LES MINES AUX TORTS A RAISON 2


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LES MINES AUX TORTS A RAISON 2

 

Déjà décidé à rétablir la vérité, j’entrais à l’Ecole convaincre l’Académie que le bleu c’était pas une couleur froide. Toi tu démontrais ta parfaite connaissance de Marguerite. Ce qui montra immédiatement combien notre communauté solaire n’était pas une de ces idées qu’on se glisse dans la tête. D’ailleurs la tête, mis à part tes passages toro, ça a  jamais été notre lieu de prédilection

Pendant que tu montais le podium, je traînais S’-Germain-des-Prés comme une seconde nature, une même femme en tête de liste dans nos agendas, Barbara qu’à s’appelle toujours, j’y suis passé le premier par son Ecluse. Une vraie forge de Vulcain qui m’a amené à fréquenter des gens très recommandables, Ferré, Brassens, Brel, Reggiani, Bertin et des quantités d’autres, l’Epoque là était pas radine en beauté. Sans compter que le Tabou comme fournisseur c’était haut de gamme. Boris était une sacrée sphère à lui tout seul. Juju avant de se faire refaire le nez avait mis sur la place son né fabuleux, un tablier de sapeur qui lui valut le titre de Miss Vice. Imagines, le vice d’alors comparé à celui d’aujourd’hui

On aimait bien la Rose Rouge aussi. C’était un lieu d’acteurs cinéma et théâtre le fréquentait

Puis clou du spectacle, Char, Camus, Eluard, Breton, le Surréalisme, Sartre, Le Castor, Aragon, Prévert, Cocteau, Picasso, et d’autres comme nourriture difficile de faire mieux

Nos nuit à la Rhumerie et au Babylone ont des oreillers neufs, ont dormait pas

La Ruche, en plein Giacometti, Chagall…

Rien que de voir passer ce tant là, je comprends ta rage à vouloir pas en être écartée. L’amour est fondé en ces lieux

C’est mon Paname au complet réunissant le passé au présent, Montmartre et Montparnasse avant la grande débacle

Et vinrent les années de guerre…

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2020

HISTOIRE D’EAU


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HISTOIRE D’EAU

La rue que tu as rendu vivante en y posant ton nom

va au fil du caniveau publier les bans en bonne et due place

Peynet

s’y asseyait pour coiffer du melon de son crayon ses amoureux

Elle m’est chair

dos collé

à celle de St-Germain-des-Prés

Elle est le plus beau jouet de mes jeux de bal aux pieds parisiens

une miniature intime où la poésie est derrière chaque fenêtre

son nom

Place de Furstenberg

Enclave au charme discret

chacun des trois arbres éclaire son réverbère central

en retenant cette Lumière de Réflexion

dans un cadre architectural hors d’âge

en cet endroit j’ai aboli les problèmes de robinet parasitant la communale

Deviens-en mon bassin

Niala-Loisobleu – 08/01/20

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CASS/HEUR


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CASS/HEUR

Place d’Italie j’ai vécu une de mes deux Ecoles
Estienne
à la pierre lithographique
début de mon autre combat à la guerre finie
presse le coeur mon gars
mes yeux rêvent d’un bleu qui serait de sel
je m’habille de salines
je ne cherche pas de pardon mais de l’amour
Place d’Italie m’en souvienne cette force de vouloir faire
Les mots de Grindel à l’encre sur la pierre
la leçon de Char à l’effort de la presse
Le monde ne peut changer mais durant ma traversée
il aura tenu parole de poésie
le temps de Chagall
Et ce que j’avais trouvé
des monstres n’ayant que le néant pour devise
associés au mic-mac politique
le brûlent avec la valeur humaine
Place d’Italie, j’ai eu la vie en grain de sel …
Niala-Loisobleu – 18 Novemmbre 2019
Les Salines
Il dit « je ne parle pas et mon cœur brûle »
Je voudrais traverser ce pays
Mes yeux sont plein de guerres, à bouche sèche
Et je n’ai pas d’amis
Il dit « je viens de la mine dans la ville »
Je cherche le pardon et l’oubli
Je m’habille bleu sur la poitrine
Je marche vers les salines
Il dit « personne ne m’a vu »
Il dit que les prières nous sauvent
Et qu’il ne se met plus à genoux
Ceux qui m’ont mis au monde
Ne sont plus en vie
Il dit « personne sur terre ne me connaît »
Je ne parle pas et j’ai tout donné
Le monde est plein de ronces
Et ce que je cherchais
Je ne l’ai jamais trouvé
Il dit « je ne parle pas et mon cœur brûle »
Et j’ai

ENTRE TIEN EMOI 103


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ENTRE TIEN EMOI 103

Rue de Seine c’est mes méandres c’est là que je venais vers les Beaux-Arts manger un oeuf dur au percolateur. L’herbe continue de cerner le Louvre bien que les Chargeurs Réunis aient d’autres remorquages en tête. Le Carrousel n’arrive pas davantage que depuis à s’accommoder d’une pyramide aux yeux bridés. Souvent les yeux collés je me réveillais  après la première cigarette sur le quai du métro. Roule la ferraille qui secoue ses cris dans le tunnel, devant soi les yeux absents d’un voyageur de l’immobile, cette femme assise qui a le siège de la galanterie parle comme une marchande de poisson. Premières odeurs d’un paradoxe qui va durer jusqu’à la débauche du soir. Le trottoir me rend à l’air matinal, le musc de ta peau vainc toutes les agressions mélangées, genre celle à la menthe que la dame pipi répand dans les toilettes publiques. L’automobile a encore du  respect pour le piéton, des gosses jouent dans la rue qui sent le boulanger. Les mômes jouent à taper dans une gamelle, le football est loin d’être un bisness qui prend le sport pour alibi. Quand j’ai dit bonjour aux dames de Maillol en traversant les Tuileries, je crois que ton poil que j’avais gardé sur la langue n’a pas réussi à me faire zozoter. J’ai coupé Jeanne d’Arc par la rue de Rivoli, victorieux des sornettes de chaumières et de gardiennes de mous tons. Sur le chevalet, un moineau dans le poing est sur la toile.

 

Niala-Loisobleu -7 Juin 2019