ENTRE TIEN EMOI 17


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ENTRE TIEN EMOI 17

A peine traversé

le 16 porte ses îles et son pertuis en 17

la quiche note, suis originaire de Lorraine

sel qui fleure en sabots

Quelques échassiers

des rescapées batraciennes

un lézard plus leste qu’un coup de Jarnac

retrouvent les anses de sortie touristique

Et encore un reste de canicule

au bateau-phare de cette Nouvelle-Lune

qui se prépare

dans la chaleur d’une éclade de moule

Reste nue

à maintes portées

mon carreau atout de fleur de celle

valet bien de se passer d’une messe…

Niala-Loisobleu – 17 Août 2018

Femmes sur la Plage – Constellation


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 Femmes sur la Plage – Constellation

Le sable dit au liège : «

Comme le lit de sa plus belle nuit je moule ses formes qui suspendent en leur centre la navette de la mer.
Je la flatte comme un chat, à la démembrer vers tous ses pôles.
Je la tourne vers l’ambre, d’où fusent en tous sens les
Broadways électriques.
Je la prends comme la balle au bond, je l’étends sur un fil. j’évapore jusqu’à la dernière bulle ses lingeries et, de ses membres jetés, je lui fais faire la roue de la
seule ivresse d’être. »
Et le liège dit au sable : «
Je suis la palette de son grain, je creuse le même vertige à la caresse.
Je l’abîme et je la sublime, ainsi les yeux mi-clos jusqu’à l’effigie de la déité immémoriale au long du sillage des pierres levées et je vaux ce que pour son
amant, la première fois qu’elle s’abandonne, elle pèse dans ses bras. »

 André Breton
Illustration Peinture sans titre – Dora Maar
https://www.youtube.com/watch?v=1B2tXs8CX6I
Comme un pirate revenu à Vallières, le jour me débarque en arrière. C’est matin à St-Georges-de-Didonne, avant que je ne fasse le Ras d’Eau à Royan avec le précieux coquillage emporté dans mes bagages. Beaucoup sont depuis morts, mais ceux qui s’en souviennent  n’ont pas quitté la chaleur du sable. Il est un autre jour, Paris s’endort, les boulangers vont pouvoir dormir. Du sable de l’estuaire un piano monte.  Les chemins de vélo sont toujours une surprise. Breton a tout dit: « Je suis la palette de mon grain ». Mon Coeur ta caresse est à marée. D’écume j’ai les yeux qui Boris de tes seins. Un voleur de bicyclette en 2017 a perturbé la voix de la cabane, mais ce n’est pas en dissimulant le phare que l’on éteint la lumière. Les allumettes traversent ma mémoire intacte. Pas besoin de les gratter. Ce que l’on aime se mène à terme. C’est vrai que je suis de ces hommes capables d’enfanter. Mon bonheur est d’être jardinier.
Niala-Loisobleu – 7 Janvier 2018
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EN PASSANT PAR L’EGUILLE


 

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EN PASSANT PAR L’EGUILLE

Dans quel sens est le ciel

s’il pleut

je me fous du côté

Celui où je suis

fait

le tour de Toi

Comme un bateau

de tribord à bâbord

de la proue à la poupe

En l’absence de bruit

je n’ai entendu battre

que ta clairière

La cabane est à quai

l’odeur huître

dans sa coquille

 

Niala-Loisobleu – 5 Novembre 2017

L’OCEAN RESTE A MAREE A LA CABANE


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L’OCEAN

RESTE A MAREE A LA CABANE

Les rênes du vent tenus par les nuages tiendront l’embarcation là où te rejoindre.; du moins l’espérai-je dans le doute que la confusion des éléments sème sur la route.Quel jour était t-il ? Lancinante question qui revient à toutes les aurores. Matin d’un début de soirée, quand le pas lourd d’une matinée cherche à se défaire de l’angélus ? Ou bien, juste avant le petit déjeuner, quand les yeux se soulèvent du caramel des pièges à mouches ?

D’aucuns m’ont dit « Nenni l’ami, tu te goures la fillette a bien grandie. »

Que m’importe les mois et les semaines, le temps ne doit s’inquiéter que d’avoir été utile au sujet principal, rien n’est productif en dehors du primordial. Je t’aime aux quatre saisons. Pour mes écumes quelques flocons, mes intentions quelques bourgeons, nous sommes vers.

La plage déserte s’étire de tout son long – Aline est là énième – le transatlantique rayé bien visible, la sieste, n’ayant pas plus à cacher qu’un camp de nudistes, ne fait d’autre  montre que celle de ses crapuleuses tendances

La nacre des coquillages, sautille entre les grains de sable. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette frisottant nos coeurs joints, le premier de nous deux qui ira à l’autre trouvera la seule voie qui chante. Les semaines ont posé leurs sets à table du moi. On s’abrite sous le toi.

Sous l’auvent de la grange les fagots sèchent des pluies dans les bras des souches de ceps. Rien n’est vin, qui ne tient pas le temps. L’étiquette sous la poussière du chais disparait de l’annonce mensongère des foires au vain.Du rien que nous sommes au moins faisons un rêve.

Je ne t’ai pas montré  comme un de ces mirages que les livres pieux mettent dans leurs illustrations. Je ne me suis jamais travesti pour entrer dans ta pensée. Quand le soir tombe, mes lèvres caressent les lettres de ton nom, tout comme mes matins épèlent un baiser à ton oreille.

Où sommes-nous de l’un, où allons-nous de l’autre ? Partout ma Muse.

Il y a tous ces décors, tous ces costumes de nos théâtres de jour.Le texte fait rôle à part.Nous nous retrouvons entre les allées du spectacle.

La plage a suivi un oiseau qui pêchait. Le marais s’annonce au détour de l’étier. Quelques fers tordus rouillent aux planches blanchies par le sel. Dans des senteurs d’iode, les goudrons des calfatages se raclent la gorge aux filets de la marée montante.

Une marine pousse aux ocres verdâtres de gris bleutés, échoués aux roseurs irisées, en suivant l’arête d’un zig-zag posé en retombées d’écume. Non, là n’est pas naufrage. Là, est posé sur les grands fonds, le mystère entier. Cette énigme de la relation d’amour. Ici nimbée de dépassement, écalée de raison, brossée de conventions, dans son écrin maritime, c’est le noeud métaphysique qui transforme l’au-delà.

Les électrodes de ta peau aux cosses de la mienne, branchent un courant continu.

Evidemment que je t’aime, idiote.

Bien que je fasse la saison de silence.

Des lignes continues en réseau tissé serré.

Comment resterions-nous vivants, morts de l’autre ?

Mon été de qui je suis.

Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve qui pirogue en train de bois de la source à l’estuaire. Chère à l’équilibre que la force réclame comme pilotis où l’amour enracine lacustre son né nu phare

Niala-Loisobleu – 27 Mars 2017

 

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MON CAP SUD-OUEST


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MON CAP SUD-OUEST

 

Enfant, je découvris la  Charente-Maritime, ce large, qu’adulte resté innocent je ne cesse de voguer vers l’absolu. J’ignorais alors combien ma vie y serait liée…

1936 – Les premiers congés-payés, les trains de plaisir allaient me faire entrer  au bonheur des vacances familiales…

1939 – De St-Trojan où nous passions l’été, mon père et mon grand-père furent mobilisés…nous rentrâmes à Paris…

1940 – L’exode. Ma mère chargea la grosse C4 et en route pour l’exode…péripéties d’un chemin surchargé, ponts sur la Loire plus qu’aléatoires, Jeux Interdits…on finit par arriver…à Marrans où quelques jours après je vois les premiers soldat allemands entrer…

1945 – Fin de la guerre retour aux premières vacances depuis cinq ans…Mes parents choisissent l’Ile de Ré, où j’irai durant des années au Bois-Plage….

1972 – J’ai définitivement quitté mon Paname et m’installe à St-Georges-de-Didonne, suivront La Rochelle, St-Jean-d’Angély, Cognac et enfin la cabane en Moëze-Oléron…

Tour de Brou le gros noyer garde les pierres, debout au coeur du Marais de Moëze-Oléron, tout près, ma cabane s’y appuie la joue, yeux fermés sur un large tous jours grand ouvert…mon Île, mon Asile de Paix…parmi les oiseaux, le sel et le ciel qui n’en finit pas de joindre son bleu à la mer…

Le Ras d’Eau et Le Tiki à Royan  plus que ma Côte Sauvage, un temps fort de mon épopée, ma mue.

On ne sait jamais combien une histoire d’amour ça peut vous hâler votre tour de vie…

Niala-Loisobleu – 30 Janvier 2017

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/aquitaine/emissions/cap-sud-ouest