ENTRE TIEN EMOI 50


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ENTRE TIEN EMOI 50

 

Sorti du carton à dessein sans heure préalable qui n’aurait rien à voir, certains chiffres sont du nombre qui conte à part. Cinquante c’est pas rien. Mais là mis à part un cas qui me regarde au bout de son attente de gare, donc de train, encore plus de quai, de ferry, d’embarcadère, de ponton, que dis-je de port, même de la plus petite ficelle qui aurait le cerf-volant au bout, là faut que je reconnaisse que le 50ème m’interpelle un max.Tu as le colombage en poitrine, ce torchis que la chaume marie sans qu’on pense à l’union du lièvre et de la carpe, une poutraison trapézoïdale où s’accrochent deux seins-mansardes en arêtiers sur la ferme. Une image sacrée revenant sans besoin de messe. Liée à l’étreinte profonde qu fait qu’on se cherche plus. Fusion. Alliage. Et voilà la petite gare, la corne du bois sortant de la courbe du rail, loin le tunnel recule. Le cheval-vapeur a son avoine, cette herbe répandue sur le banc teint les cuisses de courses de garrigues en bord de mer.A faire sortir du tremblement de la traverse le rythme en poésie véritable qui a muté l’impossible en rêve tactile. Son nom me court la langue, plus brune qu’un mouvement de croupe cavalière à la fin d’un jumping sans heurt. A lécher ainsi tes mots de reconnaissance dans le passage de relais, je vois un jouir inconnu prendre résidence. Et le train roule, au passage à niveau, l’écluse et le lé font meuh, tire-moi par ta présence ce jour là pas comme un autre du tout. Ô cette petite maison blanche, natale…

Niala-Loisobleu – 02/04/19

 

LE JARDIN MATINAL

 

Viens, les heures d’amour dont furtives et rares…

Le jardin matinal est plein d’oiseaux bizarres.

Chère, je te convoie à ce royal festin.

Je ne veux pas jouir seule de ce matin.

L’aube heurte le ciel comme une porte close.

Viens boire la rosée au cœur blond de la rose.

Bois la rosée ainsi qu’une fraîche liqueur.

Mon cœur est une rose et je t’offre mon cœur…

L’aube a des tons de nacre et des reflets de perle.

La joie est simple et rien n’est aussi beau qu’un merle.

Savourons cette ardeur un peu triste et pleurons

De sentir la clarté première sur nos fronts.

Viens, ma très chère…
A l’est le ciel fardé chatoie,

L’herbe est douce aux pieds nus comme un tapis de soie…

Sans nous préoccuper de l’hostile destin,

Rendons grâces au ciel clément pour ce matin.

 

Renée Vivien

 

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