SE RENDRE VERS


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SE RENDRE VERS

 

En se retirant l’air à mélangé les directions au carrefour

cherchant sous les flèches d’antan

dans un vieux carton à dessin

l’arc d’anciennes cathédrales esquissé

le carquois plein réarme l’instrument à corde de l’élan de tir

A la montée des voûtes sur cette lumière tenue en vitraux

l’édifice du choeur escalade de ses voix pour respirer

J’irais revoir ma Normandie

mon Capitaine

ses dauphins

dans le sens d’une visite à Victor

du belvédère où le regard battu par les vagues peut dépasser l’immobilisme des situations présentes. Les oiseaux marins en formation aérienne sur les mâts cargués tournent en manège pour l’apprentissage des mousses. Le sillage de ceux partis plus avant s’étale en signe initiatique de voyage. Les éléments constitutifs font un logo. Le sens se déroule sur la carte

Ta figure proue, Ma…

 

Niala-Loisobleu – 24 Juin 2019

 

 

DEMAIN DES L’AUBE


DEMAIN DES L’AUBE
(Texte: Victor Hugo, Musique: Pierre Bensusan)

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Tomorrow, at dawn, when the sun bleaches the land,
I will leave, I know you wait for me.
I’ll go by the forest, I’ll go through the mountains.
No longer can I bear to be away from thee.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit.
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Et le jour pour moi sera comme la nuit.

I will walk in a world of my own,
Hearing no sounds, without sight,
Alone, back bent, hands crossed, unknown,
And the day for me will be as night.

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux;
Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux.

Now that Paris, with her marble and streets,
Her mist and her roofs are so far from my eyes,
Now that I am beneath the branches of trees,
And I can dream of the beauty of the skies.

Maintenant qu’attendri par ces divins spectacles
Plaines, rochers, forêts, vallons, fleuves argentés,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l’immensité.

Now I am moved by these divine spectacles,
Field, crag, forest, valley, silver stream,
Seeing how small I am, seeing your miracles,
I come to my senses before your creation supreme

Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses;
L’autre plonge en la nuit d’un mystère effrayant.
L’homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu’il voit est court, inutile et fuyant.

We only ever see one side of life;
The rest is shrouded in terrifying mystery.
Man bears his burdens without knowing why.
All he sees is short, useless, and fleeting.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx et de bruyère en fleur. 

I will not watch the gold of the evening rays,
Nor the distant sails of journeys resumed.
And once I have arrived, I will place on your grave,
A bouquet of holly and heather in bloom.

Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses;
L’autre plonge en la nuit d’un mystère effrayant.
L’homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu’il voit est court, inutile et fuyant.

We only ever see one side of life;
The rest is shrouded in terrifying mystery.
Man bears his burdens without knowing why.
All he sees is short, useless, and fleeting.

 

ENTRE TIEN EMOI 45


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ENTRE TIEN EMOI 45

Puisque sous sa robe ce jour te garde vive

dans  le passage à vide

sur la menthe

je remplis mes mains de cette embellie

fleur que le jardin

garde

en tous ses états

Il n’y a d’absence que dans l’amour introuvable

Ma

rentre-toi

gorge entre mes bras

Je vais repiquer le chant d’oiseau dans le carré potager

là où le vélo donne à manger au cheval

ces pages d’odyssée qui n’en finissent pas

comme je t’aime.

Niala-Loisobleu – 29/03/19

Puisque 

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine;
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli;
Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli;Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire
Les mots où se répand le coeur mystérieux;
Puisque j’ai vu pleurer, Puisque j’ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux;

Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas! voilé toujours;
Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours;

Je puis maintenant dire aux rapides années:
– Passez! passez toujours! je n’ai plus à vieillir!
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées;
J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir!

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre!
Mon coeur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli!

Mon coeur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli!

Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil: Les chants du crépuscule)

Il n’avait qu’à me laisser vivre


Il n’avait qu’à me laisser vivre

LA BOÎTE A L’ÊTRE 41 – LE JARDINIER


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 41 – LE JARDINIER

 

Les saisons passent entre les sillons creusés par les pinceaux. Palette, vaste domaine, culture proportionnée au jardin de taille humaine.Loin des mécanisations araires, qui coupent plus qu’elles ne font pousser.

Le chevalet est curieusement complice des mutations végétales qui suivent sans dessein, l’évolution de l’Oeuvre de l’artiste. L’Oeuvre étant l’ensemble de ses différentes époques.Farouchement indépendant, ce peintre là, s’est toujours tenu à l’écart des modes et de leurs dommages sur la personnalité intrinsèque.

Tu souviens-tu Alain quand tu as accouché de Niala ? Je suis père et mère, androgyne, si tu savais comme c’est puissant ce sentiment de se remplir d’une autre dimension, de la sentir se développer dans son ventre, et d’en entendre les premiers cris…tu ne me demanderais pas si je m’en souviens encore..Tu n’y comprendras sans doute rien, mais mon père après avoir conçu Alain Denèfle, sans le savoir à inséminé Niala. Jamais cette conception ne fut artificielle.Il m’en parle souvent dans nos conversations journalières. Fier d’avoir eu deux garçons avec le même. De penser que son autre fils est son frère, ça fait silence…non seulement c’est intime et incompréhensible pour les non-membres de la famille, mais surtout, c’est l’accomplissement d’un amour sans fin.

Louis me résonne de tous les bruits qu’il a semé dans mon jardin d’enfant.Debout avant le jour, et couché bien après lui, j’ai de curieuses musiques au coeur. Sa voix haute et prenante, il chantait du matin au soir, d’une voix de stentor, pas un de ces filets mignons de nos stars de la chanson actuelle. Et sans micro, en direct. Le répertoire en désordre, selon le rayon de soleil où la pluie de l’instant, selon le rebondi des fesses du modèle qui parfumait l’atelier de ses remontées dermiques, notre seul moyen de chauffage, ou de rafraîchissement, selon aussi la lutte ouvrière, les troubles de la société, la guerre en trame, la guerre, en uniforme, la guerre en deuils, la guerre en tortures, la guerre en atrocités, la guerre en hémorragie du coeur. La lutte permanente. Comme il me disait, même quand il fait beau il y toujours une grêle en embuscade. D’où ces chansons de corps de garde….on est jamais assez vigilants, m’a-t-il appris.

C’est l’arrosoir de mes sécheresses, il tombe toujours à pluie quand l’à-pic a brutalement fait un cratère dans ma rue. Louis c’est mon chaudronnier, il repousse le métal, le fait chanter en extrayant de sa froideur la chaleur de sa forge intérieure. Ses marteaux rebondissent avec joie sur mes enclumes. Comme ses mains m’ont assoupli les doigts. Le travail les a fait à sa mesure, il les a endurci de l’apparence, sans les dépouiller de leur extrême sensibilité interne. La main plante, la main transplante, la main fait lever, la main fait s’ouvrir, la main projette, elle est le signe permanent du vouloir, le seul outil que l’on doit apprendre à fabriquer soi-même, pour en connaître l’usage. On achète pas une main on la donne.

Mes mains ont traversé tant de paysages. Tant de robes de campagnes, boisées, herbues, tant de chemises et de pantalons de rues, de places et de quais de gare, de mers ou de fleuves, tant de bretelles de chemins, de boulevards, de tunnels, d’aérogares, tant de chapeaux de plages, de rivières, de lacs, qui les ont plongé nues dans leurs pavés, leurs ornières, leurs clairières, leurs bals du 14 Juillet, leurs échancrures de corsages comme de cols montagneux, que les vertiges de l’altitude, ont grisé parfois, sans faire tourner la tête à l’envers. Une tête qui tourne du bon côté c’est une vue qui s’ouvre, n’est-ce pas chère automne ?

Mon jardin est le reflet de mon âme, il y a plus de mauvaises herbes que de fleurs à vase. C’est ma seule concession à ce dieu qui serait paraît-il à son origine, j’aime pas les curés mais j’adore leurs jardins.Tout est pousse dans l’humain, je n’ai pas dit dans l’homme, là c’est un autre plan, qu’un quennal ou plusieurs n’ont toujours pas assaini. Poètes, mes fleurs, mes nourritures, où seriez-vous le mieux sinon dans mon jardin ?

Dans le jardin

Jeanne et Georges sont là. Le noir ciel orageux

Devient rose, et répand l’aurore sur leurs jeux ;

Ô beaux jours ! Le printemps auprès de moi s’empresse ;

Tout verdit ; la forêt est une enchanteresse ;

L’horizon change, ainsi qu’un décor d’opéra ;

Appelez ce doux mois du nom qu’il vous plaira,

C’est mai, c’est floréal ; c’est l’hyménée auguste

De la chose tremblante et de la chose juste,

Du nid et de l’azur, du brin d’herbe et du ciel ;

C’est l’heure où tout se sent vaguement éternel ;

C’est l’éblouissement, c’est l’espoir, c’est l’ivresse ;

La plante est une femme, et mon vers la caresse ;

C’est, grâce aux frais glaïeuls, grâce aux purs liserons,

La vengeance que nous poètes nous tirons

De cet affreux janvier, si laid ; c’est la revanche

Qu’avril contre l’hiver prend avec la pervenche ;

Courage, avril ! Courage, ô mois de mai ! Ciel bleu,

Réchauffe, resplendis, sois beau ! Bravo, bon Dieu !

Ah ! jamais la saison ne nous fait banqueroute.

L’aube passe en semant des roses sur sa route.

Flamme ! ombre ! tout est plein de ténèbres et d’yeux ;

Tout est mystérieux et tout est radieux ;

Qu’est-ce que l’alcyon cherche dans les tempêtes ?

L’amour ; l’antre et le nid ayant les mêmes fêtes,

Je ne vois pas pourquoi l’homme serait honteux

De ce que les lions pensifs ont devant eux,

De l’amour, de l’hymen sacré, de toi, nature !

Tout cachot aboutit à la même ouverture,

La vie ; et toute chaîne, à travers nos douleurs,

Commence par l’airain et finit par les fleurs.

C’est pourquoi nous avons d’abord la haine infâme,

La guerre, les tourments, les fléaux, puis la femme,

La nuit n’ayant pour but que d’amener le jour.

Dieu n’a fait l’univers que pour faire l’amour.

Toujours, comme un poète aime, comme les sages

N’ont pas deux vérités et n’ont pas deux visages,

J’ai laissé la beauté, fier et suprême attrait,

Vaincre, et faire de moi tout ce qu’elle voudrait ;

Je n’ai pas plus caché devant la femme nue

Mes transports, que devant l’étoile sous la nue

Et devant la blancheur du cygne sur les eaux.

Car dans l’azur sans fond les plus profonds oiseaux

Chantent le même chant, et ce chant, c’est la vie.

Sois puissant, je te plains ; sois aimé, je t’envie.

Victor Hugo

Sur la toile, le jour se lève, entre les doigts du jardinier. La composition en L – comme liberté, loge, largesse, lointain -a transporté le présent, hors des ténèbres. La lumière , symbole de verticalité étend son trait horizontalement sur le jardin, semant l’espérance nourricière.

Niala-Loisobleu

5 Décembre 2010

LE JARDINIER - 2010 - NIALA - Acrylique sur toile 46 x 38 003

 

 

LE MUR


Hugo-Hauteville-House_Guernesey

LE MUR

L’horizon sorti des fenêtres,

la musique porteuse d’un genre rapproche des couloirs du labyrinthe d’un autre

Entre la clarté et le noir un mur a érigé une frontière

Guernesey qu’étais-tu:  mirador ou belvédère

combien Victor  a du méditer sur le tout et son contraire

île au trésor ou exil castrateur ?

Tu te crois au large,

au matin t’ouvre le hublot

et découvre que t’es garé aux bateaux inertes de St -Tropez

les ris d’eaux peuvent en cacher d’autres.

Niala-Loisobleu – 22 Avril 2018

ETAT DES LIEUX 17


 

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ETAT DES LIEUX 17

 

Suspendu à la cloche de la sortie, un béret sans nom de bateau, se demandait où il avait bien pu accrocher son pompon. On navigue à vue sans trop y voir pour pas s’éperonner.

Mais les toiles veillent

Carnac est bien dans l’alignement

un menhir dans la sacoche il est trop tard pour m’empêcher de pédaler.

Elle le sait

les mains hors du guidon, j’entends le timbre de sa voix acquiescer sans le dire. Sa poitrine remonte le fond marin à bord du chenal Par les rias l’estran vient soulager le mal de dos des coques à sec.

Le roux qui sanguine les mèches sur son front me rappelle les domes de la Vallée des Temples au soleil couchant. Recouvert de feuilles d’hors son front volontaire tient la pile du prochain pont. Mine de rien. On se déchire l’identité dans un contexte qui vous a exilé sans pitié.

Comme Victor l’a tant jeté du haut de son belvédère, Guernesey vous retient pas prisonnier, il y a les récifs des requins, dents de l’amer, le coeur pourtant tient librement  la croisière sans lâcher son secret.

J’embrasse l’embouchure au goût fort de liberté, gorge ouverte aux embruns. Il y a toujours quelqueque sel dans la pire des fadeurs.

Niala-Loisobleu – 27/02/18