LES ARCHIVES DU PRIEURÉ


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LES ARCHIVES DU PRIEURÉ

On n’aime pas ce que j’écris, tout ce que je fais est d’un anodin pignocheur de colifichets.

Mes amis me voudraient autre que je ne suis et voudraient faire d’un troène un cognassier.

Les plus aimables d’entre eux me quittent sur cette invite:
Tu es rasoir, grand-père, puisses-tu claquer au plus vite.

Le fait est que ça me paraît de moins en moins étrange d’être un mort au-dessus duquel les arbres mêleront leurs branches

car j’aurai beau ne plus être, l’être sera toujours et comme un paysan qui rentre des labours

je préfère interroger le vol des étourneaux

ou bien regarder le feu fixement sans dire un mot.

Mourir, c’est s’attendre à tout, franchir les frontières de l

peur, voir le rideau qui subrepticement se lève à l’intérieur.

c’est descendre dans l’humide touffeur de l’humus, naître à la vaporeuse émanation de quelque chose de plus.

car la vie ne serait qu’une immense duperie

sans une existence supérieure à celle du corps et de

l’esprit.

Merveilleux est un mot très chrétien; ce qui compte c’est cette petite parcelle de réalité profonde.

C’est pourquoi pas de deuil dans la maison du poète mais un léger sourire:
Adieu, c’est chose faite.

Paul Neuhys

PSYCHÉDÉLIE


PSYCHÉDÉLIE

Donner aux couleurs la clinquante acuité de l’actualité

Cactus mexicain
Chanvre indien
Coca péruvien
Haschich brésilien

Le sifflet du sorcier aztèque qui fait valser jaune dans l’herbe rouge

Tout est faux:
Caserne École Église
Vulnérable notion de patrie honneur vertu
Mutation des tabous en détritus

Révolte contre la tarte aux fruits de la tartufferie

J’aime assez les féminins phonétiques;
Un faux
Klee une fausse clef

Un
Nemrod une émeraude

Et tandis que je la tiens enlacée n’avoir accès au gynécée qu’en se mettant au féminin

Échapper au suicide par la mutation phonétique génétique

Permettre à la poésie toutes les expériences dont elle a besoin

Qu’un vêtement puisse faire tant de différence. s’il est à votre rythme et bouge avec le corps!

Tout me semble léger, joyeux et enfantin
Bon bec que de
Paris?
Suis tombé sur un bec

Homme éprouvé, dressé, corrigé par l’échec
Un bonheur élastique entre pulpe et pépin.

Parasite impécunieux
Libido ludendi sciendi eccelendi
Un poète qui fait très «calamar en su tinto»
Une poésie d’obèse qui cherche à rattraper l’autobus

Par la lucame du lupanar idéal;

Fellatrice fricatrice fascinatrice

Préfixe latin
Suffixe grec

Contexte
Satiricon

Ce que la féminité a de plus intime

converge à désigner la sottise unanime!

A l’école alsacienne me dit
Madame de
C.

on nous apprenait la précellence

de la prose sur la prosodie

parce que la prose va droit au but

tandis que le vers tergiverse dans les primevères…

Paul Neuhys

POÉSIE


POÉSIE

Poésie, jeu de cache-cache

mythe solaire

pressentiment de l’essentiel

«Lust zu fabulieren»

démon de l’imposture

Le poète sait que son être est une malédiction

Le plus grand de tous est
Paul de
Tarse

pour qui le corps est la maladie de l’esprit.

Et la peinture de
Van
Gogh, bible des pauvres,

est un équivalent plastique

aux fulgurantes épîtres.

Paul Neuhys

BOÎTE A COULEURS


BOITE A COULEURS

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Marronnier, carrousel d’oiseau

Boire le thé

avec des jeunes filles de qualité

Pactole,
Léthé

Extraire l’opium de la vie

Tirer le radium de l’esprit

Rotation des zones

Poésie, aliment complet

coup d’œil à l’atterrissage

Ah, mes petits lapins et mes petites chèvres

Mourir, ne plus être

dire qu’on ne peut rien contre ça

Décor violemment colorié

un ibis rouge dans le micocoulis.

Paul Neuhys

SAISONS


SAISONS

Voici
Mimi
Parasol

et
Bibiche de
Cucugnan,

deux tulipes orageuses

qui dansent le
French
Cancan.


Je ne passerai pas cet été sans de graves contrariétés…

Ainsi pense le blé par son propre poids accablé.

Ah! pauvres fleurs décapitées.
Ventres ouverts, crânes fendus.
Gueules-de-lion, pieds-d’alouette et culs-tout-nus.

Paul Neuhys

LE PANTOUM DU MÉNAPIEN


LE PANTOUM DU MÉNAPIEN

Pêcheur de crabes, marchand arabe c’est dans l’attente qu’est la vie loin de toute rive fleurie, un arbousier dans le brouillard.

Voici la pluie couleur de suie,

et son refrain tambouriné

sur l’horizon filigrane;

c’est dans l’attente qu’est la vie.

Crocus précoces, plaisirs atroces.
Mon cœur as-tu jamais aimé?
Des anges roulent en auto sur l’horizon filigrane.

Rêver au frais, dormir au chaud…
Aux confins de nos marécages, des anges roulent en auto, et la lune dans le garage.

Éclats de rire, éclats de rêve, il était un enfant de roi.
Et quand la vie aura cessé, aux confins de nos marécages,

âmes en peine, cœurs en panne, et quand la vie aura cessé, retrouverons-nous le néant au point où nous l’avons laissé ?

Paul Neuhys

AU BAL DES FLEURS


AU BAL DES FLEURS

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Au bal des fleurs, des fleurs masquées

le sabot de
Vénus et la barbe de bouc

dansaient le zapateo

au son d’une sveglia-vaïna,

instrument charivarique à souhait.

Le bal dégénéra en orgie

à cause de certaines fleurs

qui faisaient la mijaurée.

Partout les fausses idées

venaient de leurs fausses pudeurs.

Ainsi la fausse giroflée reprochait au bégonia

d’être une affiche publicitaire pour les insectes,

la fausse épervière

reprochait à la cuscute d’être trop popote,

et la fausse vipérine en voulait au dahlia de faire du

[théâtre de s’être produit, à
Syracuse, dans la
Médée

[d’Euripide, et d’avoir joué ce rôle comme une fleur

Paul Neuhys

TENTATION DE SAINT ANTOINE 60


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TENTATION DE SAINT ANTOINE 60

à Guy lmpériali

Un intérieur hétéroclite. Fauteuil dépenaillé, oiseaux empaillés. Dehors la rumeur de la grande ville: affiches lumineuses, rampes au néon, textes
publicitaires. Dans cette pyrotechnie de clameurs aiguës, Antoine, vêtu de bure, l’aspect lunaire, hélas, d’un solitaire.

Antoine. — 25 ans que j’habite ce désert.

Cris, flash. Un photographe bondit sur la scène. C’est Vincent, pantalon de velours et lavallière vieux jeu. Antoine est pris dans l’éblouissement du flash.

25 ans depuis mon avènement à la vie monastique.

Vincent. — Aussi avons-nous organisé une «surprise» en ton honneur! Un cocktail avec amuse-gueules. Il y aura la reine de Saba, Evelyne, ton ancien modèle dite Nelly
Bottine et Zenon. Zenon le raisonneur. Tu permets que je rassemble à cette occasion les documents photographiques indispensables?

Antoine. — Sur quoi, mon Dieu, sur quoi?

VINCENT. — Sur ton rayonnement intime, Antoine, sur ta résistance à la tentation. Tu es le saint qui s’est le mieux accommodé du diable.

Antoine. — Prenez les dix commandements à rebours et vous avez le diable.

VINCENT. — La ville est morte depuis que tu n’est plus là, Antoine. On n’attend plus que toi sur la Place du Tertre. Tous les copains…

ANTOINE (ironique). — Je suis devenu le sujet de prédilection des peintres, De Bekoring van Saint Antonius, même de ceux qui professent le mépris des aperceptions sensibles.
J’ai volé, j’ai forniqué, j’ai tué en peinture… Saint Antoine et son cochon dans la grotte des grotesques !

Ici un grognement.

Vincent. — Que veux-tu, la majorité des gens sont des crétins!

ANTOINE. — Nous sommes tous les échantillons d’une humanité plus ou moins caricaturale. Ne nous induis pas en tentation, donne à chacun sa vocation, dit la prière
dominicale.

Vincent. — Mais aujourd’hui, c’est la grande nouba, Antoine! Il y aura la reine de Saba. Un cocktail avec amuse-gueules, te dis-je, Evelyne et Zenon…

Antoine. — 25 ans que je me suis barricadé dans ce désert.

VINCENT. — 25 ans qu’on ne parle plus que de toi sur la place du Tertre, Antoine. C’est toi qui as orienté le théâtre…

Antoine. — …dans un monde tournant d’absurdes diableries.

Vincent. — Il existe de toi un opuscule:

Imagination plastique Erection maléfique Les objets qui se tordent dans un décor disloqué Antoine (méfiant). — Ce n’est pas vrai. J’ai tout

brûlé.

VINCENT. — Un exemplaire est resté entre les mains

d’Evelyne.

ANTOINE (s’emportant). — La garce! Dis-lui qu’elle me le rapporte, mille milliards de diables, ou je l’encu-curbite !

Vincent. — C’est grâce à Evelyne que tu es devenu le saint le plus en vogue, qui a le cochon pour totem.

Antoine. — Et après? Chaque peintre n’a-t-il pas son totem? animal, végéta], minéral? N’as-tu pas remarqué que tout visage humain est surchargé de
bestialité? Que d’hommes ont pour totem le lion, le tigre, le hibou, le renard, le morse, la grenouille. Que de femmes, la souris, la grue ou la chouette. J’en passe et des
meilleurs.

VINCENT. — Et tu rêves d’un théâtre tatoué comme un totem?

ANTOINE (soudain intéressé). — Le théâtre me tente beaucoup plus que le roman. Chaque scène est un petit tiroir où l’on peut glisser à sa guise tout ce
que l’on voudra. Mon théâtre pourrait s’appeler le théâtre du Tiroir…

VINCENT (satisfait). — Antoine n’est pas mort aux prestiges du théâtre. Viens retrouver dans Rome les enfants de volupté, à la manière dada…

ANTOINE. — Non, je suis l’homme qui a dit non à la vie mondaine.

VINCENT. — Après le dernier bateau, la nouvelle vague.

ANTOINE. — La vague la plus impétueuse se brise sur la vertu du roc.

VINCENT. — Antonin, rappelle-toi Dada, die beriimte kôchin von Bagdad, la diaspora disparue, un drolatique délire de microbe vierge.

ANTOINE. — L’arche de Noé est une construction dada.

Vincent. — Et Dalila, une petite claque sur les fesses de Dalila, la plus dada des Dalila…

ANTOINE (tenté). — Bossuet est certainement dada dans sa querelle avec Fénelon, lorsqu’il appelle la femme un os surnuméraire.

VINCENT. — Je m’en vais chercher la reine de Saba. Dada, marotte, idée fixe, cheval…

Exit Vincent.

ANTOINE (seul). —

Dada a bifurqué dans deux directions différentes: Surréalisme, Existentialisme.

Et voici qu’Antoine s’adresse maintenant directement à son cochon dont il caresse l’échiné:

L’art est toujours sacré lorsqu’il est efficace Espèce d’ignobe salaud d’assassin Y a pas de bon Dieu, la vie est dégueulasse et l’amour, tu le sais, est un tas de crottin

Une rame de papier pour écrire une strophe une rame de métro pour écrire un roman un roman long comme la rue La Fayette où tout adverbe ment interminablement

Difficulté du couple Eternelle maldonne Pour le petit fêtard du monde frelaté l’histoire se corsait d’un air de saxophone où sanglotait sa seule excuse d’exister

Retour de Vincent avec Balkis, la reine de Saba. C’est une belle grande fille, mais qui n’a rien des attributs d’une reine. Elle porte un sac à main qui contiendra sa tenue royale.

VINCENT. — Voici Balkis, majesté femelle devant qui nous n’avons plus qu’à faire comme la tour de Pise. nous incliner…

Balkis. — Bonjour, mon gentil petit anachorète, (confidentielle) tu sais, j’ai apporté en ton honneur ma robe d’or et ma couronne royale (elle montre son sac).

ANTOINE (haussant les épaules avec une grimace de mépris). — Arrière, impératrice des croulants.

Vincent. — Il faudrait persuader notre ami de reprendre ses anciennes activités.

(Balkis va s’asseoir sur les genoux d’Antoine.)

ANTOINE. — 25 ans que je n’ai plus touché une femme. Ça me fait l’effet de toucher un fil électrique. Aïe…

BALKIS. — Mon petit Antoine, rappelle-toi tes équipées dans le corps franc des courtisanes, ton amour des emmêlements fantastiques.

ANTOINE. — Non. La position prescrite pour la procréation est tellement indécente qu’elle fait ricaner les idiots.

Grognement du cochon.

Ici Balkis se déshabillera et la scène suivante se déroulera, sur un fond sonore harmonieux, à mesure qu’elle revêtira la robe d’or et ceindra le diadème
royal…

BALKIS. — Rappelle-toi notre bungalow.

ANTOINE. — C’était un bungalow isolé sous les arbres.

BALKIS. — Voici que te reprend l’allure alexandrine.

ANTOINE. — Fille de haute mer, hagarde et dénudée.

BALKIS. — Vous savez bien qu’Eros brûle l’enfant rebelle.

ANTOINE. — Quel piège de créer de semblables merveilles.

BALKIS. — 11 faut braquer sa vie sur un seul objectif.

ANTOINE. — Triste qu’un si beau corps doive pourrir sous terre.

Balkis. — Tu vois bien que nous nous entendions comme A plus B.

ANTOINE. — Non, non, non, la femme est une en-

J’ai beau mélanger de la cendre à ma farine de sauterelles Rien de tel que le désert pour changer l’eau en vin Mais voilà qu’un vent brûlant souffle sur ma cahute Sur
quel mirage s’est-elle encore entrouverte? sur quel potager charnu? Un vent vibrant de vivante vérité Rien de plus suggestif et de plus évocateur que le Sahara dans sa robe de
plissé soleil Comme saint Ex. j’aurai beaucoup aimé le Sahara Ce n’est pas mon cochon qui me contredira

Ici au grognement se substituera insensiblement le

bruit d’un moteur d’avion. Qu’est-ce que ce bourdonnement derrière la toile de fond? Un météore traverse le ciel Le péché se fabrique aujourd’hui dans les bureaux

industriels

Le voilà qui fonce sur ma cahute, se pose comme un

sphinx

sur le sable torride. Qui sort de ses flancs? Léviathan.

Léviathan saute sur scène. Un faux air de Méphisto

en plus up to date. Léviathan, absence de Dieu, que me veux-tu?

Leviathan. — Une relation succincte de ton voyage dans la ville des sept péchés avec la palette des sept couleurs.

ANTOINE. — Vais-je me laisser assiéger par une légion de démons étrangers?

LEVIATHAN. — Tout notre équipement est à ta disposition. Voici mon carnet de chèques, scapulaire américain, pour un film sur la reine de Saba avec, comme partenaire,
Gina Lolabrigibardotta.

ANTOINE. — Une Téniers en technicolor? tel que la légende m’a dénaturé?

LEVIATHAN. — Nous voulons au contraire rétablir la vérité, te laisser le soin de la mise en scène. Embarque-toi avec moi, Antoine.

Antoine. — Caricature pour crustacés du crétinisme crédule.

Leviathan. — Il nous faut un scénario taillé sur le modèle en vogue, préoccupé surtout de violence et de brutalité.

Antoine. — Un meurtre dans le désert!

LEVIATHAN. — Bravo! Épatant! Faire l’histoire naturelle de tes cauchemars. Il n’y a que toi, grand Saint Antoine, pour peindre ton propre désarroi avec cette horreur
fascinée.

Antoine. — Un écran nous sépare.

LEVIATHAN. — Il faut le crever comme un cerceau de papier. Sahara-Niagara, Niagara-Sahara. Il n’y a plus de distance entre nous. Un bataillon de girls effacera jusqu’au souvenir de tes
difficultés africaines. L’homme n’est pas fait pour vivre seul, avec le sentiment de son impuissance et la peur envahissante de la mort. Ton cochon peut d’ailleurs révolutionner
l’industrie du bacon, rivaliser avec le jambon d’York ou celui de Parme.

ANTOINE. — Jamais je ne me séparerai d’un compagnon si fidèle. Ce n’est pas un cochon comme les autres. Ce qui distingue mon pécari tropical, c’est que sa queue se termine
par une touffe de petits poils comme le pinceau d’un peintre. Je l’estime trop.

LEVIATHAN. — Le cochon n’est estimé qu’après sa

mort.

ANTOINE. — C’est un cochon propre… Leviathan. … à la tentation des formes aberrantes. Allons, c’est à prendre ou à laisser. Dépêchons-nous. On va baisser le
rideau. Cette farce n’a trop duré.

Ici l’on entend le chant du coq, un cocorico-mirage, et Leviathan aussitôt disparaît.

ANTOINE (seul). — Le chant du coq? le jour se lève O plages du sommeil ô collines du rêve

Je crois je crois je crois

qu’il faut accepter l’inintelligible comme tel

Truellée d’argile, là-bas, ou ici, grain de sable que sais-je sinon que je dois mourir?

Les tentations m’ont pourchassé sur ce rythme

démentiel

pour aboutir à l’ultime tentation du ciel

Quand le corps craque, l’esprit s’égare

Libido sentendi, sciendi, dominandi

Ce qui survit dans nos caresses c’est l’âme poétique

où sont mes frères, où sont mes fils?

et ce rire charnel parmi les lilas sveltes!

Un nuage un sourire un pays

Mesdames, Messieurs Ici finit la Tentation de Saint Antoine N’applaudissez pas trop à ses tribulations La-haut m’attend le Grand Copain

Envisager la mort comme une fête ramasser le temps en un instantané Sur une presqu’île presque irréelle Natal Fatal Total

Rideau

Le Carillon de Carcassonne 1960

 

Paul Neuhuys

ENFANCE


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ENFANCE

 

Mon enfance

Au matin, ma mère levait les persiennes vertes

et rangeait du linge frais dans les armoires

Je me regardais dans la glace pour voir le fond de ma

bouche et je prenais le mannequin d’osier pour un squelette de

femme

Je conduisais ma vie comme un cerceau léger

Le cerceau et l’escarpolette

j’ai toujours eu l’esprit tourné vers

les lois qui régissent l’univers

L’été, on partait en
Suisse

soleil

les poteaux télégraphiques chantaient le long des routes

Un petit hôtel dans la montagne

Mon petit frère pissait dans le chapeau de la
Fraulein

et lorsqu’elle s’emportait, il lui répliquait:
Nein.

Puis le retour des classes

Une tache d’encre

sur la fraîche joie de vivre

et l’école buissonnière dans les banlieues

Mon père jetait sur moi un regard de pitié:

tu es un infortuné gosse

qui n’es pas né pour le négoce

La gare du funiculaire

myrtilles

grillon

Maman, il pleut des gouttes et il fait des éclairs.

 

Paul Neuhys