NOTES A GARDER


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NOTES A GARDER

Je venais de penser à voir sous mes chaussures pour franchir le pas quand en croisant mes jambes devant le grand miroir je vis apparaître des mots mis en vrac aux passages. Des fois quand ta balançoire s’immobilise mon vélo hennie pour aller faire un tour. Il prend le sens des ailes, rapprochant le marais-salant quelque soit le sens du vent. Ils annoncent un refroidissement des routes sur une partie de l’Ouest. Les pluies verglacées je leur souffle comme au bout des doigts quand le brasero démarre pour chauffer les marrons. Un attroupement c’est dissous en me lisant, j’ai vu comme une peur dans leurs yeux, tu sais comme si j’étais fou à ne savoir dire que n’importe quoi. Seul un tout petit-enfant est resté, sans perdre son sourire. Alors j’ai allumé la musique, il a été content. Le cheval était au piano, tu aurais remarqué comme il n’a pas eu l’air étonné du tout. Voilà qui m’a rapproché de toi, tu ne t’étonnes jamais de mes comportements. Je ne connais personne qui laisse mes mains faire comme tu ne leur dis jamais non. Il parait que tu cherches toujours à les faire peindre parce que ça te fait écrire. J’ai trouvé de vieilles cartes postales dans un sac de marin. Les images se disaient vous sans que ça fasse guindé. La chaîne charnelle par laquelle ton ventre construit est vivante Ce soir je vais m’endormir en en rêvant….

Niala-Loisobleu – 14/12/18

NATURE ATTEINTE


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NATURE  ATTEINTE

 

Certitude ressentie

comme de personne

Entends

ce n’est pas qu’un geste c’est un fer rougi

qui ne marche à l’enclume qu’au souffle animal du marteau

Equin

entends bien

toutes traces effacées

Niala-Loisobleu – 23/11/18

 

LEVEE D’ENCRE


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LEVEE D’ENCRE

Bouche à bouche

envie dedans

l’endormi du corps chantonne

là où rien ne se penche de travers

poil debout sur le pore

Derrière la balise l’océan se fait plus large

le vent remonte sur le je nous..

N-L 22/10/18

PARTI PRIS


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PARTI PRIS

 

Un des angles du cercle dans la main gauche je vais droit au centre, un de ces sourires équestres sur les sautillements de ta poitrine, celui qu’elle affiche régulièrement quand je la mène au pré qui borde la mer entre les Amériques et le soleil de minuit. Petit trop matinal de décrassage avant une scène de charge indienne, chariots en ronds à travers les flèches des cathédrales d’un monde païen. Moment compensatoire indispensable aux aléas en embuscade. L’indien qu’allume mieux qu’un onusien envoyé auprès d’une tribu d’extrémistes au Moyen-Orient. La rivière serpente entre les herbes, je m’allonge, une longue-vue en batterie, au bout une caravane défile. Tapis dans l’ombre je marchande le prix d’un souk avançant le prix fort au soleil. A chameau la file de taxis fait du stop. Comme tes yeux brillent d’ambre, je devine les mois grain après grain en chapelet. Vertébrale tu ondules en démasquant les petits cris d’un lâché de ballons, quelles couleurs, nous ne touchons plus terre. Au ras du tee-shirt le début du chant de lin donne du bleu en larges gestes de semeur, on entend la charpente tendre son grenier comme d’autres se retiennent de donner. Il y a des enfants en jeu de cubes dans un circuit de loi renversé par les quilles des bateaux à marée basse. Estran sous des touffes de varech, le sable déride sous les cris des rieuses. On marche derrière la grande dune qu’on monte pour se laisser passer entre les balises d’un sculpteur visionnaire qui a planté des astéries en lumière. La poudre de riz du bluff ne réussit pas à débrunir tes lèvres de la marque laissée par mes vrais baisers. Rien n’est impossible, seulement pour faire la place faut vider l’armoire…

Niala-Loisobleu – 24/09/18

 

 

JE S’AIME AU VENT


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JE S’AIME AU VENT

 

La nuit s’est repris les matins. Quand j’ouvre mes volets je me demande si c’est pas l’heure de se coucher. Et pourtant j’entends pas loin de ma fenêtre la nature s’étirer. Encre de Chine et plume à dessein l’élan du trait vogue, vous n’imagineriez pas ce qui trotte dans la tête d’un cheval au réveil. Je profiterai du moment  d’écrire. Il y a dans le geste fait bien des fleurs qui s’ouvrent sur ton corsage, la jupe laisse des plis plein la boîte à l’être. Laisse tes cheveux entrer dans la cabane abandonnée je viendrai les peigner en pensant à tous les rubans qui retenaient les boucles en sautant sur le chemin de l’école quand les filles étaient pas dans l’école des garçons. J’entends venir la fumée du premier train le long du chemin de traverse , dans le pré la vache lève la tête un grand sourire entre les cornes.

Niala-Loisobleu – 20/09/18

J’ai mâché le papier des mots pour te tenir à l’encre


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J’ai mâché le papier des mots pour te tenir à l’encre

 

 

J’ai ouvert l’atelier, le merle m’a souri, l’hortensia lourd de pluie bien que le front-bas ne m’a pas paru déprimé, son rose couleur d’autre vision des choses, toujours alerte est prêt à faire face au vent. Le lointain en se rapprochant m’a si bien collé aux yeux que par le trou qu’il m’offre je peux me faufiler sous la manche par son tunnel de vers.

Bientôt la St-Jean le feu se prépare à faire sauter les amoureux.

D’un geste inné j’ai passé ma main au plafond, les mèches ne sont pas raidies, elles ont repris au refrain et toutes en choeur la chanson des doigts qui peignent du bleu sur toutes sortes de gris.

Les mots me viennent, regarde ils sont au bas des marches, montant l’escalier qui mène au soleil.

J’ai mâché le papier des mots pour te tenir à l’encre…

 

Niala-Loisobleu – 16/06/18

 

Parle-moi, dis-moi en corps la voie…des enfants qui sèment


Parle-moi, dis-moi en corps la voie…des enfants qui sèment

Un comment taire,

à deux vouloir dire…

Cité là et que tu m’entends

sens comme je t’habite

en l’ô qu’à taire

sous ton Toi brûlant

assis, accroupi, couché en l’air

debout en bout

De mois en moi

ma régnée qui tisse partout

Je suis là, au bord du lac, yeux clos pour mieux m’inhiber de la beauté du lotus, peu importe la posture, c’est une gymnastique à erre aux biques que ce gain trouble, je t’ai choisi d’entrer pieds nus dans l’onde de tes rins qui me traverse l’échine en tous points, la vois-tu, lier ses mèches à ta lampe, en tremblotant la lumière s ‘élève en parfums dansants, oui, immobile la voilà qui reflète ses dents dans l’émail d’un regard, elle demeure immobile, pénétrée pénétrante, dans cet instant à ne point perdre, je saisis d’une touche la couleur unique qu’elle m’a transmise, ma Muse je dirai sans bas aux ambages la joie humble de l’évasion que l’amour est seul capable de donner. Et au frisson de l’onde qui envoie des cercles liants, je noie ma tête, heureux comme un imbécile, qui vient à la fontaine remplir ses seaux d’anges

Fou comme un matin allumé du seoir…

J’ai gardé les images de ma plume vespérale pour la tremper, matinal, dans les vapeurs de l’aube. Il fait froid d’un noir masquant jusqu’à la tête du lit, la blancheur du drap dont le jardin est couvert. Le silence a pris l’apparence d’une épaisseur.Ma tête et ses trous, hibernent à l’amorti de ta poitrine.Ta tête s’est coiffée de la ouate que le bouleau avait accroché à ses branches. Te voilà poudrée comme une marquise. Tiens… je suis à ton abri de dimanche.

Des maisons ouvrent leurs murs le long des côtes. Mille sabords pointent l’affût des canons au Bar de la Marine. Brouage est resté à quai, la marée est accrochée aux Amériques. Si ce n’était le vent qui gonfle les soufflets des orgues de Barbarie, de toutes ces traversées, ne resteraient que des cartes postales délavées. Un héron cendré secoue les braises, Moëze conserve mon intimité dans le sel du marais d’Oléron. Laisse glisser le vieux loup dans ton Pertuis ma Chérie.

Depuis que les oranges se sont vues remplacer par des cons soles, je ne joue plus au ruban de Noël que l’on coupe au paquet des sabots de la cheminée.Avec mes fils, les Rois Mages ont foutu un sortilège dans la fève. Il y a des contes à rendre.

Il pleut pleuvoir tant qu’on vœux sur Brest, rappelle-toi Barbara, t’inquiètes mon bon Jacques, je n’ai rien oublié. On dit que la mémoire est sélective, si c’est vrai, ceci explique cela. T’es toujours en tête de liste dans le carnet d’adresse de mon coeur. Il en est tellement passé de visiteurs, qu’entre les biffures, demeurer c’est siéger au Temple de l’Amour. En cette matière, tu fus mon meilleur instituteur….parle-moi, dis -moi en corps la voie…des enfants qui sèment

Niala-Loisobleu – 1er Décembre 2016

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