ENTRE TIEN EMOI 35


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ENTRE TIEN EMOI 35

 

Passer par hasard comme c’est bizarre, j’y crois pas. Rien qu’à la casquette le trottoir est en état de manche, les ombres vont et viennent dans des affiches statiques et les réverbères se penchent à tomber dans le caniveau. Sur la boutique du boulanger-pâtissier de l’angle des deux rues, je te vois danser dans le miroir en un éclair. Tu sais tout ce que ça ouvre de carreaux dans le salant de la marelle de voir le ciel prolonger sa perspective. On se dit qu’on est mieux sur terre qu’au fond. Puisque te voilà rentrée, j’arrive sans que le hasard y soit pour quelque chose. Au bord de ta grande chaise métallique où tu vas peau à peau t’approcher je branche le fil à ma prise, vois les arcs, on peut souder avec, c’est fastoche ! Des choses extraordinaires arrivent toujours à défader le brouet d’une chanson triste. Et c’est ça que j’entends m’a dit le petit dernier quand je l’ai signé. La griffe par laquelle on se lâche pas d’une ficelle. Certains mots pénètrent la surface lisse où l’écho glisse sans pouvoir se retenir à rien, ceux que tu as planté aujourd’hui dans une réalité qui est si loin des légendes faut pas chercher plus loin la raison pour laquelle on se tient toujours deux face à face. L’ébouriffé du matin que montre ta coiffure fait friser la raideur de certains cheveux dans la grimace des soirs sans lumière. Le bleu tu t’en souviens  ?

Niala-Loisobleu – 20/03/19

 

LA MATINEE


LA MATINEE

La matinée se lève
Toi debout, il est tempsAttends encore, attends
J’ai pas fini mon rêve

Le soleil nous inonde
Regarde-moi ce bleu

Attends encore un peu
Je refaisais le monde

Lève-toi donc, respire
Quel printemps nous avons

J’efface mille avions
Une guerre, un empire

Faut labourer la terre
Et tirer l’eau du puits

Changer la vie et puis
Abolir la misère

Regarde l’alouette
Il est midi sonné

Le monde abandonné
Je le donne au poète

Allons, viens dans la vigne
Le soleil est très haut

Le monde sera beau
Je l’affirme, je signe

Le monde sera beau
Je l’affirme, je signe

 

ENTRE TIEN EMOI 34


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ENTRE TIEN EMOI 34

Sortant le journal à la main et allant à la voiture, je n’avais pu prendre qu’un aperçu de ce Mardi. Ta recommandation toutefois en tête je partis vers mon Centre Mutuel Optique. Je pourrai dire que dans chaque instant du quotidien on vit tout et son contraire à chaque instant. A croire que la nécessité de ne pas croire l’affirmation reçue du premier spécialiste doit désormais s’appliquer. Arrivé au lieu-dit de mon déplacement j’avisais un visage inconnu dans ce lieu que je fréquente depuis 41 ans. Bonne tête, jeune, un débutant Il m’attire, un bonjour encore plus meilleur m’attendait. En quelques minutes il me résout le problème au-delà de mon espérance, Je repars avec un bien-être dans le corps et c’est à toi que je le dois. J’ai failli faire un saut périlleux en sortant, mais la quinzaine de marches m’a fait hésiter. Si je m’était fait mort j’aurai pas pu vivre cette joie. Ah du coup j’ai eu une envie de vivre inconnue jusqu’alors. C’est fou même ça se développe chez moi. Du coup tellement je jubile, j’en vins à faire le 22ème, un vrai lapin que je suis…

DE L’OISEAU

Je ne vois pas l’oiseau
Fort de sa cage ouverte
Et psalmodiant :

Je reste ici.
A bas l’espace.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui n’aurait pas confiance
Dans la teneur de l’air.

*

Je ne vois pas l’oiseau

Qui ne volerait pas

Kien que pour son plaisir.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui monterait sans fin
Jusqu’à n’en plus pouvoir.

*

Je ne vois pas l’oiseau

Qui franchirait

Les défenses du vent.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Qui viendrait vers moi
Pour chercher refuge.

*

Je ne vois pas l’oiseau

Qui refuserait de s’effaroucher.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui serait mon frère.

Non plus celui

Qui ne le serait pas.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui ne me donne envie
De voler mieux que lui.

Je ne vois pas l’oiseau

Qui me forcerait

A penser rien qu’à lui.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui s’acharnerait
D’abord sur lui-même.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Démolissant son nid
Avee jubilation.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Qui creuserait la glace
Avec ses pattes

Pour épargner son bec.

Je ne vois pas l’oiseau
Demeurant au désert

Rien que pour être seul.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Renonçant à siffler
Dans le labyrinthe.

Je ne vois pas l’oiseau
Venir m’interroger
Sur son identité.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui maudirait les sources.

Je ne vois pas l’oiseau
Voulant s’opposer
Au cours du ruisseau.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui ne puisse trouver
Son nid dans la foret.

*

Je ne vois pas l’oiseau
En train de recracher
Un morceau de lombric.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Refusant de chanter
Pour ne pas
Déranger la haie.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Chercher l’aventure
Pour se désennuyer.

*

Je ne vois pas l’oiseau
En vouloir au chêne
De perdre ses feuilles.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Qui ne sache alterner
Le silence et le chant.

Je ne vois pas l’oiseau
Pour qui le jour, la nuit
Seraient la même chose.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui ne rythmerait pas
L’avancée du soir.

Je ne vois pas l’oiseau
Que ça fatiguerait

D’assister chaque soir
Au baiser du soleil.

Je ne vois pas l’oiseau
En appeler au ciel
De s’être ensanglanté.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui s’acharnerait À griffer la nuit.

Je ne vois pas l’oiseau
Désirant se fracasser
Contre un mur de nuit.

Je ne vois pas l’oiseau
Qui jouerait au nuage,

Mais je vois le nuage
Qui jouerait à l’oiseau.

Je ne vois pas l’oiseau

Faire sa cour à la rose,

Mais je les vois tous deux
Faire ensemble la cour
Au soleil qui s’ébroue.

*

Je ne vois pas l’oiseau
Et je ne l’entends pas
Frôler l’éternité.

 

Eugène Guillevic

 

 

il me porte ce bonheur d’aimer, c’est vraiment la seule chose qui puisse dans ses péripéties rester l’espoir à l’état pur. Tant de promesses sont faites à tous les propos que le bonheur avance. L’idéal plus bafoué que le reste, partout c’est exercice du pouvoir. Le menteur qui gouverne le pays en étant le principal orchestrateur. Son amour c’est de nous qu’il dépend au premier-chef. Alors ?

 

Niala-Loisobleu – 19/03/19

DIAPHANIPENNE


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DIAPHANIPENNE

 

La transparence de tes ailes te met en lévitation au bout de mes doigts, dessin dressé en orbe

En retrait la peinture suit  du regard l’autopsie calligraphe. Admirative

le poids est vaincu par l’évidence du lourd de sens

l’épithète flatteuse et juste rend compte

Tant de finesse donne à la mine le désir d’adjoindre l’outil incisif pour livrer la plaque à l’eau-forte.

 

Niala-Loisobleu- 19/03/19

 

 

ENTRE TIEN EMOI 33


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ENTRE TIEN EMOI 33

 

Je dévissais la toile de son cadre pour te mettre en tant libre. Oui celui-ci est ton corps t’avais-je dit, les doigts bleus  d’autan. Les pierres qui s’y superposent loin d’avoir roulées ont trouvé le blocage de voussure. Voilà qui me rappelle l’effet tympan de ta poitrine. A bouger des fois les choses se cognent dans un but constructif. Des meneaux ouvragés au calleux des paumes tiennent l’entrée de la lumière sur la façade principale, latéralement ta robe relevée a laissé l’imprimé de fleurs du tissu se répandre en un parfum sauvage jusqu’à l’arrière. Les mésanges bleues semblent fascinées, elles vont en tourbillons joyeux à l’abreuvoir. Reclus le cheval et moi sommes tombés au débouché d’un moment d’arrêt. Tu n’as pas mis plus d’un couplet à venir nous enchanter. Assieds-toi et reprenons cette conversation au sujet de la non-violence du corps soulevé par un tremblement sismique. L’analyse d’un ressenti paisiblement profond qui se met en ouragan bouleversant.

Niala-Loisobleu – 18/03/19