AU FAIT, L’EXISTENCE ?


AU FAIT, L’EXISTENCE ?

J’étale mes paumes sur la claie

je les ai cueillies aux branches de l’Arbre de sa Vérité

son jardin est si grand qu’on s’y perd d’où la necessité de planter des repaires

La menthe en voilà un de sûr

il sent toute l’année

on croise des fleurs en mouvement comme l’anémone marine et l’arôme terrestre en vitrine dans l’Atlantide

je crois dit Michael, l’illégitime y favorise

moi le mécréant je sais qui est mon père

mais exception faite je le crois son mystique à Lonsdale

il sent l’amour comme la femme qu’on traverse pour rester

sacrée Marguerite nom de Dieu autre

J’étale mes paumes sur la claie

elle sourit verte

la Vie Bleue en franchissant la mort.

Niala-Loisobleu – 22 Septembre 2020

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. » M. D.


« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. » M. D.

Σωτηρία Μπέλλου [Sotiría Béllou] • Αντιλαλούνε τα βουνά [Antilaloúne ta vouná]
30 AOÛT 2020
tags: Antilaloúne ta vouná, Eftychía Papagiannopoúlou, Αντιλαλούνε τα βουνά, Βασίλης Τσιτσάνης, Ευτυχία Παπαγιαννοπούλου, Σωτηρία Μπέλλου, Sotiría Béllou, Vassílis Tsitsánis

Septembre est désormais inéluctable. Mais la voix puissante et singulière de Sotiría Béllou (1921-1997) est là pour conjurer cette rentrée qui s’avance. Αντιλαλούνε τα βουνά [Antilaloúne ta vouná] (« Les montagnes me font écho ») est un rebétiko de Vassílīs Tsitsánīs.

………

Σωτηρία Μπέλλου [Sotiría Béllou] (1921-1997) • Αντιλαλούνε τα βουνά [Antilaloúne ta vouná]. Βασίλης Τσιτσάνης [Vassílīs Tsitsánīs], paroles et musique. Paroles parfois attribuées à Ευτυχία Παπαγιαννοπούλου [Eftychía Papagiannopoúlou].
Σωτηρία Μπέλλου [Sotiría Béllou], chant ; Σούλα Δάκη [Soúla Dákī], deuxième voix ; instrumentistes innommés.
Vidéo : ΕΡΤ [ERT] (Ελληνική Ραδιοφωνία Τηλεόραση, [Ellinikí Radiofonía Tileórasi]), production. Grèce, date inconnue.

………
Αντιλαλούνε τα βουνά,
σαν κλαίω εγώ τα δειλινά
περνούν οι ώρες θλιβερές
σ’ ένα παλιό ρολόι
κι εγώ τους αναστεναγμούς
τους παίζω κομπολόι
Les montagnes me font écho
Le soir lorsque je pleure
Les heures sombres s’écoulent
Sur une horloge fatiguée
Et j’égrène mes soupirs
Comme sur un chapelet.
Αντιλαλούνε τα βουνά,
σαν κλαίω εγώ τα δειλινά
Les montagnes me font écho
Le soir lorsque je pleure.
Στενάζω απ’ τις λαβωματιές
κι απ’ τις δικές σου μαχαιριές
λαβωματιές με γέμισες
και μ’ έφαγαν οι πόνοι
και στη φωτιά που μ’ έριξες,
τίποτα δε με σώνει
Je gémis sous tes blessures
Sous tes coups de poignard
Je ne suis plus que blessure
Éperdue de douleur
Et de cette fournaise où tu m’as jetée
Nul ne peut me sauver.
Αντιλαλούνε τα βουνά,
σαν κλαίω εγώ τα δειλινά
Les montagnes me font écho
Le soir lorsque je pleure.
Εμπάφιασ’ απ’ τα ντέρτια μου
κι απ’ τα πολλά σεκλέτια μου
κουράγιο είχα στη ζωή,
μα τώρα που σε χάνω
θα είναι προτιμότερο για μένα να
πεθάνω
Je n’en peux plus de ma souffrance
Ni de mes tourments infinis
J’avais foi en la vie
Mais puisque je te perds
Il ne me reste
Qu’à mourir.

 

DEUX FINS LAMBEAUX D’ÉTOILE


 

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DEUX FINS LAMBEAUX D’ÉTOILE

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Deux fins lambeaux d’étoile

deux cristaux de promesse

l’air pur et puis la nuit et puis et puis et puis

toute danse étreignant deux fins lambeaux d’étoiles

les ciseaux de lumière après la
Tour
Eiffel

et le printemps déjà qui déjà déjà luit

traînant sous ces arceaux un corps toujours revêche ce corps enfin s’adjoint ce corps qui l’avait fui la chair où court le sang la chair de toute nuit et les courbes marquant le
trajet des mains rêches

obscur mangeur de jour ces deux mains unité

la longueur d’un maintien la chaleur des deux paumes

tous les feux sont éteints il reste pour la nuit

la grande conjonction de l’herbe et de la pierre

 

Raymond Queneau

 

N’ÊTRE PAS


 

 

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N’ÊTRE PAS

Fermer le temps présent le temps nécessaire à s’en purger pour se replacer au bon endroit, besoin de ça pour sortir de ce temps de merde où tous, hommes et éléments s’accordent pour conduire à rien. Cézanne en premier pour héberger la révolte constructive. Des murs solides et vivants chassant les faiseurs de mots maîtres de la phrase creuse. Puis Marguerite pour approcher la netteté allant au but en sachant que peu comprendrons, mais ce peu devenant le tout il faut le jeter. Je ne peux peindre un monde qui base sa vérité sur un mensonge. Le non-dit actuel s’en prend à tout sans mesurer. Ce sens étant totalement dépassé. Personne ne veut plus se reconnaître. Nous sommes dirigés par un homme qui erre et dans cette reconnaissance de son inaptitude pense à démissionner pour se faire réélire. Ce n’est même plus pitoyable, c’est la loi du néant, son pouvoir totalitaire. Je vais pas me pisser dessus et me vomir, non je veux arrêter cette déchéance au moins sur le plan personnel.

Arrêter juste pour séparer le désastre d’un suicide au profit d’un choix de l’ignorance globale qui se vante de savoir. Pouvoir se sauver et non vouloir le pouvoir d’en profiter. Internet héberge ce deuxième pouvoir, celui que je répudie.

Je ne veux pas perdre ma vitalité en vivant mon quotidien dans l’inaction d’aimer au premier chef. Le sujet onirique est affaibli par un autre virus. Celui d’une réalité matérialiste prête à tout pour occuper l’espace de marché. Réduite à ne plus pouvoir prendre en compte la stricte mesure de précaution.

L’économie mondialiste reprend autorité sur l’existence des individus pour n’être plus.

J’écrirai la couleur du vivre, la vigueur d’aimer isolé  de la masse pas de mon idéal, pour sauver le seul concept qui vaille.

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2020

AUTOUR DES 19 HEURES


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AUTOUR DES 19 HEURES

J’ai fait le mur pour écrire de l’autre côté

là où se tourne notre épopée

Les chevaux sur la plage avalent les nuages

reste à l’endroit de l’accostage

simplement vêtue de toi

L’oiseau crie terre

en plantant l’arbre  où loger sa cabane

bientôt 19 heures, le train dans la nuisette entre au room-service se remplir les yeux du tempo des traverses…

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2020

EN MATIERE DE SOI DANS L’AUTRE ET INVERSEMENT


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EN MATIERE DE SOI DANS L’AUTRE ET INVERSEMENT

 

Sur la Chaume je vois le tilleul en appeler à la rivière. Bois flotté, nos troncs n’ont rien ôtés de nos jambes. Quelques pierres s’étirent sur les murs, dans leurs yeux sont entrés des fossiles pour mémoire. La première fois qu’un homme a découvert la différence entre les deux genres il a su comment et pourquoi c’était faire. Le savoir de base se passe des écoles, la petite tortue en pointant l’oeil hors de l’oeuf met toute ses forces dans la nage où l’attend la mer. L’absence a été définie à contresens pour laisser aux pauvres d’esprit la réduction au tout paraître. La toile va recevoir la caresse et la fureur de mes mains, seul aux yeux du passant, je ne peux être vraiment plus avec toi dans chacun de mes gestes qui nous écrivent…

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2020

 

Marguerite Duras lit « L’AMOUR »


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Marguerite Duras lit « L’AMOUR »

 

Il pleut, te parlant j’embrasse le soleil autre. L’enfant se lève; marche jusqu’au tableau et y entre de front. Il est mon intention plus secrète qu’un acte qui ne se dit pas, qui traverse sans tourner la tête. L’acte accompli, pénétrant.

L’autre bout n’est plus, les rangs de chaises à l’attente sont devenus un seul banc. Cette île au milieu du large, estuaire à combler nos regards.

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2020

 

 

D’ANCRE TENUE


 

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D’ANCRE TENUE

 

La taille imposante du Mékong est présente

Marguerite ouverte

un seul delta pour gîte

l’enfant possédera la blancheur de l’oiseau défiant la boue

l’air se veut léger dans la lourdeur climatique

Il manquait de dire sur son genre la double appartenance que nous lui léguons

tiens-le comme il te le rendra

une seule ficelle ventre à ventre cerf-volant

j’actionne vos pouls au rythme des aubes d’où jaillissent d’infinies sécrétions

les fleurs bleues d’un lin tressent la toile

 

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2020

 

 

HOMMENIBUS


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HOMMENIBUS

 

Inversement à la suite d’un côté à l’autre

sautillement des yeux

saute-mouton au devant des horizons de fenêtre

je te suis au pied du lit

lirette et tapis-volant

flairant ton chien de fusil personnel

à la trace

aussi bien quand tu fais des nouilles

que discutant en pas rangs d’élèves

Tes seins, le chevalet, ta main qui tape dans ma main

les toiles du Gardeur de troupeaux, des maisons dans l’espace, l’élevage du toro, le chien-assis, le chien debout, le chien courant, le chien aboyant, un coq aussi, des volées de cloches, rappelles-toi Barbara, enfin Brest il pleuvait ce jour-là et pour mémoire des meuhs et des trains à quai dans la gare

Hommenibus je m’arrête à toutes tes stations sans porter la croix

Le cheval fait son tour à vélo, il a toujours ton caillou dans la poche…

 

Niala-Loisobleu – 25 Mars 2020