LA MESURE DE SEL


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LA MESURE DE SEL

 

Les petits-bois se desserrent de l’opaque

La crémone libère la stase du vers translucide tandis qu’un mouvement anime à dessein le murmure avant-cri, un chemin apparaît

Du flot inerte de l’estran-bas, après la bulle et le grain de sel, un couteau se dégaine du sable et tranche  le noeud de l’aine. Je vois se percer le corps-mort retenant le plomb, par le chas le maçon reconstruit le fil de la verticale. Derrière , dans le coeur du bois la pierre n’a pas laisser fuir la sève

La herse a les crocs qui philtrent la luzerne de la ciguë, le pré court au devant de l’oxygène et laisse les enfants se rouler dans l’herbe des jeux de cache-cache

Niala-Loisobleu – 4 Août 2019

CHAMBRE D’ÔTE


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CHAMBRE D’ÔTE

D’abord il faut la trouver cette maison

que tout sépare de la façade des lieux habités

pas la même couleur de bord de mer

d’une riviéra dans sa grosse-motte

l’heure des messes non affichée

le marchand de fri-fri enseveli dans la baïne

la lande sans parkings

qu’un accès à pied

le bâton sonnant la Cayenne

nous y v’là

Son lit d’herbe remonte les effluves de peaux

en brassant à l’hélice le miroir d’eau

et la table sur le pont te tient en entrée et dessert dans l’écrasé du raisin.

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2019

NOTRE BEAU MIROIR AVANCE


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NOTRE BEAU MIROIR AVANCE

il n’y a que le frémissement de l’arbre à soi glissant aux troncs

qui d’ailes luit ?

demande un passant

seuls ses seins danseurs touchent les éclats de la boule du plafond

répond son ventre  percé de mon bec

quel isocèle va et vient dans un seul grand écart

je retiens 2 fois 10

et j’ôte les mains froides

pour la preuve prenez les empreintes

de nos cadavres exquis

enlacés dans cette petite mort

Niala-Loisobleu – 28 Juillet 2019

ENVOL MATINAL


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ENVOL MATINAL

 

Au matin d’une gueule de bois

la ville traîne en des bris de bouteilles

tu sais je suis passé du pied du lit

par le jardin dans la fenêtre

tu n’étais sur aucun piédestal

de voir autant de vie en des seins

m’a fait rentrer directement dans la boîte à couleurs

 

Niala-Loisobleu – 22/06/19

 

Pierre Bonnard: La couleur de la mémoire


ARTS & CULTURES

Pierre Bonnard: La couleur de la mémoire

Pierre Bonnard
La Tate Modern présente du 23 janvier au 6 mai 2019 la première grande exposition consacrée à l’artiste français Pierre Bonnard au Royaume-Uni depuis 20 ans. Souhaitant apporter un regard inédit sur l’œuvre novatrice du célèbre peintre, Pierre Bonnard : La couleur de la mémoire réunit une sélection d’une centaine de ses meilleures œuvres issues d’institutions publiques et de collections privées du monde entier. L’exposition vise à mettre particulièrement en lumière la façon dont les couleurs intenses et la modernité des compositions de Bonnard transformèrent la peinture de la première moitié du XXe siècle. Elle vient rappeler la capacité inégalée de Bonnard à capturer la fugacité du temps, des souvenirs et des émotions sur la toile.
De l’affirmation du style de Bonnard vers 1912 à sa mort en 1947, l’exposition de la Tate Modern couvre trente-cinq ans de la carrière du peintre et met en lumière le processus créatif par lequel il recomposait de mémoire paysages vivants et scènes intimes de la vie quotidienne. À la fois sensuelles et mélancoliques, ses peintures expriment des moments à jamais évanouis dans le temps – la vue d’une fenêtre, le regard volé d’un amant, une pièce vide à la fin d’un repas. De tels motifs sont présents dans des œuvres clefs telles que Salle à manger à la campagne ,1913 (Minneapolis Institute of Art) qui réunit espaces intérieurs et extérieurs afin de créer une vibrante atmosphère, ou dans Ruelle à Vernonnet ,1912-14 (Scottish National Gallery of Modern Art, Édimbourg) dont les couleurs vives et joyeuses de la palette font revivre l’éclat d’un moment disparu pour toujours.
Salle à manger à la campagne, 1913, Minneapolis Institute of Art
L’exposition souhaite rappeler l’importance de Pierre Bonnard dans l’histoire de la peinture au XXe siècle. Comme son contemporain et ami Henri Matisse, Bonnard devait avoir une profonde influence sur la peinture moderne et s’affirmer comme une figure de référence pour des artistes issus de générations ultérieures tels que Mark Rothko ou Patrick Heron.
Réaffirmant l’engagement de l’homme dans le monde qui l’environnait, l’exposition révèle des centres d’intérêts inconnus ou négligés : ses nombreux voyages en France, ses pratiques de travail sur différents sujets côte à côte, ses réponses aux crises de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. En relation avec son environnement, Bonnard développa des compositions peu conventionnelles dans ses représentations de la vie quotidienne : ses paysages ploient sous des couches de denses feuillages, comme en témoigne L’été 1917 (Fondation Maeght) et ses scènes de rue, telle que Piazza del Popolo, Rome 1922 (collection privée) ont la simplicité de frises. Peut-être plus célèbre encore, ses scènes intérieures comme Le café 1915 (Tate) et Nu dans un intérieur c.1935 (National Gallery of Art, Washington) saisissent la vie domestique lors de moments étranges ou les recadrent à partir de points de vue subreptifs.
L’été 1917, Fondation et Aimé Maeght, Saint-Paul de Vence, France
Une variété de ces scènes jalonne la carrière de Bonnard, montrant souvent des personnages en contemplation tranquille, apparemment ignorants du regard du spectateur. L’épouse de l’artiste, Marthe de Méligny, fut un sujet récurrent dans ces représentations. Ayant souffert tout au long de sa vie de diverses maladies, elle devait les traiter par l’hydrothérapie et des bains répétés. Les peintures de Bonnard ayant pour thème son bain, sa toilette et son habillement figurent parmi ses œuvres les plus emblématiques. Elles constituent des repères clefs dans ses évolutions en tant que peintre, car la mise en retrait du monde extérieur de sa compagne sert de fil rouge à un récit psychologique partagé, capturé en peinture.
Nude Crouching in the tub 1918, Musée d’Orsay Paris
Le processus de réification qu’opère Bonnard par la mémoire amène ses peintures à tendre vers une plus grande abstraction. C’est déjà très visible dans les bandes de couleurs contrastées qui animent des œuvres telle que La palissade violette 1922 (Carnegie Museum of Art, Pittsburgh) mais un tel processus atteint un stade ultime dans l’éclatant Atelier au mimosa 1939-46 (Musée national d’art moderne – Centre Pompidou, Paris). L’exposition se clôt avec un ensemble d’œuvres étonnantes créées vers la fin de sa vie, alors qu’il passe les années de la Seconde Guerre mondiale au Cannet, vivant sur de maigres ressources et dans l’angoisse de l’invasion. Ces vues panoramiques et ces vibrantes scènes de jardin montrent l’artiste opérant un retour en arrière sur toute une vie de souvenirs, travaillant aux limites de l’abstraction.
The C C Land Exhibition – Pierre Bonnard : La couleur de la mémoire a pour commissaire à la Tate Modern Matthew Gale, Head of Displays, en collaboration avec Helen O’Malley et Juliette Rizzi, commissaires assistantes. L’exposition est organisée par Tate Modern en partenariat avec la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague et le Kunstforum de Vienne.
Informations www.tate.org.uk
Photo d’entête : Studio with mimosa 1939-46, Musée National d’art Moderne – Centre Pompidou, Paris
Source UP Magazine