folie, si le brusque étranglement de ma voix ne trahissait que le vertige de ma force
à son midi, tu ne m’échapperais plus, sanglier, en te multipliant, beauté, en éclatant de rire, et la forêt qui suffoque à te détenir sans partage,
accueillerait le vent, s’ouvrirait à la rude et radieuse alchimie de la seconde nuit. Car la fiente des rossignols ne jalonne encore qu’un layon où l’enfer peut surgir, mais c’est le
bon chemin. Et c’est le seul indice qui fortifie l’attente de nos lèvres. Scintillante invective et dôme de fraîcheur, le feu qui vient à vous n’est plus
désespéré.

Jacques Dupin

Euréka dit l’inspecteur c’est bien sûr…

Alors comme la ligne droite qui se met à serpenter parce que le bout langé viennoise, mon beau danube bleu, sissi tais ta gueule qu’on s’en tende. Je sens bien qu’on nous force, le moindre de tes mouvements est dans les petites roues de ma biologique montre bracelet ma Muse et souvent avant même que tu fasses remontoir. J’ai des orties qui brûlent dans une lignée d’oeil qui voulait pas voir ça, oui mais. Mets ta peau au pouls de mon cheval, point d’art, le voici qui déjà franchit la rivière, là où des écopes malveillantes voulaient puiser l’eau. On fait des êtres supérieurs bardés de savoir et manquant totalement de faire. L’ironie est là toujours prête à t’attraper par la barbichette.

Soit…

Alors du poil en premier, je ne garderai que l’intime senteur automnale en forêt seconde…

 

Niala-Loisobleu – 07/10/18

 

 

 

PARTI PRIS


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PARTI PRIS

 

Un des angles du cercle dans la main gauche je vais droit au centre, un de ces sourires équestres sur les sautillements de ta poitrine, celui qu’elle affiche régulièrement quand je la mène au pré qui borde la mer entre les Amériques et le soleil de minuit. Petit trop matinal de décrassage avant une scène de charge indienne, chariots en ronds à travers les flèches des cathédrales d’un monde païen. Moment compensatoire indispensable aux aléas en embuscade. L’indien qu’allume mieux qu’un onusien envoyé auprès d’une tribu d’extrémistes au Moyen-Orient. La rivière serpente entre les herbes, je m’allonge, une longue-vue en batterie, au bout une caravane défile. Tapis dans l’ombre je marchande le prix d’un souk avançant le prix fort au soleil. A chameau la file de taxis fait du stop. Comme tes yeux brillent d’ambre, je devine les mois grain après grain en chapelet. Vertébrale tu ondules en démasquant les petits cris d’un lâché de ballons, quelles couleurs, nous ne touchons plus terre. Au ras du tee-shirt le début du chant de lin donne du bleu en larges gestes de semeur, on entend la charpente tendre son grenier comme d’autres se retiennent de donner. Il y a des enfants en jeu de cubes dans un circuit de loi renversé par les quilles des bateaux à marée basse. Estran sous des touffes de varech, le sable déride sous les cris des rieuses. On marche derrière la grande dune qu’on monte pour se laisser passer entre les balises d’un sculpteur visionnaire qui a planté des astéries en lumière. La poudre de riz du bluff ne réussit pas à débrunir tes lèvres de la marque laissée par mes vrais baisers. Rien n’est impossible, seulement pour faire la place faut vider l’armoire…

Niala-Loisobleu – 24/09/18

 

 

ENTRE TIEN EMOI 14


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ENTRE TIEN EMOI 14

Rassemblés par un vent à la ramasse les joueurs couplent sans atout. Une porte grince les yeux sortis sur  le tapis vers mis en main dans l’ombre de la partie. La mise vient d’annoncer un choix pour ailleurs. L’enjeu fait lever les yeux sur la carte où passe le chemin le plus direct à prendre. A quel âge ne commencerai-je pas à devenir celui qui compte les billes ? Dans qui paire gagne le climat espère plus sur ce qui manque que sur ce qui est en place, le trottoir antichambre pour mettre les eaux-sales au caniveau. Il y a au bout de la corde une encre qui lève les maux. Si l’huis sied, constate et abats sans jouer. Le grand Jacques en partant rejoindre le choix de Gauguin fit autre que miser, il resta fidèle à cet amour pour lequel seul la vie compte.

Niala-Loisobleu – 08/08/18

BOUCHE A FEU


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BOUCHE A FEU

C’est dans le trou le manque

l’évidement évidemment

l’évidement intérieur qui creuse

jusqu’au boulet tassé contre la poudre,

c’est dans le vide cerclé de bronze

là où devrait naître un grand poème

un grand tonnerre parodique

une grande fureur tragique

bien à l’étiage de ce temps-ci

où des orgues de neuve barbarie

imposent d’ignobles requiems,

c’est dans le doute ne pas s’abstenir

et dans la bouffonnerie oser

porter la voix en altitude

la voix au-dessus de soi

comme un tourment qui danse,

c’est dans l’absence marquer le cri

au fer rouge la souffrance

avec ses yeux plus grands que le ventre

et qui sait qu’il n’est que de tourner le dos

pour boire un peu de sang,

c’est à bout de silence la blessure

presqu’une honte à dire ce qui est

dans les mots et le monde dans le moule des morts la morale des marchands,

l’âme se trouve à la bouche des canons

au passage du feu du souffle du plomb

au centre noir d’une atroce lumière

pareille à un désir muré

à une plainte sous l’aubier

à une source dévoyée

pareille à l’ombre d’un soleil en songe

que nul ne verra plus,

qui parle en ton nom se trahit

qui semble t’ignorer se renie doublement

rien n’est aussi cruel que ta parure ton leurre

cet appelant à faire hurler ou rire

brûler aimer mordre ou maudire

cet appelant sans miroir ni crécelle

cet appelant sans appel

mais qui jette sous le ciel

une brèche violente,

tu n’es qu’un principe de néant

un évident vertige à la conquête

du dedans des résonances sous la peau

de ce qui vibre et ment

de ce qui vit en aimant

de ce qui se lève dans le corps de la nuit

tu es ce qui ne peut être

tu es ce que l’on dément

tu es tout ce que l’on nie,

île d’insomnie sur le vieil océan marque de sable contre les dents

il est de l’autre côté de la page

un murmure à bout de sens

un arc-en-ciel en terre en friche

une errance de couleurs et de sons

une incantation d’espace un diapason,

l’éclair là qui dure et signe

la chute de reins de l’horizon

la courbe nue du violoncelle

une passion où se déchaîne

si fragile le regard nécessaire

la part sensible de l’invisible,

on peut chemin sans croix

gravir par défi et plaisir

les pentes du mont
Sabir

tout en armant son pas

à mille lieues de
Ta’izz

ne plus parler langue raisonnable

ne plus mâcher écorce de syllabes

et cracher tout son qat

et taire toute voix

entendre par-devers soi la houle

d’outre-Levant le secret

d’avancer sans croire à l’outre-cime

et marcher à l’oreille comme d’autres à l’énergie,

lutte résonne comme l’accord

des deux mains du potier

du pêcheur qui brise une tortue marine

ou de cette manière de lutin

que les ongles caressent et qui n’est

que de corde et de bois,

lutin des déserts

des cours des quatre coins du monde

lutin exilé nomade ou troubadour

pandura sitar dombra guitare de lune

pi’pa biwa guembri vihuela damano

métamorphose du même dans toutes ses solitudes

c’est deux planches entre les bras

qui mettent on ne sait quoi en feu

on ne sait quoi en fuite

et de l’aube sur les fleurs du temps,

c’est sous le pied droit du chevalet

moins que rien entre table et fond

une écharde de fibre grossière un écart

où s’éveille un état d’effraction

une âme qui n’a pas

de place réservée d’ancrage ni d’attache

et qu’un outil d’acier très fin deux fois courbé

guide à l’aveuglette n’écoutant que le son

l’écho plus que parfait d’un nom

de falaise hantée,

luth violon alto contrebasse

peu de sapin d’érable d’ébène

peu de boyau peu de crin

et tant de sortilèges

d’alcools espérés de visages de tempêtes

de fortunes perdues d’ascèses retrouvées

d’éclats de chair de nerf de songe

de partage insensé et d’accueil prodigue

quelque chose qui tient d’une folle majesté

quelque chose qui vient plus magicien que nous

ouvrir avec un double un accès au sublime,

en ré mineur le quatuor

dit plus qu’il n’est possible

comme si se pouvait vivre une vie négative

un amour trop fort qui couvrirait la mort

d’alertes et d’alarmes et de baisers sans âge,

la jeune fille est passée qui passe

dans l’absolu des choses —

pas de salut quand elle vient

ni d’adieu quand elle part

car elle ne vient jamais quand elle vient

car elle ne part jamais quand elle part –

la jeune fille est passée qui passe

dans l’absolu des corps

l’absolu périssable l’harmonie et encore

à renaître à renaître.

 

André Velter

CYCLE


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CYCLE

 

Passe le sec d’une absence, les jambes se trempent à la goulée

le plancher craque pour se tapir au frais

La fleur rase

Fantasme

Durant un long moment ma pensée sortie du sable collait à ta peau

Devant les cris du caillou le mur n’a pu résister à la volonté du vélo d’y retourner…

 

Niala-Loisobleu – 29/07/18

ENVOL AU VENT


ENVOL AU VENT

L’air d’une sellette

assise le lien de ton rang

Tes pieds sont en accord avec la marche

L’atmosphère ventile

les nues entrent dans l’intégral

l’aile de l’oiseau plane

les mots tueurs avalent leurs échappements

N’aies crainte

monte à sortir de ton bas bord.

Niala-Loisobleu – 20 Juin 2017

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