CLARTES TERRESTRES


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CLARTES TERRESTRES

Et encore une autre lumière

Le nombre en augmente toujours

Autant d’étoiles que de jours

J’attends
Que passe là derrière
La voix qui monte la première

Le monde regarde à son tour
Le soleil pourrait disparaître
Un astre nouveau vient de naître

Éclairant le ciel
Un œil immense artificiel
Qui regarde passer les autres
Avec plus de curiosité
Sur le visage inquiet qui change

Un éclair d’électricité

Pierre Reverdy

 

Sur les grands carreaux de mes lunettes elle a écrit qu’aucune bataille n’a val. J’ai tremblé, pareille métaphore trouve rarement ici le moyen de franchir la barrière de l’enclos. Au bout du temps que le silence a pris pour la relire en boucle, je me suis senti comme aile mouillée du martin-pêcheur dans l’amorce du piqué (sans éclaboussures comme un plongeon des tours de La Rochelle, un jour que l’arbitre ne se serait pas nommé Richelieu). En corps ému c’est ainsi que je franchis la goutte qui a que trop d’urée en mon jardin. Aïe mamita la douleur…Je m’enduis de ton soleil, rayon-reine-ouvrière il me ruche royal ! Nous n’étions plus qu’à vol d’oiseau, quand nous vîmes le sel s’étendre en cône pour que les oisillons apprennent à faire de la varappe afin de pouvoir se faire le Mont-St-Michel par toutes les faces. Comme quoi dans la connerie humaine qui cherche trouve un endroit où en sortir…

N-L  15/06/18

 

 

CHEMIN DE PAS


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CHEMIN DE PAS

Près du chemin ouvert

Et du bois sous la neige
La pointe qui soulève la nuit
La lampe veille

Sur le visage blanc les paupières baissées
Sur le mur découvert les volets refermés
Les ornières du sol se joignent
Le pont plus près
Les carrés tout autour

Les formes
Les objets
Le mystère des portes
On franchit l’émotion qui barre le chemin
Et sans se retourner on va toujours plus loin
La maison ne suit pas
La maison nous regarde
Entre deux arbres

sa chevelure rouge et son front blanc
Le silence s’attarde.

Pierre Reverdy

ADIEU


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ADIEU

La lueur plus loin que la tête

Le saut du cœur
Sur la pente où l’air roule sa voix les rayons de la roue le soleil dans l’ornière

Au carrefour près du talus

une prière
Quelques mots que l’on n’entend pas
Plus près du ciel
Et sur ses pas

le dernier carré de lumière.

 

Pierre Reverdy

COUVRE-FEU


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COUVRE-FEU

Un coin au bout du monde où l’on est à l’abri

Les colonnes du soir se tendent

Et la porte s’ouvre à la nuit

Une seule lampe qui veille

Au fond il y a une merveille

Des têtes qu’on ne connaît pas

Au mur des plans qui se ressemblent

Ma figure plus effacée

Entre nous deux l’air chaud qui tremble

Un souvenir détérioré
Entre les quatre murs qui craquent

Personne ne parle
Le feu s’éteint sous la fumé.

 

Pierre Reverdy

Mécanique Verbale et Don de Soi


Mécanique Verbale et Don de Soi

Aucun mot n’aurait mieux pu, sans doute, exprimer sa joie.
Il le dit et tous ceux qui attendaient contre le mur tremblèrent.
Il y avait au centre un grand nuage — une énorme tête et les autres observaient fixement les moindres pas marqués sur le chemin.
Il n’y avait rien pourtant et dans le silence les attitudes devenaient difficiles.

Un train passa derrière la barrière et brouilla les lignes qui tenaient le paysage debout.
Et tout disparut alors, se mêla dans le bruit ininterrompu de la pluie, du sang perdu, du tonnerre ou des paroles machinales, du plus important de tous ces personnages.

Pierre Reverdy

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