Des Restes


 

Des Restes

par Edouard Glissant
 

Le tournesol est dénudé,
Ma fille aimée.

Regarde encore : ce n’est qu’un mort
Qui fut brûlé

Par feu plus fort
Que la santé,

Par plus de feu
Qu’il n’eut d’amour

De vous les filles, de vous les prés,
Du tout dernier d’entre les prés.

C’est un sur mille, un tournesol
De maltraité.

Mais tous les mille, tous les milliers,
Les tournesols de tous les prés

Y ont passé, ma fille aimée,

Y ont brûlé.

 

Le chemin laitier passe sans entrain, les vaches en ont assez de ne voir que des voyages ratés. Au beau milieu de l’été la déchetterie prend déjà des amours avant qu’ils soient commencés. Sur la muraille de Chine maintenant que le Nobel est mort, on colmate la censure. La jeunesse pourrait avoir des insolences de fuite inadmissible. Ailleurs, comme ici, en France, on continuera à ne regarder qu’à côté du défilé, le prestige de l’uniforme. Le bateau est gonflé, prêt pour allumer le feu m’a dit le disc jockey en tirant sur sa pompe à fumée. En général, une exception fait la règle. Le patron de la Grande Muette en a gros sur le râle du Chef. Je n’ai pas su comment ses cuisses avaient la couleur du pain, il m’a juste semblé que le pain n’avait pas la couleur du blé, Je parle de la céréale, parce que pour celle du fric il puait à plein né. Qui se souvient du symbole du pain ? Avec l’eau et le sel, on en sortait une profonde réflexion du fond du cabinet  de sa conscience. Mais sauf con, science c’est juste bon pour la ramener dans un jeu télévisé imitant un semblant de connaissances. J’ai crevé la poupée gonflable qui se faisait tirer comme une saucisse au-dessus de ma cabane. Je veux pas de pub écrite sur mon ciel , même tirée par la ficelle d’un aéroplane.. ça noircit la crête des vagues en filant des allergies aux poissons-volants. Tu sais je m’en-souviens-tu du chant des tournesols que je te mettais au matin dans l’émetteur du téléphone. Ils penchaient pas du pétale !

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2017

 

 

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Nocturne en plein jour


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Nocturne en plein jour

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux

Dans l’univers obscur qui forme notre corps,

Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent

Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,

Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes

Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.

Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants

Ont du mal à voler près du cœur qui les mène

Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant

Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines

Où l’on périt de soif près de fausses Fontaines.

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,

Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

Jules Supervielle (Extrait de La fable du monde)

Crever l’impasse et percer la voix…


Crever l’impasse et percer la voix…

L’horizon semble disparaître

qui a déversé tous ces gravats sur ma voie

j’enroue

je rauque

j’ai l’extinction

 Ah ce mur impitoyable

 vite qu’on le repousse

j’écrase !!!

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Sors de cet oeil-lucarne

le plomb au soleil de ta voix n’y résistera pas

sors de sous cette chape que tu t’es coulée contre toi-même

Parles-moi je suis là !!!

Niaa-Loisobleu

19/03/16

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