ENTRAIN DE CAMPAGNE


ENTRAIN DE CAMPAGNE

Je visage de la grande plaine où Vincent aimait appeler le train

est là clair et souple dans le raide et obscur tunnel de surface quotidienne

Ces blés qui gardent nos regains

ces cyprès qui fendent le ciel bas

flèche incontinente toujours dressée

sorte de pont à bascule des Saintes

ô Marie si tu savais

comme je borde notre remblai en resserrant les traverses

tu jetterais le mouchoir des péris en mer avec l’ex-voto…

Niala-Loisobleu – 16 Septembre 2020

PAILLE DE CHAISE


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PAILLE DE CHAISE

 

 

Du landau où les lapins ont fini par laisser la peau

le caniveau se repose contre le trottoir laissant l’après-midi au coin de la blanchisserie

les fers et les rires se gonflent la poitrine , nourrissant les quolibets sur le  linge repassé

et devant la porte les derniers cris du journal du soir  arrivent en triporteur

Un rempailleur de passage fait des ombres chinoises dans sa tête

debout dans une belote au fond du bistro il conte les points du temps qui arrive à quai

pendant que Vincent passe la tête entre les iris comme un besoin d’asile pour sa vie

il faut s’asseoir la traversée…

 

Niala-Loisobleu – 2 Septembre 2020

CECI S’ADRESSE AUX CURIEUX QUI VIENDRAIENT S’EGARER COMME ON ECHOUE . JE NE SUIS PAS UNE PLAGE…


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CECI S’ADRESSE AUX CURIEUX QUI VIENDRAIENT S’EGARER COMME ON ECHOUE . JE NE SUIS PAS UNE PLAGE…

 

Ôter le masque

Je n’ai aucune raison de vouloir vous plaire

et ne désire surtout pas provoquer

Je comprends donc que mon travail vous dérange et provoque chez-vous un désintérêt que vous afficher depuis des années

C’est la réussite de l’Art

la vraie

Celle qui se tient droit dans la case Vincent, abominable et criminelle par ses détours d’enchères

Et non dans la case de Pierre, du type qui Soulages, à vomir, outrancièrement noire

Les faux-artistes en toutes expressions sont le résultat d’un valet de Mittérand qui fut suppôt de la Culture

Habile magouilleur il continue d’ailleurs de s’engraisser au dépends de la société

Je n’y peux rien changer, sauf que je peux le dire et c’est beaucoup

Mon propos n’a rien à voir avec les Amateurs. De vrais artistes  de coeur s’y trouvent. Ils ont le statut que la vie leur impose de garder. Mais le professionnalisme ne devrait  pas être reconnu que par le fisc

Ma liberté de penser chante d’autant plus que je botte le cul de tous les imposteurs qui pourrissent l’Art

Aucune envie de vous servir de tremplin

Aussi passez votre chemin et ne venez pas ici exhiber votre absence d’humilité en m’étalant vos créations de merde -ateliers d’écriture, cours de peinture, poètes ténébreux – la lumière doit demeurer.

 

Niala-Loisobleu – 15 Août 2020

 

 

DE L’AUTRE CÔTE DU MUR


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DE L’AUTRE CÔTE DU MUR

A l’heure du ben, l’enfant entra dans l’eau. Dans ses mains il tenait son haveneau en marchant dans le sens de la crevette

Un soleil comme il y en a les jours où il pleuvra le lendemain – ni chaud pareil, ni accroché aussi haut à un cet endroit précis – la femme d’à côté avait son fils parti fendre du bois. Elle me fait ce grand sourire des gens qui donnent par nature sans attendre du retour

-Bonjour Alain, je viens tondre, on sort le mou ton

C’est ma première fois qu’une femme me donne ça

je penserai à dire dans la colonne des gens de coeur de la pandémie qu’elle a pas voulu que mon corps soit plus malade d’isolement des jambes et du dos dans l’effort ouvrier. Un devoir ignoré par les enfants

Chez l’oiseau, chaque geste d’amour est reçu pleine peau

Au silence vient s’armer la plus simple définition du bonheur

C’est fou

Alors il faut donner à voir

pas enfermer le besoin d’aimer

sous des prétextes qui n’avaient pas lieu d’être, sinon faire à côté

La clématite Barbara a grimpé d’un étage sans que ses nombreux boutons ne la retiennent. Du côté où elle est, elle respire l’haleine de Vincent qui cap à plein iris

Chambre d’échos des murs acoustiques comme en théâtre antique…

 

Niala-Loisobleu – 26 Avril 2020

D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS


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D’IRIS EN IRIS, PASSE ET REVIENS

 

Ciel et ses seins

Ronde lumière

L’arc-en-ciel au spectre enfante blanc

 

Alors les barreaux ne peuvent garder Vincent muet

l’oiseau bleu

nidifie son ventre par la toile

 

Au bout des Alyscamps

la nécropole

ouvre la maison jaune

 

Ex-Voto: Je t’aime, tais-toi

se met en vitrine

comme un cri d’Arles

 

Niala-Loisobleu – 25 Avril 2020

 

 

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LE DESSEIN DU TAPIS


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LE DESSEIN DU TAPIS

 

Caché derrière le papier-peint d’une feuille de poème, le pouls joue dans ton encre

Dans la cuisine les épices s’alignent sur l’étagère où tes seins serrent des livres de contes

Dans le persil d’une farce Guignol pile son ail,

Le jardin public suit le loueur de chaises pour ne rien rater du croisement des jambes

Cahin-caha de fiacre, les Gilles se dressent des beffrois aux grelots des sabots

Le faire à cheval, écris-tu sur un pense-bête auto-collant qui tombe du réfrigérateur

La dernière fois qu’en courant, est passé un bateau de papier, l’horizon découpait du bise-bise pour l’hublot du gaillard-d’avant

Le vieux ceps tord sa treille sous la jupe plissée d’un panorama de Van Gogh. Etoiles de cyprès, Vincent brûlé dans l’amour qu’il n’a jamais pu rattraper, délace des iris aux barreaux de St-Rémy. Les Alycanthes chantent dans la veine des catacombes

En me levant comme le pont du ber à l’estran grimpeur, j’ai marché sur l’eau comme un doux rêveur. Cormorans en traîne, l’enclos paroissial tient les ex-votos à jour sur l’agenda du tant

Que balancent les reins du chemin commun.

Niala-Loisobleu – 27 Janvier 2020

Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1


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Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1

 

« l’eschare d’écorché » le simple motif d’un bougeoir allumé sur un fauteuil de paille au châssis violacé en dit beaucoup plus sous la main de van Gogh que toute la série des tragédies grecques ou des drame de cyril tourneur, de webster ou de ford jusqu’ici d’ailleurs demeurés injoués.

« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »

Antonin Artaud

DEUX PEINTRES


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DEUX PEINTRES

Ces deux peintres ne pouvaient se souffrir et ne se rencontraient que pour s’échanger les plus grossières injures.
Parmi les plus cinglantes figuraient celles de krabber (griffonneur) et de klatcher (barbouilleur).
L’un avait l’air d’un boxeur hilare, l’autre avait le visage du cénobite émacié.

Faut-il sacrifier les couleurs aux formes pleines — négliger l’orgie chromatique pour la fermeté stricte du contour, dédaigner l’anecdote — et n’aboutir à la
narration non figurative que par la tache structurante?

Les deux peintres renouvelaient à plaisir cette querelle des
Universaux.
Gauguin, un maçon qui lutte contre l’épar-pillement des couleurs, ne peut que s’insurger contre la
Provence convulsive de
Vincent.

Barbouilleur de l’instinct
Griffonneur de l’intellect

la dispute tournait au dialogue de sourds

Les nèfles sont trop mûres

Vieil olivier tordu

L’humour est centre de gravité.

Paul Neuhuys