ENTRE TIEN EMOI 104


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ENTRE TIEN EMOI 104

 

Le lanterneau attrape la lumière par dessous le compact nuageux. J’ai colère en place devant pareil gâchis. A la saison où on se vêt d’herbe, d’eau et de soleil il faut se couvrir comme si on avait eu tort de vouloir aimer. Si j’arrive à vider l’eau de l’ocarina, je joue pour de vrai sans souffler. Devant l’étendue raccourcie le cheval a une oreille cassée, le chien lui tire une gueule à faire peur, il en est à sa énième paire de pompes bouffées. Les bords de la mer sont repliés sous les parasols, plus un cerf-volant ne traverse, J’ai une transparence en tête en forme de robe bleue qui allégerait le poids de cette tristesse saisonnière.

UNE ROBE BLEUE

Et dans l’attente et dans le sombre,
Mon désir s’endort malgré lui ;
L’oublie se plie là, dans son ombre,
Comme une fleur belle-de-nuit.

Une robe bleue en contre-jour
Qui violette dans l’aube fine,
Et comme une offrande à l’amour,
Montre deux jambes d’aubépine.

Et sous la sueur et sous la langue
Bashung s’échine dans les noises ;
Dans cette mélodie où tangue
Un bouton de fleur de framboise.

L’acre parfum crie sous la lune
Qui dit adieu matutinal.
Et sous la forme d’une prune,
S’ouvre une autre porte du mal.

Bashung royal crée le silence.
Les belles de jour s’ouvrent au soleil.
La robe bleue gît et s’élance.
Mon désir monte et merveilles.

Philippe Rousseau

 

J’ai traversé l’espace fermé. Ai entendu ton pouls battre et acheté la robe.

Niala-Loisobleu – 12/06/19