Tracé


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Tracé

 

Le murmure de ton échine au franchissement

un troupeau de chevaux surveille la route

les paroles du dernier métro gardent le transport en station

en choisissant l’échelle je découvre le secret de ton dessous que le mystère tient nu

dans l’envol des oiseaux un échafaudage de maison suit le plan de tes mains. Odeur de peau au pouls brûlant,  comme un sac cousu à points francs…

 

Niala-Loisobleu – 19/10/18

L’ATELIER


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L’ATELIER

L’atelier

Des enfances mouillées
Sur des tables bavardes
Offrandes fraternelles
Brouillons d’incertitudes

Des mains de paille vierge
Renomment les destins
Confrontent les ruptures
Eprouvent les élans

Matériaux saisissables
Arrêtes signifiantes
Entre deux équivoque
Où le trop plein s’exclame

Les mots, distincts, se posent
Sur de larges chemins,
Des ouvrages de sens,
Des possibles rêvés.

Anne-Pascale Didier

 

Mon sac de marin en a plusieurs qui logent en mousse. Ils sont chacun plus de rues qu’une ligne de métro a de correspondances. Ils pètent de gel en commun quelque soit la latitude qui perle de show. Verrière verticale on en voit sans savoir en suivant les Maréchaux en ceinture verte de Paname. Comme en bateau on y lave. Le dégueulis de manque l’indigestion du nanti. Qu’est-ce qui crie le plus fort de Camille où du ton vif ? Oh les deux ont la folie du marteau qui burine sans chercher à s’arrêter l’incompréhension du monde à l’artiste. La chair a l’odeur de Vaugirard quand Soutine bouffe le quartier qu’il peint comme un piqué de la Ruche rêve. Malgré le montré du doigt du savoir-vivre j’en connais pas un qui faisait ghetto. C’est au coeur de l’absolu que ça crèche un atelier, marginal c’est pas antisocial. Même qu’il y en a qui sont autrement engagés que des prétendants au trône d’un pouvoir ministériel. A poil tu cherches pas la feuille hypocrite à faire cache-sexe, tu affiches le genre de naissance sans te bander les yeux avec la petite-culotte allouée par la pensée lubrique. Musique de larmes que des fois les cordes te strangulent au point que tu tu vas jusqu’à te déziper les intestins pour le supporter. Mon atelier c’est ma marie-salope à draguer les vases de la société. A part toi ma Muse, qui pourrait bien trouver que le tapis plein des pisses de palette vaut plus qu’un Sèvres par son jardin suspendu ?

Niala-Loisobleu – 27 Août 2018

3, 4 et 5 Août 2018 a ECHALLAT 16170 – 12° FESTIVAL D’ART EN VILLAGE – Expositon chez l’Habitant


3, 4 et 5 Août 2018

a

ECHALLAT 16170

12° FESTIVAL D’ART EN VILLAGE

Expositon chez l’Habitant

 

NIALA – ECHALL‘ARTS 2018

10 Oeuvres exposées numérotées de 1 à 10

AUTAN OCCITAN

2018

Acrylique s/toile 46×38

Prix unitaire : 500,00€

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LE JARDIN DE NIALA

9, Rue de la Chaume 16i00 BOUTIERS-SAINT-TROJAN

Portable : 06 8419 18 49

Visites sur rendez-vous

Président du Cercle des Beaux-Arts Poitou-Charentes

Président-Fondateur du Salon des Vendanges de Cognac

Président-Fondateur de l’Atelier du Duodénaire

Membre : Maison des Artistes, A.D.A.G.P., C.T.I., S.N.A.P., S.A.D.A.P.P

http://www.niala-galeries.com

https://lireditelle.wordpress.com/

https://alainnialablog.wordpress.com/

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LA PORTE DE DERRIERE


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LA PORTE DE DERRIERE

 

J’emprunte ce titre à Alain Jouffroy, tant il va définir ce que j’ai besoin d’exposer dans ce moment d’entre deux. Cette partie qui succède l’oeuvre dernière et sera suivie de la prochaine, fantastique moment de dialogue dû au mûrissement. La réaction de ce qui a été lâché après un temps de gestation. Concept post-natal : la porte de derrière dans toute sa signification.

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JARDINS SUSPENDUS

https://lireditelle.wordpress.com/2018/04/18/les-mots-peints-jardins-suspendus/

La voilà la raison, pas le coupable, puisque je considère cette oeuvre comme un remarquable témoignage d’existence au sens intrinsèque du mot. Ambigu ce vocable, il contient la vie et la mort, mais ce que j’en montre ici transpire la force de la vie par la naissance. La seule gagnante. Et c’est bien là que tout repose, qu’est ce qui n’a pas cessé d’exister tant chez Barbara Auzou que chez moi-même pendant toute l’élaboration de l’oeuvre conjointe. Un besoin de laisser l’espoir prendre la main. Dans l’existence sue de tout ce qui peut lui être opposable, au sens de nos propres personnes comme au sens du quotidien en général. Ce tableau s’inscrit avec une maturité qui s’affirme au sein de L’Epoque 2018. Avènement. Sans aucun doute qui marque le vouloir d’un aboutissement en rompant avec le passé. Il se présente à un moment propice, la vie est  à nouveau menacée du chaos. Il faut quoi qu’il se passe dans l’inconsciente escalade du mal, que ce que nous avons voulu à l’écart de l’ordre dicté, se réalise en ce qui nous touche simplement. Hiroschima mon Amour…

La cascade de faits dérangeants forme sa colonne, envoie ses assauts, les agaceries se multiplient, maladie, changement brutaux, accidents de fonctionnement, formes de piratage qui incitent à abattre.Dur dur…

La première fois est sur le seuil

A nouveau, pour de bon le franchir, nous voici Artistes dans notre expression: poésie et peinture. L’Art pour sang, sève, souffle, cri et NAISSANCE !

Niala-Loisobleu – 19 Avril 2018

 

FLUX DE PAN


 Alexandre de Riquer - Vita sine literis morts est

FLUX DE PAN

Ce trou de fenêtre par lequel tu entres, nue de tout rideau, ruisselante comme ce que l’on fait de soie à soi pour le doux de l’aspect sauvage. Comme tu coules ! Pas le temps de t’écoper, nous sommes en voie de large. J’avais il me semble sans rien manquer, l’armement gréé, alors qu’à penne tu volais bord à bord, Capitaine en main. Ce canot-tapis, surfe comme une oie sauvage en bande, t’esclaffais-tu en dandinant des hanches comme un serpent que la musique désenvenime du pépin pour le plaisir de la paume. Faut-dire que côté fruit tu manques pas de pulpe d’un côté comme de l’autre. Le bâton de verger c’est zeppelin pour les transhumances avant que les estives courent les plages dans la cohue destructive du brin d’herbe téméraire. Souviens-toi, il y avait une clairière au milieu d’un bois alors que le monde touffu se cherchait en pleine dérive. On a rapproché les arbres à les greffer, si bien que la forêt devint vite enceinte. L’abri fait pas le moi no, rions-nous sans tissu à culpabiliser. Le naturiste le plus libéré a toujours un problème de rangement avec son porte-monnaie, pas nous, on range pas de ce pin là en suivant le tracé des aiguilles sur la côte sans péages. Le pigeon bleu, la tourterelle grise, la belette fauve, le lapin agile et le chat noir savent que du loup les grandes oreilles ça se vante d’avoir le beurre et les intérêts sans  le frisson harmonique de l’instrument à cordes libéré d’esprit comme de corps. A tendre que des idées, un jour où l’autre, ça fond que le sel quotidien pour le goût de vivre. Ah que j’aime te lyre !

Niala-Loisobleu – 11 Mai 2017

(Vita sine literis morts est – Peinture d’Alexandre de Riquer)

.

 

 

 

PROMESSE 1


PROMESSE 1

Les machinations du Sable (extrait)

 Tu n’es pas en colère
Mais tu n’es pas un homme sans colères

Qui va au milieu de ses sables
Perdu au cœur de sa propre sciure –  sont-ce les copeaux de ta vie qui s’émiettent sous tes pas en grains incandescents pour te rappeler les bruits oubliés de tes brisures ou les graines de vie qui ruinent l’espoir d’une mort certaine

*

Ancré dans le duvet de tes propres cendres
tes pieds s’enfoncent dans le sable des certitudes diluées d’où tu renaîtras droit blanc comme un squelette de phosphore illusoire sémaphore comme une amphore perdue au milieu des ruines d’une incertaine aurore
parfois la pensée a la blancheur d’un squelette et les mots l’épaisseur de la chair

Dans les sables noirs de ta vie
il est une aube qui ne dira peut-être jamais son nom d’étoile
si tu n’étends les mensurations de ton esprit étriqué
pour entrer dans la grâce de l’inconnu

*

Cet homme qui écrit de ses pas un nom évanescent sur l’ardoise des sables reviendra-t-il un jour de pluie ou de grêle brûlante
Se souviendra-t-il de ses voies plurielles et entrecroisées
Se reconnaîtra-t-il dans cette immensité sans souvenirs
L’homme des sables feuillette sa vie sur la table rase et jamais pleine et toujours nouvelle de la vie

*

Errance
inconstance
turbulence
la cadence de l’impénitence
depuis des siècles astreints au mouvement perpétuel
et cela n’est pas pour finir bientôt
les hommes bleus du désert marchent
le cœur lové dans le délire circulatoire de son désert affectif et dissertant sur l’impossible haine de la vie

*

Le désert qui s’étire devant éveille en toi des souvenirs inguérissables et dessine en silence une nature féérique qui est loin d’être une évidence poétique
Marche
Cette guerre que tu mènes contre la nature accentue la beauté des dunes ondulées sous tes pas trébuchés.

*

VA
ta foulée irrégulière et monotone
absente à force de martèlement
marche sur les sables mouvants de tes souvenirs abîmés
sur cette terre incendiée qui t’appelle sans espoir de retour
Souffrant comme un esclave soupire
après l’ombre ou le forçat après la trêve
l’homme expire et où est-il

*

Comme l’aveugle qui lacère les plis de la nuit ou la barque qui fend les eaux orageuses dans le noir silence l’homme transi et disjoint agrippe les lambeaux d’espoir
Ceux qui ont apprivoisé le désert ont conquis l’éternité
la liberté y a l’ampleur de la lumière
ce qui manque à l’imagination dans l’enclos de la raison

*

L’océan de sable crayonne l’infinie courbe des dunes qui se prélassent avec nonchalance leur dos gondole pour faire des vagues géantes, longues, lisses et lasses à la beauté sulfureuse de cuisses déharnachées
De tes regards éperdus tu saisis toute la distance qu’il te faut encore courir avant la tempête de la nuit
Que nulle part ailleurs les ténèbres sont menaçantes et le jour si fort comme au désert – le danger éclaterait de partout comme une averse impromptue qui tombe promptement en trombes
Mais à quoi bon la peur de mourir quand le vent qui siffle assèche la peau les os

Un vieux grillon aux élytres noires crie son esseulement – le sable chaud se glace tout d’un coup le froid est maître de la nuit comme l’est du jour le soleil

*

Le cactus fier et majestueux
Tend ses multipliés épineux adipeux
Pour implorer du ciel quelle clémence
Le désert est triste et vaste comme un océan de sel
On y est si près des résonnances mythiques et élégiaques de la mer
La vie ralentit son pas fou sur des ombres ratatinées
Tourmentée par un soleil acharné

Et comme on peut se sentir vain
Homme dans la création foisonnée
Le sable des souvenirs moisis s’entasse dans les couloirs noirs de la mémoire où l’amertume entretient ses racines de plante vivace.
Les pas que tu allonges ne t’avancent guère plus loin
D’où vas-tu et où viens-tu

*

Et c’est ici le paradoxe de ta folle randonnée
La foulée propulse toujours plus loin creuse un cheminement vers l’inconnu du monde et engendre derrière le tracé d’un potentiel retour
L’amont appelle l’aval et les deux se tiennent inséparables

*

Espace horizon le désert est fascinant
et par sa raideur terrifiant
une oasis y est un mirage aqueux au milieu d’une réalité de feu
une exception qui survit au creux d’un songe de sable
comme une espérance tremblée au fond de l’âme

*

Il y a pourtant plus aride que le désert rouge d’Australie
c’est l’esprit cuit à point au foyer des préjugements
ou le galet durci d’un cœur chauffé à blanc par la froideur de la haine
ou la raison prise au piège des isthmes idéologiques – les mondialismes fondamentalismes intégrismes
les terrorismes angélismes intégritéismes et autres humanitarismes
tous ces paradigmes de l’infécondité des temps passés et présents

Ce qu’il faut combattre dans chaque religion et qui est en chaque homme c’est justement cette dérivation propre en is(th)mes qui est une dérive hystérique.

*

Les yeux rivés sur l’éternellité de ta rage de vivre d’aimer de vaincre avance vers le goulet ouvert sur le temps sans fond et sache que ces larmes gaspillées n’auront pas séché que d’autres inonderaient déjà les rainures creusées sur tes joues.

*

On l’a dit, mais est-ce vrai, c’est l’espoir scintillé d’une oasis qui dit la beauté du désert. Ce poème de sable sans fin que tu traverses comme une ligne de fuite est un réservoir de promesses fossilisées. L’étendue exquise le tournis – ou est-ce le contraire ?
Quand il fait feu de toutes parts, l’espoir d’une oasis rend le désert plus beau encore. La soif devient un simple compagnon de route. Fidèle d’une inquiétante  loyauté. Mais l’étendue seule rend le vertige doux.

*

Le Sahara le Kalahari le cœur de l’homme échancré par la haine et la peur de l’autre ont certainement les mêmes économies – et la rugosité.

*

Homme ridicule fourni parmi les sables infinis de la vie ombre sans corps temps sans histoire échoué dans ce vide plein de Dieu tes heures heurtées s’écoulent avec monotonie
Mais chaque désert a ses oasis même si tes déserts à toi te semblent sans espoir d’eau sinon celle qui sourd des geysers de ton cœur trahi
Que faire des désirs qui naissent dans la nudité de ce lieu cimetière de vents et de sables qui brouillonnent ton cœur d’insomnies invaincues

*

Homme hombre
Tes pas redoublés s’enfoncent dans les rainures des chemins de dunes
Ta foulée a beau se faire ample
Tes pas sont toujours à l’étroit assurés même de sombrer dans le vide
Tes pas scandent leur litanie et ton rayon de jeu ne passe guère ta conscience
Tu tomberas à coup sûr dans le tourbillon de ta propre tautologie
Ombre qui s’en va à vau sable nulle part (ailleurs) que la tienne te tend un bras ami ou armé
Creuse le sable de ton cœur il est sûrement un chemin inédit

*

Le désert est un lieu-temps où le temps se distend et l’espace dure
le désert est un vaste champ de ruines un chant dévasté en plein vent
où l’homme mène une lutte d’épuisement de poussière et de sable

*

Un vol d’oiseaux déchire le ciel sans fond
Sont-ce les nettoyeurs du désert qui réclament le dépôt immédiat de ton âme sur le matériau fossile de ce lieu horizon
Tu as posé le talon sur ce filet de sable aux mailles béantes et la trappe sur ta route sans chemin se referme sur ta cheville
Elle ne tardera pas à t’ensevelir à moins de quitter le poste de spectateur de ta vie

*

Vas dans ta claudication solitaire
peut-être où se trouve le salut
vois-tu de tes regards affamés quelque lamproie accommodée
quand le soleil dans ses éclats de lampyre dévoile les courbes sereines des lames de sable qui s’étendent à l’infini
la vie qui au loin t’appelle ne te laissera pas le temps d’aimer ces lieux fascinants et terrifiants de féérie

*

Qui es-tu homme des vents galet brûlant errant roulant tes désirs de pierre
ton pas hésité est une prière évaporée dans ce temple aride et sans bout
où vas-tu dans cette intime solitude qui te colle au pas et remplit tes silences crevassés de chants de ruines
tu claudiques preuve que tu ne boîtes pas que tu passes ton chemin comme une étoile va s’étreindre dans les voies lactées et inexpugnables avec les ténèbres sidérales

*

Où vas-tu de ce pas précipité
et d’abord d’où pars-tu pour t’atrophier
dans ces flots de sable où les rêves d’eau d’un coup
se muent en cauchemar de feu de soif de faim
connaîtras-tu en ce lieu immense le bonheur
de boire après avoir eu soif

*

Il faut sonder ta pensée jusqu’à pleine saisie de l’ineffable qui se déploie sous tes yeux mais cette mer salée et immobile ne gardera pas le souvenir de ton pas haletant
Contemple les fenêtres de Dieu et cueilles les pépites du soleil qui fuit à l’horizon
Tu te crois touriste tu es flâneur
Fétu de sable sur la paille dorée des dunes
Un lieu de ruines un lieu aride avide torride à l’horizon strié de cris d’hyènes qui guettent l’heure fatidique où tu poseras fatigué ton bâton de pèlerin vaincu dans tes inassouvissements

la vie aspirée par la lente seringue du temps

*

Un serpent s’efface dans la dune laissant sur le sable une trace qui te tente. Se souvient-il des temps où il allait sur ses pattes avant d’être aplati de tout son long Ce tout premier rhéteur a tracé une voie mentie à une descendance innombrable.

*

Le désert se déploie à perte de voies et les voix mêmes se confondent dans leur propre écho.
Ombres portées sur les sables les pèlerins aux corps tremblants suivent l’appel de l’horizon si proche et intouchable.

*

Tends l’oreille et ouïs le vaste silence de cette immense voyelle sonore
Le désert parle plusieurs langues l’amour la paix la dilatation de l’être La violence qui se greffe sur chaque grain de sable Le chaud le froid la beauté des dunes alanguies au milieu de l’horizon Partout le temps s’involue pris dans son propre vertige Le ciel n’est pas un couvercle lourd c’est un voile bleu tinté de nuages blancs et secs qui ouvre sur l’inédit et l’ineffable

*

La soif qui assèche la langue est la seule évidence qui rappelle les corps perdus dans les riens arides de cette poussière renouvelée Le vent habile manège soulève de vifs espoirs de fraîcheur et s’acharne à effacer toute trace de mémoire de tes pas brûlés sur le sable C’est le poème d’une fin probable et d’un départ prometteur Le désert est une promesse poétique et terrible Une prophétie dont l’épiphanie inquiète plus qu’elle ne rassure.

*

Au fil de la traversée des voix fusent
Si l’on y croit des voies s’ouvrent
Et l’écho l’onde du silence se heurte s’amplifie rebondit sur les formes plurielles des sables ou sur les épaves de navires naufragés qui rappellent que ces lieux furent arrosés
Graviers Alluvions
Débris de chair polis par les vents
La traversée du désert est une équipée terrifiante
Une marche lente où le temps devient éternité

*

Il faut résister aux courants qui noient ou électrocutent et revenir en avant pour faire triompher les bonheurs simples et la fascination des éléments dans leur présence/absence

*

La vie est un itinéraire de sable
Un voyage sans destination initiale
Le désert un naufrage de sables qui dessine sur les délinéations du sol des dunes aux contours de femmes éphémères
La lumière fulgurante omniprésente et brûlante effrite le son et perd le regard

Univers mystérieux où la somptuosité de l’immensité écrase tout autre boniment le désert est plongé dans la lumière éternelle et l’horizon qui de loin en loin s’efface s’écrit dans le même mouvement

Le désert est tout à la fois début et fin vie et mort
Lumière aveuglante jeux d’ombres et de lumière
Les heures se traînent en un cortège infini

*

Toi qui croyais fuir La rumeur Le mécontentement populaire La guerre des mots qui volent comme des balles sifflantes
Te voilà assigné à solitude seule demeure où rien ne croît sauf l’évidence du vide qui se creuse dans ta tête ton cœur troué ton esprit béant

*

Voyageur
Passager
Déambulateur qui troue de ses rêves les volutes de sable
Tu apprends enfin l’art de l’essentiel
À te soustraire à la loi du superficiel à savoir que tous les paradis artificiels ne sont qu’artificiels

Et si ton ombre s’allonge devant ce n’est pas pour dire d’autres dimensions qu’elle n’atteindra pas
tes pas essoufflés déjà viennent se coller à ta silhouette pour te rappeler tes faux départs tes épuisements tes écroulements
tu n’es jamais arrivé n’étant jamais parti
hors de toi

*

Tu échéances la perte
Tu échelonnes le déclin  mais le déclic déjà est déclenché
Tu échancreras encore un cœur ou le duvet soyeux de la vie
Mais tu sais très bien que le sursis est une corde qui craque au-dessus de la fosse qui offre si heureusement ses entrailles au proscrit

*

L’horizon est tombé se lèvera-t-il sur d’autres mondes
tu n’as fait qu’un petit tour du rond-point de ta conscience
et te voilà encore perdu dans les détours d’une histoire
l’amour dont on ne sait s’il existe ou s’il faut l’inventer tient-il de la physique ou dit-il la négation du déterminisme
car à peine commencé tu es maintenant au point de chute l’effroi
la terreur sont plus sûrs compagnons et tu sais les épouvantements des fins de parcours
l’obscurité qui envahit comme une nuée ardente

*

La vie s’exfolie les hommes comme des feuilles
tombent – deuil
de l’arbre de la vie
derrière les plus paisibles nuages s’élèvent de silencieuses tempêtes
Mais le silence ne couvrira pas d’absence le surgissement de la parole qui échappera à l’épuisement du vécu par le mouvement.

Dans ce monde parcouru d’un frisson d’hébétude seule la distension de l’être personnel qui suit l’appel aval (à val) des pentes déclives au-delà des délinéations telluriques offre la possibilité d’une insertion dans le cycle universel. Ton pas se mouvra en une dynamique qui déplace les tracés pour t’arracher à l’entrave charnelle. Mû par les démangeaisons d’itinérance en ce monde de références résiliées tu suis un trajet hypnotisant dans la quête frémie de la plénitude de l’exister.
Tu sais que seul le mouvement parvient au possible.

Jean-Claude Abada Medjo

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Promesse 1 – 2017 – Niala – Acrylique sur canson aquarelle, encadré s/verre 40×50

Et après t’être mordu l’Adam

dans une humanité aux sables mouvants

s’il te reste un grain de cette

« Promesse »

faite dans le secret de toi-m’aime,

sème-le immédiatement

dans le seul sillon fertile  que tu connaisses

avant qu’il ne t’échappe à son tour

Niala-Loisobleu – 21 Avril 2017