REMANENCE


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REMANENCE

C’est Dimanche, je regarde et vois qu’à part la chaleur et moi tout est chômé. Dans ma glace je vois la fenêtre avec des carreaux de tablier. Je suis à l’école. Plongé dans ma réflexion à propos de la vie. La mienne en particulier. Je vis depuis longtemps et toujours j’ai été en classe, à part à l’époque que c’était l’obligation d’y aller que j’aimais pas, je cherche à comprendre.

L’importance tisonne le feu de ce creuset là. Les moments ternes s’effaçant d’eux-mêmes.

L’expérience étale ses cartes se fait une réussite pour trouver réponse au Rémanent qui subsiste. La question générale envoie des alinéas, ce sont les choses écrites en tout petit sur son contrat qui font tout. Qui suis-je où vais-je, comme en allons-nous, mon cher Paul, dis-moi tout.

On vit ou pas, que tu meures ne change qu’avec la façon dont tu as traversé. Moi j’ai commencé tout de suite à vouloir vivre, je n’y ai pas toujours réussi mais j’ai jamais voulu mourir tout en sachant qu’il n’y pas moyen d’y échapper sauf pas naître. Tu vois le merdier ? Tellement bien que c’est pour ça que je sors pas de la vraie école.

Les chats ont plusieurs vies dit-on, j’aime pas trop les chats, sont trop égoïstes, mais je dois être un cheval-félin parce que j’affirme en avoir plusieurs. Avec l’espoir c’est incontournable, sinon bonjour la casse.

Je m’étonne pas de me trouver devant des situations que je croyais connaître en m’apercevant que l’espoir a le don de les configurer tout autrement. La première fois que j’ai eu le sentiment d’être déjà venu là où j’étais pour la première fois m’est apparu tout petit. Mon père sourit chaque fois qu’il me fait signe de là-bas.

Initiation.

Alors je parle haut et tout seul pour savoir pourquoi cette chose vécue paraît toute neuve et pas du tout pareille, comme si on l’avait connue à côté de son importance fondamentale.

Illustration: Délivrance (Série In Temporalibus ) – Niala/1983 – Huile s/toile 90×73

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2018

LA BOÎTE A L’ÊTRE 39 / COULE L’EAU


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 39

COULE L’EAU

Chevilles en gargouilles

Au bord du quai

Les ongles d’une nuit griffent

Les pas qui vont de travers

L’Ile St-Louis cherche où asseoir son chêne

Il n’y a plus d’espace vers la justice

La Conciergerie est dans l’escalier

Les affaires renvoyées en poste restante

Un chat maigre surveille la souris de l’ordinateur

Les yeux enfoncés dans un famélique festin

D’un délire d’affamé

Quand la Seine partit un certain matin du Plateau de Langres

Est-il possible qu’elle ait pu imaginer les peines

Qu’il lui faudrait supporter avant de gagner son Hâvre

J’en doute

Quoique les méandres m’interpellent

Ne sont-ce pas des spasmes

Des ruades

Des j’irais pas plus loin

Si elle a eu des prémonitions

Jehanne mise à part

Mais roue en dedans

Peut-être qu’elle a vu la première

Le mal de France

Sous ses formes géopoliticophysiques

Batelières

Ou maritimes

Quelle drôle d’idée d’avoir donné ce nom là à un transatlantique

Surtout quand on flotte de travers

Qu’on prend l’eau à la première goutte

Alors j’te dis pas quand la tempête arrive

J’ai gardé la verdeur de la mousse des bords de quai

Mes fesses en sont tatouées à jamais

Louis , mon père

M’y a appris à lire l’homme

Rhune pas piqué des foins

C’est fou comme un bon maître est un pont insubmersible

On a été quelques uns à cette école là

Nos fronts en gardent les craies

Coule l’eau

Coule la vie

 

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2011

 

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DESCENTE D’UNE ÎLE


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DESCENTE  D’UNE ÎLE

Qui t’avait bâti des cils

l’imitation du bleu égyptien,

le concassé de verre du faîte des murs

où le pigment des romains du pousse en bas

qui mosaïque encore la fin de Carthage?

Ton regard réverbère

a flâné  dans mes rues en dépliements limonaires,

cachés sous le masque de carton percé de notes foraines,

une odeur de cheval chaud entre les jambes

pour solde d’émotion

au rabat des paupières

Je nous revois debout au claquement tendu des voiles,

débordant le reflet de l’avant-dernière pyramide, cherchant le caillou,

pour passer entre les colonnes d’une palmeraie

suant des dattes échues au cadran solaire,

un cuir de crocodile en façade des dunes accroupies

pissant les cataractes au lac Nasser

Quelque tu soies à nu de la vérité dissimulée

je t’ai aspé par les traboules

en cavalcade de pieds nus pour taire le bruit des bottes.

Tu n’as pas connu Jean Moulin, pourquoi te dis-je ça?

Parce que je garde les purs

plus vivants que les momies d’une lettre d’amour papyrus,

que les hyéroglyphes d’une pierre muette on voulus encrer de soleil.

Copié-collé d’hier sur aujourd’hui

désordre

temps l’heur d’été en heurts divers

montre mol

un pied dans la mauvaise chaussure de l’horaire.

Je ne suis qu’un secret taire vénitien niellé de tiroirs pleins

qui cognent à la surface de l’ô pour prendre l’air

Une seconde, que j’m’y r’trouve, où tu m’as suis-je collé

dans ce mensonge prologue-épilogue,

dernière feuille tablant matière

à persister cette manière de débarquer

en main tenant une poire pour la soif

Mon sable crisse au rose des écailles que les ouïes ventilent au boulier

le caillou tient par le fil d’une semelle de vent en arrière-pensée

tes sarments de piquette d’amour

et mes pigments

ne sont que les plumes minérales accouchées sur la toile

que mes mots tissés au blanc de mes poils nus vêtent de leur corpus

Tout en un, répète mon pantalon blanc, en marchant dans la merde jusqu’au « je nous ».

Déjà dès quand j’avais été petit, j’ai goûté à l’abus de camarades profiteurs. Le petit enfant que je suis resté a continué à servir de casse-croûte aux barbares des deux sexes. Ils arrivent plein d’empathie, enfin reconnus te disent-ils, pour leurs vraies qualités, tu deviens leur homme, ils te le jurent, te voilà cet être merveilleux, pur et sans tâche qui a su reconnaître ce qu’ils se croient être. Le tricheur est tellement angélique que tu ne vois qu’après que c’est un parasite. Son habileté à se faire luire à partir de ce qu’il ne possède pas, fait l’admiration  d’une cour ténébreuse dans laquelle il satisfait un boulimique et chronique instinct de mentir. Ils ont tous les costumes dans la penderie, tous les accessoires pour aborder n’importe quel rôle sur la grand-scène fabuleuse d’internet.

Le recul des côtes rapprochant du large, le sel se trouve donc pêchable dès le bord. Alors si t’y trempe le carrelet, tu peux remonter du crabe qu’en apercevant le danger de ses pinces. Suffit de se foutre ,à poil, il meurt sur le coup. Bien sûr la nature est marquée par cette pollution humaine. Impossible de l’éradiquer, les verts qui s’en flattent avec leur bio sont juste intéressés par le profit monétaire. Alors comment faire ? il reste assez de propreté chez l’Homme pour la donner en partage à ses enfants. Mon Louis vient de quitter le nid parental, il vole tout seul ce petit-fils à qui j’appris le Nil. Tout à l’heure il va venir chercher des peintures pour ses murs blancs. A voir comme il allume de bonheur de se savoir libre, je suis tranquille, la graine lève encore. Rien n’est foutu au coeur.

Niala-Loisobleu – 15 Mars 2017

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ALEPH ma chair aux épouvantails des curées


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ALEPH

ma chair aux épouvantails

des curées

Alors je vis « l’Aleph »,équin-tricycle

et ce matin vînt du jour dernier d’hier, le déclic amorçant l’ouverture d’un embrayage qui refusait de sortir du stationnement de ces derniers temps. Les roues du moulin meulent et les zèles changent de monture. Rossinante demeurera à jamais dans La Mancha, le grain d’un passage dégourdit les vannes du bief. En ordre dispersé, rue de Verneuil, équin-tricycle ressortent un père faire ailleurs, une mère équinoxe,  le Front Populaire, une et puis deux guerres, bric à brac flibustier se riant des morsures du grinçant. Le film s’échappe des bobines fossé des inventaires de la stricte réalité de mon existence. Orsay musée change de destination….Je suis rien et multiple, marches, colonnes, fronton, double luminaire à l’oeil ouvert, tenant par l’ombilic la Femme aux cheveux arc-en-ciel,  marchant sur le  fil du rasoir, le balancier tenant le caniveau émancipé. Autre et incomparable proximité née d’une fausse distance Nous barbotons nos âges dans nos marres. Un amoureux  glissement d’ailes de canard,  sensuel colle vers, en brouillant les dates de nos révolutions sous l’oeil de nos Anges. Démons et merveilles. Et toujours l’Eternel Cheval, mains tenant, monté d’une statue de Vénus callipyge ne voulant plus voir Vesoul, pour nourrir qu’en Arles peint visible l’olivier à huile de Vincent, à son sein. Aphrodite, soulevant son péplos pour regarder ses fesses, nécessairement superbes, robe blanc et noir, blond pelage,crin yin et yang. Cabanant d’ici à là, un Atelier mobile dresse son  chevalet à l’écart des soupirs du Sade de Venise, mais bien au lit d’ô, des naissances dans la douleur. L’Etoile de lin dans l’autre. Que d’arbres, une médecine végétale forestière sans flacon qui tartine sur  canopée la sève des mots-peints. Lamentations éteintes, murs mis au pilon, les lignes gravent leurs orgasmes en majuscules paraphrastiques. La vie comme dab, faisant son transit de naissances en fausses-couches, des fils-enfants sont décousus du temps qui passe. J’ai craché le sans sur mes nativités.

Poèmes d’Amour, ô Jorge Luis Borges aide-moi, explique-leur l’indicible maux à mots de l’encre qui pleure acide  quand l’araignée se manifeste en orbite et comme tu l’as si bien dit :

….la circulation de mon sang obscur, l’engrenage de l’amour et la transformation de la mort, je vis l’Aleph, sous tous les angles, je vis sur l’Aleph la terre, et sur la terre de nouveau l’Aleph et sur l’Aleph la terre, je vis mon visage et mes viscères, je vis ton visage, j’eus le vertige et je pleurai, car mes yeux avaient vu cet objet secret et conjectural, dont les hommes usurpent le nom, mais qu’aucun homme n a regardé : l’inconcevable univers. J-L Borges

 

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Extrait de « L’Aleph » (Traduction de Roger Caillois)

Alors je vis l’Aleph.

j’en arrive maintenant au point essentiel, ineffable de mon récit ; ici commence mon désespoir d’écrivain. Tout langage est un alphabet de symboles dont l’exercice suppose un passé que les interlocuteurs partagent comment transmettre aux autres l’Aleph infini que ma craintive mémoire embrasse à peine ? Les mystiques, dans une situation analogue, prodiguent les emblèmes : pour exprimer la divinité. un Perse parle d’un oiseau qui en certaine façon est tous les oiseaux ; Alanus ah lnulis d’une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part ; Ezéchiel, d’un ange à quatre visages qui se dirige en même temps vers l’Orient et l’Occident, le Nord et le Sud. (Je ne me rappelle pas vainement ces analogies inconcevables ; elles ont rapport avec l’Aleph.) Peut-être les dieux ne me refuseraient-ils pas de trouver une image équivalente, mais mon récit serait contaminé de littérature, d’erreur. Par ailleurs, le problème central est insoluble : 1’énumération, même partielle, d’un ensemble infini. En cet instant gigantesque, j’ ai vu des millions d’actes délectables ou atroces ; aucun ne s’étonna autant que le fait que tous occupaient le même point, sans superposition et sans transparence. Ce que virent mes yeux fut simultané : ce que je transcrirai, successif, Car c’est ainsi qu’est le langage. J’en dirai cependant quelque chose.(..)je vis une petite sphère aux couleurs chatoyantes, qui répandait un éclat presque insupportable, je crus au début qu’elle tournait ; puis je compris que ce mouvement était une illusion produite par les spectacles vertigineux qu’elle renfermait. Le diamètre de 1’Aleph devait être de deux ou trois centimètres, mais l’espace cosmique était là, sans diminution de volume. Chaque choses (la glace du miroir par exemple) équivalait à une infinité de choses, parce que je la voyais clairement de tous les points de l’univers. Je vis la mer populeuse, l’aube et le soir, les foules d’Amérique, une toile d’araignée argentée au centre d’une noire pyramide, un labyrinthe brisé (c’était Londres), je vis des yeux tout proches, interminables, qui s’observaient en moi comme dans un miroir, je vis tous les miroirs de la planète et aucun ne me refléta, je vis dans une arrière-cour de la rue Soler les mêmes dalles que j’avais vues il y avait trente ans dans le vestibule d’une maison a Fray Blentos, je vis des grappes, de la neige, du tabac, des filons de métal, de la vapeur d’eau, je vis de convexes déserts équatoriaux et chacun de leurs grains de sable, je vis à Inverness une femme que je n’oublierai pas, je vis la violente chevelure, le corps altier, je vis un cancer à la poitrine, je vis un cercle de terre desséchée sur un trottoir, là où auparavant il y avait eu un arbre, je vis dans une villa d’Adrogué un exemplaire de la première version anglaise de Pline, celle de Philémon Holland, je vis en même temps chaque lettre de chaque page (enfant, je m’étonnais que les lettres d’un volume fermé ne se mélangent pas et ne se perdent pas au cours de la nuit), je vis la nuit et le jour contemporain, un couchant à Quérétaro qui semblait refléter la couleur d’une rose à Bengale, ma chambre à coucher sans personne, je vis dans un cabinet de Alkmaar un globe terrestre entre deux miroirs qui le multiplient indéfiniment, je vis des chevaux aux crins denses, sur une plage de la mer Caspienne à l’aube, la délicate ossature d’une main, les survivants d’une bataille envoyant des cartes postales, je vis dans une devanture de Mirzapur un jeu de cartes espagnol, je vis les ombres obliques de quelques fougères sur le sol d’une serre, des tigres, des pistons, des bisons, des foules et des armées, je vis toutes les fourmis qu’il y a sur la terre, un astrolabe persan. je vis dans un tiroir du bureau (et l’écriture me fit trembler) des lettres obscènes, incroyables, précises, que Beatriz avait adressées à Carlos Argentino, je vis un monument adoré à Chacarita, les restes atroces de ce qui délicieusement avait été Beatriz Viterbo, la circulation de mon sang obscur, l’engrenage de l’amour et la transformation de la mort, je vis l’Aleph, sous tous les angles, je vis sur l’Aleph la terre, et sur la terre de nouveau l’Aleph et sur l’Aleph la terre, je vis mon visage et mes viscères, je vis ton visage, j’eus le vertige et je pleurai, car mes yeux avaient vu cet objet secret et conjectural, dont les hommes usurpent le nom, mais qu’aucun homme n a regardé : l’inconcevable univers.

Jorge Luis Borges (L’ALEPH – Gallimard, 1967)

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CHEVALERIE


CHEVALERIE

La nuit à cheval sur le jour

pose sur la lune

mes sabots en clair-obscur

 L’eau tisse un voile de rosée

pour faire front au paysage aride

A l’orée des claires dans la baillée des huîtres

je n’irais pas commémorer  la perle des coquilles vides

Cette côte me voulant plus sauvage encore

que la faune et la flore d’une diversion imposée

mon concept de l’amour reste lié à la quête du graal

Les arbres tremblent toujours en premier

en réception souterraine du plus intime de la racine

infiltrée par la le rugissement des lions

Je n’enfouis pas les chevaux et les bisons

d’une fresque laissée par l’Homme

à 36.000 années de là

dans l’espoir de retrouver la vie

au souffle d’Amour de tes seins

Terre aux ocres rouges

charbonne-moi de sanguine

et pose-moi en Amazone

sur le trait d’une sarbacane

chantant des couleurs de plumes avides d’aimer

Pour que Toi

Tu sortes de ton sommeil artificiel

Libre de corps comme d’esprit…

Niala-Loisobleu – 7 Décembre 2016

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Parle-moi, dis-moi en corps la voie…des enfants qui sèment


Parle-moi, dis-moi en corps la voie…des enfants qui sèment

Un comment taire,

à deux vouloir dire…

Cité là et que tu m’entends

sens comme je t’habite

en l’ô qu’à taire

sous ton Toi brûlant

assis, accroupi, couché en l’air

debout en bout

De mois en moi

ma régnée qui tisse partout

Je suis là, au bord du lac, yeux clos pour mieux m’inhiber de la beauté du lotus, peu importe la posture, c’est une gymnastique à erre aux biques que ce gain trouble, je t’ai choisi d’entrer pieds nus dans l’onde de tes rins qui me traverse l’échine en tous points, la vois-tu, lier ses mèches à ta lampe, en tremblotant la lumière s ‘élève en parfums dansants, oui, immobile la voilà qui reflète ses dents dans l’émail d’un regard, elle demeure immobile, pénétrée pénétrante, dans cet instant à ne point perdre, je saisis d’une touche la couleur unique qu’elle m’a transmise, ma Muse je dirai sans bas aux ambages la joie humble de l’évasion que l’amour est seul capable de donner. Et au frisson de l’onde qui envoie des cercles liants, je noie ma tête, heureux comme un imbécile, qui vient à la fontaine remplir ses seaux d’anges

Fou comme un matin allumé du seoir…

J’ai gardé les images de ma plume vespérale pour la tremper, matinal, dans les vapeurs de l’aube. Il fait froid d’un noir masquant jusqu’à la tête du lit, la blancheur du drap dont le jardin est couvert. Le silence a pris l’apparence d’une épaisseur.Ma tête et ses trous, hibernent à l’amorti de ta poitrine.Ta tête s’est coiffée de la ouate que le bouleau avait accroché à ses branches. Te voilà poudrée comme une marquise. Tiens… je suis à ton abri de dimanche.

Des maisons ouvrent leurs murs le long des côtes. Mille sabords pointent l’affût des canons au Bar de la Marine. Brouage est resté à quai, la marée est accrochée aux Amériques. Si ce n’était le vent qui gonfle les soufflets des orgues de Barbarie, de toutes ces traversées, ne resteraient que des cartes postales délavées. Un héron cendré secoue les braises, Moëze conserve mon intimité dans le sel du marais d’Oléron. Laisse glisser le vieux loup dans ton Pertuis ma Chérie.

Depuis que les oranges se sont vues remplacer par des cons soles, je ne joue plus au ruban de Noël que l’on coupe au paquet des sabots de la cheminée.Avec mes fils, les Rois Mages ont foutu un sortilège dans la fève. Il y a des contes à rendre.

Il pleut pleuvoir tant qu’on vœux sur Brest, rappelle-toi Barbara, t’inquiètes mon bon Jacques, je n’ai rien oublié. On dit que la mémoire est sélective, si c’est vrai, ceci explique cela. T’es toujours en tête de liste dans le carnet d’adresse de mon coeur. Il en est tellement passé de visiteurs, qu’entre les biffures, demeurer c’est siéger au Temple de l’Amour. En cette matière, tu fus mon meilleur instituteur….parle-moi, dis -moi en corps la voie…des enfants qui sèment

Niala-Loisobleu – 1er Décembre 2016

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L’Adolescent Souffleté


L’Adolescent Souffleté

Les mêmes coups qui l’envoyaient au sol le lançaient en même temps loin devant sa vie, vers les futures années où, quand il saignerait, ce ne serait plus à cause de l’iniquité d’un seul.
Tel l’arbuste que réconfortent ses racines et qui presse ses rameaux meurtris contre son fût résistant, il descendait ensuite à reculons dans le mutisme de ce savoir et dans son innocence.
Enfin il s’échappait, s’enfuyait et devenait souverainement heureux.
Il atteignait la prairie et la barrière des roseaux dont il cajolait la vase et percevait le sec frémissement.
Il semblait que ce que la terre avait produit de plus noble et de plus persévérant, l’avait, en compensation, adopté.

Il recommencerait ainsi jusqu’au moment où, la nécessité de rompre disparue, il se tiendrait droit et attentif parmi les hommes, à la fois plus vulnérable et plus fort.

René Char
Je fus d’abord anonyme. Lâché, ignorant tout du parachute. Mais pareil en tout cela que tous les autres marmots mis au monde.
Gardant la leçon première de natation in puris naturalibus.
Le premier aiguillage survient, c’est la règle imposée. Le bon comme le mauvais vont s’y trouver.
De toutes les naissances successives qui s’ensuivront, la plus importante se situe dès l’apparition de la règle imposée, elle s’appelle l’Equilibre. Auquel nous ne cesserons jamais de devoir faire appel. Ying et yang. Nôtre Porte Basse.
Je suis né d’une pierre brute
j’ai levé la tête
puis à genoux au sol ai tracé
Pierre
j’ai poli
j’ai monté rang après rang
pour atteindre la flèche
j’émane d’avant pour après
je construis ma cathédrale
mécréant sacré
Homme de Foi
Niala-Loisobleu – 18 Novembre 2016
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L’aven Bleu


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L’aven Bleu

Te voici

j’ai vu les ris d’ô bouger

quand du calendrier

sont remontées les riches heures

Ce matin que les soirs n’ont pas biffé d’une ride

si tes seins tombent un peu plus

c’est d’un élan naturel

d’en vie de retrouver des demains

qui tiennent leur livre grand ouvert

Niala-Loisobleu – 6 Octobre 2016