L’OR PUR – JACQUES BERTIN


L’OR PUR – JACQUES BERTIN

Pardonnez-moi d’avoir parlé de moi encore hier j’étais si malheureux
Il y avait c’est vrai le vin les sourires les yeux

Mon bras coupé me faisait mal
Mon cœur plié dans le journal
Saignait beaucoup
Et on voyait mon espoir par le trou
Un tunnel conduisait à travers la chair vive
A une femme debout sur la rive

Pardonnez-moi pour l’espérance folle
Qui fait déborder par moments ce trop-plein de paroles
Pardonnez-moi d’être l’enfant
Qu’on a perdu dans le square, le temps
Est à la pluie, loin il y a les nuages
Comme un ourlet très douloureux dans le cœur sage

Ah vieille carte qu’on lit mal!
Les avenirs débordent de la malle
La jeune fille enfermée court en plein jour vers un bal
Au devant du convoi quelqu’un lève un fanal
Arrêtez-moi dans ma course vers l’innocence
Reprochez-moi d’être embourbé dans l’espérance

C’est par l’or pur que je vaincrai
On est sans nouvelles du steamer du printemps
Et la noyée du jour de l’an?
Il fait froid il fait mauvais temps
La femme que j’attends toujours me tance
Et j’ai ma douleur qui me lance

L’ATELIER A QUAI 5


L’ATELIER A QUAI 5

Un roucoulement de remorque tiré par le vélo, traverse le jour qui se lève vers le retour de pêche à la criée

Dans la clarté montante la marée se retire après avoir nourri de ses mots de sel un besoin de vitamines

A l’entrée du chantier-naval on ne pointe que le bois taillé à l’herminette

Tandis qu’une chanson de marins s’étire en contorsions de l’accordéon de ton corps aux nacres des touches abordées

Le premier petit-bateau droit sur ses jambes se colle à quai

L’écaille encore frémissante ….

Niala-Loisobleu – 15 Janvier 2021

L’ATELIER A QUAI 1


L’ATELIER A QUAI 1

Odilon la balise se balance , feu vert, à la sortie du chenal

Dans la cale les jours-baromètres avec différentes couleurs à la canne

L’humeur vous vient plus facilement d’un choix qui n’est pas le vôtre. La bête rave mise dans la canne à sucre, ça brouille la droiture des routes. Au moment de lâcher l’amarre, voir bouger le brise-bise de l’hublot où se tient ton coeur, éduque mieux qu’une annonce en prévision du temps à venir

J’ai de quoi aimer depuis le premier départ, que jamais j’ai vidé la cale. Il y a toujours des oiseaux pour accompagner chaque escale. Seuls les lieux de mouillage changent de tenue vestimentaire. Quand aux maisons, ça varie de la paillotte au cinq étoiles. La langue embrassée pour espéranto c’est polie glotte.

J’ai vu se renouveler des raisons d’y croire malgré des échouages incompréhensibles. Ce qui est sûr c’est que les facteurs qui nous sont extérieurs mettent des faux-plis dans nos boîtes alors que l’adresse était recommandée

J’ai étendu mon rire asséché

La pluie le rince et lui donne plus d’éclat qu’une ombre au coin du bois

M’aime que le chien sautait déjà derrière la porte avant que ton odeur entre . Le sixième sens informe sans besoin de notice d’emploi. Rien qu’à voir l’oiseau il est aisé de lire les choses non-écrites comme le message envoyé.

Niala-Loisobleu – 14 Janvier 2021

AUTOUR DE L’ARBRE ET SOUS L’ECORCE


AUTOUR DE L’ARBRE ET SOUS L’ECORCE

A peine levé le monde se replie dans une attitude de sommeil artificiel sous l’avalanche de circonstances que l’effet domino déclenche

Au coulissant de ce qu’il faut préserver j’entre

Là ce que j’entends, ce que je vois, ce que je sens sors de tes lettres tenues dans l’ouïe sans mots gardés par un ruban et libres d’armoire.

Voilà le signe qui fait chanter l’oiseau sans signal de mise en route automatique, naturellement mis en mouvement par la force réelle du symbole vivant. Tout arrive du rien, il ne reste que ce qui est twoo.

Niala-Loisobleu – 12 Janvier 2021

DEPUIS LA PREMIERE GOUTTE


DEPUIS LA PREMIERE GOUTTE

Le dernier éclat de phare dépassé, le large ramène ses campagnes au vallon de la haute-vague avec l’image qu’Odilon a recensé pour ses Barques Mystiques. Il faut s’attacher au surnaturel, l’autre devenant plus qu’ordinaire qu’on finit par ne plus en sentir de présence. Les bois se courbent de l’étrave à la poupe. Quille verticale en plongée. La clairière et son remous d’abreuvoir tient l’équin par l’aqueux. Granit incisé pour préserver le limon de semailles. A la sortie du virage, les premières maisons-blanches, épaules contre épaules, se tiennent au caniveaux, à l’intérieur desquels les enfants routent leurs billes. Du rire ramené de voyages, ils mettent aux filles cette alchimie qui dresse le poil et rameute les loups, l’oeil comme un diamant allumé de souffleur de verre. Souviens-toi du sens pigmentaire, l’écorce, la feuille ou le caillou en ont le secret. La peinture sautille au chevalet, cette odeur de chair jointe sur la palette. On ne voit que le rêve en grand-format. Sorte de plafond d’opéra lâché du rez-de-chaussée par un poète fou totalement concentré sur l’amour, au milieu du jardin de vie.

Niala-Loisobleu – 11 Janvier 2021