LE FARD DES ARGONAUTES


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LE FARD DES ARGONAUTES

Les putains de Marseille ont des sœurs océanes Dont les baisers malsains moisiront votre chair. Dans leur taverne basse un orchestre tzigane Fait valser les péris au bruit lourd

de la mer.

Navigateurs chantant des refrains nostalgiques Partis sur la galère ou sur le noir vapeur, Espérez-vous d’un sistre ou d’un violon magique Charmer les matelots trop enclins à la
peur?

La légende sommeille aîtière et surannée Dans le bronze funèbre et dont le passé fit son trône Des Argonautes qui, voilà bien des années, Partirent
conquérir l’orientale toison.

Sur vos tombes naîtront les sournois champignons Que louangera Néron dans une orgie claudienne Ou plutôt certain soir les vicieux marmitons Découvriront vos yeux dans le
corps des poissons.

Partez! harpe éoîienne où gémît la tempête…

Ils partirent un soir semé de lys lunaires. Leurs estomacs outrés tintaient tels des grelots Es berçaient de chansons obscènes leur colère De rut inassouvi en paillards
matelots…

Les devins aux bonnets pointus semés de lunes damaient aux rois en vain l’oracle ésotérique Et la mer pour rançon des douteuses fortunes Se parait des joyaux des tyrans
erotiques.

— Nous reviendrons chantant des hymnes obsolètes Et les femmes voudront s’accoupler avec nous Sur la toison d’or clair dont nous ferons conquête Et les hommes voudront nous
baiser les genoux.

Ah! la jonque est chinoise et grecque la trirème Mais la vague est la même à l’orient comme au nord Et le vent colporteur des horizons extrêmes Regarde peu la voile où
s’assoit son essor.

Es avaient pour esquif une vieille gabare Dont le bois merveilleux énonçait des oracles. Pour y entrer la mer ne trouvait pas d’obstacle. Premier monta Jason, s’assit et tint la
barre.

Mais Orphée sur la lyre attestait les augures; Corneilles et corbeaux hurlant rauque leur peine De l’ombre de leur vol rayaient les sarcophages Endormis au lointain de l’Egypte
sereine.

Chaque fois qu’une vague épuisée éperdue Se pâmait sur le ventre arrondi de l’esquif Castor baisait Pollux chastement attentif A l’appel des alcyons amoureux dans la
nue.

Es avaient pour rameur un alcide des foires Qui depuis quarante ans traînait son caleçon De défaites payées en faciles victoires Sur des nabots ventrus ou sur de blancs
oisons.

Une à une, agonie harmonieuse et multiple, Les vagues sont venues mourir contre la proue, Les cygnes languissants ont fui les requins bleus, La fortune est passée très vite sur
sa roue.

Les cygnes languissants ont fui les requins bleus Et les perroquets verts ont crié dans les deux.

— Et mort le chant d’Êole et de l’onde limpide, Lors nous te chanterons sur la lyre, 6 Colchide.

Un demi-siècle avant, une vieille sorcière Avait égorgé là son bouc bi-centenaire. En restait la toison pouilleuse et déchirée, Pourrie par le vent pur et
mouillée par laraer.

— Médée, tu charmeras ce dragon venimeux

Et nous tiendrons le rang de ton bouc amoureux Pour voir pâmer tes yeux dans ton masque séniîe : O! tes reins épineux ô! ton sexe stérile.

— rendormirai pour vous le dragon vulgivague Pour prendre la toison du bouc licornéen.

Fai gardé de jadis une fleur d’oranger Et mon doigt portera l’hyménéenne bague.

Mais la seule toison traînée par un quadrige Servait de paillasson dans les deux impudiques A des cydopes nus couleur de prune et de cerise : Or nul d’entre eux ne vit le symbole
ironique.

— Oh I les flots choqueront des arêtes humaines. Les tibias des titans sont des ocarinas

Dans l’orphéon joyeux des stridentes sirènes, Mais nous mangerons l’or des juteux ananas.

Car nous incarnerons nos rêves mirifiques. Qu’importe que Fhsbus se plonge sous les flots! Des rythmes vont surgir, ô Vénus Atlantique! De la mer pour chanter la gloire des
héros.

Ils mangèrent chacun deux biscuits moisissants Et l’un d’eux psalmodia des chansons de Calabre Qui suscitent la nuit les blêmes revenants Et la danse macabre aux danseurs doux et
glabres.

Os revinrent chantant des hymnes obsolètes. Les femmes entr’ouvrant l’aisselle savoureuse Sur la toison d’or clair s’offraient à leur conquête, Les maris présentaient de
tremblantes requêtes Et les enfants baisaient leurs sandales poudreuses.

— Nous vous ferons pareils au vieil Israélite Qui menait sa nation par les mers spleenétiques Et les juifs qui verront vos cornes symboliques Citant Genèse et
Décalogue et Pentateuque Viendront vous demander le sens secret des rites.

Alors, sans gouvernail, sans rameurs et sans voiles, La nef Argo partit au fil des aventures Vers la toison lointaine et chaude dont les poils Traînaient sur l’horizon linéaire et
roussi.

— Va-t’en, va-fen, va-fen, qu’un peuple ne t’entraîne Qui voudrait, le goujat, fellateur clandestin, Au phallus de la vie collant sa bouche blême, Fût-ce de jours honteux
prolonger son destin!.

Robert Desnos

LA BOÎTE A L’ÊTRE 22


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 22

CRAMOISIES ROSEURS

L’heure était à me glacer, dans ses sueurs froides, retenu sans défense aux draps froissés. Par le rayon du phare lunaire, les formes en s’agitant du dos sur le ventre, donnaient à la campagne un visage de remous du passé. Ces ombres, en même temps qu’elles me remettaient leurs images d’angoisse dans l’âge du présent, me faisaient entendre les hurlements de leurs instruments de torture. La nuit on perd plus facilement la victoire contre les assauts de ses mauvais souvenirs.Quand le grincement des roues fige ses rayons dans l’ornière, tout semble s’enliser. Le coeur saigne à ne rien s’y retrouver. Seuls les spectres de l’idée qui s’impose occupent tout le terrain de la pensée. En même temps que le sentiment fort crie au menteur, le loup carnassier mord dans le charnu de la confiance. Quel jour est-il donc du malheur, qu’hier se conjuguait à ne plus  savoir se mettre au présent. Le jour se fait brouillard sur le clair.  Où suis-je, où allons-nous mon vieux Gauguin, de quel cauchemar il me faut espérer pouvoir me sortir ?

L’Amour tombé des nues

Un samedi du moyen âge

Une sorcière qui volait

Vers le saba sur son balai

Tomba par terre

Du haut des nuages

Ho ho ho madame la sorcière

Vous voilà tombée par terre

Ho ho ho sur votre derrière

Et les quatre fers en l’air

Vous tombez des nues

Toute nue

Par êtes vous venue

Sur le trottoir de l’avenue

Vous tombez des nues

Sorcière saugrenue

Vous tombez des nues

Vous tombez des nues

Sur la partie la plus charnue

De votre individu

Vous tombez des nues

On voulait la livrer aux flammes

Cette sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balais

Pour l’ascension

Quel beau programme

Ho ho ho voilà qu’la sorcière

A fait un grand rond par terre

Ho ho ho quel coup de tonnerre

Il tomba d’l’eau à flots

Et l’eau tombe des nues

Toute nue

Éteint les flammes tenues

Et rafraîchi la détenue

L’eau tombe des nues

Averse bienvenue

L’eau tombe des nues

L’eau tombe des nues

Et la sorcière se lave nue

Oui mais dans l’avenue

L’eau tombe des nues

Qu’elle était belle la sorcière

Les présidents du châtelet

Les gendarmes et leurs valets

La regardaient

Dans la lumière

… et un éclair qui brille

Et c’est vos yeux qui scintillent

… et votre cœur pétille

Nous sommes sourds d’amour

Et nous tombons des nues

Elle est nue

Oui mais notre âme est chenue

Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues

Sorcière saugrenue

Nous tombons des nues

Nous tombons des nues

Qu’on relaxe la prévenue

Elle nous exténue

Nous tombons des nues

Et je…

Mais tombe des nues

Tu tombes des nues

Le monde entier tombe des nues

L’amour tombe des nues

Et vive les femmes nues !

Robert DESNOS

(Recueil : « Les Voix intérieures »)

Ô Paul, se pourrait-il qu’aux Maldives aussi, les chiens fous qui gardent l’esprit sein aux belles vahinés, leurs mettent à l’idée des goûts de prothèse ? Une catastrophe écologique à faire mourir de vrai le Grand Jacques. Tenons-nous en dehors de la décadence, de toutes nos dernières forces vives. Oui, oh ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Niala-Loisobleu – 30 Août 2013

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Le jour en entrant par mon oeil droit, se retrouva l’ordre dans le flou. Posant les pieds hors de la tranchée du front où s’était déroulé mon combat intérieur, je fis chauffer l’atmosphère. En appelant  Arletty à l’ô, tel le Nord pour ne pas marcher sur la tête, comme cette nouvelle génération humanoïde qui n’a plus rien d’humain. Protester à juste titre pour 5 euros piqués à l’étudiant et applaudir ensuite au transfert footbalistique du siècle qui va octroyer au récipiendaire un salaire mensuel de 30 millions d’euros…mais c’est pas possible….je cauchemarde…que vous reste-t-il de conscience mes frères ?

Niala-Loisobleu è 5 Août 2017

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COULEES DE LAVE


YURIKO SHIROU

COULEES DE LAVE

L’heure étant à glacer, dans ses sueurs froides, voici demain retenu sans défense aux draps froissés. Par le rayon du phare lunaire, les formes en s’agitant du dos sur le ventre, donnent à cette campagne un visage de remous du passé. Ces ombres, en même temps qu’elles remettent leurs images d’angoisse dans l’âge du présent, font entendre clairement leur origine. Sans qu’on parle du coupable, quand un socialiste au pouvoir à remis l’extrême droite en passe de prendre le pouvoir,  agiter un guignol pour parer à cette éventualité  insulte l’honnêteté foncière.

Le coeur saigne à ne rien trouver, seules les spectres de l’idée qui s’impose occupent tout le terrain de la pensée. En même temps que le sentiment fort crie au menteur le loup carnassier mord dans le charnu de la confiance.

L’Amour tombé des nues

Un samedi du moyen âge

Une sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balai

Tomba par terre

Du haut des nuages

Ho ho ho madame la sorcière

Vous voilà tombée par terre

Ho ho ho sur votre derrière

Et les quatre fers en l’air

Vous tombez des nues

Toute nue

Par êtes vous venue

Sur le trottoir de l’avenue

Vous tombez des nues

Sorcière saugrenue

Vous tombez des nues

Vous tombez des nues

Sur la partie la plus charnue

De votre individu

Vous tombez des nues

On voulait la livrer aux flammes

Cette sorcière qui volait

Vers le sabbat sur son balais

Pour l’ascension

Quel beau programme

Ho ho ho voilà qu’la sorcière

A fait un grand rond par terre

Ho ho ho quel coup de tonnerre

Il tomba d’l’eau à flots

Et l’eau tombe des nues

Toute nue

Éteint les flammes tenues

Et rafraîchi la détenue

L’eau tombe des nues

Averse bienvenue

L’eau tombe des nues

L’eau tombe des nues

Et la sorcière se lave nue

Oui mais dans l’avenue

L’eau tombe des nues

Qu’elle était belle la sorcière

Les présidents du châtelet

Les gendarmes et leurs valets

La regardaient

Dans la lumière

… et un éclair qui brille

Et c’est vos yeux qui scintillent

… et votre cœur pétille

Nous sommes sourds d’amour

Et nous tombons des nues

Elle est nue

Oui mais notre âme est chenue

Nous avons de la retenue

Nous tombons des nues

Sorcière saugrenue

Nous tombons des nues

Nous tombons des nues

Qu’on relaxe la prévenue

Elle nous exténue

Nous tombons des nues

Et je…

Mais tombe des nues

Tu tombes des nues

Le monde entier tombe des nues

L’amour tombe des nues

Et vive les femmes nues !

Robert DESNOS (Recueil : « Les Voix intérieures »)

Le jour en entrant par mon oeil droit, mit de l’ordre dans le flou – Incroyable pour le plus malade des deux –  voir c’est voir chante un rock air. Posant les pieds hors de la tranchée du front où s’était déroulé mon combat intérieur, je fis chauffer l’ô. Entre la mie du peint et les fruits encore pendus à ta poitrine, je sentis en premier, s’approcher la vue du bleu, bien avant que me parviennent l’odeur des autres couleurs qui font l’harmonie. Que s’est-il donc passé ? Qu’importe; cette diversion du chemin tracé, le soleil en se levant, ne montre aucune blessure. Le désordre ne fait que suivre son chemin décadent. C’est normal, rien n’a changé sur le fond.

Je suis cassé du dos,  mou des jambes, saigneux du nez mais, entends bien, sans que ce qui raidit pour la bonne cause ait été enseveli. Tu es là mon coeur avec la m’aime rage de vivre, en dehors de ce qui demeure l’errance collective perpétuelle. Nous, nous n’habiterons pas à Pompéi.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2017

 

The Ribbons - Oil painting by Steven Kenny