LES SOLEILS VERS 1


P1050758

LES SOLEILS VERS 1

 

 

Le seul rythme, végétal

De nos souffles chèrement gagnés

Et des ailes poussées à nos sandales,

Nous pouvons oeuvrer à l’aurore.

Sur la hanche nue de la métaphore,

La main sonne juste

Et ponctue à peine le séjour vibrant du buste

Erigé dans la couleur tremblée.

Oeuvrons encore dans l’intervalle

et aux coupes versées

Dans le grand chantier du matin.

La main sonne juste encore

Et sans emphase

Au secret du tableau

A la peau de la phrase.

Oeuvrons comme on persévère

Et au front lustré de l’entente

Comme des enfants peut-être

Faisons commerce de lumière

De mots et de menthe:

Un lâché de soleils vers

Le geste de renaître.

Barbara Auzou

 

 

P1050756

Les soleils vers 1 (Nouvelle série)

2018 – Niala

Acrylique s/toile 65×54 – cadre

850,00 € (encadré)

https://wordpress.com/view/alainnialablog.com

NOTRE JARDIN BLEU 8


NOTRE JARDIN BLEU 8

 

 

Tout perdure et reste peuplé

d’attente au poplité

que l’on ouvre avec une douceur émue

devisant encore sur le prix du blé,

le destin tremblant des mots d’or

et la couleur flouée de l’absolu.

Rouges au bleu pareilles

nos fondations comme des cabanes érigées

sur le grand loisir des pleines journées

et des grands soleils peuplés d’oiseaux féconds

que je devine à la pomme de leur chant picorant alertés

le pain chaud et rond de ta blonde poitrine.

Comme on bâtit  et comme on reste

nous faisons des champs à nos pieds

nos objets rares, nos objets neufs, nos émoluments terrestres.

Il y a un goût de sel fin et d’éternel

sur les fleurs poussées dans le jardin de l’amour

et le genou ouvrier à terre, on signe le pacte

comme un siècle d’homme en quelques jours

apaise la joue fardée et la bête alarmée de nos actes.

Barbara Auzou

P1050754

Notre jardin bleu 8 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 73×60, encadré.

NOTRE JARDIN BLEU 7


 

NOTRE JARDIN BLEU 7

Ce que tu sais

Du monde

Et de l’abominable

Que tu me tais

Le grand coq de la lucidité

Me l’a chanté affable

Au seuil d’un matin comme une ronde

Improvisée sur l’obscur sillon

De la nuit des grands poissons

Morts en l’absence de soleil.

Alors, viens , dansons

Fais-moi bleue pareille

Et investie d’un pas convalescent

A épuiser la route de vœux brûlants.

Donne- moi des oiseaux à renaître

Qui coupent court à la rumeur des fenêtres

Trop ouvertes sur un monde si aigri

Et contre l’indécence

Qui suinte à la cuisse blanche de la jalousie

Vois encore comme on danse

Et comme encore on a surpris

Le grand pavot qui somnolait dans la poisse des fleurs.

Comme on défroisse les peurs

Dansons.

Comme on demeure debout sur des terres d’angoisse

Dansons.

Rien ne devance la couleur.

Barbara Auzou

 

P1050750

Notre jardin bleu 7 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×50

NOTRE JARDIN BLEU 6


NOTRE JARDIN BLEU 6

L’aube a soulevé ses aisselles

dans l’heure silencieuse pour suspendre

ton image unique aux feuilles du tremble

et l’étoile feinte des séductions charnelles

s’entretient avec le vent de choses éternelles

dans le tendre jardin de la paix blonde.

 

Des mains neuves et sans mémoire

cueillent l’orange bleue du jour

et s’émeuvent de l’amer savoir du monde

en recul sur la vie, en recul sur l’amour.

 

C’est l’heure du pavot et de la cérémonie des coffrets

et l’enfant fiévreux de ton regard rampe

inquiet entre la persistance et l’origine,

s’allonge au berceau tressé de ses racines;

au front, une moiteur que ma main de menthe éponge.

 

Aussi longtemps que s’allumeront les lampes

sur le feu et la faim, la fleur de mon genou

s’offrira comme l’ultime rampe

qui mène aux marches humides de nos songes.

 

 

Barbara Auzou.

 

P1050747

 

Notre Jardin Bleu 6 – 2018 – Niala – Acrylique s/carton toilé 55×38, encadré

 

 

>

IN TEMPORALIBUS


IN TEMPORALIBUS

Tout autour en plein centre de bas en haut quand l’eau se prenant de démence par la rage d’un abus-d’homme-cause-de-nos-hors, pharaon de boulevard du crime, qu’un Nil porterait en désastreuses conséquences au sommet d’une pyramide tronquée. Tchao pantin ta courte vue, ton mépris de la vérité n’empêchent que je garde malgré la rage au ventre apportée par ton indifférence un espoir insensé. Il faut garder la vie à la vie et non la profaner. 36 ans après je vois les catastrophes naturelles s’enchaîner, panel élargi,  dans un mouvement d’accélération. Stop, il faut freiner. Laissez-nous chanter…
Niala-Loisobleu – 15/10/18
A2-Niala 73
EXULTATE-JUBILATE (Série IN TEMPORALIBUS FINAL n°55)  NIALA/1983
Huile s/toile 195X130
Collection MMme R. DELHOUME
L’ÉCLAIRCIE

La vase sur la peau des reins, le gravier sur le nerf optique, tolérance et contenance.
Absolue aridité, tu as absorbé toute la mémoire individuelle en la traversant.
Tu t’es établie dans le voisinage des fontaines, autour de la conque, ce guêpier.
Tu rumines.
Tu t’orientes.
Souveraine implacable et mère d’un grand muet l’homme te voit dans son rasoir, la compensation de sa disgrâce, d’une dynastie essentielle.

L’invincible dormeur enseignait à ses auditeurs inintéressés que là où le mica était perméable aux larmes la présence de la mer ne s’expliquait
pas.
De nos jours, les mêmes oisifs distinguent dans les fraîches cervelles innocentes les troubles insurmontables de l’âge futur.
Symptômes de l’angoisse à l’extérieur des sépultures de l’ingénuité en extase ; – ô profanation de l’esprit thermidor de famille, aurons-nous le temps de vous
imposer notre grandeur ?


L’intacte chrysalide a recouvré ses propriétés agissantes de vertige.
La perforation des cellules du rayon, la traversée de la cheminée anathématisée, la reconnaissance des créances oubliées se poursuivent à travers les
éclairs, le grésillement et la révélation de l’espèce fulgurante de grain solaire.
Le sort de l’imagination adhérant sans réserves au développement d’un monde en tout renouvelé de l’attractif pourra être déterminé en cours de fouilles dans
les archipels de l’estomac à la suite de la brutale montée, à l’intelligence non soumise, du trésor sismique des famines.

René Char

NOTRE JARDIN BLEU 5


 

NOTRE JARDIN BLEU 5

 

Puisque tu me regardes

Tu sais que les ombres qui s’attardent

Ne peuvent rien contre nos plus fiers chevaux

Lancés à l’assaut de la clarté apaisée

Et que le sabot au sablier

Comme des enfants de grand sommeil

Nous sommes partis pour rester

Par le murmure et le reflet

Fidèles aux fruits vermeils

Et à l’eau volage déroutée

De son lit convenu.

 

 

Puisque tu me regardes d’un oeil nu

Comme une fleur retournée sur la fraîcheur de la terre

Tu sais comme la beauté mène l’obscur à la lumière

Et que rien ne peut la déranger

Qu’un coeur martelé d’un savoir obtus

Porté sur des couches de vêtements usés.

 

 

Le jardin bleu a franchi la fenêtre de la chambre

Comme on s’ajuste aux choses de toujours

Et le ventre des collines a revêtu son ambre

Pour enjamber la margelle du jour.

 

 

Comme un grave écho de toi

Attendant son retour

Regarde-moi.

 

 

Barbara Auzou

 

P1050736

 

NOTRE JARDIN BLEU 5
NIALA/2018
Acrylique s/carton toilé 46×38
Encadré

ENTRE TIEN EMOI 32


55fd15efdfc60f57b3837d0932ad59b2

ENTRE TIEN EMOI 32

Les morceaux d’un entourage aux quatre coins. Que l’horizon en est devenu obèse sans sa ligne. Au point que des puanteurs se déguisent en N° de Chat-Nesles. Mélange à l’indécence, con fusion amorale, pornographie de la pureté, on va à la butée du noir…J’ai pas dormi. Besoin urgent de rassembler ce qui de Nous fut dévoyé insolemment. Sans permission.

Libre-arbitre, tolérance sont des vertus qui ne peuvent en aucun cas être galvaudées. La bêtise s’apprête à se faire reconnaître, c’est un édit de roi qui n’hante pas ma République.

La canicule détruit tout sans pitié, le réchauffement de la planète est le paradoxe le plus fort de l’homme-absurde. Plus il s’évertue à faire en sorte, plus la glaciation entre en son coeur. Comme Saturne il fait voeu de manger ses enfants.

Je suis triste

on voudrait écrire la Poésie sur du papier-chiottes

Peindre de la merde en tant qu’Art de la toile

Comme si le Jardin-Terre n’était  plus rentable qu’à exploiter la drogue

Dans mon coin d’idéal

où tu es venue

ma Muse

rejoindre bien d’autres concepts, il faut que nous protègions cet absolu

ma Barbara.

Il est menacé d’incompréhension.

Niala-Loisobleu – 9 Octobre 2018