POUR LA LUMIERE


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POUR LA LUMIERE

Au bord des craies muettes et d’un tableau d’asphalte, des pinceaux secs ont amassés du remblai de l’un, toc de la plante bleue, lin pour l’autre.

Qui poussera autre que ronce dans les gravats sinon l’épine selon saints mats yeux ?

A tourner tout un non en comédie

croire pouvoir dissimuler sa peur de s’engager n’est que désertion

naufrage d’un chercheur d’hors imposteur.

Ma Muse et moi n’habitons pas au bord de l’amer. Nos arbres ont les mêmes parasites que les vôtres et nos rivières étouffent de la même asphyxie qu’en tous lieux où les tronçonneuses se déploient.

Nous ne serions rien qu’inexistants en l’acceptant

Aussi le refusons-nous

Par la création en continu.

Niala-Loisobleu – 8 Juillet 2018

LUNE-MARINE


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LUNE-MARINE

Une barque penche

ronde comme ta hanche la mer se rapproche

A cheval sur le vent un parfum d’ambre sort du moulin de tes reins

cerf-volant ta pensée franchit les murs

dérobe l’instant d’inattention qu’on cachait sous le parasol

on ne voit plus rien des serviettes étendues sur le sable

une sirène au loin peut découdre ses croisières

jambe levée tu ouïes à l’étoile

Dans la frondaison la  barque luit de toutes ses écailles…

Niala-Loisobleu – 6 Juillet 2018

 

CHAGALL ME FAIT MONTER AU PLAFOND, L’Ô PAIERA


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CHAGALL ME FAIT MONTER AU PLAFOND, L’Ô PAIERA

Dans le coin sombre du livre entre deux éléphants trompe-livre et une boule de flacons de neige, une fleur séchée tient l’emplacement du chemin par la porte de derrière. Chapitres à la voix enrouée qui montent souvent en chair dessiner un mouton. Les bûchettes  du jeu des mille bornes allument un retour sur soi-même avec de la peine à la clef

Voyage dans un bagage accompagné, une liste d’objets inutiles s’en est allée au gré du vent. D’où venaient-ils, bof d’ici et de là, un jour de brosse Adam, des espadrilles aux basques d’une chemisette à carreaux de chapelle romane, trempés dans des couleurs vitrail, un mouchoir et ses noeuds (ne perdons pas la mémoire), un trousseau de jeunes mariés sang clefs.

De la ficelle, un organe sexuel et son couteau pour sortir des aléas survenant à l’improviste, et aussi des boutons sans fils, de Fred Astaire, de Marguerite Monnod, d’Anémone, de lits las point sonneurs, des boîtes de cachous, de vals d’ah, de bons bons en glaise pour ranger l’herbier des chemins et leurs petits cailloux.

Aussi des bornes, des rames à voiles, des mâts de cocagne, du sable émouvant, deux coeurs tracés entre l’écume du tant, un réverbère et son allume-heur. Dans une montée d’arbres, des cris d’oiseaux et des bruits d’elle, quand ouverte au soleil qui se lève, des rosées lui sortent le parfum des champignons de l’humus trempé. Terre ouverte entre deux labours à semer.

Un papier couché sous le crayon, tressaute de griffonnages mystérieux, indéchiffrables par les disciples de Freud, emmêle en boucles touffues des aisselles avec des pubis comme un premier temps pileux où l’Homme et la bête désiraient de concert se manger l’un l’autre.Pour survivre sans panique.

Les étagères misent sur roulettes pourront emmener les bibliothèques en bord de mer, comme sur le dessous des ponts, au faîte de l’arbre. Cette signature de Bon Jour si j’en garde la sérénité, la lune-cigare en rougira d’aise si, en y mettant l’index, je me l’allume joyeux.

Chagall un poisson qui dense carpe diem, yiddish  espoir, une petite écuyère rêve d’amour au cirque louche d’un monde raciste, tire la paix à cheval de parade. Marc le peintre humaniste couleur de poète.

Niala-Loisobleu – 9 Avril 2018