RUE DE SCENE


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RUE DE SCENE

 

Le craquement passé les morceaux disjoints se séparent

le raisonnable a quitté depuis plus longtemps que moi la règle d’usage

Autour de la Table Ronde, Arthur eut à en découdre dans les premiers,  vu les faits rapportés

Rue de Seine

j’en frissonne des décennies après

Serge de sa voix prenante bloquait le passage d’un trottoir à l’autre, Jacques m’appris ce que Paroles signifient

Nous nous retrouvions à l’allumage des réverbères, entre deux « Caroline et Marguerite » promenées jusqu’à Montmartre avec la fanfare de l’Ecole. A t-elle finit par faire mon bonheur, ça c’est la réponse toujours à attendre

Tout vient s’opposer

la chaleur pourtant n’arrive pas à me défaire du haut de la sphère

la Lumière domine

j’ai le tableau fait dans la série qui s’annonce

la poésie devenue le pigment de mon encrier

je pousse le cri de naissance au-delà

mes bons maîtres plus vivants que vous en moi ça n’existe pas…

 

Niala-Loisobleu – 26 Juin 2019

 

RUE DE SEINE


RUE DE SEINE

 

Rue de
Seine dix heures et demie

le soir

au coin d’une autre rue

un homme titube… un homme jeune

avec un chapeau

un imperméable

une femme le secoue…

elle le secoue

et elle lui parle

et il secoue la tête

son chapeau est tout de travers

et le chapeau de la femme s’apprête à tomber en arrière

ils sont très pâles tous les deux

l’homme certainement a envie de partir…

de disparaître… de mourir…

mais la femme a une furieuse envie de vivre

et sa voix

sa voix qui chuchote

on ne peut pas ne pas l’entendre

c’est une plainte…

un ordre…

un cri…

tellement avide cette voix…

et triste

et vivante…

un nouveau-né malade qui grelotte sur une tombe

dans un cimetière l’hiver…

le cri d’un être les doigts pris dans la portière…

une chanson

une phrase

toujours la même

une phrase

répétée…

sans arrêt

sans réponse…

l’homme la regarde ses yeux tournent

il fait des gestes avec les bras

comme un noyé

et la phrase revient

rue de
Seine au coin d’une autre rue

la femme continue

sans se lasser…

continue sa question inquiète

plaie impossible à panser

Pierre dis-moi la vérité

Pierre dis-moi la vérité

je veux tout savoir

dis-moi la vérité…

le chapeau de la femme tombe

Pierre je veux tout savoir

dis-moi la vérité…

question stupide et grandiose

Pierre ne sait que répondre

il est perdu

celui qui s’appelle
Pierre…

a un sourire que peut-être il voudrait tendre

et répète

voyons calme-toi tu es folle

mais il ne croit pas si bien dire

mais il ne voit pas

il ne peut pas voir comment

sa bouche d’homme est tordue par son sourire

il étouffe

le monde se couche sur lui

et l’étouffé

il est prisonnier

coincé par ses promesses…

on lui demande des comptes…

en face de lui…

une machine à compter

une machine à écrire des lettres d’amour

une machine à souffrir

le saisit…

s’accroche à lui…

Pierre dis-moi la vérité.

 

Jacques Prévert

UNE ECHARDE AU COEUR- SERGE REGGIANI


UNE ECHARDE AU COEUR- SERGE REGGIANI

J’aurais pu être un héros
Où un traîne bistrot
Un banquier ou un fou
Il s’en est fallu de quoi
Que je sois toi
Tout se passe au millimètre
Et ce que l’on peut être
Dépend-il de nous
Où d’une partie de loto
Jouée là-haut
Faut faire avec ce qu’on a
Je me contente de moi
J’aime la vie, la vie cette garce
Qui punit ses vainqueurs
Je la perdrais sans perdre la face
Mais une écharde au cœur
Je suis moi, mais je suis lui
Qui marche sous la pluie
Après l’adieu banal
Et va prendre calmement
Vingt cinq calmants
Vois cette photo couleur
Cette photo douleur
Sur le papier journal
Ces grands yeux qui crient de faim
Ce sont les miens
Je suis trois fois rien d’un coup
Où l’on me trouve partout
J’aime la vie, la vie cette garce
Qui punit ses vainqueurs
Je la

Prélude (Pater Noster) / Quand j’aurai du vent dans mon crâne


 

Prélude (Pater Noster) / Quand j’aurai du vent dans mon crâne

Quand j’aurai du vent dans mon crâne
Quand j’aurai du vert sur mes osses
P’tête qu’on croira que je ricane
Mais ça s’ra une impression fosse
Car il me manquera
Mon élément plastique
Plastique tiqu’ tiqu’
Qu’auront bouffé les rats
Ma paire de bidules
Mes mollets mes rotules
Mes cuisses et mon cule
Sur quoi je m’asseyois
Mes cheveux mes fistules
Mes jolis yeux cérules
Mes couvre mandibules
Dont je vous pourlèchois
Mon nez considérable
Mon coeur mon foie mon râble
Tous ces riens admirables
Qui m’ont fait apprécier
Des ducs
Jacques Prévert

 

 

 

ELLE VEUT (Serge Reggiani)


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ELLE VEUT (Serge Reggiani)

Dans un pays où il n’a jamais vraiment plu
Elle est arrivée dans ma vie à l’âge ou rien n’arrive plus
A l’âge où le bonheur est synonyme de défaite
Le passé est fouineur qui vient jouer le trouble-fêteElle m’abandonne son corps, qu’elle rit ou qu’elle soupire
La peur de tout rater encore la peur, la peur voilà le pire

Il peut chavirer le bateau à tanguer sous les souvenirs
Le passé est un vieux couteau mais qui menace la nuit

Mais elle veut, elle veut, elle le veut comme je le veux
Elle veut que s’exauce un unique vœu
Elle veut, elle veut autant que je le veux
Elle veut voir se blanchir nos cheveux

Au fil des jours, au cours des mois, au temps de guerre et de caresses
Quand elle est là près de moi, je tremble pour qu’elle disparaisse
Qu’elle s’en aille n’importe où, ou qu’elle se prenne le maquis
Et le passé ce vieux filou ajoute oui et avec qui

Veiller aux grains de ses envies vieillir au creux de ses plaisirs
Lui faire des petits câlins et oublier nos déroutes
Le passé est un vieux malin qui a fait se joindre notre route

Mais elle veut, elle veut, elle le veut comme je le veux
Elle veut que s’exauce un unique vœu

Elle veut, elle veut autant que je le veux
Elle veut voir se blanchir nos cheveux
Elle veut, elle veut autant que je le veux
Elle veut voir se blanchir nos cheveux

 

TABLEAU DE BORD


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TABLEAU DE BORD

Vols de mouettes sourdes aux bruits des canons à eau comme à mitrailles, à n’être qu’en plein sel, la blondeur des dunes servant de caleçon pour le nu que la vieillesse gardera toute son enfance.La mer du grand bassin des Tuileries pour mettre le bateau en papier à l’eau. Oléron dans l’eau, Colomb à bord du caniveau de mon Paname à la découverte de s’amérique émoi , à dos de cheval de bois du manège grande roue universelle dans la putain de vie des guerres en mondiale et en coloniale, près de son Louvre délivré de roi, obélisque et chantent les nuits chaudes à Montmartre au fond de paradis latin, Lutèce sans son maillot de bains reniflant lesbos aux accents de Marguerite cadencée  par la fanfare de l’Ecole des Beaux-Arts sans plus chercher à savoir qui fera du Tabou le crachoir du cimetière où on finira certainement tombé d’une fenêtre de l’Observatoire du genre humain à Montparnasse, avec le seul cri de Jeanne Ebuquerque valant qu’on s’arme pour une cause qui pardonnerait pas l’existence des faiseuses d’anges du dogme pas plus que la peine de mort des républiques bananières, tumulte tueuse de jeunesse. Eperdu on se bat pour ne pas voir tout se perdre, on pleure lacrymogène , on hurle le profit et ses casseurs de paix à la solde de sombres éminences, on vomit et rompu de frustration on s’y remet comme par espoir plus fou que tout à vouloir mettre de l’ordre dans l’injustice. Dans la déception présente en fin de compte l’âge que j’veux au sens littéral est celui de ma jeunesse….

Niala- Loisobleu – 8 Décembre 2018

 

https://www.youtube.com/watch?v=ELgl_lSmXXg