BRIBES (XI)


P1050759

BRIBES (XI)

Au violet d’un cardinal odorant

sans goût pillons ni moindre sabre

tout de blanc vétus queues et becs d’épi

les pies coms chants de blé ont du mot-peint dans l’Epoque

Visionnaires ?

Sans aucun doute parce que pas tournés du côté d’où vient le vent qui ment

droits devant

le taureau mis aux vaches

complices

le cheval de labour

araire

se tiennent nus en lacets

comme foetus à naître dans leur  bain-douche amniotique…

Niala-Loisobleu – 28/11/18

ESPACE ONIRIQUE


images

ESPACE ONIRIQUE

La voix prise entre couloir et pièce d’à côté surveille la porte en retenant son volume, pourtant elle ne pense qu’à l’envie de s’exprimer librement. Cet endroit est un placard qui empêche de rejoindre le coin de cabane que la campagne tient sans laisse.

Quelques pas  pour sortir  rejoindre les oiseaux qui chantent sans attendre une autorisation. La nuit semble avoir à se partager entre le permis et l’interdit.

Les matins où la voiture n’est pas impatiente de vous emmener aux taches quotidiennes, tempèrent la vitesse du vent et le froid des courses contre la montre. Chaque instant peut donner plus de concentration, l’endroit où l’on va sans besoin d’ouvrir les yeux sort des virages dangereux.

Il y a cette façon bien à soi de regarder le mur d’en face qui fait apparaître un long couloir ouvert.

Dehors la mer à deux pas se balance.

Des femmes en robe à traîne longent la voie ferrée, la Petite-Fille sort du sarcophage  ouvert sur le quai. Il fait une ligne vive d’eau qui coule  au creux de la main.

Illustration: Paul Delvaux

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2018

STASE


 

P1030243

STASE

Claquements de draps, un périmètre blanc pointe le jour sur la partie endormie,. Nostalgie concentrée sur la manivelle hébétée.

Les sabots du cheval manquent au bruit rassurant de l’éveil.

Changement d’araire ?

Les parois de l’atelier en suaire tiennent les outils dans un incertain halo, rien ne bouge, la musique a cessé son guet.

Volets tirés, l’imaginaire tient l’odeur de la Muse dans le silence vigilant des heures de veille.

 

Niala-Loisobleu – 12/10/18

 

L’ITINERAIRE


676677365a2b27aa1f42dea53812c118

L’ITINERAIRE

 

au coeur

je pense te savoir au plus près

les fils qui tiennent

calent d’erre

en excellent mobile

L’immonde se nourrit de sa malveillance, terrible addiction qui le conduit à désirer poser son fiel en tous sites tout en ne pouvant pas savoir à quoi le beau ressemble, c’est un langage dont il ignore jusqu’au début du sens.

Tout à l’heure quand t’as vu la chaîne couper la cabane éventrée du monde, ça t’a piqué comme le poignard qui se plante entres les omoplates. Tellement c’est fourbe qu’il faut passer chemin, la gangrène on ne la soigne qu’en amputant.

L’ITINERAIRE

De la torpeur qui te sangle, du purin que tu fends, chimère du rocher, le sifflement, le maléfice me poursuivent. Un accroc dans la trame, une lacune de la partition me rendent aux
ombres mal tuées dont les yeux tournent dans l’écume.

La géante. La gangrène des marteaux s’écarte de son flanc. Elle est l’àme du bronze englouti, le glas marin.

La bouffonne. Tumultueuse aux confins. Volubile dans le feuillage. Insondable sur le bûcher.

La servante. Flaireuse de tisons sous les décombres du laboratoire. Mangeuse de gravais. Une fleur l’épouvante, un baiser la disloque.

L’ingénue. Se chérit par procuration. Roucoule au commandement. Voyage encore, sans s’appauvrir, dans le volume de mon pied.

Un rayon dans l’eau m’offrait le ciel changé en serpent. Le cœur en eut raison. Le cœur, depuis le soir que tu m’es apparue. Depuis le soir que la chimère à jeun
s’ouvrit les veines dans la grâce.

Jacques Dupin

En sentant la chair de tes pores me tendre l’anneau j’accostais au matin d’une traversée qui connut des vagues scélérates. pour vivre l’abri sûr.

Ce qu’il y a d’amour dans l’autrement ridiculise les gestes automatiques d’une pulsion. On arrive à se sentir l’un dans l’Autre à tous propos. Comme un tee-shirt liberty fleurit ta poitrine je n’arrache aucun brin au tapis…

Niala-Loisobleu – 06/10/18

QUELQUE CHOSE EN NOUS DE TIENNE ICI


 

Gala-de-dos_-Dali

QUELQUE CHOSE EN NOUS

DE TIENNE ICI

Il manque toujours une présence aux heures, qu’un hoquet d’être à soustrait. La voix chaude qui étaie tient sans se montrer un espace de réconfort. On comble en marchant dans les catacombes de la vie . Ici il fait soleil, glacial. Là-bas, il pleut pas plus chaud. Sur les serpents de fer les trains laissent pas tomber les vaches, y a toujours quelque chose qui meuh en Nous de tienne ici. La rivière tire son eau pour la conduire à la mer.

-Es-ce tu air ?

-Plus que ça m’aime ma Muse.

Ce coin de bruyère où tu fais poser l’embrun court en sentier le long de la falaise. Ton corps rocher socle ta pensée, les vagues y gerbent l’écume des jours à côté d’enfants que la poésie retient de mal grandir. Le sol de l’arène soulève la poussière de ton sabot qui ne cède rien à l’absurde comédie d’une proposition déguisée. Calomnie tu l’encornes, l’ignoble est mis à mort. Les mises en garde n’ayant qu’en vie d’occire sont pitoyables. La laideur fait boomerang, elle revient au galop comme la marée autour du Mont, dans la gueule du dragon mal venu.

J’entends d’ici ton sein battre à mon poignet…

Niala-Loisobleu – 2 Octobre 2018

LES YEUX EN DORMIR


9654799_m

LES YEUX EN DORMIR

 

Là contre la planche à écrire des symboles vont et viennent sans contrainte particulière, le principal étant le brumeux d’une fatigue pas entièrement sortie du lit.

Le peu dormeux que je suis est bien moins vif au levé d’une trop longue nuit de sommeil.

Les lignes de construction du travail que me demande la création de ma boutique sont nouées trop serré pour que j’y comprenne ce qu’il faut faire. Faut ralentir.

N-L – 1er Octobre 2018