Eh oui, c’est ça la vie


Eh oui, c’est ça la vie

Artiste : Richard Desjardins
Titre   : Eh oui, c’est ça la vie
Paroles et musique : Richard Desjardins

F

Tout’les suiveux s’promènent un bunch
soit à New-York soit à La Mecque.
Tou’les lièvres c’est des quick lunchs
C
la peau, les os, le poil avec.
C
Toutes les rivières vont à la mer
toute la bière y va aussi
Le reste du monde s’en va nowhere
F
moi pour ma part je reste ici.
F
C’est quoi l’affaire ? Méga projet ?
Un casino ? Une autoroute ?
On ferait aussi ben d’changer d’sujet,
C
c’est non, c’est mega non pentoute.
C
On vend pas l’paradis terrestre
c’est au bondieu ou c’qui en reste
As-tu besoin d’un cinq étoile
F
quand t’en a cinq milliards dans l’ciel
Bb
Déménager mon lac,
sans déranger les canards
c’est pas possible faque
F
on tient ça mort
Bb
Si y’a pu d’tit mulot dans’boîte à bois
si y’a pus d’colibri dans mon wisky
F
moi j’vas pas là
C                F
Eh oui ! C’est ça la vie.
F
J’tarrivé icitte en dix-huit cent
en poursuivant le papillon
et tous les soirs depuis ce temps
C
c’est moi qui donne le réveillon.
C
À l’ombre des oiseaux en fleur
sous le feuillage des épinettes
je suis accablé de labeurs
F
je vous donne un exemple vite faite
F
Tempête de neige sur mon balcon
ça m’a occupé une partie de la nuit
c’est long classer toutes les flocons
C
surtout marquer les numéros d’série.
C
Et ça c’est rien demain cinq heure
c’est l’épouss’tage de tous les sapins.
Là faut’qu’j’en aille je suis porteur
F
aux funérailles du maringouin.
Bb
Déménager mon lac,
sans déranger les canards
c’est pas possible faque
F
on tient ça mort
Bb
Si y’a pu d’tit mulot dans’boîte à bois
si y’a pus d’colibri dans mon wisky
F
moi j’vas pas là
C                F
Eh oui ! C’est ça la vie.
F
‘Tite confidence, j’aime bien la bière
faut des bidous ça j’l’ai compris.
Un compromis f’rait mon affaire
C
rien que pour vous j’vas faire un prix.
C
Comment ça vaut une vesse-de-loup ?
Du jus de tonerre ? D’la pâte à vent ?
Une douzaine d’oeufs de carcajous ?
F
J’ai tout’ça dans mon dépliant.
F
Spécial mouches noires qui sodomisent
les beaux bleuets avant l’été
c’est vingt piasses chaque, les taxes comprises
C
l’armée en sus pour les compter.

C
Là j’additionne c’est ça mon bill
en ajustant perte de jouissance
c’est cent zilliards à’puissance mille
F
en d’sous d’la table, payable d’avance.
Bb
Déménager mon lac,
sans déranger les canards
c’est pas possible faque
F
on tient ça mort
Bb
Si y’a pu d’tit mulot dans’boîte à bois
si y’a pus d’colibri dans mon wisky
F
moi j’vas pas là
C                F
Eh oui ! C’est ça la vie
C                F
Eh oui ! C’est ça la vie.

 

La maison est ouverte – Richard Desjardins


La maison est ouverte
Richard Desjardins

Prends le sentier derrière
les jalousies des villageois.
Le vent d’une seule main
y secoue la forêt.
À la montagne, mets des ailes.
Au mur, pense à elle.
Le diable fera claquer ses doigts
et quand tu entendras le hurlement
du loup tranchant la gorge du chien,
tu verras alors les étoiles précises
des feux sur l’autre rive.
La lune arrêtera sa course.
C’est le signal. Traverse.
La voie est libre comme toi.
Je t’envoie l’escorte de vierges.
Le mot de passe:
« Né pour aimer. »
Ils versent un pauvre miel
sur leurs mots pourris.
Ils te parlent de pénurie
et sur ta faim, sur tes amis,
ils aiguisent leur appétit.
Leur haleine brûle l’air
comme la chaux
sur le pain.
La beauté que tu oses,
ils la saluent encore
d’un grognement de porc
fouillant dans l’auge.
Ils ont raison
comme…

 

Richard Desjardins – Signe distinctif


Richard Desjardins
Signe distinctif

Auteurs: Michel X Côté / Richard Desjardins
Éditeur: Foukinic Inc (Les éditions)

Au moment de sa disparition
Elle portait
Des souliers de toile
Jupe blanche et t-shirt noir

Au moment de sa disparition
Elle portait
Un collier d’étoiles
Et son cœur en robe du soir

Au moment de sa disparition
Il portait des bottes de travail
De la sueur sous son chandail

Au moment de sa disparition
Il portait la vie sur son dos
Et sur son cœur, un gros piano

Au moment de sa disparition
Elle portait
Un enfant vivant
Une robe couleur de sang

Au moment de sa disparition
Elle portait la terre à bout d’bras
Et son cœur dansait
Dansait, dansait
Dans ses pas

Au moment de leur disparition
Ils portaient
Un drap d’hôpital
Des culottes courtes
Un bel uniforme
Un sac de linge sale
Un paquet d’tabac
Un numéro nul
Une poupée sans bras

Et rien dans les mains
La laisse d’un chien

 

 

 

Le cœur est un oiseau – Richard Desjardins


Le cœur est un oiseau
Richard Desjardins

Par-delà les frontières
Les prairies et la mer
Dans les grandes noirceurs
Sous le feu des chasseurs
Dans les mains de la mort
Il s’envole encore
Plus haut plus haut
Le cœur est un oiseau
Dans les yeux des miradors
Dans les rues de nulle part
Au milieu des déserts
De froid de faim et de fer
Contre la tyrannie
Il refait son nid
Plus chaud plus chaud
Le cœur est un…

 

Richard Desjardins – Tu m’aimes-tu


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Richard Desjardins – Tu m’aimes-tu

 

La scène se déroule, à la fin des années 80, quelque part dans ce « bout du monde » que représente l’Abitibi (région excentrique à l’ouest du Québec qui n’a été colonisée qu’au milieu du siècle dernier et qui est aujourd’hui une région presque essentiellement minière et forestière).

Richard Desjardins, cet auteur-compositeur-interprète québécois né le 16 mars 1948 à Rouyn-Noranda (au coeur même de la région) produit, de peine et de misère, son premier disque solo, album qu’il finance lui-même par la vente de l 000 parts de 10 dollars en prévente de l’album « Les Derniers humains » qu’aucune compagnie de disque ne voulait, ou ne souhaitait, produire.

Un succès au milieu de nulle part
Fort d’un certain succès auprès des stations de radio communautaires, Desjardins lance un deuxième album qu’il doit, encore une fois, autoproduire à l’aide de souscriptions en pré-vente. Le disque « Tu m’aimes-tu » (1990), est enregistré en deux jours à la Chapelle du Bon Pasteur où il s’accompagne seul sur le fameux piano Fazioli que possède cette salle de concert. Et le miracle se produit.. Richard Desjardins réussira à vendre sa chanson « Tu m’aimes-tu » à plus de 100 000 exemplaires en un temps record et la popularité soudaine de la chanson marquera pour lui le début d’une carrière qui le fera rapidement connaître au Québec et en Europe.

La consécration
Cet enviable succès trouve écho outre-Atlantique. Le programmateur du Théâtre de la Ville, à Paris, l’engage en effet dans son prestigieux théâtre et Desjardins évolue devant le tout-Paris trois soirées durant. Cette première apparition en sol français n’est que la première d’une longue série. Après avoir présenté son spectacle solo à quelque 450 reprises au Québec, en France, en Suisse et en Belgique, Desjardins effectue un retour aux sources en renouant avec ses compères d’Abbittibbi, avec qui il produit l’album « Chaude était la nuit« .

Plus tard en 2005,  Richard Desjardins livrera son album Kanasuta à l’Olympia de Paris.  Ce spectacle sera en quelque sorte une consécration. La reprise de sa chanson Quand j’aime une fois j’aime pour toujours, par Francis Cabrel, l’a certes davantage fait connaître auprès du grand public, mais Desjardins demeurait malgré tout un secret bien gardé dans l’Hexagone. Cette unique représentation à l’Olympia allait quelque peu changer la donne. « Si Léo Ferré devait avoir un héritier, ce serait lui », écrivait d’ailleurs le très critique hebdomadaire L’Humanité.

 

Un homme libre
Richard Desjardins est aussi un homme d’engagement. Son combat pour la réforme du régime forestier québécois (il a coproduit le film « L’erreur boréale »)  et sa lutte plus récente contre les pratiques douteuses des compagnies minières en Abitibi (« Trou Story ») ont aussi fait couler beaucoup d’encre. Mais Richard Desjardins, c’est toujours et surtout  » un grand artiste, un poète impénétrable. Il a su donner de l’altitude aux galeries souterraines. Il a su tirer le souffle du soufre, comme les « fleurs du mal ». Et des fonderies, faire des jardins….  » (1)

 

Tu m’aimes-tu
Paroles et musique de Richard Desjardins

Ton dos parfait comme un désert
Quand la tempête a passé sur nos corps
Un grain d’beauté où j’m’en vas boire
Moi j’reste là les yeux rouverts
Sur un mystère pendant que toi tu dors
Comme un trésor au fond de la mer

J’suis comme un scaphandre
Au milieu du désert
Qui voudrait comprendre
Avant d’manquer d’air

Y est midi moins quart
Et la femme de ménage
Est dans l’corridor
Pour briser les mirages

T’es tell’ment tell’ment tell’ment belle
Un cadeau d’la mort
Un envoi du ciel
J’en crois pas mon corps

Pour moi t’es une prisonnière
En permission qu’importe le partenaire
J’dois être le vrai portrait d’ton père
Un dare devil Nefertiti
Des sensations c’tu ta philosophie
D’aller coucher avec un homme thaïs

Pour moi t’as dit à ta chum
» Checkc le gars ’ec des lunettes
M’as t’gager un rhum
Que j’y fixe le squelette «

Y est midi moins quart
Et la femme de ménage
Est là pis a fait rien qu’
Compter les naufrages

T’es tell’ment tell’ment tell’ment belle
Un paquebot géant
Dans ’chambre à coucher
Je suis l’océan qui veut toucher ton pied

J’pense que je l’ai j’t’ai sauvé’a vie
Dans quelqu’pays dans une vie antérieure
La fois j’t’ai dit  » Va pas à Pompéi!  »
C’est quoi d’abord si c’est pas ça
C’t’à cause d’un gars qui t’a tordu le cœur
J’t’arrivé drett’avant qu’tu meures

C’pas pour mon argent
Ni pour ma beauté
Ni pour mon talent…
Tu voulais-tu m’tuer

Y est midi tapant
Et la femme de ménage
A cogne en hurlant
» J’veux changer d’personnage «

T’es tell’ment tell’ment tell’ment belle
J’vas bénir la rue
J’vas brûler l’hôtel
Coudon…
Tu m’aimes-tu
Tu m’aimes-tu