AUTAN LE DIRE…


AUTAN LE DIRE…

Du Pont-Neuf au Pont du Gard

tout l’house nous Gare ô de son rose

à flanc de canal voguant d’oc sa langue trou badour

Je lé

babord-tribord des rives

le plus gros de l’arbre au ventre

moi l’oiseau venu de sein Louis en l’Île

m’accrocher à l’anneau de Moëze-Oléron

plus cathare qu’un arasement de comtes à dormir debout

le sillon marqué du sang d’araires éternels

Sommet de la vague

nettoyant ce nu d’Agde libertin au jet Varéry pour l’étang du cimeterre marin

co peint d’abord

Sète fleur que l’herbe tire du poignet

ton noir au né de Georges porte bleu plus loin que le parcours du green-opium

et plage catalane en grappe de Corbières

comme Autan mon Paname

me garde de chahut à coups de reins de cheval qui ne d’hennit rien de sa nature créative

pour entrer faire le ménage dans l’arène d’un Minotaure amateur de labyrinthe

jusqu’au sein porté à l’orgasme

accourir plus vaillant que scout bidou

manifester pour le refus du sevrage.

« AUTAN LE DIRE… » – Niala 2021 – Acrylique s/toile 61×50

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2021

Jean-Marie Vivier – L’Aventure


 Jean-Marie Vivier – L’Aventure

Un bateau pour pleurer
Des larmes entoilées
Au large sur la mer
Un chaland pour de bon
Qui ramène du charbon
Noir comme un soir d’hiver
Un simple canoë
Qui descend la vallée
Sur un torrent d’écume
Rien qu’une coquille de noix
Qui ne ramènerait de moi
Qu’un vague souvenir posthume

J’ai tant rêvé, je suis parti
Mais si j’ n’ai pas bougé d’ici
C’est qu’ l’aventure m’a fait faux-bond
Quand elle est venue au rendez-vous
Elle avait les cheveux si roux
Que j’ l’ai couchée sur une chanson
Elle est partie au petit jour
Je dormais d’un sommeil si lourd
Que je croyais à l’avenir
Et puis je me suis réveillé
La chambre sentait le café
Qu’elle m’avait fait avant de partir

Au port y a des marins
D’ la bière et des putains
Des pianos mécaniques
Des bruits particuliers
Qui vous font voyager
Comme les sirènes antiques
J’y ai cherché longtemps
Sous les rires des clients
Ma rouquine de voyage
Et puis je suis parti
Chercher dans d’autres pays
La trace de son sillage

J’ai tant rêvé d’ la revoir un jour
Que le temps m’a paru trop court
Et qu’ mes cheveux ont pris de l’âge
Bien des couteaux ont sur leur lame
Un peu d’ mon sang, un peu d’ mon âme
Mes yeux ont vu bien des visages
Maintenant j’ suis vieux et je sais bien
Qu’il ne m’arrivera jamais rien
Que l’aventure m’a fait faux-bond
Quand elle est venue au rendez-vous
Y a si longtemps, rappelez-vous
Je l’ai couchée sur une chanson
La la la…

SEINE PARISIENNE


SEINE PARISIENNE

En amont coule la Seine,
Un fleuve froid et vitreux;
Elle s’écoule avec peine,
Vers un pont majestueux.

Telle un sang capricieux,
Qui jamais n’a de rive;
Toujours elle dérive,
Vers ce mont caverneux.

Glissant vers cette arche béante,
Une eau lisse et visqueuse,
Entre dans sa bouche géante,
Dans la nuit ténébreuse.

Dérivant vers cette ombre,
Le grand pont qu’elle assaille,
Laisse couler cette eau sombre,
Dans ses vastes entrailles.

En amont s’écoule le fleuve,
Une lisse vague d’eau sale,
Inonde une pile et s’étale,
Etrange statue qu’on abreuve.

Cette eau grise et vaseuse,
Ce long fleuve de tristesse,
Serpente avec allégresse,
Sous l’arche majestueuse.

Cet onduleux miroir qu’est la Seine,
Où s’enfouit tout Paris;
Les reflets de cette eau parisienne,
Ce long fleuve de l’ennui.

L’eau de ce mouvant miroir,
Traverse le purgatoire,
En ressort sous un soleil voilé,
Scintillant tel un fleuve argenté.

L’eau s’avance dans la lumière dorée,
Telle l’or étincelant qui brille;
L’eau resplendissante scintille,
Duveteux coussin de liquide argenté.

La Seine scintillante serpente,
Mouvant reptile d’eau vivante;
Dans ses méandres de vipère,
Coule une eau baignée de lumière.

Les feux miroitants voguent sur l’onde,
L’éclat brillant de cette onduleuse ombre,
Se propage dans un courant d’eau sombre,
Où la Seine et Paris se confondent.

Les brillants reflets nagent,
Que la Seine submerge,
Vont, viennent, se propagent,
Danser sur une berge.

Le pâle éclat da sa triste parure,
Est pour elle une injure;
Car une beauté qui jamais ne dure,
Est toujours un parjure.

Les reflets de la vigueur,
Miroitaient dans ses bras;
Mais une morne langueur,
Ternissait leur éclat.

Dans l’ombre, sous le pont,
La couleuvre d’eau lisse, lentement glisse,
L’eau coule, les jours s’enfouissent,
Elle vient et ils s’en vont.

Les jours fuient,
Le fleuve coule,
L’eau s’enfuit,
La vie s’écoule.

En amont coule la Seine,
L’artère de Paris;
De l’eau coule dans ses veines,
Le sang de Paris.

François Sauvageot

LE PETIT JARDIN – JACQUES DUTRONC


LE PETIT JARDIN – JACQUES DUTRONC

Le petit jardinC’était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C’était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin
Avec deux arbres, un pommier et un sapin
Au fond d’une cour à la Chaussée-d’Antin
Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Dans le jardin une voix chantaDe grâce, de grâce, monsieur le promoteur
De grâce, de grâce, ne coupez pas mes fleursC’était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C’était un petit jardin
Avec un rouge-gorge dans son sapin
Avec un homme qui faisait son jardin
Au fond d’une cour à la Chaussée-d’Antin
Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Dans le jardin une voix chanta

De grâce, de grâce, monsieur le promoteur
De grâce, de grâce, ne coupez pas mes fleurs

C’était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
À la place du joli petit jardin
Il y a l’entrée d’un souterrain
Où sont rangées comme des parpaings
Les automobiles du centre urbain
C’était un petit jardin
Au fond d’une cour à la Chaussée-d’Antin

C’était un petit jardin
Au fond d’une cour à la Chaussée-d’Antin

L’EAU-FORTE


L’EAU-FORTE

Du fond de la gorge comme le fleuve se tient le souffle qui veille à rouler matière à

Là c’est Lisbonne ou Porto

Comme j’ai souvenir de la présence des rails des anciens tramways ça pourrait-être aussi bien Paris

Par exemple la traversée du quai au bout du Pont-Royal, au pied du mur des Tuileries, endroit précis où mon père fut renversé par une voiture. La mémoire est ordonnée. Elle range par genre de catégorie. Là ce souvenir il est dans la salle des Pas Perdus de mon cerveau. En sortant, un grand aiguillage charrie ses wagons de marchandises.

Le jeu, le rire, l’aventure, la peur, le courage, les premiers signes du corps qu’une petite gueule de printemps roulait au dessus de son cerceau sous l’oeil d’une érotique dame de Maillol. Puis les signes de l’Art, à monter découvrir une manifestation de la Beauté par le grand escalier du Louvre. On aurait pas pu penser qu’une pyramide viendrait devant les Guichets, l’Egypte est tellement présente à l’intérieur. Un instant je me dis que les forts des Halles auraient pas loupé d’une réplique de titi en voyant ce tas de verre venu

trouer le sol. Mais c’est aussi et d’abord ça l’art. Faut que ça perce…

Un panaché de ciel fait qu’entre deux averses il fait plus clair sans qu’on puisse se lancer à dire que c’est soleil. Une seule manière pour l’avoir, se le foutre dans le caleçon pour l’avoir alimenté par le coeur. Moi c’est mon baladeur que Marthe m’a donné un jour, il y a longtemps. Elle avait été le ramasser dans les tranchées d’une haine juste après la musique du clairon d’armistice.

Ma petite fleur de ce matin j’ai commencé à la peindre, il était très tôt, personne l’aurait vu tellement la nuit tenait le terrain. Je me souviens qu’à son pied la terre palpitait comme le dessous intérieur des cuisses, à la naissance du monde, dans la longue touffe où se sont réfugiées les mille-et-une nuits. Mon pouls d’enfant est pris sur la palette. Le couteau broie et mélange, ça me grimpe au nez, je deviens autre, plus aérien, , ça monte, c’est bleu, rond et souple, plein de fruits, j’y cours…

Niala-Loisobleu – 11 Février 2021

QUELLE EPOQUE


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QUELLE EPOQUE

 

Un croisement audacieux d’idées reçues à toutes fins personnelles

met le service postal restant

guettons le mouvement des lèvres pour remplacer le pneumatique d’antan

Paris était était alors un tube sans besoin de hit à la parade

 

Niala-Loisobleu – 2 Septembre 2020

 

 

LES MINES AUX TORTS A RAISON 2


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LES MINES AUX TORTS A RAISON 2

 

Déjà décidé à rétablir la vérité, j’entrais à l’Ecole convaincre l’Académie que le bleu c’était pas une couleur froide. Toi tu démontrais ta parfaite connaissance de Marguerite. Ce qui montra immédiatement combien notre communauté solaire n’était pas une de ces idées qu’on se glisse dans la tête. D’ailleurs la tête, mis à part tes passages toro, ça a  jamais été notre lieu de prédilection

Pendant que tu montais le podium, je traînais S’-Germain-des-Prés comme une seconde nature, une même femme en tête de liste dans nos agendas, Barbara qu’à s’appelle toujours, j’y suis passé le premier par son Ecluse. Une vraie forge de Vulcain qui m’a amené à fréquenter des gens très recommandables, Ferré, Brassens, Brel, Reggiani, Bertin et des quantités d’autres, l’Epoque là était pas radine en beauté. Sans compter que le Tabou comme fournisseur c’était haut de gamme. Boris était une sacrée sphère à lui tout seul. Juju avant de se faire refaire le nez avait mis sur la place son né fabuleux, un tablier de sapeur qui lui valut le titre de Miss Vice. Imagines, le vice d’alors comparé à celui d’aujourd’hui

On aimait bien la Rose Rouge aussi. C’était un lieu d’acteurs cinéma et théâtre le fréquentait

Puis clou du spectacle, Char, Camus, Eluard, Breton, le Surréalisme, Sartre, Le Castor, Aragon, Prévert, Cocteau, Picasso, et d’autres comme nourriture difficile de faire mieux

Nos nuit à la Rhumerie et au Babylone ont des oreillers neufs, ont dormait pas

La Ruche, en plein Giacometti, Chagall…

Rien que de voir passer ce tant là, je comprends ta rage à vouloir pas en être écartée. L’amour est fondé en ces lieux

C’est mon Paname au complet réunissant le passé au présent, Montmartre et Montparnasse avant la grande débacle

Et vinrent les années de guerre…

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2020

HISTOIRE D’EAU


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HISTOIRE D’EAU

La rue que tu as rendu vivante en y posant ton nom

va au fil du caniveau publier les bans en bonne et due place

Peynet

s’y asseyait pour coiffer du melon de son crayon ses amoureux

Elle m’est chair

dos collé

à celle de St-Germain-des-Prés

Elle est le plus beau jouet de mes jeux de bal aux pieds parisiens

une miniature intime où la poésie est derrière chaque fenêtre

son nom

Place de Furstenberg

Enclave au charme discret

chacun des trois arbres éclaire son réverbère central

en retenant cette Lumière de Réflexion

dans un cadre architectural hors d’âge

en cet endroit j’ai aboli les problèmes de robinet parasitant la communale

Deviens-en mon bassin

Niala-Loisobleu – 08/01/20

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CASS/HEUR


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CASS/HEUR

Place d’Italie j’ai vécu une de mes deux Ecoles
Estienne
à la pierre lithographique
début de mon autre combat à la guerre finie
presse le coeur mon gars
mes yeux rêvent d’un bleu qui serait de sel
je m’habille de salines
je ne cherche pas de pardon mais de l’amour
Place d’Italie m’en souvienne cette force de vouloir faire
Les mots de Grindel à l’encre sur la pierre
la leçon de Char à l’effort de la presse
Le monde ne peut changer mais durant ma traversée
il aura tenu parole de poésie
le temps de Chagall
Et ce que j’avais trouvé
des monstres n’ayant que le néant pour devise
associés au mic-mac politique
le brûlent avec la valeur humaine
Place d’Italie, j’ai eu la vie en grain de sel …
Niala-Loisobleu – 18 Novemmbre 2019
Les Salines
Il dit « je ne parle pas et mon cœur brûle »
Je voudrais traverser ce pays
Mes yeux sont plein de guerres, à bouche sèche
Et je n’ai pas d’amis
Il dit « je viens de la mine dans la ville »
Je cherche le pardon et l’oubli
Je m’habille bleu sur la poitrine
Je marche vers les salines
Il dit « personne ne m’a vu »
Il dit que les prières nous sauvent
Et qu’il ne se met plus à genoux
Ceux qui m’ont mis au monde
Ne sont plus en vie
Il dit « personne sur terre ne me connaît »
Je ne parle pas et j’ai tout donné
Le monde est plein de ronces
Et ce que je cherchais
Je ne l’ai jamais trouvé
Il dit « je ne parle pas et mon cœur brûle »
Et j’ai

ENTRE TIEN EMOI 103


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ENTRE TIEN EMOI 103

Rue de Seine c’est mes méandres c’est là que je venais vers les Beaux-Arts manger un oeuf dur au percolateur. L’herbe continue de cerner le Louvre bien que les Chargeurs Réunis aient d’autres remorquages en tête. Le Carrousel n’arrive pas davantage que depuis à s’accommoder d’une pyramide aux yeux bridés. Souvent les yeux collés je me réveillais  après la première cigarette sur le quai du métro. Roule la ferraille qui secoue ses cris dans le tunnel, devant soi les yeux absents d’un voyageur de l’immobile, cette femme assise qui a le siège de la galanterie parle comme une marchande de poisson. Premières odeurs d’un paradoxe qui va durer jusqu’à la débauche du soir. Le trottoir me rend à l’air matinal, le musc de ta peau vainc toutes les agressions mélangées, genre celle à la menthe que la dame pipi répand dans les toilettes publiques. L’automobile a encore du  respect pour le piéton, des gosses jouent dans la rue qui sent le boulanger. Les mômes jouent à taper dans une gamelle, le football est loin d’être un bisness qui prend le sport pour alibi. Quand j’ai dit bonjour aux dames de Maillol en traversant les Tuileries, je crois que ton poil que j’avais gardé sur la langue n’a pas réussi à me faire zozoter. J’ai coupé Jeanne d’Arc par la rue de Rivoli, victorieux des sornettes de chaumières et de gardiennes de mous tons. Sur le chevalet, un moineau dans le poing est sur la toile.

 

Niala-Loisobleu -7 Juin 2019