SANGUINES


SANGUINES

Air caraïbe une mer de sable piquetée de pierres nourrit ses reptiles

il faut mâcher l’herbe

mescaline

pour tirer du poison de quoi dessécher le piège

et le sortir du mimétisme malin de ses peaux-mortes

Je sais reconnaître la pierre qui défend ta source pure

je ne mourais pas de soif.

Niala-Loisobleu – 26 Novembre 2020

MESCALINE

Mescaline

Parfums ambrés qui s’écoulent le long de nos joues…

rouges… Si rouges…

à croquer, tendrement, lentement, timidement

En goûter les saveurs de nos coeurs amants

Nous y plonger tout en caresses tout en promesse

pour fêter de nos âmes la beauté, la bonté en liesse

Parfums ambrés qui s’écoulent le long de mes joues

rouges… Si rouges

J’aimerais tellement lui dire, par ma peau lui faire ressentir

la profondeur de mes sens, de nos coeurs l’appeau l’essence

offerte, Mescaline… de pure mescaline la jouissance

à nos risques et périls en traverser la vallée ou de nos sens l’empire

Parfums ambrés qui s’écoulent le long de tes joues
rouges… Si rouges

Que j’accueille de mes lèvres habiles, rouges de nos vies
sanguines; et mon coeur s’ouvre à la vie, aux envies

De tout mon être qui s’énonce au son de ta rieuse voix

De tout mon être qui s’échauffe à parcourir de ta peau la voie

Parfums ambrés qui s’écoulent le long de nos vies câlines

rouges…

Si rouges

Sanguines vierges, lumières Mescalines

Yves Wauthier

MONSIEUR TOUT-BLANC – LEO FERRE


MONSIEUR TOUT-BLANC – LEO FERRE

Monsieur Tout-Blanc
Vous enseignez la charité
Bien ordonnée
Dans vos châteaux en Italie
Monsieur Tout-Blanc
La charité
C’est très gentil
Mais qu’est-ce que c’est ?
Expliquez-moi

Pendant c’ temps-là moi j’ vis à Aubervilliers
C’est un p’tit coin perdu au bout d’ la misère
Où l’on a pas tell’ment d’ questions à s’ poser
Pour briffer faut bosser mon p’tit père

Monsieur Tout-Blanc
L’oiseau blessé que chaque jour
Vous consommez
Était d’une race maudite
Monsieur Tout-Blanc
Entre nous dites
Rappelez-vous
Y’a pas longtemps
Vous vous taisiez

Pendant c’ temps-là
Moi j’ vis à Aubervilliers
Ca n’était pas l’époque à dir’ des rosaires
Y’avait des tas d’ questions qu’il fallait s’ poser
Pour durer faut lutter mon p’tit père

Monsieur Tout-Blanc
Si vous partez un beau matin
Les pieds devant
Pour vos châteaux en paradis
Monsieur Tout-Blanc
Le paradis
C’est p’têt’ joli
Priez pour moi
Moi j’ai pas l’ temps

Car je vivrai toujours à Aubervilliers
Avec deux bras noués autour d’ ma misère
On n’aura plus tell’ment d’ questions à s’ poser
Dans la vie faut s’aimer mon p’tit père

Monsieur Tout-Blanc
Si j’enseignais la charité
Bien ordonnée
Dans mes châteaux d’Aubervilliers
Monsieur Tout-Blanc
Ca n’est pas vous
Qu’ j’irai trouver
Pour m’indiquer
C’ qu’il faut donner

T’HABITER NULLE PART ET PAR TOUT


T’HABITER NULLE PART ET PAR TOUT

Le lointain rapproché à ne plus sentir ses mains autrement qu’au plus près d’un bleu omniprésent découpant l’aréole aurorale pour la replanter dans le bois mort tombé d’un vol migratoire avant la marée.

Du peint arrêté au bord d’un collet tenant la horde à l’arrêt, des exhalaisons de pigment forcent la pourriture à fleurir

L’orangeraie et le bouquet n’avaient rien rapporté de souks en manque d’épices et les tapis riches de haute-laine croisée attendaient l’envol sur la piste à tracer

Le soleil mélangé à l’eau fait la route du rhum, ajoute de la menthe et le suc de ta canne claquera son faire quelque soit le temps, jusqu’a l’abat-de-vent consécutif au temporel

Une nouvelle-lune initiant le spectacle de l’éternité pour empêcher le gisant de prendre froid en tenant sa mémoire de mousse dans l’ orientation nord du Berger

Cette robe blanche qui borde ma longue marche revêtant l’absence de musique des fausses nudités.

Niala-Lloisobleu – 24 Novembre 2020