ARBRES 1, 2, 3


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ARBRES I

Du monde confus, opaque des ossements et des graines ils s’arrachent avec patience

afin d’être chaque année plus criblés d’air

ARBRES II

D’une yeuse à l’autre si l’œil erre

il est conduit par de tremblants dédales

par des essaims d’étincelles et d’ombres

vers une grotte à peine plus profonde

Peut-être maintenant qu’il n’y a plus de stèle n’y a-t-il plus d’absence ni d’oubli

ARBRES III

Arbres, travailleurs tenaces ajourant peu à peu la terre

Ainsi le cœur endurant peut-être, purifie

Je garderai dans mon regard

comme une rougeur plutôt de couchant que d’aube qui est appel non pas au jour mais à la nuit flamme qui se voudrait cachée par la nuit

J’aurai cette marque sur moi de la nostalgie de la nuit quand même la traverserais-je avec une serpe de lait

Il y aura toujours dans mon œil cependant une invisible rose de regret comme quand au-dessus d’un lac a passé l’ombre d’un oiseau

Et des nuages très haut dans l’air bleu qui sont des boucles de glace

la buée de la voix

que l’on écoute à jamais tue

 

Philippe Jacottet

PETITE HERBE


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PETITE HERBE

Vieilles chandelles de mèche avec hier

froideur d’un extérieur caché je ne sais où.

Ma charrette a saigné l’herbe tendre

deux rails restent au pré

humides de rosée

 

Qu’importe les cris des musettes, les musiques des vins blancs, les vagues en remous de bulles pas pâles, les champêtres matins d’orages au bord d’une éponge à effacer la craie d’un calcaire de tartre à la crême, les foulures de chevilles, les entorses de tenons, la petite mort prend son aise à héler le rabot pour tirer la languette de la chevillette qui chérira unanimement le membre inscrit. Manifestement solidaire.

D’un coeur croisé

sorti

le rouge-gorge

a chanté.

Ah que la lune est belle, vierge de squats indélicats

Vive la marée !

Ma campagne-maritime est au zénith des navigants

Petit grain bleu-horizon

la pelle ouvre un sillon

pour germer l’innocence loin de l’incompréhension.

Mon coeur cabane

ma Muse

au-dedans de son espace-libre

Elle Emoi ramons

Niala-Loisobleu – 19 Juillet 2017

 

CHEVAL DE POSTE


CHEVAL DE POSTE

Piqueté

de chants d’oiseaux

un ciel bleu

pédale

Les mots du chemin vert

toujours debout

n’ont pas eu le Rubicon à franchir

Le vent porte à porte tient la foulée du cheval de poste changé en relais. Les feuilles du tronc vertical ont l’encre dans la veine, roulant au rythme de la plume nourrie par les voyages en quête d’apprendre sans négoce. Les froufrous du bloc-notes remuent la pensée de leurs doigts au plus fou de leurs caresses. Un tableau picaresque, des villageois, des meules, que de feux de St-Jean ils tiennent dans leur amadou. Saute ma Muse, je ricoche d’une rive à l’autre. Pont-levis et herse libres de droits.

Niala-Loisobleu – 25 Juin 2017

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FRISSONS SALANTS


FRISSONS SALANTS

L’air encore seul sur le sable

les paroles restent avenir

Immobile en corps

mon regard se fait genre du voyage

libre détaché du bout des yeux

tournés de l’autre côté de l’impossible accord de l’incompréhension

Querelles par transmissions de courroies décrantées

abandonnées aux mouvements pendulaires grippés

Les odeurs foraines des baraques à frites garderont leurs cernes

pas de bonneteau pour désigner la bonne timbale

jeux d’hasard mon vieux Balthazar c’est qu’appentis sorcier pour abri

La chaume du marais ne tend point l’appeau

d’un piège à ours dans ses roses eaux

Juste le frisson d’un vent qui murmure les plis de l’onde

laisse à l’innocence son naturel défait de culpabilité

sans avoir à rougir d’aimer.

Niala-Loisobleu – 29 Mat 2016

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