AUTO-PORTRAIT


Copie de LE PETIT PEINTRE BLEU - 2010 - NIALA

AUTO-PORTRAIT

 

Mes sourires baladent à la hauteur des vagues que le vent soulève

Il y a des treilles qui gardent la grappe en période de sommeil des feuilles

ma nudité demeure pour seul garant

Que la toile, le canson, le carton-bois, le contre-collé

fassent ce qu’il faut à peindre et à écrire

du cri que mon ventre ouvre au couteau

sans peur de dire voilà mon peint

je ne suis rien d’un saint

j’aime aimer comme envers et contre tout ce qui épouvantaille la vie des oiseaux..

Niala-Loisobleu – 1er Mars 2018

 

Saunier te rateles-tu ?


 P1030955

Saunier te rateles-tu ?

 

L’Amour n’est pas tout

 

L’Amour n’est pas tout : il n’est ni viande, ni boisson

ni sommeil ni toit qui protège de la pluie;

Il n’est pas même un espar flottant pour les hommes qui sombrent

et refont surface et sombrent et refont surface et sombrent à nouveau;

L’Amour ne peut remplir de souffle le poumon enflé

ni purger le sang, ni réparer l’os fracturé;

et cependant nombre d’hommes sympathisent avec la Mort,

au moment même où je parle, uniquement par manque d’Amour.

Il se pourrait bien que dans les temps difficiles,

clouée au sol par la douleur et gémissante d’en être libérée,

ou tourmentée par la puissance du manque de résolution passé,

je puisse être amenée à vendre ton Amour pour l’apaisement,

ou faire commerce du souvenir de cette nuit pour manger.

Peut être bien. Je ne pense pas que je le ferais.

 

Edna Saint Vincent Millay (1892-1950) (traduit de l’américain par E. Dupas)

 

De ce qui mange l’oxygène à la base de la respiration, est une part d’asphyxie de la présence. Présence spirituelle, qui compense l’étouffement conjoint. Tu peux savoir le solfège et laisser les guitares de marbre, une belle cravate ne sait pas fleurir le chant sauvage. Tout le pouvoir étendu de l’artificiel donne un goût au pain qui fait défaut à la mie. Déodorant mangeur d’ozone, sous tes aisselles il n’y a rien qui m’attrape la moelle par l’instantané du sentiment, hybride mamelle synthétique pour empêcher le bébé de pleurer quand il sera grand. Les pierres sortent du sol sous la poussée de leurs nageoires cosmiques. Flux sanguin qui fait la fente sourcière et l’espar érectile pour qu’aux noces de lune, les marées soulèvent nos pores, du ber à nous faire devenir caravelles. J’ai vu le ramassage du sel reculer de la mer qui l’alimentait.

.Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2017

RETOUR EN SOI PEINT


RETOUR EN SOI PEINT

Remué des pierres et défait du dos, entre les doigts tant de fleurs aux vertus dont les noms se sont effacés, j’ai sorti mes pieds de la cabane, une douleur trop forte de vélo dans les yeux. J’ai appelé les cordes du bois des guitares, rentrant afin de pouvoir revenir. Peut-être peindre un jour ou d’eux, me nourrir de l’atelier. Ce rien qui comme le tout, possède plus de fibres médicinales que le trou d’aiguille qui coud coeur en vrille. Le vieux con se souvient du pouvoir qu’ont le pouce et l’index empreints aux palettes des fils croisés. Un oiseau dans la paille du chapeau, pond le gai amour sans la moindre idée de lucre. Et puis de dire à voix haute quand le pinceau parle n’est pas qu’exutoire. Rien d’un jeu non plus. C’est un acte où l’écho de l’Autre avance en réponse.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2017

P1030269

MI-Ô PIS


MI-Ô PIS

« Quoi de plus agréable pour les aînés que la poussée de fiers arbustes qui leur feront sur leur vieux jours un peu d’ombre ? La jeunesse est tout ce que nous fûmes, qu’elle nous affectionne ou qu’elle nous déteste. C’est bien cela, la grande randonnée ! »

René Char

(Correspondance avec Jean Ballard, 1935-1970)

De ces pas trop courts, restent à l’étendue les traces d’une suite, d’abord griffonnée de nappes en nappes des bistros où des santés se sont répétées dans l’entrechoquement des vers.

A la nôtre, à le tienne vaut mieux que courir…

Tiens je ne te touche pas que des dits doigts, ne crains que je te paume

je ne joue pas

m’aime quand je jongle avec tes seins

en équilibre sur leurs pointes

je vois clair

La couleur de la pensée en trois D…

Des deux je n’ai jamais été celui qui a ignoré l’Autre

Je les ai t’été sans relâche et sortis de ton corsage m’aime quand il dort dans sa cage.

Niala-Loisobleu – 18 Mars 2017

397636_401007413319074_1335841527_n

 

Bleu ouvert en deux lèvres.


Bleu ouvert en deux lèvres.

L’Improbable (Extrait)

Quand nous avons à défier l’absence d’un être, le temps qui nous a dupé, le gouffre qui se creuse au cœur même de la présence, ou de l’entente, que sais-je, c’est à la parole que nous venons comme à un lieu préservé. Le mot est l’âme de ce qu’il nomme, nous semble-t-il, son âme toujours intacte. Et s’il dissipe dans son objet le temps, l’espace, ces catégories de notre dépossession, s’il l’allège de sa matière, c’est sans porter atteinte à son essence précieuse et pour le rendre à notre désir.

Yves Bonnefoy

L’Indélébile

Le mensonge de la petite culotte absente cogne à la fenêtre de l’incantation de ses seins gros, forçant le décolleté d’une robe aux boutons ne tenant plus qu’à un fil. Ce fil du rasoir sur lequel je dus traverser l’image que ses mains impudiques m’ouvraient en me forçant à voir les crevasses où je péris de manque aujourd’hui. Les camisoles depuis n’ont rien détachées de la piqûre des milliers d’aiguilles qui me labourent toujours de leurs éperons. Puissant est le coup de la cravache qui veut passer le poteau d’arrivée. Mes reins se jettent, l’âme à percer. Excitée la voie se dresse sur la pointe des geysers. De la canalisation crevée un marécage nous colle. Chansons de vase qui s’extirpe en chuintements de la botte quand elle soulève son pas. C’est un bateau aux voiles à l’envergure albatros grand écart qui m’avale. Toute sa colonne vertébrale me ricoche, une vertèbre à près l’autre. Les mots qui dépossèdent en se déclarant protecteurs sont-ils comme ces chiens d’un coït sauvage qui ne peuvent plus se décoller que sous le jet du seau d’eau glacée? La rue n’a pas gommée le caniveau de son trottoir. Restent les charrettes des quatre-saisons. Jardin potager d’une lubricité que ne connaissent que les amours totales de l’esprit dans le corps. Allègement des mauvaises graisses qui fondent en subtiles essences ciels et tiennent le désir allumé. L’éternité fauve des peaux résistant aux mégissiers

Je te suis le m’aime,  à la parole qui était déjà acte à la première syllabe. Bleu ouvert en deux lèvres.

 Niala-Loisobleu – 15 Février 2017

95438538

.

 

MOTS D’AURORE


nu_28

MOTS D’AURORE

Cherchant mes mains

sous tes draps

j’ai trouvé le porte-plume que j’avais en tête

dans l’odeur de croissant de ton corps chaud

d’une nuit allumée d’ étoiles

où tu ne cessas de me dire allo

de mots bercés par des mouvements d’ailes

ne revenant pas sur le sens du mouvement de tes lèvres

piqué dans la clarté de ton regard

tamponné par tout le poids de tes seins

Niala-Loisobleu – 21 Octobre 2017