J’AI PEINT POUR LA TOILETTE


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J’AI PEINT POUR LA TOILETTE

 

Dans la terre cassante remettre ce filet de voix qui dans l’extinction dit je demande la parole

Un poisson qui marche ne peut aller que vers l’eau proche

Ils ont tremblés les grands arbres quand leur chapeau de feuilles s’est mis à tomber en Juillet, comme un homme au regard si doux qui sent le coup passer près

Au soir d’hier, à la nuit paresseuse, j’ai causé aux plantes sans penser qu’à part elles personne ne m’aurait compris, nus face à face d’une glace hôte nous nous sommes reconnus

Sans doute derrière le mur les pas des derniers jours sentent encore le passage assez fort pour retrouver la piste du caillou mis en balise

Collés à la vitrine les redresseurs de l’oeil voient à contre sens, cette femme n’est pas morte et encore moins l’objet décrié. Elle vit seule loin des gisants-debout, à pouls battant

Au rouge désert dresser l’oasis à dos de chameau, l’outre-mère pleine, puis de tous ses doigts remettre au nombril le liquide de survie, il possède l’impensable possible volonté de vivre. Entends les meuhs se diriger vers l’entrain.

Niala-Loisobleu – 12 Juillet 2019

LE MARTEAU SANS MAÎTRE


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LE MARTEAU SANS MAÎTRE

Je tire le matin

il m’a semblé entendre un soupir

venu de la toile prise encore endormie

Cette fraîcheur passe en courant d’air

de la Chaume au jardin par la blancheur d’un Titane

 

La vase sur la peau des reins, le gravier sur le nerf optique, tolérance et contenance. Absolue aridité, tu as absorbé toute la mémoire individuelle en la traversant. Tu t’es établie dans le voisinage des fontaines, autour de la couque, ce guêpier. Tu rumines. Tu t’orientes. Souveraine et mère d’un grand muet, l’homme te voit dans son rasoir, la compensation de sa disgrâce, d’une dynastie essentielle. 

René Char (Le marteau sans Mâitre)

La peau de lin sous ma main parle du soir interrompu, elle va au retour de l’histoire à suivre,  ce que j’entend au bout de mes doigts gauches est le pouls du tambour néandertal inscrit vivant dans la pierre. Il me parle, s’insinue, glisse, tout ondule, la raideur de la pensée s’assouplit, dis-moi ce que j’ignore. Appel, appel,  appel…D’où veniez-vous, où êtes-vous partis ?

Niala-Loisobleu – 30 Juin 2019

 

 

 

SAMEDI SOIR 20H37


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SAMEDI SOIR 20H37

 

La main chaude frôle en spirale les carreaux de la page

majuscule entrée pour un titre débordant en marge

Il faut reconnaître que nos moeurs attirent au bûcher malgré cette chaleur qui ne décourage pas les pisse-froid

Quand l’enfant fait homme vînt au-devant

la joie lisible qu’il portait  en boutonnière n’a pas fait pas d’acné dans le frais rasé

Tirant à la pompe j’ai bu cette pure sève à même la tige

 

Niala-Loisobleu – 29 Juin 2019

BRUT DE SENS


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BRUT DE SENS

A bord de ma pierre de voyage

le chapiteau gratté des ongles

je renverse la charpente marine

ne nous laissez pas succomber au mirage climatique

ce qui dense sur le sable n’est qu’effet d’optique

je franchis le paravent pour attraper ton corps  en vérité et l’immerger au fond de mes paumes, puits à genoux lâche la colombe aux soubresauts de l’olivier, vois la fontaine du patio comme elle chante, le bougainvillier grimpe la blancheur du mur de son érection rose

Quand les veuves prendront le chemin de la prière, nous borderons le lit de la rivière de coeurs à prendre, guitares allumées.

Niala-Loisobleu – 27/06/19

RUE DE SCENE


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RUE DE SCENE

 

Le craquement passé les morceaux disjoints se séparent

le raisonnable a quitté depuis plus longtemps que moi la règle d’usage

Autour de la Table Ronde, Arthur eut à en découdre dans les premiers,  vu les faits rapportés

Rue de Seine

j’en frissonne des décennies après

Serge de sa voix prenante bloquait le passage d’un trottoir à l’autre, Jacques m’appris ce que Paroles signifient

Nous nous retrouvions à l’allumage des réverbères, entre deux « Caroline et Marguerite » promenées jusqu’à Montmartre avec la fanfare de l’Ecole. A t-elle finit par faire mon bonheur, ça c’est la réponse toujours à attendre

Tout vient s’opposer

la chaleur pourtant n’arrive pas à me défaire du haut de la sphère

la Lumière domine

j’ai le tableau fait dans la série qui s’annonce

la poésie devenue le pigment de mon encrier

je pousse le cri de naissance au-delà

mes bons maîtres plus vivants que vous en moi ça n’existe pas…

 

Niala-Loisobleu – 26 Juin 2019

 

EXIT


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EXIT

 

Du tableau figé sort ce vouloir qui suspend l’extinction

L’oeil se fait doubler avant la ligne droite par le sens du sujet

Que les hennissements cognant aux bas-flancs répercutent à mots couverts

 

Des herbes la tige libère un suin d’haleine remuée

On distingue sur la façade ravalée les sens en fusion de l’assemblage

Alors que l’alambic du coup de chauffe ouvre à deux vantaux, le sens du toucher revient au regard allumé sortant  de la chandelle.

 

Niala-Loisobleu – 21/06/19

ILS DEPLOIENT DANS L’OMBRE DE LEUR LUMIERE


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ILS DEPLOIENT DANS L’OMBRE DE LEUR LUMIERE

 

Dans une clarté mesurée

se diaphragme le tracé à suivre

vrais cils de reconnaissance décodés

les globes reposent la canne blanche au rayon luminaires

déployés sur le taire au plus profond de sa fente transe posée

d’obscurs souteneurs de métempsychose déiste laissés en panne sèche

 

Niala-Loisobleu – 21 Juin 2019