SERREMENT DU JE DE PAUMES


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SERREMENT DU JE DE PAUMES

 

Au chardon de l’âne donne adhésion

en voulant  la chaleur de feu du camp nomade

sous l’abri de l’aboiement des chiens et du bois des roulottes

à quai du manteau de poussière des chemins-maritimes et terrestres

Un seul amour en nourriture…

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2020

LE DESSEIN DU TAPIS


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LE DESSEIN DU TAPIS

 

Caché derrière le papier-peint d’une feuille de poème, le pouls joue dans ton encre

Dans la cuisine les épices s’alignent sur l’étagère où tes seins serrent des livres de contes

Dans le persil d’une farce Guignol pile son ail,

Le jardin public suit le loueur de chaises pour ne rien rater du croisement des jambes

Cahin-caha de fiacre, les Gilles se dressent des beffrois aux grelots des sabots

Le faire à cheval, écris-tu sur un pense-bête auto-collant qui tombe du réfrigérateur

La dernière fois qu’en courant, est passé un bateau de papier, l’horizon découpait du bise-bise pour l’hublot du gaillard-d’avant

Le vieux ceps tord sa treille sous la jupe plissée d’un panorama de Van Gogh. Etoiles de cyprès, Vincent brûlé dans l’amour qu’il n’a jamais pu rattraper, délace des iris aux barreaux de St-Rémy. Les Alycanthes chantent dans la veine des catacombes

En me levant comme le pont du ber à l’estran grimpeur, j’ai marché sur l’eau comme un doux rêveur. Cormorans en traîne, l’enclos paroissial tient les ex-votos à jour sur l’agenda du tant

Que balancent les reins du chemin commun.

Niala-Loisobleu – 27 Janvier 2020

Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1


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Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1

 

« l’eschare d’écorché » le simple motif d’un bougeoir allumé sur un fauteuil de paille au châssis violacé en dit beaucoup plus sous la main de van Gogh que toute la série des tragédies grecques ou des drame de cyril tourneur, de webster ou de ford jusqu’ici d’ailleurs demeurés injoués.

« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »

Antonin Artaud

DEUX PEINTRES


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DEUX PEINTRES

Ces deux peintres ne pouvaient se souffrir et ne se rencontraient que pour s’échanger les plus grossières injures.
Parmi les plus cinglantes figuraient celles de krabber (griffonneur) et de klatcher (barbouilleur).
L’un avait l’air d’un boxeur hilare, l’autre avait le visage du cénobite émacié.

Faut-il sacrifier les couleurs aux formes pleines — négliger l’orgie chromatique pour la fermeté stricte du contour, dédaigner l’anecdote — et n’aboutir à la
narration non figurative que par la tache structurante?

Les deux peintres renouvelaient à plaisir cette querelle des
Universaux.
Gauguin, un maçon qui lutte contre l’épar-pillement des couleurs, ne peut que s’insurger contre la
Provence convulsive de
Vincent.

Barbouilleur de l’instinct
Griffonneur de l’intellect

la dispute tournait au dialogue de sourds

Les nèfles sont trop mûres

Vieil olivier tordu

L’humour est centre de gravité.

Paul Neuhuys

CONSEIL DE REVISION


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CONSEIL DE REVISION

 

Nid de poule un chaos secoue le moteur

les vaches ne sont pas sorties du pré

cette cabane reste paisiblement assise derrière le piano, les murs ne portent que des ouvertures en ré mineur

A ta bouche un étonnement s’ouvre, je chantonne auprès de ma brune, tu vois venir ce chevalier du fond du bois

Reconstruis-moi entends-je

une courroie de transmission, plus une vidange sinon rien

je balance une grande claque au garagiste, vraiment pour casser le bloc-moteur poétique on trouve pas mieux, ça rime à rien de pas aller à pieds.

 

Niala-Loisobleu – 07/08/19

 

TRACES


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TRACES

 

Comme soudain arrêté, l’espace se cherche

on a vu des paysages surgir alors q’on était pas dedans

les barbelés doivent avoir ce pouvoir de remord

Vincent me reste ses chaussures lacées, un pas d’amour redondant

de couleurs autres

Les crânes gardent leurs dents plantées au chemin, la mauvaise herbe penseront certains

moi je dirai à l’anse des mots qui ont retenu

cette incroyable envie de vivre l’amour qui est dedans

C’est seulement au fond du trou que ce qui est le Tout s’arrête vraiment, voilà pourquoi je n’enterre pas ce qui compte avec ses souliers…

 

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2019