MÉDITATIONS


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MÉDITATIONS

 

Plus rien que les doigts en déboutonne

un par un

le dos libérant la gamme du chemin vertébral

Ils sont absents les froissements de voix,  gorges à la retrousse on dépouille la tonalité des cordes, la raucité de la cambrure des reins arrache l’emballée

des tiroirs de ta poitrine vidés

et pend le p(tit-linge d’une  fouille à corps que la glace a mise en mémoire

Je craie,

les tableaux vers, ils majusculent des rondes de regards d’enfants à pieds-joints, les notes sur la portée du maillot des marins qui vivent à bord des bateaux de papier. Instruments d’une autre manière d’appréhender les ocres en se faisant sanguine passent par l’artère principale. Le Chevalier a noué l’écharpe de Guenièvre au garrot de sa monture.

Que d’oiseaux peuplent le marais

 

MEDITATIONS

 

Le «

Je », le «
Toi » quelles sont ces personnes.

Il y a «
Toi » et le «
Toi » c’est le
Tout.

Changements de rideaux, changement d’Océan.

Tout n’est qu’illusion mais rien n’est le néant.

Tout meurt et vit encore.
On dirait que
Dieu joue.

Tout naît c’est toujours le
Un qui est le
Tout.

Le
Tout est un piano muet sans ta mélodie.

Tu es l’Un ! le monde est
Ton
Encyclopédie.

Je suis le moi pourtant et ma race est ma race.

Infatigable
Dieu, la douleur me terrasse :

où es-tu ?
Si je mens qu’est-ce que je corromps ?

Je détruis en péchant
Ton domaine mais…
Ton
Nom.

Vous m’avez choisi comme un saphir

moi qui n’étais bon qu’à languir

n’ayant plus rien sinon le choix

que vous daigniez faire de moi.

Maintenant vous venez, ma vie !

Maintenant vous partez, ma mort !

Vous guérissez mon ophtalmie

en mêlant l’Esprit à mon sort.

Qui se plaint de la lune qui paraît et s’évade ?

Mais quand s’en va l’Esprit l’univers rétrograde

et quand
Vous me quittez, le sang quitte mes veines

Vous ne pouvez, mon
Dieu, nous porter sans qu’on meure

Je préfère comme
Jonas en la baleine

vivre en
Vous plutôt qu’ici en maraudeur.

Videz-moi comme on fait l’amphore par les anses.

Mangez-moi comme
Christ a voulu qu’on le mange

et je n’attendrai plus, verrouillé par l’attente

de la grâce, à l’orée des étoiles filantes,

et je n’attendrai plus que vous sortiez des deux

puisque j’y brillerai comme pleurs dans les yeux.

Comment parler quand
Dieu nous éclabousse ?
Ne pas crier quand l’amour nous y pousse ?
Est-ce penser lorsque point on ne pense est-ce pensée ceci :
Votre
Présence ?
Est-ce pensée ce qui n’a pas de mot est-ce souffrir ou joie d’être aussi haut ?
Est-on chez soi quand on y est un autre est-on chez
Vous quand
Vous êtes notre hôte est-on sur terre et dans l’air à la fois ?
Qui se déborde : est-ce
Vous ?
Est-ce moi ?
C’est vous ou moi cet arbre que j’émonde.
Suis-je un îlot qui bientôt va se fondre ?
Mais un îlot n’est fait que de frontières.
Toi cœur empli comment vas-tu te taire ?
Et maintenant que je suis muet que dire ?
J’ai passé l’eau sans avion, sans navire.

Berger, c’est à la fois l’Agneau

A la maison là-bas la
Dame immaculée

filait la laine blanche, elle filait tes jours.

Berger, contrebandier de la pensée du
Père

Berger tu seras pris par des vilains soldats

et comme on a saigné tes agneaux de la
Pâque

tes membres seront saignés par les clous de la
Croix.

Les arbres amoureux étendaient leur feuillage

quand printemps éternel tu passais à leur pied

les bêtes s’écrasaient comme des gazons tendres

et les grands animaux se hissaient pour te voir.

Ta mère à la maison, pendant toute la journée

s’inquiétait : «
Que lui font ces gens qu’il a bénis ? »

Celui qui a inventé le
Succès dans la faillite

bonheur sans la réussite

richesse dans la misère

l’humiliation comme un douaire

la fuite de ce qui luit.

Gloire à
Lui !

Non !
Dieu n’est pas un pardon.

Il est don.

Il est coffre de l’Esprit

et buffet à provisions

Il est fruit et usufruit.

Sa
Porte a des clefs secrètes

mais chacun peut s’en servir.

Pas besoin d’être un athlète

un prophète, un massorète

un fakir.

D’un petit
II fait un
Grand

Il parle au sourd qui
L’entend.

A l’aveugle
II se fait voir

donne à l’ignorant
Savoir

l’enlève à qui croit l’avoir.

Tu mets des fenêtres à mon cœur «
Sors de là afin que j’y entre « je suis amant, je suis voleur « je suis trésor et sycophante. »

Encore du monde ! encore des gens ! encore des propos qui me lassent !
En qui fuir les déguisements.
Il n’y a plus de vasistas.
Le miracle de l’eau rougie * défait par l’horrible miracle du monstre monde qui surgit.
Plus
Toi ! plus moi ! c’est la débâcle !

Si je ne suis plus rien, je suis vous.

car il n’y a pas de néant puisque vous êtes tout.

Vous avez pu détruire le moi mais non le vous

qui est en moi.
Si vous êtes moi je suis tout.

A quoi as-tu renoncé ?

Je n’avais pas à renoncer

puisque je vous attendais.

Tu as brûlé mon cœur

avant que j’eusse un cœur.

Et tu n’as rien brûlé

puisqu’il n’y avait rien à brûler.

Les ceps du
Seigneur

les tire-bouchons, les échalas de ces douleurs

la terre comme coteau de dames, de messieurs

fixés, brûlés, aboyant des interjections

poussant sur leurs déjections

Ah ! terre sans voirie.

Tu te tords, voisin du purgatoire !

Un grésillement d’étincelles et l’air

est d’autre couleur.
Un cri derrière :

C’est le pape !

La débandade se courbe en nappe.

L’onguent meilleur des anges : seau d’eau

une antique parfumerie chaude.

ô charbon ! je n’entends rien de plus

que le vent, le vent et la pluie.

Rien de moins ou de plus encor

Ô charbon ! le vent et la mort.

Quel lot j’ai gagné à la
Loterie !
Dieu m’a décoré de sa chevalerie pour l’Éternité et pour aujourd’hui !
Il est siècle et jour !
Il est jour et nuit !
Il est un génie qu’on appelle,
Il vient, comme faisaient aux contes les magiciens !
Pourquoi
L’appeler puisqu’il est présent.
Il est sans parole et moi je
L’entends.
Il est sans regard, son regard je sens vrillé dans mes yeux, vrillé dans le mien.
Il m’enveloppe de son blanc tissu
Il ne me laissera plus.
Je suis saisi par
Cet
Insaisissable.
Il me ramasse contre
Lui mange près de nous à table et le soir
II borde mon lit.

La
Science est un fruit qui altère

la science ! une herbe qui démange.

Vieux bachelier de
Salamanque

monte une branche, une autre branche,

comme le singe à bouche amère.

Prends garde que le pied y manque.

Allons, tu n’es plus au courant !

écarte les feuilles couvrant

le tronc de l’arbre et les écorces !

L’amour te donnera des forces.

Bois le suc à l’arbre de vie

Ivrogne, bois à ton envie.

«
Je suis là-haut ! je suis aux cimes.


Que vois-tu là-haut ? — un abîme !


Que vois-tu du haut de la gloire ?


Je vois la terre en entonnoir.

— Écoute, descends ! viens ici.
Connais-tu pas le
Saint-Esprit ?
Tu n’avais plus de père et mère
Prends-en trois :
Marie la première
Innocent tu seras sagace

Seul tu auras des compagnons.
Tu seras
Savant par la
Grâce
Vainqueur par la bénédiction. »

Le
Sang s’évapora, monde esprit du
Cosmos

le
Sang cuit dans la
Chair du
Dieu et jusqu’à l’os.

Les sentiers étaient fous comme en un clair de lune

les arbres calomniaient du haut de leur tribune

le
Dieu qui s’ébréchait suant une agonie.

Un sabbat invisible ! et dix mille
Erinyes

écrasant l’Écrasé pour vendanger le
Sang.

Les feuilles s’éployaient pour maudire
Un
Passant

et des poisons, brillant dans l’herbe,

avant le juge auraient voulu tuer le
Verbe.

Le démon fait la roue dans les oliviers tors

ne sachant que sa mort à lui est
Cette
Mort.

Écoutez le soufflet des
Côtes dans la
Sueur.

Un gendarme disait : «
Cours chez l’équarrisseur ! »

Il est à vif! ce pandémonium sur l’épaule,

la
Croix, désigne l’ouest et pointe à
Sa
Boussole

un ciel pétri de charité et de raison.

La croix sans foudre et
Dieu qui sortait de prison

or le sang s’élargit tout autour de la terre

et d’un éther nouveau enveloppa nos frères.

Mon âme est en bois

comme votre croix

Apportez les clous elle s’éveillera.

Apportez les clous, la lance et l’épine le soldat romain vidant sa gamelle.
Apportez l’éponge et la discipline
Mon corps couvrira le mal de vos yeux.
Apportez
Judas et les pleurs de
Pierre.
Apportez la tombe, apportez le suaire vous vous réjouirez d’aimer votre
Dieu.

Comment connaîtrais-je mon âme

si c’est l’inconnaissable
Dieu qui est sa lame ?

Regarde-toi ! il est le
Dieu, l’inconnaissable.

Comprendre est surmonter, il est insurmontable.

Regarde-Le, c’est
Toi ! et pourtant il te fuit.

Et tu ne te vois pas, bien que tu ne sois que
Lui
Ta parole n’est pas divine

c’est son souffle pourtant qui passe en tes narines.
Je sais bien que mon œil humain n’est qu’ébauchoir
S’il regarde par
Lui qu’a-t-Il besoin de voir ?
Demanderais-je à
Dieu d’être tout à fait
Lui
Quoi ? ce serait la mort et tout homme la fuit.
Demanderais-je à
Dieu de devenir moi-même ?
Si je n’étais pas
Lui, se peut-il que je l’aime ?

Max Jacob

 

On passe en contrebandiers à travers la roche rose du sentier côtier chacun sa variante bruyère dans la palette aquarelle…

Tiens ton encre en silence dans ta main plus rien que Nous tout contre…

 

Niala-Loisobleu – 21/01/19

 

 

 

L’ÉTHER


L’ÉTHER

Henri Michaux

L’homme a un besoin méconnu.
Il a besoin de faiblesse.
C’est pourquoi la continence, maladie de l’excès de force, lui est spécialement intolérable.

D’une façon ou d’une autre, il lui faut être vaincu.
Chacun a un
Christ qui veille en soi.

Au faîte de lui-même, au sommet de sa forme, l’homme cherche à être culbuté.
N’y tenant plus, il part pour la guerre et la
Mort le soulage enfin.

C’est une illusion de croire qu’un homme disposant d’une grande force sexuelle, lui, au moins, aura le sentiment et le goût de la force.
Hélas, plus vivement encore qu’un autre pressé de se débarrasser de ses forces, comme s’il était en danger d’être asphyxié par elles, il s’entoure de femmes,
attendant d’elles la délivrance.
En fait, il ne rêve que de dégringoler dans la faiblesse la plus entière, et de s’y exonérer de ses dernières forces et en quelque sorte de lui-même, tant il
éprouve que s’il lui reste de la personnalité, c’est encore de la force dont il doit être soulagé.

Or, s’il est bien probable qu’il rencontre l’amour, il est moins probable que l’ayant expérimenté, il quitte jamais ce palier pour bien longtemps.
Il arrive cependant à l’un ou l’autre de vouloir perdre davantage son
Je, d’aspirer à se dépouiller, à grelotter dans le vide (ou le tout).
En vérité, l’homme s’embarque sur beaucoup de navires, mais c’est là qu’il veut aller.

S’il s’obstine dans la continence, comment se défaire de ses forces et obtenir le calme?

Excédé, il recourt à l’éther.

Symbole et raccourci du départ et de l’annihilation souhaités.

 

Henri Michaux

LIAISON


Les sinuosités du climat tournent les pages en désordre

La Lune rosit quelques peupliers restent droits

L’ocarina dans lequel je souffle, ovoïde l’écrasé de ta poitrine que mes doigts palpent. On essaie jamais assez d’aimer

Je crois t’écrire sans commentaire comme tu peins sans consulter le dictionnaire

Spontanéité de la phrase du pouls

En croisant les signes premiers du langage ta diction m’accroche-coeur

Si tu mets ta main à plat dans la mienne c’est pas besoin de chercher le dit amant vers

On se décrypte au signe près sur les feuilles blanches du quotidien…

N-L – 21/01/19

BLOC-NOTES


 

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BLOC-NOTES

Le froid a reculé de lui-m’aime aux bouts de tes seins durcis. Leur douceur sans doute plus remontante qu’une promesse à long terme. Il ne restait plus de place pour glisser un pli entre nous, faut dire que nous n’étions plus couverts que de nos peaux animales. Du coup Jupiter avec sa lettre en restera pour nos frais. L’arbre d’à côté ayant tiré ses frères à lui pour faire un rideau, côté voyeurs le paravent était de nature à les laisser sur leur fin. C’est à ce moment là que tu me parlas d’une odeur de noisette, la lune était-elle rousse ou bien ai-je cru voir le petit écureuil sortir de ton jardin ? Ce qui est certain c’est que ce parfum de mendiante je l’ai au fond des fosses nasales, à en planer. Je revois sans cesse le Mékong couler cette chanson que tu fredonnes en gardant les yeux vers le haut. A la question posée en permanence sur le savoir vivre sans que ça se rapporte à la place du couteau à poisson. la petite-écuyère en pointe sur mon dos parade d’une voix ferme. Vivre c’est un mystère où le seul tableau qui se prétend concret n’existe que dans les images pieuses d’un mi-sel de guère andes. Le Pérou demande du poumon, les aztèques ont cultivé le soleil jusque dans son jardin. T’as la vérité de l’oiseau dans la canopée, une liberté d’écrire que je peins où devance d’un commun envol. Autour ça décolle pas souvent, à croire que la glèbe est parfois la lettre de lise qui convient à l’homme. Cette misère ne doit pas faire l’hymne de la vie pour autant. Notre chemin est d’aller debout en avant en corps plus nus pour délester.

Niala-Loisobleu – 20/01/19

https://getpocket.com/a/read/2460777795

TOI EMOI  (L’Epoque 2019 – 2)


56960439801--78205b86-2a6f-44f2-9070-c5e0e906d29f (1) - copie

Toi Emoi (L’Epoque 2019 – 2) – 2019 – Niala – Acrylique s/toile 55×46

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TOI EMOI

(L’Epoque 2019 – 2)

Posée contre le monde se dresse une échelle

Vespérale. Une lucarne qui tord l’espace

Pour vérifier l’aplomb du geste définitif

Et des destins à la couleur qui s’appellent.

Nous n’avons cherché ni le comment ni le pourquoi

De cette élévation. Conscients que la pierre franche

Au pied n’avait rien d’accidentel.

Il aura fallu attendre longtemps et sages

Sur des chemins d’échos qui purgeaient le langage

Et redonnaient aux murs une respiration

par l’oreille fugace et complice de la rosée ;

Par l’air défroissé à tout ce qui demeure invisible.

Le nom solaire que l’on se donne aujourd’hui

Va bien au-delà du domaine choisi .

Il relie à la faveur du sensible

Les points cardinaux de nos lieux familiers.

Le grand tétras à la roue de son infortune

Salue cette fleur non négociable

Et sur un ciel lavé de lunes

 Nous prie d ‘en disposer.

 

Barbara Auzou.