Le dÎner de vénus à port-la-galère – Poéme


 

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Le dÎner de vénus à port-la-galère – Poéme

à
Vénus
Khoury-Ghata

Vénus, aux tard venus

Ton bijou pendait sous les palmes d’août

La systole rouge de
Régulus entre les pieds du
Lion

Donnait le pouls de l’horizon

Véga cloutait le zénith bleu

Tu cherchais la polaire en vain

La chaise cassée de
Cassiopée tu

La rangeas en paix où je te dis sur les terrasses

Et je sortis de ton coffret

Comme l’assistant du prestidigitateur

La
Couronne et
Déneb la triangulaire

Ton cœur de salade fila dans ma bouche
J’ai lu pour toi encore
Arcturus et les
Ourses
Avec des rimes et cette ligne mieux venue
J’aurais pu faire ton sonnet,
Vénus

Tout
Polyphonix échoua down town

aux portes de la veuve de
Max
Ernst

«
The party is over »
Il fallait remonter

Mais à
New
York
Gherassim
Luca perdait l’orie:

Nous prîmes un express tardif et ressortâmes

où il ne fallait pas, e et
Fifth, à peu près

«
On the dark side you are » dit le taxi portoricain

A deux heures un dernier bar open on
Amsterdam

mais rien que du bourbon et des nuts

Et à trois heures
Gherassim ne savait toujours pas

de quel collège de
Columbia il était l’hôte

J’ai un portrait de lui polaroïd contre la grille du

Réservoir un large chapeau noir éclaire son sourire souriant

J’écris avec un crayon rouge de la
Bodleian
Library
Acheté en même temps que la carte postale
Aussitôt envoyée à
Jacques
Derrida

Avec
Jacques
Roubaud rios voyages ne sont pas finis
De
Nashville à
La
Nouvelle-Orléans il a le détail dans son carnet
T.W.
Bundy nous montra des factures de
Baudelaire

La barge à touristes fit

circuler le
Mississippi

A
Cambridge nous avons lu

John
Montague posait sa fiole sur la table

A
Barcelone le sereno d’hôtel

intervertit nos passeports

et nous avons quitté l’Espagne léthargiquement

chacun sous l’identité de l’autre

C’est
Jacques qui s’en est aperçu

Repartant pour
Oslo

il me téléphone

Il en rit volontiers et me dit

L’an prochain

Il faudrait que tu viennes à
Oslo