BRIBES (III)


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BRIBES (III)

A peine qu’on l’ait vu se poser

que déjà

NOUS

jetait son premier cri

en corps attaché au ventre écartelé aux étriers du chevalet

Perte en eaux pour gagner en récoltes

le village-flottant pousse de la tête sur pilotis

Une bribe mise à une autre

Pablo

NOUS

laissera du ventre

la patte  à modeler l’anatomie du chemin

à notre nouvelle image…

Niala-Loisobleu – 22/11/18

SI LE SOLEIL TARDE


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SI LE SOLEIL TARDE

 

Les jours fainéantent, grosse paresse du matin, le froid pousse à rester enfoncé sous la couette. Et puis cette prolongation ramène au vif du sujet. L’instant favorable pour un choix qui nous appartient. Un coin de campagne en pleine ville, le quai d’un départ attendu, pourquoi pas, ce qu’il faut c’est le vivre pas le laisser pour compte au panier à linge sale.

Dans ton visage d’enfant le réveil de tes yeux sur des couleurs n’appartenant qu’à toi c’est une vacance, un coin de cabane juché dans le gros arbre qui ferme le pré aux vaches, un bruit de gamelle d’un jeu à la mariée, ton minois si pur, les mèches de cheveux longs qui s’échappent du rideau que tu fais tenir sur ton crane avec une branche d’églantine, comme tu es belle , le cheval frémit de grelots d’attelage de fête, te voilà vivante dans le rêve de ta .

Le jour se lève comme un spectacle de parade. mené par l’arrière-grand-mère, qu’un jeu de lumière sort de l’ombre des pierres debout du cimetière. où se penche le clocher de cette vieille église où l’on vient pas se mettre à genoux. Si le soleil tarde c’est pas une raison d’arrêter de faire le ménage de son ciel….

Niala-Loisobleu – 24 Octobre 2018

UNE PETITE-FILLE A V L’Ô


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UNE PETITE-FILLE A V L’Ô

Les derniers lambeaux de brume emportés par le flot sanguin d’un cycle immémorial suivent les berges, sans troubler le glissement du silence. Par couple les canard passent sans se laisser tenter par les bateleurs d’une promo sur le poulet. A quelques pas du fleuve l’hypermarché vante à consommer. Avant de redémarrer ta voix s’étend plus que le porte-bagage ma Petite-Fille. Comme pour me laisser peigner ton innocence de mes doigts. Les miens propres.. In Temporalibus, au réveil d’un tunnel, tu as mis ton regard hors de stationnement interdit, la première intention qui t’a mise au monde fut de te débarrasser de l’accusation d’avoir pas été un garçon. Chacun doit pouvoir se reconnaître comme unique et non comme un choix parental. Jouer comme on mise sur enfant ne mérite que du mépris. Ma Petite-Fille et l’amour une histoire pleine de trous d’un livre qui saute entre la réalité et le roman de friction.

-Je m’arrache disais-tu à ta balançoire tout en te trompant sans le vouloir.

J’ai peint dans une vie pleine de dévastations, j’ai peint à la truelle et au fil à plomb, en faisant levier sur la pierre à Sisyphe, pas voleur, pas coupable, juste observateur de justice et gardien de l’amour. Imagine un monde terre qui ne parle que de vers où aller ? Je sais ça doit pas être facile à faire, vu l’incompréhension que ça traîne derrière. Abuser comme une Laetitia qui monopolise tous les médias pour faire du fric avec un faux-sentiment ça c’est reconnu. Bof, j’me sens pas bien en vil, la campagne c’est meuh y’heur.

D’un trait de plume tu es poésie écrite sous ta dictée de pensée.

Rien ne peut dire à grand renfort de points d’exclamation le frisson qui naît à te lire, c’est si charnel que tu deviens l’ensemble de la cellule à faire l’âme.

Une musique aux cordes de hauts-bois, qui fifre et cloue au son du triangle.

Amour sentiment qui conduit à regarder l’autre en jouir. Plus qu’une conquête c’est le pouvoir absolu de mettre au monde..

Sous le gonflement des veines le tronc descend sa racine plus profond, la vie est une pompe à écoper. La douleur se fait plus visible quand on est remué d’une manifestation de la beauté. Cheval fou je cours sans harnais te prendre à cru.

Niala-Loisobleu – 20/10/18

INDELEBILE MARELLE


1203- enfants jouant ˆ la marelle dans la rue - Paris 1960
©Photo BLONCOURT

INDELEBILE MARELLE

Trépidantes ondulations

Un plat manifeste

Des fumets sont aux barreaux de l’échelle

Coq au vain

Le saucier d’Hermès a pas de grumeaux dans les nouvelles

J’aime l’an vert

Ce dos qui boude le décor

Effronté

Comme un parvis qui demande l’entrée

A la porte basse de l’humilité

Un mauvais élève fait l’Anne aux tours

Il ne veut plus qu’on lui parle de la petite graine

Des choux des roses des papas dans la maman

L’odeur de ton pied Amour colle à mon godillot

T’es en corps en lacet aux semelles du vent

Du talon au petit orteil tu me marques la voix mieux qu’un bide ben d’homme

J’entends de loin résonner

ton coeur de Terre au Ciel

A l’indélébile craie de marelle de ton nom

Niala-Loisobleu – 30/09/18

Quelqu’un habite en nous


Oh me... 2 by EvilynGuedes

Quelqu’un habite en nous

J’ai souffrance beaucoup,
de cœur surtout

J’ai, très fort en moi, angoisse d’être vivant : j’ai !
Chaque naissance m’est blessure et la mienne gît
Quelque part dans une ville qui m’apparaît plus morte
Encore que ce rat dans l’égout – lui, au moins, n’atten-
Dant rien, n’espérant rien – (mais en est-on sûr ?) de
La vie. J’en ai grand angoisse ! J’ai angoisse de cela.
Il reste l’écriture, avec ses soldats, ses hommes par Mil-
Liers : nos libérateurs. Ressentent-ils eux-mêmes cet-
Te sensation ? Être des mots, blessés, qu’angoisse ronge !

Quelqu’un habite en nous

quelqu’un se tient de nuit
lourdement obscur
debout
contre un portail
en fait on ne distingue que ses chaussures noires, leurs lacets élégants
quelqu’un
ça ! il ne laisse rien voir de lui, il
observe les passants, les habitués de la brasserie, il
se tient comme un cavalier de l’Apocalypse dont le cheval se serait noyé Il et Il
ô monde malade, mon devoir est de rendre compte de l’état de tes nerfs
de ta pensée et de certains de tes actes
cet autre moi-même, debout, adossé à la porte, s’y emploie
mais qui est-il vraiment ? double – jumeau − faussaire en identité scabreuse −
on ne voit que ses chaussures, leurs larges lacets élégants, cela suffit
cela suffit pour l’instant
quelqu’un habite en nous : amoureux de la vie, stratège de la mort
qui chaque nuit
dirige la Baraque des rêves ouverte toute l’année
ô monde si peu scrupuleux, si versatile, si mal ouvert aux autres
accepte aussi mon étrange présence
pour en finir jamais

Franck Venaille, Ça, Mercure de France, 2009, pp. 41 et 46

J’ai mâché le papier des mots pour te tenir à l’encre


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J’ai mâché le papier des mots pour te tenir à l’encre

 

 

J’ai ouvert l’atelier, le merle m’a souri, l’hortensia lourd de pluie bien que le front-bas ne m’a pas paru déprimé, son rose couleur d’autre vision des choses, toujours alerte est prêt à faire face au vent. Le lointain en se rapprochant m’a si bien collé aux yeux que par le trou qu’il m’offre je peux me faufiler sous la manche par son tunnel de vers.

Bientôt la St-Jean le feu se prépare à faire sauter les amoureux.

D’un geste inné j’ai passé ma main au plafond, les mèches ne sont pas raidies, elles ont repris au refrain et toutes en choeur la chanson des doigts qui peignent du bleu sur toutes sortes de gris.

Les mots me viennent, regarde ils sont au bas des marches, montant l’escalier qui mène au soleil.

J’ai mâché le papier des mots pour te tenir à l’encre…

 

Niala-Loisobleu – 16/06/18

 

Telle douce


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Telle douce

 

Telle douce et entêtante
à ma porte
l’odeur des brebis

les mêmes mots vont
et reviennent, les autres
jamais, les mêmes

s’aiguisent se lacent
et se perdent

dans la chair
dans le drap du mort

j’étais dieu dans le feuillage

la membrure de l’ordinateur
a mis le phallus en croix

tel le souffle expulsé
du mufle d’un taurillon

tel l’effritement du pied
dans la mer.

Jacques Dupin

L’entêtement stupide d’un ciel qui a cassé le gouvernail échoue au soleil

les remugles d’un ratage ondulent sur le début des parties claires

pourtant rien ne montre d’à priori dans l’idée que ton sabot résonne

je suis rentré à ton école en auditeur-libre, tu peux allumer les chansons d’amour aux élèves je ne parlerai que d’oreilles

les cornes laissent que le temps de pose aux pages, nous nous sommes pas finis de lire…

Niala-Loisobleu – 13/06/18

 

Au gué de l’Autre


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Au gué de l’Autre

Le premier frisson de l’éveil s’étant blotti par-dessus les longues distances, chacun à sa place tout au chaud, est entré de son jardin secret. On, qui quoi qu’il soit, nous toi émoi. Chat rade, bercé par le flot de la lune mise à l’ô. Mon premier pas concerné, mon second tout entier et mon troisième oeil pour oeil est en mille. Tu n’as pas eu le froid des jours derniers, ton pouls est resté calme en sa braise. Sans doute sont-ils supérieurs en nombre les drames engendrés par le noir.Comment s’y prendre plus mal que de choisir l’hérésie de refaire le monde. Le bonheur est à faire de soi pour pouvoir aux autres quelque chose de simple, griffonné sur un cahier de brouillons, de cette automatique écriture qui ne se relit que par le destinataire. Et où la nécessité du décret à paraître est inconnue. J’aime l’inconnu. Tout comme Toi quand tu te blottis contre ma poitrine. Ce sont les départs en voyage partout où vit une certaine folie. L’amour abolit et oppose. A quoi me servirait de savoir tout sur comment ça marche le téléphone, si ce n’est que pendant cette inutile connaissance j’aurais perdu l’essentiel de la tienne toute en moi par l’oreille, mieux que si face à face on ne trouvait pas quoi se dire. Tant de lits sont à deux seuls côte à côte.

Si le boulier de nos jours attend une de nos mains allons d’abord voir le chant de l’oiseau, les paroles qu’il aura mises à l’arbre seront de la bonne encre. Tricoter avec les aiguilles du sablier c’est trop proche des mailles qui sautent pour que l’envie de te conditionner me prenne. Non laisse-toi nue à mes touchers, il me faut ton haleine. Enfant de mes traversées.

Niala-Loisobleu

30 Mars 2018