NOTRE JARDIN BLEU 3


NOTRE JARDIN BLEU 3

 

Nous avons rangé dans nos poches

la perle corrompue

des saisons et celle du sens de la fête

versée dans l’abus,

la fausse épaisseur

et les clameurs inouïes

lancées vers l’idole d’une heure

promptes à vous faire une vie parfaite.

Nous n’avions pas d’idole mais toute une vie

pour entourer les pierres d’une tendresse particulière

et accrocher comme on aime

nos yeux aux boutons ouverts

de la fleur rescapée de l’indifférent système.

Notre jardin bleu est de ceux où l’on sème

la contemplation muette et le chant de nos oiseaux

résonne de branche en branche

sans se cogner jamais aux couloirs du dimanche

et à ses familiales querelles.

Notre jardin de fortune promet le cadeau

de fruits ronds frissonnant encore de leurs eaux

et nous les déposons aux paumes de la lune jumelle

qui couche son lit à l’ombilical de nos rêves

entre la fraise, la menthe, et le persil.

Il arrive qu’on y croise la nuit

les blanches grand-mères de nos enfances

et on les regarde reprendre leur danse

ravies.

ô Marthe, Louise et Jeanne,

le tilleul frondeur pénètre encore par la fenêtre

pour chaparder la madeleine de vos tisanes.

Barbara Auzou

 

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Notre Jardin Bleu 3 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×46

JE RETOURNE LE TAIRE POUR QUE POUSSE NOTRE JARDIN 3


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JE RETOURNE LE TAIRE POUR QUE POUSSE NOTRE JARDIN 3

 

La tôle frappée des pensées non retenues entraîne les stimuli sensoriels.

Derrière le papier-peint l’espace a le goût du plâtre. La fissure insinue l’air.

Marches-tu sur un fil qu’à peine mus, tes pieds me jettent leurs chansons aux paumes.

Coeruléum les pierres aiguisées au fusil, ont allumées un rai sous ma porte.

J’ai pu lire ta présence l’instant de l’éclair.

Mot à mot.

En courant sur la passerelle de tes voyelles.

Cadnium d’un escabeau jaune levé le premier.

Des rouges remuent aux queues des branches, déplaçant le suc sorti de la motte de tes reins adossés à l’espalier. Une nervure prometteuse à la ligne de la feuille.

 

La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine – L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –, je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ; je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ? Demander c’est mourir !

L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri qui me donne ton silence !

René Char

Les Matinaux, La Parole en archipel, © La Pléiade, p.372

 

Je dirais à tout le Monde comme je t’aime en dehors de lui. A toi je tairais l’artificiel.

Mes mains iront écoper les sueurs de la canopée, pour ranimer les volcans éteints.

Pas besoin d’un silex. Il suffit que tu dégrafes tes bras.

Vas où la virginité indélébile regarde les viols s’autodétruire. J’ai ta robe blanche à nos nuits pures.

Les arbres sont en orée des clairières. J’ai peint.

Pour limer la solitude stérile au ras des barreaux du lit des rivières.

Un rose tyrien émergé de ta poitrine. Pris à pleine bouche.

L’eau pure fait chanter tes battements de pieds.

Ecailles dépeignées tu bruisses aux branchies de mon oui.

Tu as aboli le temps. Empalant la pendule sur les aiguilles d’un maquis corse.

Ils seront aucun. Nous serons deux à comprendre l’autodafé

Ma mer cobalt rejoint les ocres où les coraux se reproduisent. A pas lents d’une course océane.

Je l’aime partout

Nage ma Muse dans la transparence de ton rayon.

Je t’aime à la force du souffle que ton existence met à l’énergie créatrice de mes doigts !

 

Niala-Loisobleu – 19/09/18

NOTRE JARDIN BLEU 2


NOTRE JARDIN BLEU 2

Que peut-on pour le monde

sinon nous promettre d’arracher

ce que l’on est à son fantôme froid

et notre cheval clairvoyant est rentré

à l’écurie peiné , boitant, mais droit

par la porte à deux battants

ouverte sur sur ce grand tout aux cendres retombées

sur le végétal à jamais innocent.

Nous resterons silencieux à soutenir notre effacement

par les yeux

par la peau

par ce peu de mots clairs

arrachés à la mâchoire immonde

et la main se souvient et dessine

la saison des corps sous le feu nomade

qui se balance à l’amble de l’abri sédentaire.

Les coqs déboutés de leur faconde et de leur fortune

saluent maintenant comme des métronomes

nos nuits de plumes couchées sur papier de verre.

Notre jardin bleu est un oeuf de lune

dont nous habitons le jaune.

Barbara Auzou

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Notre Jardin Bleu 2 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×50

NOTRE JARDIN BLEU 1


NOTRE JARDIN BLEU 1

 

Au bout de la route franche

qu’on ne foule que de l’âme

sur les courbes de l’unité et de la spontanéité du geste

se trouve un jardin bleu dont la hanche

tremble comme une mariée aux pieds nus

et qui s’émeut de la caresse

d’écume à ses cheveux et de la rondeur

de ses larmes quand le gant de lierre

qu’elle retourne la détrousse dodue

de ses solides trésors d’enfant

tressés sur les mystères

d’un rire innocent.

Les arbres déroulent leurs feuilles au flanc

d’un tendre abri. Que célébrer sinon la vie

et la pensée que l’on existe maintenant

la fleur le sein le fruit en leur juste poids

les mousses de la douceur sur le velours de l’appui?

L’azur croît pour soutenir la lumière

des mains réciproques qui s’enroulent au hasard

saisonnier des moissons à venir.

Des greniers de la peau qui s’étonnent encore

de leur réserve de sel s’échappent des bourgeons de rires

et quelques boutons d’or.

Barbara Auzou

 

 

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Notre jardin bleu 1 – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 61×46

 

PIERRES D’EAU


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Toile en cours 61×46 – Niala 2018

 

PIERRES D’EAU

Pâte laissée au bord

tes doigts puisent d’eau

la couleur transpire

Bateau-maison d’aisselles

résidence  embouchure

qu’un estuaire confluente

Ces

Pierres

là avancent

nouvelle vision

comme aqua r’ailes en vie d’un épisode en cours

flux val

au 3 de 7 t’ambre d’un an de grâce à part

N-L – 03/09/18

LA MAISON QUI S’APPRÊTE


 

LA MAISON QUI S’APPRÊTE

C’est un chantier silencieux et louable

qui se bâtit en coulisse

et dans la régulière scansion

de la maison qui s’apprête,

bât le pouls en excès raisonnable

et sans malice

sur des viscères au diapason

et au secret de ce qui se projette.

Vecteurs de ventres vierges

à contrer les errances revenues

de leurs prisons successives,

les corps ploient comme des arbres ivres

de soleil aux artères traversées d’expérience.

Au bout de la route effacée

reverdit le terrain de l’enfance

regagné pas à pas sur l’ignorance

à qui l’on a donné un nom.

Et on reste là à écouter

le rouge battement

d’une terre qui donne raison.

Barbara Auzou

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La Maison Qui S’apprête – Niala  –  2018 – Acrylique s/ toile. 61×46

PLEINE EAU


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PLEINE EAU

Le cri d’un coq traîne par les rues vides, dans cette chaude après-midi de juin où il n’y a personne.
Le silence, profond comme un grenier à blé abandonné, gorgé de chaleur et de poussière.
Quel désœuvrement sous les voûtes basses de ces tilleuls, sur ces marteaux de portes où bâillent mille gueules de bronze !
Quel après-midi de dimanche distingué, qui fait rêver de gants noirs à crispins de dentelles aux bras des jeunes filles, d’ombrelles sages, de parfums inoffensifs, des
steppes arides du cinq à sept !
Seul un petit nuage, alerte, blanc, — comme le nageur éclatant porté sur l’écume ombre soudain de stupidité la foule plantée sur la plage — couvre de
confusion tout à coup le paysage endormi et fait rêver d’extravagance au fond de l’avenue un arbre qui n’a jamais encore volé.

Julien Gracq

 

Illustration: L’Eveil des formes encloses (Auto-portrait) – 1982 – Niala – Huile s/toile 100×81 – Collection Laure Calmette

NOUVELLE-LUNE


NOUVELLE-LUNE

Le soir prépare l’herbe tendre du matin

Comme une terre d’asile transitoire

Où les couleurs s’éprouvent aux mains

Et au langage de l’arbre familier

Qui réclame un nouveau départ

À la feuille obstinée portée en collier.

 

C’est le chant fragile d’entre-deux nuits,

La crête rouge incendiée

Sur la scie sensible de l’initiation

Et déjà l’enveloppe quotidienne du corps

Se plie au troublant exercice de la disparition

Au souffle bleu d’une surface lavée

À bâtir partout son territoire

Contre la terre mouvante des hâtives fondations

Contre l’orgueil émacié de la lune et ses marées.

 

Les fleurs fugitives ont empoigné un pan du ciel

Et ne connaissent ni le regret

Ni la crainte sèche des lendemains.

Elles peignent du champ des possibles le robuste crin.

 

Les sabots de la traversée martèlent

Notre histoire et trouvent refuge dans le bouquet.

 

Barbara Auzou

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Nouvelle-Lune – 2018 – Niala – Acrylique s/toile 65×54

VOICI 3 NOUVELLES PAGES A CE BLOG


 

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VOICI 3 NOUVELLES PAGES A CE BLOG

 

Je viens d’ouvrir trois nouvelles pages  et vous invite à les suivre en y laissant la trace de  ce qu’elles vous inspireront.

1 – AUTAN OCCITAN

Réunissant l’ensemble de la création commune de Barbara Auzou et moi-même.

 

https://alaindenefleditniala.wordpress.com/autan-occitan/

 

2 – LES JARDINS SUSPENDUS DE BARBARA AUZOU

Recueil de poèmes de Barbara Auzou.

 

https://alaindenefleditniala.wordpress.com/les-jardins-suspendus-de-barbara-auzou/

 

3 – L’EPOQUE 2018

Une série des dernières oeuvres de Niala

 

alaindenefleditniala.wordpress.com/lepoque-2018/

 

 

Les liens sont dans la barre du haut

 

Merci  d’avance et à bientôt…

 

Niala-Loisobleu – 14 Août 2018