DE L’AUTRE CÔTE DU MUR


60960454451__EF5FE0E9-A7AA-4CE7-8A97-8C466080F806

DE L’AUTRE CÔTE DU MUR

A l’heure du ben, l’enfant entra dans l’eau. Dans ses mains il tenait son haveneau en marchant dans le sens de la crevette

Un soleil comme il y en a les jours où il pleuvra le lendemain – ni chaud pareil, ni accroché aussi haut à un cet endroit précis – la femme d’à côté avait son fils parti fendre du bois. Elle me fait ce grand sourire des gens qui donnent par nature sans attendre du retour

-Bonjour Alain, je viens tondre, on sort le mou ton

C’est ma première fois qu’une femme me donne ça

je penserai à dire dans la colonne des gens de coeur de la pandémie qu’elle a pas voulu que mon corps soit plus malade d’isolement des jambes et du dos dans l’effort ouvrier. Un devoir ignoré par les enfants

Chez l’oiseau, chaque geste d’amour est reçu pleine peau

Au silence vient s’armer la plus simple définition du bonheur

C’est fou

Alors il faut donner à voir

pas enfermer le besoin d’aimer

sous des prétextes qui n’avaient pas lieu d’être, sinon faire à côté

La clématite Barbara a grimpé d’un étage sans que ses nombreux boutons ne la retiennent. Du côté où elle est, elle respire l’haleine de Vincent qui cap à plein iris

Chambre d’échos des murs acoustiques comme en théâtre antique…

 

Niala-Loisobleu – 26 Avril 2020

D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS


Artists Goli Mahallati Goli Mahallati Art Work

D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS

 

Ciel et ses seins

Ronde lumière

L’arc-en-ciel au spectre enfante blanc

 

Alors les barreaux ne peuvent garder Vincent muet

l’oiseau bleu

nidifie son ventre par la toile

 

Au bout des Alyscamps

la nécropole

ouvre la maison jaune

 

Ex-Voto: Je t’aime, tais-toi

se met en vitrine

comme un cri d’Arles

 

Niala-Loisobleu – 25 Avril 2020

 

 

60949471396__C1F3F4AD-DA2B-4111-A03B-B3F713531CA0

 

 

 

 

LE DESSEIN DU TAPIS


676279b4135037c30406b1af2e8bafe4

LE DESSEIN DU TAPIS

 

Caché derrière le papier-peint d’une feuille de poème, le pouls joue dans ton encre

Dans la cuisine les épices s’alignent sur l’étagère où tes seins serrent des livres de contes

Dans le persil d’une farce Guignol pile son ail,

Le jardin public suit le loueur de chaises pour ne rien rater du croisement des jambes

Cahin-caha de fiacre, les Gilles se dressent des beffrois aux grelots des sabots

Le faire à cheval, écris-tu sur un pense-bête auto-collant qui tombe du réfrigérateur

La dernière fois qu’en courant, est passé un bateau de papier, l’horizon découpait du bise-bise pour l’hublot du gaillard-d’avant

Le vieux ceps tord sa treille sous la jupe plissée d’un panorama de Van Gogh. Etoiles de cyprès, Vincent brûlé dans l’amour qu’il n’a jamais pu rattraper, délace des iris aux barreaux de St-Rémy. Les Alycanthes chantent dans la veine des catacombes

En me levant comme le pont du ber à l’estran grimpeur, j’ai marché sur l’eau comme un doux rêveur. Cormorans en traîne, l’enclos paroissial tient les ex-votos à jour sur l’agenda du tant

Que balancent les reins du chemin commun.

Niala-Loisobleu – 27 Janvier 2020

Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1


995-vangoghDessin2-655

Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1

 

« l’eschare d’écorché » le simple motif d’un bougeoir allumé sur un fauteuil de paille au châssis violacé en dit beaucoup plus sous la main de van Gogh que toute la série des tragédies grecques ou des drame de cyril tourneur, de webster ou de ford jusqu’ici d’ailleurs demeurés injoués.

« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »

Antonin Artaud

DEUX PEINTRES


vangoghgauguin

DEUX PEINTRES

Ces deux peintres ne pouvaient se souffrir et ne se rencontraient que pour s’échanger les plus grossières injures.
Parmi les plus cinglantes figuraient celles de krabber (griffonneur) et de klatcher (barbouilleur).
L’un avait l’air d’un boxeur hilare, l’autre avait le visage du cénobite émacié.

Faut-il sacrifier les couleurs aux formes pleines — négliger l’orgie chromatique pour la fermeté stricte du contour, dédaigner l’anecdote — et n’aboutir à la
narration non figurative que par la tache structurante?

Les deux peintres renouvelaient à plaisir cette querelle des
Universaux.
Gauguin, un maçon qui lutte contre l’épar-pillement des couleurs, ne peut que s’insurger contre la
Provence convulsive de
Vincent.

Barbouilleur de l’instinct
Griffonneur de l’intellect

la dispute tournait au dialogue de sourds

Les nèfles sont trop mûres

Vieil olivier tordu

L’humour est centre de gravité.

Paul Neuhuys

CONSEIL DE REVISION


6c686b192c28fb84e928c081e103a4d7

CONSEIL DE REVISION

 

Nid de poule un chaos secoue le moteur

les vaches ne sont pas sorties du pré

cette cabane reste paisiblement assise derrière le piano, les murs ne portent que des ouvertures en ré mineur

A ta bouche un étonnement s’ouvre, je chantonne auprès de ma brune, tu vois venir ce chevalier du fond du bois

Reconstruis-moi entends-je

une courroie de transmission, plus une vidange sinon rien

je balance une grande claque au garagiste, vraiment pour casser le bloc-moteur poétique on trouve pas mieux, ça rime à rien de pas aller à pieds.

 

Niala-Loisobleu – 07/08/19

 

TRACES


e2caf0b3546452adba7a9c0c9c3e4796

TRACES

 

Comme soudain arrêté, l’espace se cherche

on a vu des paysages surgir alors q’on était pas dedans

les barbelés doivent avoir ce pouvoir de remord

Vincent me reste ses chaussures lacées, un pas d’amour redondant

de couleurs autres

Les crânes gardent leurs dents plantées au chemin, la mauvaise herbe penseront certains

moi je dirai à l’anse des mots qui ont retenu

cette incroyable envie de vivre l’amour qui est dedans

C’est seulement au fond du trou que ce qui est le Tout s’arrête vraiment, voilà pourquoi je n’enterre pas ce qui compte avec ses souliers…

 

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2019

 

 

 

PEINTURE  EN CALE


 

027f4b820dd5f65c423dd702647aec5d

PEINTURE  EN CALE

Une matière molle a atteint les limites de ce qui donne signe de vie

le ciel coule d’un laid qui déborde

La cabane éventrée démonte l’halte providentielle du lieu d’asile

s’ils s’en prennent aux marguerites il pourrait y avoir à la place un élevage de couronnes mortuaires en serre, l’entrain et les meuhs n’ayant plus droit de cité..

Je m’inquiète pour mes petites maisons posées à même les arbres, les oiseaux disparaissent. Les faucheurs recrutés par la camarde sont pas du genre flamants roses et Vincent lève les derniers ponts avant Les Saintes. Me reste le cri de ses iris traversant les barreaux. Je m’en tournesol, le réveil ayant laissé le temps aux araignées pour tisser quelque espoir.

Niala-Loisobleu – 09/07/19