Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1


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Van Gogh le suicidé de la société de Antonin Artaud – Extrait 1

 

« l’eschare d’écorché » le simple motif d’un bougeoir allumé sur un fauteuil de paille au châssis violacé en dit beaucoup plus sous la main de van Gogh que toute la série des tragédies grecques ou des drame de cyril tourneur, de webster ou de ford jusqu’ici d’ailleurs demeurés injoués.

« Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. »

Antonin Artaud

DEUX PEINTRES


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DEUX PEINTRES

Ces deux peintres ne pouvaient se souffrir et ne se rencontraient que pour s’échanger les plus grossières injures.
Parmi les plus cinglantes figuraient celles de krabber (griffonneur) et de klatcher (barbouilleur).
L’un avait l’air d’un boxeur hilare, l’autre avait le visage du cénobite émacié.

Faut-il sacrifier les couleurs aux formes pleines — négliger l’orgie chromatique pour la fermeté stricte du contour, dédaigner l’anecdote — et n’aboutir à la
narration non figurative que par la tache structurante?

Les deux peintres renouvelaient à plaisir cette querelle des
Universaux.
Gauguin, un maçon qui lutte contre l’épar-pillement des couleurs, ne peut que s’insurger contre la
Provence convulsive de
Vincent.

Barbouilleur de l’instinct
Griffonneur de l’intellect

la dispute tournait au dialogue de sourds

Les nèfles sont trop mûres

Vieil olivier tordu

L’humour est centre de gravité.

Paul Neuhuys

CONSEIL DE REVISION


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CONSEIL DE REVISION

 

Nid de poule un chaos secoue le moteur

les vaches ne sont pas sorties du pré

cette cabane reste paisiblement assise derrière le piano, les murs ne portent que des ouvertures en ré mineur

A ta bouche un étonnement s’ouvre, je chantonne auprès de ma brune, tu vois venir ce chevalier du fond du bois

Reconstruis-moi entends-je

une courroie de transmission, plus une vidange sinon rien

je balance une grande claque au garagiste, vraiment pour casser le bloc-moteur poétique on trouve pas mieux, ça rime à rien de pas aller à pieds.

 

Niala-Loisobleu – 07/08/19

 

TRACES


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TRACES

 

Comme soudain arrêté, l’espace se cherche

on a vu des paysages surgir alors q’on était pas dedans

les barbelés doivent avoir ce pouvoir de remord

Vincent me reste ses chaussures lacées, un pas d’amour redondant

de couleurs autres

Les crânes gardent leurs dents plantées au chemin, la mauvaise herbe penseront certains

moi je dirai à l’anse des mots qui ont retenu

cette incroyable envie de vivre l’amour qui est dedans

C’est seulement au fond du trou que ce qui est le Tout s’arrête vraiment, voilà pourquoi je n’enterre pas ce qui compte avec ses souliers…

 

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2019

 

 

 

PEINTURE  EN CALE


 

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PEINTURE  EN CALE

Une matière molle a atteint les limites de ce qui donne signe de vie

le ciel coule d’un laid qui déborde

La cabane éventrée démonte l’halte providentielle du lieu d’asile

s’ils s’en prennent aux marguerites il pourrait y avoir à la place un élevage de couronnes mortuaires en serre, l’entrain et les meuhs n’ayant plus droit de cité..

Je m’inquiète pour mes petites maisons posées à même les arbres, les oiseaux disparaissent. Les faucheurs recrutés par la camarde sont pas du genre flamants roses et Vincent lève les derniers ponts avant Les Saintes. Me reste le cri de ses iris traversant les barreaux. Je m’en tournesol, le réveil ayant laissé le temps aux araignées pour tisser quelque espoir.

Niala-Loisobleu – 09/07/19

ENTRE TIEN EMOI 48


 

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ENTRE TIEN EMOI 48

 

Une condensation des yeux m’obstrue la montée des arbres jusqu’au murmure de la pluie qui point. Oiseau-rouge gorge, lourd sein qui palpite, je veux te déployer au décolleté de mes deux mains pour une humanité qui étendrait  son partage d’une plaine à l’autre. Des iris rentrés dans la gorge des cellules d’isolement, je pense à Vincent qu a craché  ses cris violets ourlés de jaune aux oiseaux de malheur pour qu’ils ne lui dévorent pas le coeur. Les pailles tressées de sa chaise gémissent dans mon assise en branlant de désarroi. Comme une demande au rasoir de venir trancher l’oreille en un voeu d’amour absolu, il monte sa palette jusqu’au cosmos en sacrifice  pour des hommes aveugles, injustes et cruels . Face à lui-même pur et fidèle, absolu visionnaire. Eternel étranger au lucre terrestre. Jusqu’au dernier corbeau d’un après-midi d’été qu’il dévêt du noir plumage par son espoir rouge sang, en le répandant aux épis soulevant son soleil. Maudits soient ceux qui se gavent aujourd’hui de sa quête en roulant carrosse sur le génie ignoré d’un apôtre de l’amour.

Comment pourrais-je sans Toi tenir cet engagement m’aime nous sachant les derniers.

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2019