PLUS LOIN QUE LA


facebook sharing button
twitter sharing button
pinterest sharing button
PLUS LOIN QUE LA
linkedin sharing button
Pierre Reverdy

A la petite fenêtre, sous les tuiles, regarde. Et les lignes de mes yeux et les lignes des siens se croisent. J’aurai l’avantage de la hauteur, se dit-elle. Mais en face on pousse les
volets et l’attention gênante se fixe. J’ai l’avantage des boutiques à regarder. Mais enfin il faudrait monter ou il vaut mieux descendre et, bras dessus bras dessous, allons ailleurs
où plus personne ne regarde.

Pierre Reverdy

CHEMIN TOURNANT


L'œuvre Loplop, l'hirondelle, passe - Centre Pompidou

CHEMIN TOURNANT

 

Il y a un terrible gris de poussière dans le temps

Un vent du sud avec de fortes ailes
Les échos sourds de l’eau dans le soir chavirant
Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant
des voix rugueuses qui se plaignent
Un goût de cendre sur la langue
Un bruit d’orgue dans les sentiers
Le navire du coeur qui tangue
Tous les désastres du métier

Quand les feux du désert s’éteignent un à un
Quand les yeux sont mouillés comme des brins d’herbe
Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles
Le matin à peine levé
Il y a quelqu’un qui cherche
Une adresse perdue dans le chemin caché
Les astres dérouillés et les fleurs dégringolent
A travers les branches cassées
Et le ruisseau obscur essuie ses lèvres molles à peine décollées

Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte règle le
mouvement et pousse l’horizon
Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent
Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons
Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête

Des visages vivants
Tout ce qui s’est passé au monde
Et cette fête
Où j’ai perdu mon temps.

Pierre Reverdy

DANS LES RAILS


36cc32f5e6881089a377a62a1889d355

DANS LES RAILS

Le vent revient plus tard du chemin reconnu
Les mains pendent au bord du livre

Tête nue l’homme traverse l’heure l’éclair le champ perdu
Sur la pointe où le ciel se fixe
L’étoile et son pignon
Quand les raies de couleurs arrêtent l’horizon
Une roue se détourne l’eau s’éveille en sueur

et les berges ruissellent

Une fenêtre glisse un regard imprévu
Entre le coin du mur et la flèche de l’arbre

Une ombre qui remue

Pierre Reverdy

BORD QUI FLOTTE


IMG-0051

BORD QUI FLOTTE

 

Depuis que les maisons se tournent le dos, les rues prennent des sens interdits. Le raidillon de l’escalier de service n’accorde plus de paliers de décompression sur le pas de porte accortes des cuisines

Derrière les tilleuls de la vieille église des bancs de sable freinent le courant de la rivière. L’écho des pierres  s’étouffe dans la rouille des gonds

Par le reste de rosace, la diagonale du vitrail couche sa tête sur les dalles disjointes

BLANC ET NOIR
Comment vivre ailleurs que près de ce grand arbre blanc de cette lampe

Le vieillard a jeté une à une ses dents d’ivoire
A quoi bon continuer à mordre ces enfants qui ne meurent jamais
Le vieillard

Les dents

Cependant ce n’était pas le même rêve et quand il s’est imaginé qu’il était aussi grand que
Dieu lui-même il a changé sa religion et quitté sa vieille chambre noire

Puis il acheta de nouvelles cravates et une armoire
Mais maintenant sa tête aussi blanche que l’arbre n’est plus en effet qu’une misérable petite boule au bas des marches

De loin la boule remue
Il y a un chien à côté et dans sa forme
De loin quand il remue on ne sait plus si c’est la boule

Pierre Reverdy

J’ai mis ma gourde au lavoir pour la remplir de tes coups de battoir. Quand tu t’es penchée tes seins se sont glissés comme du sirop d’amante. Prenant le bâton le chien sur le pas de porte est venu me dire « Viens partons, nous porterons le gêneur au dehors, hier la dame s’est repeinte les yeux en apprenant la vérité ».

 

Niala-Loisobleu – 29/10/19

.

ENTRE TIEN EMOI 79


cropped-a5ac5ac76d480f42d4dd0e744a5bf8c81

ENTRE TIEN EMOI 79

 

Le soir tombe et pourtant comme un coq un chant de levé est en marée montante. Extraordinaire l’essentiel garde le dessus. Les heures furent parfois longues mais le résultat n’aligne qu’un positif total, cette exposition porte l’unique trace d’un renouveau  dans un succès incontestable. Merci public, merci d’avoir su marquer ta satisfaction, ton bonheur de trouver la vie.

 

RIDES DU TEMPS

Plus je crie plus le vent est fort

La porte se ferme

Emporte la fourrure et les plumes

Et le papier qui vole

Je cours sur la route après les feuilles

Qui s’envolent

Le toit se soulève
Il fait chaud
Le soleil est un aimant
Qui nous soutient

A des kilomètres

J’aime le bruit que tu fais

Avec tes pieds

On m’a dit que tu cours

Mais tu n’arriveras jamais

Le vieil amateur d’art a un sourire idiot
Faussaire et cambrioleur
Animal nouveau
Tout lui fait peur

Il se dessèche dans un musée

Et participe aux expositions

Je l’ai mis dans un volume au dernier rayon

La pluie ne tombe plus
Ferme ton parapluie
Que je voie tes jambes
S’épanouir au soleil

 

Pierre Reverdy

 

Le rideau tombé la scène tremble en corps. Et la suite a trouvé lieu où s’épanouir. Ce soir des maisons à vivre m’accueillent à bras ouverts. Approche et tombe les paupières Ma, j’ai à pleurer entre tes seins.

Niala-Loisobleu – 27/04/19

ENTRE TIEN EMOI 44


cropped-a5ac5ac76d480f42d4dd0e744a5bf8c81

ENTRE TIEN EMOI 44

 

Attrapant mon désir comme un besoin de faire, je ne me surpris pas à rire aux éclats. Il faut savoir que cette nuit, des petites lampes solaires en guise d’yeux, j’ai parcouru ton monde souterrain. Denfert-Rochereau, les catacombes et Paris mine de ses immeubles est creux d’un plein mystérieux. Le lion veille à l’entrée comme une fontaine d’Alhambra, eau précieuse, ô de vie, ô aime moi. Fou comme un Bassan qui franchit les embruns à saute-mouton, je parcours la trajectoire infinie de notre oeuvre. Long-métrage, cité prise sur le désert, forêt rendue à l’Amazonie, l’air de ta poitrine tient le gonflé du soufflé sans retomber. Emoi, émoi, émoi, ? Je ne suis plus que peint saut, tu m’as mis en arbalète à la flèche d’un édifice sacrément païen. Déambulatoires les voûtes s’appuient sur de solides colonnes. Sur le parvis un oiseau sans melon t’habille de peau, une robe étolée de crin, longue traîne de seins, que des enfants portent. Si je mourrais sans Toi tu n’aurais d’autre choix que venir vivre avec moi jusqu’à l’éternité. Ce sera trop long ? Sur la terrasse dehors, Barbara est pleine de boutons sortis hier, elle va être en fleurs d’ici peu. Quant au cerisier c’est un émerveillement blanc marqué de ses pistils roses.

 

BARRE D’AZUR

Les débris culbutés dans le coin
Il ne reste plus rien

Les murs et le triangle
Pourtant

L’espoir qui nous soutient
L’objet que l’on tient dans la main
Il fait jour

Et l’on marche mieux
La rue est plafonnée de bleu

Et nos projets sont sans limite
On ne voit pas passer le temps
Qui va plus vite
Dans l’air

Sans savoir si l’on tourne à droite
Ou à l’envers

Pierre Reverdy

 

Bien sûr d’un bord de mer à l’autre des femmes font des enfants qu’elles ne voulaient pas, l’homme croit en on pouvoir mâle acquis Je sais pas si l’autobus 121 à la Mairie de Montreuil existe encore ? Il y avait des champs de thym et des vergers par Rosny qui me donnaient un feu de joie tout le long d’un désastre de la deuxième guerre mondiale pendant le trajet qui menait à mon père. Tu sais celui-là qui m’a fait lui ressembler en tout. J’ai amoureux, je suis , sois légère dans ta tenue, au travers des fleurs d’une nuisette voir le bouquet tendu par ta nature en plein jour me tourne la tête.

Niala-Loisobleu – 29/03/19

ORAGE


51PdYCtClDL

ORAGE

La fenêtre

un trou vivant où l’éclair bat

Plein d’impatience

Le bruit a percé le silence

On ne sait plus si c’est la nuit

La maison tremble

Quel mystère

La voix qui chante va se taire

Nous étions plus près

Au-dessous

Celui qui cherche

Plus grand que ce qu’il cherche

Et c’est tout

Soi

Sous le ciel ouvert

Fendu

Un éclair où le souffle est resté

Suspendu.

Pierre Reverdy