CHANTS ENLISES


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CHANTS ENLISES

 

Ligneux déploiement des reins qu’une mouvance en sommeil retient

les pierres rondes refusent encore la taille excavatrice du couvert en argent

là où une simple trace de mouvement accouplé nage dans le bassin d’un reflet de lune

Verger demeuré qu’un mélange de couleurs fruitières fixe sans objectif de production intensive

il était un ciel azuréen avant que les sables à lapin soit vomis des terriers

l’héritage des garrigues m’a choisi

souviens-toi la barque chargeait les amphores d’huiles dont le nom s’est perdu en naufrage. Cet oiseau au regard manuel comme il te caressait des yeux pendant que tu écrivais avec l’une de ses plumes. En petits éclats de mosaïque l’étendue plane montait des spectacles d’eau pour rafraîchir les doigts des guitaristes quand le petit matin proche asseyait les danseurs. Demande-moi où se trouve le marais-salant des enfants à barbe blanche qui n’auraient pas eu idée de jouer au soldat, je ne désarmerai pas de t’y conduire…

Niala-Loisobleu – 30 Novembre 2018

Tu es là, raison de plus pour que tu viennes


 

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Tu es là, raison de plus

pour que tu viennes

T’as les pieds dans tes godasses,

regardes quand même si le sens des chaussures est bien à l’endroit.

La signification de l’ensemble a le même fondement, ce qui varie sans doute, c’est sa façon de faire. Tu sais c’est l’application du rêve où tu cours sans avancer. Tout est en place et il manque le principal. Peut-être faut-il monter dans la cabine de pilotage et te mettre à la chek-list ? Rappelles-toi le principe du palais. Tu places l’aliment dans ta bouche et laisse monter son goût, tu sens la saveur des arômes envelopper ta langue, la saveur va descendre dans ta gorge….si rien de ceci ne se passe, tu peux dire que tu as seulement bouffé sans avoir rien goûter.

Voilà c’est exactement ça, t’as trouvé, je suis à table mais pas dans l’assiette, ni dans le vert, je cherche à croquer. Rien. Je veux laisser ma langue fermer les yeux pour glisser à l’entrée du pore. Qu’elle aille reconnaître le relief. S’insinue dans les creux. Se glisse sous les fourrés. Descende les crevasses. Plonge dans le flot d’un battement sanguin. Sous-marine dans le vaste aquarium de la volupté des grands-fonds.

Oui, se laisser retourner la peau des lèvres à l’émail des écailles qui tournoient de haut en bas et de bas en ô. C’est l’onctuosité et le râpeux tout à tour, le sucré-salé, cette rencontre qui ne peut se décrire que tu cherches à retrouver.

Niala-Loisobleu – 10 Novembre 2017

 

Il n’y a là que Niala/Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un/1


Il n’y a là que Niala/Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un/1

Je jurai à plusieurs reprises, passant en revue les gens à proximité. Ceux qui n’ont pu partir à cause de l’immortalité acquise par nature, plus nombreux selon les jours avec ou sans, que ceux qui n’en finissent pas de rester en figeant le libre échange. Je me mis à marcher dans une direction, me retournai et repartis dans le sens opposé. Je vis un enfant avec une femme, ouvris la bouche pour parler et m’aperçus que l’enfant était un garçon en fait triple et que la femme n’en était pas une au sens que j’ai dans mon coeur.

Je m’adossai au béton froid qui sort de cette terre, sentant mes genoux se dérober sous moi, parcouru d’une onde bouillante et glaciale, les larmes me piquant les yeux. En manque de respiration, cherchant le retour du souffle en sachant parfaitement où il venait de se déplacer. On me retrouvera sans doute jamais là, me dis-je en aparté.  Il n’y a que moi et mon Autre qui savent où c’est, ce qui fait que mourant tous deux à la même seconde, restera personne.

Être personne en fait ça prouverait qu’on a réussi à être quelqu’un

Je fondis en larmes, le visage entre les mains. Voilà ce que tout ce que tu n’as pas fait te rapporte, me disait une voix intérieure. Voilà ce que ça te rapporte d’avoir été un père à côté de ce qu’on attendait de toi, jamais dans le schéma et pis d’avoir avoué à la mère qui te faisait cocu que tu avais rencontré quelqu’un, que par fidélité tu devais lui avouer pour ne pas la tromper. C’est beau les devoirs. Et ceux de tes enfants les scolaires, en quoi  les as-tu aidé à les aire en étant pas là, t’es qu’un raté, t’aurais au minimum du boire, te shooter, faire le tour de l’aide sociale, mais non t’as fais peintre, artiste la pire des hontes.

J’entendis alors des pas, on marchait dans la mémoire d’une salle obscure, sur l’écran l’Olympia avait DALIDA  au néon de son fronton. Je m’immobilisai dans la voix d’ailleurs, sublime, chaude, une voix qui vous mord la poitrine de ses doigts en y plantant profondément ses ongles, une voix qui chantait « Je suis malade »…Analysant de mon radar médiumnique les images, les sons, les situations qui m’entouraient, je n’eus rien d’une quelconque angoisse. J’étais de plain-pied dans ma vie à moi. Marginale peut-être mais par les autres, pas de mon choix. De tout ce qui m’entourait alors je levai les yeux sur cet Amour absolu que j’ai. Je t’aime fou mon Coeur, allié sans regret à ce que je suis pas d’avoir été.

A suivre…

Niala-Loisobleu -24 Janvier 2017

 

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Entre Mais et Si On… – 2014 – Niala – Acrylique s/toile 65×54 – Collection de l’artiste.

 

Les chaises sont faites pour porter les vêtements


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Les chaises

sont faites pour porter les vêtements

Comme le soleil qui tourne, je suis la piste de  ta lumière en passant d’un état à un meilleur, de la chambre au jardin où, quelque soit l’heure, je te retrouve, vêtue que de mes regards.
J’aime les criques, les anses, les sentiers de douaniers, les petits ports de pêche, les parcs à huîtres, les marais et les bouchots de moules.
Là où la vase aspire le pied, dans un bruit de succion, l’endroit où cette odeur peut prendre à la gorge, est relevée d’iode. Elle me ramène à tout ce qui porte à entrer au rêve sans rien sur la peau.
Nus comme au premier jour. Tout ce qui constitue le premier cri, réuni. Ta peau est d’une franchise que tes formes ne mentent pas. Et quand tu suis le vent, tout bouge. Déclenchant le jeu de Toi, sans case priso
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Niala-Loisobleu – 27 Décembre 2016