QUAND MES GENOUX CONVERSENT


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QUAND MES GENOUX CONVERSENT

 

Du jour qui vînt les bras levés à la fenêtre, un goût profond de roulis mit son balancement

Le chien eut un très léger tressaillement

Sur la crédence la buée des étoiles et quelques poils de comète à cheveux longs pris dans l’anneau

L’arbre est secoué de frissons

Calme le fleuve servit d’exemple à retenir l’attitude

La morsure au flanc

Ne montrer de la vie sereine que la somme sans lui laisser faire le mal qu’elle ne peut s’empêcher

Si le vent se lève de mauvaise humeur mets tes deux mains à retenir que les mots d’amour qui sortent toujours de ton encrier, j’aurais de mon côté la bonne couleur à placer dans ton sourire de poitrine

Et dis leur de te laisser en paix, ça fait trembler la clématite quand la mauvaise humeur des autres s’ajoute à ce qu’il faut supporter soi-même

Reste assise sur mes genoux, ma main cause à ta poplité, le cheval laisse l’aqueux couler et du lointain cette fanfare annonce qu’il y aura parade. Je t’aime d’un bout à l’autre.

Niala-Loisobleu – 16/03/19

LA PINCEE


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LA PINCEE

D’un allongement des bras

jusqu’aux plus hautes branches

le fruit inatteignable

voit son attente satisfaite

Elle m’a dit d’un simple éclair dans l’oeil

les années où l’enfant scellé sur sa planche se balançait au bout des deux cordes

La vitre sale sans reflet

du ruisseau tari

a gardé fenêtre ouverte l’oiseau peut venir

des matins après l’autre elle pose le fruit de ses doigts sur son espoir

Niala-Loisobleu – 12/03/19

INTERLUDE


 

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(Peinture de Marc Chagall)

INTERLUDE

 

Une humeur à parcourir la colline pour trouver la senteur m’a fait creuser l’ocre

avec une pierre sonnante pendue autour du cou

par la lisière bordant la peau feuillue des mouvements bistres ont percé par les trous de la forêt, suivis de près par des froissements de doigts pour claquer du fouet

il faut dire que le soleil n’a pas pu franchir le rideau d’eau du barrage pluvial

mais la marque de l’oiseau s’est couchée sur l’empreinte mélodieuse pour protéger sa résonance

sans doute y a-t-il dans l’existence une force d’imagination apte à donner goût à vivre dans une fadeur récurrente

un pouvoir de transformer le linge qui sèche en pavois tibétain, les couleurs claquantes sans moulins à prière avivent la blancheur de la paroi neigeuse

ce n’est pas le Mont-St-Michel pourtant celui où j’ai caressé la toile a un vrai bruit de galop de cheval dans son estran.

 

Niala-Loisobleu – 06/02/19

 

Je me Marie si tu savais combien


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Je me Marie si tu savais combien

Un coq et un levé, que l’odeur du café enrobe, chaude nudité, un petit animal vient de traverser le taillis et tout autour de l’habitude à mentir, franche comme un gant de toilette leur langue ravit assez d’espace de lumière pour rester humbles dans l’infinité des étoiles.

Arboricole attitude que la sève lance pour le bois à cabane, l’écorce liège nageant les océans, tu te souviens petit-garçon j’avais envie de voir sourire ton absence de reconnaissance. Ce qui a manqué traîne comme une cicatrice bornée que la pugnacité de pas virer catastrophe tient à distance. La croisée qui tricote les mailles des fenêtres tient au quelque part de ses aiguilles le lieu de rencontre espérée. Vient l’heure. Combien de fausses essences a-t-il fallut couper pour préserver la vue ?  Pour la forêt vierge le tant ne compte pas.

Il y a vif à parier que ceux qui viendront confirmer l’espoir d’être, connaîtront la récompense de leurs souffrances. L’éventré de cabane planche sur le sujet, tenace comme une vache et son train. La terre est bleue comme une orange et pourtant elle est  infestée de serpents, mais rien ni fait, l’arbre à paumes choisit la vérité, il convainc que les initiés mais que feraient-on de profanes sinon un gâchis de plus. Je mal de voir la bêtise se faire supporter par une majorité grandissante d’individus, que l’Aude soit remisée par la stratégie d’une comédienne de sentiments, sotte et bécasse, est d’une injustice flagrante, mais en cette matière je suis pour l’élitisme  de l’authentique.

Je me Marie si tu savais combien…

 

Niala-Loisobleu – 20 octobre 2018

ENTRE ET METS


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ENTRE ET METS

Le café n’a pas encore ôté ses facultés énergétiques, outre les doux arômes le décrassage du bulbe poursuit son chemin. Tous volets qui s’ouvrent, décollent en vibrations d’empênage alors que le soir le craquement de la poutraison marque davantage le côté dépressif obscur. Mes jambes ont  le don de monter l’imaginaire à l’endroit d’altitude voulue. Une aire en corniche, vue lointaine, où la mer prend toute la perspective. Les oiseaux du matin sont de la famille des fourmis, ils ne s’arrêtent jamais de renouveler le symbole de vie qu’ils portent en eux. Le concept des choses a suffisamment remué de discussions durant la semaine, plus souvent pour rien et de trop pour en faire un plat du dimanche. Les grandes idées ça garde pas de mourir…Tonton Georges en Sète quelque chose. Je parlais de mer à mon écho, il s’est mit à sourire disant rien n’arrête le mouvement des marées. Enfin, façon de dire, les hommes finiront par faire fondre le sel, alors rien ne pourra plus retenir, tout disparaîtra dans le grand fade. Au-dessus de la montagne, l’aigle tourne, de son oeil il voit le sec craqueler une nappe phréatique. Sous mon lit les moutons dorment, au moins ils connaissent la place qui est la leur . Par la fenêtre de la cuisine j’ai vu le cheval s’ébrouer. Il avait de si grandes ailes que vite j’ai sorti l’appel pour creuser un pare-feu…

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2018

POUR LA LUMIERE


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POUR LA LUMIERE

Au bord des craies muettes et d’un tableau d’asphalte, des pinceaux secs ont amassés du remblai de l’un, toc de la plante bleue, lin pour l’autre.

Qui poussera autre que ronce dans les gravats sinon l’épine selon saints mats yeux ?

A tourner tout un non en comédie

croire pouvoir dissimuler sa peur de s’engager n’est que désertion

naufrage d’un chercheur d’hors imposteur.

Ma Muse et moi n’habitons pas au bord de l’amer. Nos arbres ont les mêmes parasites que les vôtres et nos rivières étouffent de la même asphyxie qu’en tous lieux où les tronçonneuses se déploient.

Nous ne serions rien qu’inexistants en l’acceptant

Aussi le refusons-nous

Par la création en continu.

Niala-Loisobleu – 8 Juillet 2018