LE PANTOUM DU MÉNAPIEN


LE PANTOUM DU MÉNAPIEN

Pêcheur de crabes, marchand arabe c’est dans l’attente qu’est la vie loin de toute rive fleurie, un arbousier dans le brouillard.

Voici la pluie couleur de suie,

et son refrain tambouriné

sur l’horizon filigrane;

c’est dans l’attente qu’est la vie.

Crocus précoces, plaisirs atroces.
Mon cœur as-tu jamais aimé?
Des anges roulent en auto sur l’horizon filigrane.

Rêver au frais, dormir au chaud…
Aux confins de nos marécages, des anges roulent en auto, et la lune dans le garage.

Éclats de rire, éclats de rêve, il était un enfant de roi.
Et quand la vie aura cessé, aux confins de nos marécages,

âmes en peine, cœurs en panne, et quand la vie aura cessé, retrouverons-nous le néant au point où nous l’avons laissé ?

Paul Neuhys

AU BAL DES FLEURS


AU BAL DES FLEURS

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Au bal des fleurs, des fleurs masquées

le sabot de
Vénus et la barbe de bouc

dansaient le zapateo

au son d’une sveglia-vaïna,

instrument charivarique à souhait.

Le bal dégénéra en orgie

à cause de certaines fleurs

qui faisaient la mijaurée.

Partout les fausses idées

venaient de leurs fausses pudeurs.

Ainsi la fausse giroflée reprochait au bégonia

d’être une affiche publicitaire pour les insectes,

la fausse épervière

reprochait à la cuscute d’être trop popote,

et la fausse vipérine en voulait au dahlia de faire du

[théâtre de s’être produit, à
Syracuse, dans la
Médée

[d’Euripide, et d’avoir joué ce rôle comme une fleur

Paul Neuhys

TENTATION DE SAINT ANTOINE 60


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TENTATION DE SAINT ANTOINE 60

à Guy lmpériali

Un intérieur hétéroclite. Fauteuil dépenaillé, oiseaux empaillés. Dehors la rumeur de la grande ville: affiches lumineuses, rampes au néon, textes
publicitaires. Dans cette pyrotechnie de clameurs aiguës, Antoine, vêtu de bure, l’aspect lunaire, hélas, d’un solitaire.

Antoine. — 25 ans que j’habite ce désert.

Cris, flash. Un photographe bondit sur la scène. C’est Vincent, pantalon de velours et lavallière vieux jeu. Antoine est pris dans l’éblouissement du flash.

25 ans depuis mon avènement à la vie monastique.

Vincent. — Aussi avons-nous organisé une «surprise» en ton honneur! Un cocktail avec amuse-gueules. Il y aura la reine de Saba, Evelyne, ton ancien modèle dite Nelly
Bottine et Zenon. Zenon le raisonneur. Tu permets que je rassemble à cette occasion les documents photographiques indispensables?

Antoine. — Sur quoi, mon Dieu, sur quoi?

VINCENT. — Sur ton rayonnement intime, Antoine, sur ta résistance à la tentation. Tu es le saint qui s’est le mieux accommodé du diable.

Antoine. — Prenez les dix commandements à rebours et vous avez le diable.

VINCENT. — La ville est morte depuis que tu n’est plus là, Antoine. On n’attend plus que toi sur la Place du Tertre. Tous les copains…

ANTOINE (ironique). — Je suis devenu le sujet de prédilection des peintres, De Bekoring van Saint Antonius, même de ceux qui professent le mépris des aperceptions sensibles.
J’ai volé, j’ai forniqué, j’ai tué en peinture… Saint Antoine et son cochon dans la grotte des grotesques !

Ici un grognement.

Vincent. — Que veux-tu, la majorité des gens sont des crétins!

ANTOINE. — Nous sommes tous les échantillons d’une humanité plus ou moins caricaturale. Ne nous induis pas en tentation, donne à chacun sa vocation, dit la prière
dominicale.

Vincent. — Mais aujourd’hui, c’est la grande nouba, Antoine! Il y aura la reine de Saba. Un cocktail avec amuse-gueules, te dis-je, Evelyne et Zenon…

Antoine. — 25 ans que je me suis barricadé dans ce désert.

VINCENT. — 25 ans qu’on ne parle plus que de toi sur la place du Tertre, Antoine. C’est toi qui as orienté le théâtre…

Antoine. — …dans un monde tournant d’absurdes diableries.

Vincent. — Il existe de toi un opuscule:

Imagination plastique Erection maléfique Les objets qui se tordent dans un décor disloqué Antoine (méfiant). — Ce n’est pas vrai. J’ai tout

brûlé.

VINCENT. — Un exemplaire est resté entre les mains

d’Evelyne.

ANTOINE (s’emportant). — La garce! Dis-lui qu’elle me le rapporte, mille milliards de diables, ou je l’encu-curbite !

Vincent. — C’est grâce à Evelyne que tu es devenu le saint le plus en vogue, qui a le cochon pour totem.

Antoine. — Et après? Chaque peintre n’a-t-il pas son totem? animal, végéta], minéral? N’as-tu pas remarqué que tout visage humain est surchargé de
bestialité? Que d’hommes ont pour totem le lion, le tigre, le hibou, le renard, le morse, la grenouille. Que de femmes, la souris, la grue ou la chouette. J’en passe et des
meilleurs.

VINCENT. — Et tu rêves d’un théâtre tatoué comme un totem?

ANTOINE (soudain intéressé). — Le théâtre me tente beaucoup plus que le roman. Chaque scène est un petit tiroir où l’on peut glisser à sa guise tout ce
que l’on voudra. Mon théâtre pourrait s’appeler le théâtre du Tiroir…

VINCENT (satisfait). — Antoine n’est pas mort aux prestiges du théâtre. Viens retrouver dans Rome les enfants de volupté, à la manière dada…

ANTOINE. — Non, je suis l’homme qui a dit non à la vie mondaine.

VINCENT. — Après le dernier bateau, la nouvelle vague.

ANTOINE. — La vague la plus impétueuse se brise sur la vertu du roc.

VINCENT. — Antonin, rappelle-toi Dada, die beriimte kôchin von Bagdad, la diaspora disparue, un drolatique délire de microbe vierge.

ANTOINE. — L’arche de Noé est une construction dada.

Vincent. — Et Dalila, une petite claque sur les fesses de Dalila, la plus dada des Dalila…

ANTOINE (tenté). — Bossuet est certainement dada dans sa querelle avec Fénelon, lorsqu’il appelle la femme un os surnuméraire.

VINCENT. — Je m’en vais chercher la reine de Saba. Dada, marotte, idée fixe, cheval…

Exit Vincent.

ANTOINE (seul). —

Dada a bifurqué dans deux directions différentes: Surréalisme, Existentialisme.

Et voici qu’Antoine s’adresse maintenant directement à son cochon dont il caresse l’échiné:

L’art est toujours sacré lorsqu’il est efficace Espèce d’ignobe salaud d’assassin Y a pas de bon Dieu, la vie est dégueulasse et l’amour, tu le sais, est un tas de crottin

Une rame de papier pour écrire une strophe une rame de métro pour écrire un roman un roman long comme la rue La Fayette où tout adverbe ment interminablement

Difficulté du couple Eternelle maldonne Pour le petit fêtard du monde frelaté l’histoire se corsait d’un air de saxophone où sanglotait sa seule excuse d’exister

Retour de Vincent avec Balkis, la reine de Saba. C’est une belle grande fille, mais qui n’a rien des attributs d’une reine. Elle porte un sac à main qui contiendra sa tenue royale.

VINCENT. — Voici Balkis, majesté femelle devant qui nous n’avons plus qu’à faire comme la tour de Pise. nous incliner…

Balkis. — Bonjour, mon gentil petit anachorète, (confidentielle) tu sais, j’ai apporté en ton honneur ma robe d’or et ma couronne royale (elle montre son sac).

ANTOINE (haussant les épaules avec une grimace de mépris). — Arrière, impératrice des croulants.

Vincent. — Il faudrait persuader notre ami de reprendre ses anciennes activités.

(Balkis va s’asseoir sur les genoux d’Antoine.)

ANTOINE. — 25 ans que je n’ai plus touché une femme. Ça me fait l’effet de toucher un fil électrique. Aïe…

BALKIS. — Mon petit Antoine, rappelle-toi tes équipées dans le corps franc des courtisanes, ton amour des emmêlements fantastiques.

ANTOINE. — Non. La position prescrite pour la procréation est tellement indécente qu’elle fait ricaner les idiots.

Grognement du cochon.

Ici Balkis se déshabillera et la scène suivante se déroulera, sur un fond sonore harmonieux, à mesure qu’elle revêtira la robe d’or et ceindra le diadème
royal…

BALKIS. — Rappelle-toi notre bungalow.

ANTOINE. — C’était un bungalow isolé sous les arbres.

BALKIS. — Voici que te reprend l’allure alexandrine.

ANTOINE. — Fille de haute mer, hagarde et dénudée.

BALKIS. — Vous savez bien qu’Eros brûle l’enfant rebelle.

ANTOINE. — Quel piège de créer de semblables merveilles.

BALKIS. — 11 faut braquer sa vie sur un seul objectif.

ANTOINE. — Triste qu’un si beau corps doive pourrir sous terre.

Balkis. — Tu vois bien que nous nous entendions comme A plus B.

ANTOINE. — Non, non, non, la femme est une en-

J’ai beau mélanger de la cendre à ma farine de sauterelles Rien de tel que le désert pour changer l’eau en vin Mais voilà qu’un vent brûlant souffle sur ma cahute Sur
quel mirage s’est-elle encore entrouverte? sur quel potager charnu? Un vent vibrant de vivante vérité Rien de plus suggestif et de plus évocateur que le Sahara dans sa robe de
plissé soleil Comme saint Ex. j’aurai beaucoup aimé le Sahara Ce n’est pas mon cochon qui me contredira

Ici au grognement se substituera insensiblement le

bruit d’un moteur d’avion. Qu’est-ce que ce bourdonnement derrière la toile de fond? Un météore traverse le ciel Le péché se fabrique aujourd’hui dans les bureaux

industriels

Le voilà qui fonce sur ma cahute, se pose comme un

sphinx

sur le sable torride. Qui sort de ses flancs? Léviathan.

Léviathan saute sur scène. Un faux air de Méphisto

en plus up to date. Léviathan, absence de Dieu, que me veux-tu?

Leviathan. — Une relation succincte de ton voyage dans la ville des sept péchés avec la palette des sept couleurs.

ANTOINE. — Vais-je me laisser assiéger par une légion de démons étrangers?

LEVIATHAN. — Tout notre équipement est à ta disposition. Voici mon carnet de chèques, scapulaire américain, pour un film sur la reine de Saba avec, comme partenaire,
Gina Lolabrigibardotta.

ANTOINE. — Une Téniers en technicolor? tel que la légende m’a dénaturé?

LEVIATHAN. — Nous voulons au contraire rétablir la vérité, te laisser le soin de la mise en scène. Embarque-toi avec moi, Antoine.

Antoine. — Caricature pour crustacés du crétinisme crédule.

Leviathan. — Il nous faut un scénario taillé sur le modèle en vogue, préoccupé surtout de violence et de brutalité.

Antoine. — Un meurtre dans le désert!

LEVIATHAN. — Bravo! Épatant! Faire l’histoire naturelle de tes cauchemars. Il n’y a que toi, grand Saint Antoine, pour peindre ton propre désarroi avec cette horreur
fascinée.

Antoine. — Un écran nous sépare.

LEVIATHAN. — Il faut le crever comme un cerceau de papier. Sahara-Niagara, Niagara-Sahara. Il n’y a plus de distance entre nous. Un bataillon de girls effacera jusqu’au souvenir de tes
difficultés africaines. L’homme n’est pas fait pour vivre seul, avec le sentiment de son impuissance et la peur envahissante de la mort. Ton cochon peut d’ailleurs révolutionner
l’industrie du bacon, rivaliser avec le jambon d’York ou celui de Parme.

ANTOINE. — Jamais je ne me séparerai d’un compagnon si fidèle. Ce n’est pas un cochon comme les autres. Ce qui distingue mon pécari tropical, c’est que sa queue se termine
par une touffe de petits poils comme le pinceau d’un peintre. Je l’estime trop.

LEVIATHAN. — Le cochon n’est estimé qu’après sa

mort.

ANTOINE. — C’est un cochon propre… Leviathan. … à la tentation des formes aberrantes. Allons, c’est à prendre ou à laisser. Dépêchons-nous. On va baisser le
rideau. Cette farce n’a trop duré.

Ici l’on entend le chant du coq, un cocorico-mirage, et Leviathan aussitôt disparaît.

ANTOINE (seul). — Le chant du coq? le jour se lève O plages du sommeil ô collines du rêve

Je crois je crois je crois

qu’il faut accepter l’inintelligible comme tel

Truellée d’argile, là-bas, ou ici, grain de sable que sais-je sinon que je dois mourir?

Les tentations m’ont pourchassé sur ce rythme

démentiel

pour aboutir à l’ultime tentation du ciel

Quand le corps craque, l’esprit s’égare

Libido sentendi, sciendi, dominandi

Ce qui survit dans nos caresses c’est l’âme poétique

où sont mes frères, où sont mes fils?

et ce rire charnel parmi les lilas sveltes!

Un nuage un sourire un pays

Mesdames, Messieurs Ici finit la Tentation de Saint Antoine N’applaudissez pas trop à ses tribulations La-haut m’attend le Grand Copain

Envisager la mort comme une fête ramasser le temps en un instantané Sur une presqu’île presque irréelle Natal Fatal Total

Rideau

Le Carillon de Carcassonne 1960

 

Paul Neuhuys

ENFANCE


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ENFANCE

 

Mon enfance

Au matin, ma mère levait les persiennes vertes

et rangeait du linge frais dans les armoires

Je me regardais dans la glace pour voir le fond de ma

bouche et je prenais le mannequin d’osier pour un squelette de

femme

Je conduisais ma vie comme un cerceau léger

Le cerceau et l’escarpolette

j’ai toujours eu l’esprit tourné vers

les lois qui régissent l’univers

L’été, on partait en
Suisse

soleil

les poteaux télégraphiques chantaient le long des routes

Un petit hôtel dans la montagne

Mon petit frère pissait dans le chapeau de la
Fraulein

et lorsqu’elle s’emportait, il lui répliquait:
Nein.

Puis le retour des classes

Une tache d’encre

sur la fraîche joie de vivre

et l’école buissonnière dans les banlieues

Mon père jetait sur moi un regard de pitié:

tu es un infortuné gosse

qui n’es pas né pour le négoce

La gare du funiculaire

myrtilles

grillon

Maman, il pleut des gouttes et il fait des éclairs.

 

Paul Neuhys

C’EST TOUT DIRE


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C’EST TOUT DIRE

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Perruquicre du
Gay
Savoir

Dictionnaire de la
Contradiction

Hyperbole dont je suis l’asymptote

Ruée vers l’or du domaine affectif

Un sourire teinté de sereine amertume

des yeux marrons glacés sous des cheveux cendreux

la bouche ciselée en promesse profonde

elle se met en devoir de se dévêtir

Pourquoi tourner la manivelle d’une féminité nouvelle

Belle époque
Poèmes à
Lou
Stage à l’école de
Chatou

Tout fruit d’amour veut qu’on le cueille en écartant fraîches les feuilles

et si ma plume court encore

c’est qu’assez vieux pour faire un mort

à cœur ouvert à lèvres closes j’aime la fille de
Lady
Rose

J’entends dire que la poésie devient tellement exigeante qu’on n’ose plus l’écrire alors qu’elle nous défend contre le sérieux de la vie

La

et qu’elle est la seule contrée

où se pratique encore

un portrait musical bien rythmé

Poésie éclatante
Poésie éclatée

vieillesse fait naître des idées stupéfiantes
Elle est ma cantilène de
Sainte
Eulalie

Ne pas trop se scandaliser que la créature meure

N’avoir plus qu’un lambeau d’existence

Quitter son appartenance mortelle

Quand tout se met à défuncter

à fonctionner de travers

Dans les ruelles rêveuses d’une ville fantôme

rechercher le danger des ruines

Auto-stop au tombeau biplace

Ingénieur du son
Technicien du verbe
Spécialiste de la valeur affective des mots
Sur un mur andalousement blanc le staccato des mots qui frappent dur ou qui sonnent douloureusement clair
Ce talent qu’un terrible malheur a mûri?
Maturité murale d’un apanage à ma poigne

 

Paul Neuhuys

DE VIVE A VEUVE VOIX


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DE VIVE A VEUVE VOIX

 

Maintenant que le monde à sa fin s’achemine
Et que je vis parmi les ombres du passé
Mon vertige s’arrête aux yeux verts d’une ondine ou dans mon petit coin chez
Madame de C.

Mais comment m’esquiver?
Mais comment m’effacer?
Je crève de ferveur, je sanglote ma vie
Vivre de plus en plus dans un monde glacé
Jusqu’à n’avoir plus qu’une tombe pour amie?

L’homme cavalier seul sur un cheval sans bride
Reprend la navette entre
Jésus et
Vénus
Sous un ciel scintillant de mille feux torrides
D’être un homme est-ce donc si triste devenu?

L’image peinte aussi est une poétique
Qu’elle vise au reflet d’un rêve intemporel
Ou circule au milieu des oliviers tragiques
Paysan dont l’humour transcende le trivial?

Toujours la même porte ouverte sur
Byzance

La gravité zéro est mon point oméga:


Donne-moi tout la fleur le fruit et la semence! —

Jeunesse son verjus, vieillesse son verglas…

Paul Neuhuys

LA DORADILLE


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LA DORADILLE

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Pourquoi, pourquoi la
Doradille a-t-elle, a-t-elle des yeux qui brillent?

Elle qui dut vendre ses hardes pour payer dettes trop criardes

et qu’on surprit à mendier sous le rose amandier,

elle qui disait un peu partout: patience, la patience est tout…

pourquoi aujourd’hui s’écrie-t-elle: le tout est d’avoir l’étincelle!

Pourquoi, pourquoi la
Doradille a-t-elle, a-t-elle des yeux qui brillent?

Il lui arrive une chose affreuse:

Elle est heureuse, heureuse, heureuse…

 

Paul Neuhuys

OH HA PIS DAY !


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OH HA PIS DAY !

 

Les yeux en mi-sommeil entre la tasse, le café et ta merveilleuse image j’entre dans l’espace illimité de ce nouveau jour

Il pleut mais quel soleil !

COLIBRI

Colibri baise-fleurs héron héliophage poésie antiprose prose plus quelque chose

C’est fabre d’églantine corrigeant la bruyère: au lieu de dire il pleut dites il pleut bergère

Paul Neuhuys

 

Si le caddy amasse le mauvais des courses

mon cheval saute la haine, le fleuve des morts, l’ignorance

je ne garde que l’allégresse mesurée de la vache promenant sa peau à lait avec aisance

Un sans fosse pudeur, ma chair…

 

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2020